Vendredi, 15 Décembre 2017
greek english french
Accueil arrow Actualité arrow A la Une arrow Communiqué conjoint 3e réunion ministérielle informelle du Groupe des pays méditerranéens de l'UE (MedGroup), Limassol, Chypre, 25-26 février 2016

Communiqué conjoint 3e réunion ministérielle informelle du Groupe des pays méditerranéens de l'UE (MedGroup), Limassol, Chypre, 25-26 février 2016

vendredi, 26 février 2016

Communiqué conjoint 3e réunion ministérielle informelle du Groupe des pays méditerranéens de l'UE (MedGroup), Limassol, Chypre, 25-26 février 2016La 3e réunion ministérielle informelle du Groupe des pays méditerranéens de l'UE a offert l'occasion aux ministres des Affaires étrangères de Chypre, de la Grèce, de l'Italie, de Malte, du Portugal, de l'Espagne, et au Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères de la France, d'échanger des points de vue sur les aspects pertinents de la multitude de crises étroitement liées qui affectent l'Union européenne, ses pays voisins ainsi que la région élargie.

1. Sur le soutien au processus politique en Syrie et à la stabilité au Liban
Les ministres ont discuté des relations complexes entre les pays du Moyen-Orient ainsi que de la manière dont leur implication, directe ou indirecte, dans la guerre en Syrie influe sur le processus politique.

Les ministres ont, entre autres, souligné qu'il ne pouvait y avoir de solution militaire à la guerre en Syrie. La communauté internationale et toutes les parties impliquées doivent soutenir les efforts diplomatiques en faveur d'un règlement politique de la crise à travers le Processus de Vienne et les négociations menées sous l'égide des Nations Unies à Genève ainsi que de s'abstenir de toute action, notamment militaire, qui pourrait avorter ces efforts. Le règlement politique de la crise doit répondre aux inquiétudes légitimes du peuple syrien et, dans ce cadre, les ministres ont rappelé qu'il ne pouvait y avoir de paix permanente sous le gouvernement actuel et ont réitéré leur soutien à la souveraineté, à l'unité et à l'intégrité territoriale de la Syrie ainsi qu'à un véritable processus politique inclusif, afin de répondre aux aspirations légitimes du peuple syrien à travers la formation d'un gouvernement démocratique, inclusif, pluraliste et de caractère non sectaire.

L'UE doit apporter une contribution immédiate et active dans le règlement du conflit syrien, vu l'impact de la crise sur l'UE et ses Etats membres.

En rappelant les résolutions 2254 et 2258 du Conseil de sécurité des Nations Unies, les ministres ont salué les engagements pris par le Groupe international de soutien à la Syrie qui s'est réuni à Munich les 11 et 12 février et ont souligné qu'il était important que toutes les parties respectent pleinement ces engagements, notamment à travers la cessation immédiate des hostilités dans tout le pays. Ils ont également souligné que les parties devraient cesser immédiatement et inconditionnellement les attaques contre les civils et garantir l’accès rapide, sûr et sans entraves des organisations humanitaires ainsi que la fourniture d'aide humanitaire aux personnes qui en ont besoin.

S'agissant du Liban, les ministres ont souligné l’importance de l'élection d’un président conformément au processus constitutionnel ainsi que de la formation d'un gouvernement pleinement fonctionnel qui pourrait lever les défis urgents auxquels est confronté le pays dans les domaines de la sécurité et de l'économie. Les partis du Liban sont invités à respecter tout ce qui est prévu dans la Déclaration de Baabda et à se conformer à la politique de dissociation du Liban vis-à-vis du conflit syrien. Dans ce cadre, les ministres ont salué l'issue positive de la réunion au sommet sur le soutien à la Syrie et à la région qui s'est tenue à Londres le 4 février.

