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Allocution du ministre des Affaires étrangères, Nikos Kotzias à la résidence de l’ambassade de Grèce à Nicosie (Nicosie, 25.03.2017)

samedi, 25 mars 2017

Allocution du ministre des Affaires étrangères, Nikos Kotzias à la résidence de l’ambassade de Grèce à Nicosie (Nicosie, 25.03.2017)«Votre Béatitude, j’aimerais vous remercier de votre invitation ici à Chypre. Une invitation qui nous rappelle que la Grèce et Chypre ont relié leur lutte pour la libération du pays à l’esprit, l’aide, le soutien et la solidarité de l’Eglise.

Mon cher ami, ministre des Affaires étrangères de Chypre, Yannakis Kassoulidis, avec lequel nous mettons en place des coopérations tripartites avec d’autres pays, créant ainsi un réseau de sécurité et de stabilité en Méditerranée.

Chers amis, chefs des partis politiques de Chypre, Monsieur l’Ambassadeur. Monsieur Fotopoulos.

Ce dont aujourd’hui notre pays a besoin, ce dont Chypre a besoin, ce dont on a besoin dans la lutte pour une solution équitable et viable à la question chypriote, c’est l’unité, la possibilité et la capacité de penser sur le long terme. De voir l’avenir et d’avoir le droit de rêver et penser que cela correspond aux vœux de nos peuples. C’est avec constance que nous devons revendiquer ce qui est correct et juste, pas seulement pour nous, mais aussi pour les autres. C’est avec constance que nous devons lutter afin que tous les Chypriotes grecs puissent se sentir le plus en sécurité sur l’île mais aussi que les Chypriotes turcs et les trois plus petites minorités à Chypre puissent jouir du plus de droits possibles à chaque fois.

Je rappelle que la révolution du pays de 1821 a réussi car elle était reliée à un mouvement international de solidarité. Et il nous incombe à nous, ministres des Affaires étrangères, de veiller à ce qu’ils nous comprennent. Le poète disait que ce qui est dit n’est pas suffisant, ce que l’on entend est aussi important. Ce que les étrangers entendent – ceux avec qui nous travaillons -, afin que nous puissions avoir leur soutien et leur compréhension dans la bataille que nous livrons.

Chypre a besoin d’une solution viable et efficace. Chypre a toujours été au premier rang de nos priorités. Moi, personnellement, je raconte toujours que la première fois que je me suis fait rouer de coups c’était il y a 50 ans, lors d’une manifestation pour la question chypriote, en dehors d’une ambassade étrangère. La question chypriote a politisé notre génération – et elle l’a politisée émotionnellement. Certains ne peuvent comprendre cet attachement émotionnel que nous avons avec Chypre. Notre génération qui s’est retrouvée devant les cours martiales et dans les cellules de la junte avait ce sentiment profond de responsabilité et craignait que la junte se prépare à perpétrer des crimes. Et bien entendu ce n’est pas de notre faute, ceux qui se sont opposés à la junte militaire ne sont pas responsables de ses crimes, mais nous ressentirons toujours le poids de la dette de ne pas avoir réussi à éviter ces crimes.

Chypre est le sentiment de notre jeunesse, elle est notre politisation, elle est le sentiment et la nécessité de toujours demander pardon pour les crimes commis par certains, qui se disaient Grecs mais qui en réalité ne l’étaient pas. Ils étaient des béni-oui-oui.

Etant donné que nombreux sont ceux qui m’ont remercié en rentrant, j’aimerais le réitérer : notre attitude vis-à-vis de Chypre c’est une dette, une dette de l’histoire, une dette de sentiment, de logique, de civilisation. Etre ici, le 25 mars, et voir le défilé des jeunes Chypriotes est très émouvant. Et c’est pourquoi je dirais ce que j’ai déclaré aux journalistes : Chypre est pour nous l’émotion, l’amour, un pardon et une dette. Je vous remercie ».