Les ministres ont également souligné le rôle important de l'Union européenne et des Etats membres pour ce qui est du soutien à la capacité du Liban et de la Jordanie à empêcher la propagation de la crise dans la région élargie et du renforcement des moyens institutionnels de ces deux pays ce qui leur permettrait de lutter contre le terrorisme et d'instaurer la sécurité. Pour ce qui est de l'apaisement des pressions socioéconomiques qui sont exercées sur le Liban et la Jordanie, en raison de la crise humanitaire que perdure en Syrie, les ministres ont examiné les avantages de différentes mesures, parmi lesquelles, des mesures commerciales, en vue de renforcer les communautés locales d'accueil et d'améliorer dans le même temps les conditions de vie des réfugiés. Ils ont exprimé leur soutien aux efforts de la Commission européenne visant à élaborer des « accords compacts » avec ces pays.

2. Sur les évolutions récentes en Libye et les actions de l'UE visant à faire face au terrorisme et à la migration dans le cadre élargi des actions de l'UE dans le pays et dans la région du Sahel

Les ministres ont discuté de la situation politique en Libye et ont incité la Chambre des Représentants à entériner la formation récemment proposée d'un Gouvernement d'Union nationale, en soulignant la nécessité d’instaurer un Gouvernement d'Union nationale fonctionnel à Tripoli dans les plus brefs délais. Cela pourrait, entre autres, faciliter les efforts du peuple libyen et de la communauté internationale visant au rétablissement de la stabilité dans le pays. Ils ont déclaré que des mesures pourraient être prises contre ceux qui étaient responsables des actions visant à miner l'atteinte d'une telle solution. Un Gouvernement d'union nationale serait un partenaire important en vue de lutter efficacement contre les menaces et les défis en Libye, y compris le terrorisme, vu notamment la présence de plus en plus marquée de Daech et d'autres organisations extrémistes.

Les ministres sont exprimé leur soutien à la récente prolongation du mandat de l'EUBAM Libya ainsi qu'à l'engagement déclarée de l'UE de soutenir les autorités de la Libye dans des domaines tels que la réforme du secteur de la sécurité. Ils se sont accordés à dire que les réseaux criminels exploitent le vide politique en Libye, en s'engageant dans des activités de trafic d'êtres humains entre les pays de l'Afrique sub-saharienne et l'Europe, en passant par la Libye, ce qui entraîne la perte des vies humaines en mer. En dépit du fait que l'opération de la Politique de sécurité et de défense commune de l'Union européenne (PSDC), appelée EUNAVFOR MED SOPHIA constitue une évolution positive dans l'identification de ces réseaux criminels, une réponse globale est nécessaire à travers la valorisation de tout l'éventail d'instruments dont dispose l'UE.

Les ministres ont également examiné les interconnexions plus élargies entre la Libye et la région du Sahel en matière de sécurité et ont discuté de la manière dont le vide de sécurité transfrontalière profite aux organisations terroristes. Le renforcement de la sécurité dans la région du Sahel demeure l'objectif principal à l'UE et la stabilité du Mali est importante à cet égard. Le caractère international des menaces en matière de sécurité dans la région du Sahel requiert une approche régionale et inclusive, tel que défini dans la Stratégie de l'UE pour la Sécurité et le Développement dans la région du Sahel. Les ministres ont souligné l'importance de l'application continue de cette Stratégie et du plan d'action régional, en utilisant tous les instruments y relatifs de l'UE, y compris les trois missions de la PSDC dans la région, le Représentant spécial de l'UE pour la région du Sahel et les nouvelles initiatives, telles que le Renforcement des capacités pour le soutien à la Sécurité et au Développement ainsi que la coopération étroite avec les organisations régionales, telles que le G5-Sahel.

3. Immigration

Pour ce qui est de l'immigration, en s'appuyant sur les déclarations conjointes précédentes du MedGroup, les ministres ont exprimé, dans un esprit solidaire, leur engagement ferme à l'égard d'une approche humanitaire et de la protection des frontières extérieures - deux questions de priorité - de l'Union européenne, en respectant pleinement les obligations émanant du droit international. Les ministres ont de nouveau confirmé leur conviction commune, à savoir que l'immigration demeure une question majeure qui met à l'épreuve l'unité et la capacité de l'Union européenne à gérer une question à caractère international d'une façon qui soit conforme aux principes et aux valeurs fondamentaux de l'Union européenne et aux dispositions y relatives du droit international.

Les actions unilatérales des Etats membres de l'Union européenne ne sauraient être la solution à cette crise qui requiert une approche cohérente et méthodique au niveau européen. Les ministres ont rappelé les évolutions positives et les décisions au niveau de l'UE lors des Conseils européens d'octobre et de décembre 2015, tandis qu'ils ont salué les accords du Conseil européen de février 2016.

En tant qu'Etats de la ligne de front, ils ont souligné l’importance de réformer le cadre existant de l'UE en vue d'assurer l’efficacité de la politique d'asile ainsi que de gérer la crise migratoire en tant que priorité, en enrayant les flux migratoires illégaux, par le biais notamment de l'application rapide et pleine du plan d'action UE-Turquie, de la mise en place de hotspots pleinement fonctionnels et de la pleine application des accords de réinstallation et de réadmission ainsi que de la mise en œuvre des mesures assurant une application efficace des refoulements. Les ministres ont salué les rapports détaillés de la Commission européennes et de la Présidence ainsi que la définition des 14 éléments constitutifs du Rapport de la présidence, tout en mettant l'accent sur le fait que tous les Etats membres de l'UE doivent œuvrer dans le sens de la pleine et non sélective application des 14 éléments constitutifs.

Ils ont rappelé que tous les Etats faisant partie de l'espace Schengen devraient appliquer pleinement le Code frontières Schengen, à travers des contrôles aux frontières vérifiant l'identité de chaque personne qui franchit les frontières extérieures de l'UE, tout en tenant compte des particularités des frontières maritimes.

4. Sur les relations institutionnelles entre l'UE, ses partenaires de la Méditerranée du sud et le monde arabe

Les ministres ont discuté de cette question en présence du Secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée M. Fathallah Sijilmassi. Tous se sont accordés à dire que les différentes formes de coopération pourraient être valorisées et mieux hiérarchisées afin qu'elles reflètent les défis communs auxquels sont confrontés les partenaires de l'Union européenne et de la Méditerranée du sud, sur la base aussi des consultations de la réunion ministérielle informelle de l'Union pour la Méditerranée qui s'est tenue en novembre 2015 à Barcelone. La crise actuelle en Syrie et en Libye et les flux migratoires illégaux vers l'Europe ainsi que d'autres questions d'intérêt commun, telles que l'énergie, l'éducation, l'emploi des jeunes, montrent qu'il existe de grandes possibilités d'amélioration de l'efficacité de la coopération multilatérale entre les pays partenaires de l'Union européenne et de la Méditerranée du sud, tout en prenant en considération les résultats de la réunion au sommet à la Valette en novembre 2015.

Les ministres sont également convenus de la nécessité de renforcer les relations de l'Union européenne et de ses Etats membres avec le monde arabe et à cet égard ils ont salué le Dialogue stratégique entre les deux organisations qui a été lancé en novembre 2015. Un accent a également été mis sur le rôle majeur des bureaux de la Ligue arabe dans les pays du Med Group. Les ministres attendent avec intérêt la réunion ministérielle entre l'UE et la Ligue arabe qui se tiendra au Caire en avril 2016.

Les ministres ont signalé les efforts importants consentis par l'UE en vue d'élaborer des stratégies dans la région, telles que la lutte contre le terrorisme, etc., et ils se sont par ailleurs mis d'accord sur la nécessité de mettre un accent plus important sur la politique de l'Union vis-à-vis de ses partenaires et des organisations de la Méditerranée du sud. Une approche favorisant davantage les synergies doit être adoptée dans le cadre de laquelle l'UE et ses partenaires pourront échanger des points de vue et des réflexions en rendant l'œuvre de l'Union plus pratique et plus applicable. La récente révision de la Politique européenne de voisinage offre un nouveau fondement pour le développement ultérieur du potentiel des organisations régionales - et plus particulièrement de l'Union pour la Méditerranée - visant à la coopération entre l'UE et ses partenaires en Méditerranée du sud.

Dans le même temps, ils ont reconnu la nécessité de renforcer la coopération dans le domaine de la sécurité entre l'Union européenne, ses partenaires de la Méditerranée du sud et les organisations régionales multilatérales, tout en soulignant que l'UE et les Etats membres doivent s'engager plus activement dans ce domaine.