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Communiqué Conjoint – Conférence de Rhodes sur la Sécurité et la Stabilité, Rhodes, 08-09.09.2016

lundi, 19 septembre 2016

Communiqué Conjoint – Conférence de Rhodes sur la Sécurité et la Stabilité, Rhodes, 08-09.09.2016La première réunion ministérielle informelle de la Conférence de Rhodes sur la Sécurité et la Stabilité a fourni une occasion aux ministres des Affaires étrangères et Hauts fonctionnaires de l’Albanie, la Bulgarie, Chypre, la Grèce, l’Egypte, l’Italie, le Liban, la Slovaquie – en sa qualité de Présidente du Conseil de l’Union européenne -, la Tunisie et les Emirats Arabes Unis d’échanger des vues sur un large éventail de sujets ayant trait à la sécurité et à la stabilité en Méditerranée orientale et au-delà.

A une période marquée par des défis, aussi nombreux que sérieux, à la sécurité dans la région de la Méditerranée orientale, les participants ont reconnu la nécessité d’un dialogue constructif renforcé, d’une coopération et coordination constantes parmi les pays de la région élargie, notamment à travers la politique européenne de voisinage et l’Union pour la Méditerranée, sur des questions telles que la sécurité aux frontières, le trafic, la lutte contre le terrorisme, la non prolifération, la sécurité alimentaire et de l’eau, l’énergie et le climat, l’inter-connectivité, l’infrastructure et la gestion des catastrophes. Dans le même temps, les participants ont souligné l’importance des formats tels que la Conférence de Rhodes sur la Sécurité et la Stabilité, pour la promotion du dialogue, tout en complétant et en renforçant les formes de coopération institutionnalisées susmentionnées.

La région est confrontée à des défis qui sont en grande partie, mais non exclusivement, liés aux conflits en cours dans la région, notamment en Syrie, en Libye et en Irak, ainsi qu’à la lutte contre Daesh en Irak / Syrie et au risque de propagation du terrorisme dans différentes régions de la Méditerranée. Le dénominateur commun des positions exprimées était que la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ne seront possibles que grâce à la coopération collective des pays concernés, ainsi qu’à l’action coordonnée des organisations internationales et régionales, comme l’ONU, l’UE, la Ligue arabe et le Conseil de coopération du Golfe, en respectant pleinement le droit international, la Charte des Nations Unies et que le processus de paix au Moyen-Orient doit reprendre le plus rapidement possible et mener enfin à une solution équitable. C’est la raison pour laquelle la coopération régionale est aujourd’hui plus que jamais nécessaire.
Le secteur de l’éducation a été reconnu comme étant un secteur prioritaire. Les participants sont convenus que la coopération renforcée, notamment entre les universités et les centres de recherche devait être recherchée, en établissant un réseau permettant d’échanger des vues et des idées et de promouvoir les contacts entre les jeunes et les milieux universitaires.

En ce qui concerne l’immigration, les participants sont convenus que la crise actuelle dramatique et sans précédent des migrants et des réfugiés exige que des mesures d’envergure soient prises. Par conséquent, la coopération transfrontalière sur la coordination en matière de gestion de l’immigration entre les autorités compétentes ainsi que la mise en œuvre de projets et de propositions conjoints soulageront les pays et les populations dans le besoin. Les participants ont également souligné l’importance d’adopter une approche intégrée dans la lutte contre les origines profondes de la question de l’immigration et de soutenir les efforts visant à améliorer les conditions de vie dans les pays du Sud de la Méditerranée.

Les participants ont salué les décisions courageuses du Liban, de l’Egypte et de la Jordanie d’accueillir un grand nombre de réfugiés de Syrie et d’Irak et ont de nouveau appelé la communauté internationale à octroyer à ces pays les fonds nécessaires en vue de faire face à ce défi disproportionné par rapport à leurs capacités économiques.

S’agissant de la Sécurité environnementale, les participants ont reconnu que le changement climatique figure parmi les plus grands défis et qu’il était nécessaire pour tous les Etats de relever en toute urgence ce défi. La Méditerranée est une région fermée et des actions immédiates devront être prises pour préserver et protéger l’environnement marin. Dans ce cadre, les participants sont convenus de développer des projets communs de recherche et d’engager des actions dans le domaine des technologies vertes. Ils ont également signalé la nécessité de renforcer leur coopération dans le domaine de la production énergétique et du transport des sources d’énergie conventionnelles.

Pour ce qui est de la Sécurité maritime, les participants ont souligné le rôle de la Mer méditerranée en tant que route maritime stratégique pour la navigation et le commerce internationaux. En tenant compte de la forte dépendance des économies de la région du commerce maritime et du transport maritime des biens et des services, ainsi que du fait que les menaces existantes telles que la piraterie au large de la Corne de l’Afrique, le terrorisme, le trafic illégal, des menaces qui peuvent constituer une entrave à la liberté de navigation en Mer méditerranéenne, les participants ont signalé la nécessité d’une approche holistique, dans le but d’élargir le concept de la sécurité maritime et, dans ce contexte, les participants ont salué l’impact positif de l’adoption en 2014 de la Stratégie de sûreté maritime de l’UE. Les participants ont souligné l’impact important de l’approfondissement et du développement du Canal de Suez, en tant que contribution majeure pour faciliter le commerce et la sécurité maritimes au niveau mondial.

S’agissant de la lutte contre le terrorisme, les participants ont reconnu que la menace terroriste actuelle sans précédent, liée à l’utilisation de nouvelles technologies, met en évidence la nécessité d’une réponse plus coordonnée et plus décisive. L’échange d’informations fiable et rapide ainsi que le développement d’un mécanisme permettant d’analyser à fond les données, peuvent, entre autres, améliorer le niveau de l’interaction nationale et régionale. La coopération étroite entre les services de renseignements et les services de la police revêt une importance primordiale. La liberté d’expression ne doit pas être utilisée de manière abusive afin d’entraver la lutte contre l’incitation au terrorisme.

Pour ce qui est de la lutte contre la radicalisation, les participants ont reconnu que malgré le fait que les mesures de sécurité soient nécessaires pour éviter les attaques terroristes et exercer des pressions sur les groupes terroristes, dans le même temps, ces mesures-là ne peuvent pas s’attaquer à la racine même du problème. En reconnaissant également que pour lutter contre le terrorisme, l’accent doit être mis non seulement sur les questions liées à la sécurité mais aussi sur la lutte contre la radicalisation, l’extrémisme et le fanatisme religieux, les participants ont décidé de mettre en place un comité qui sera constitué de représentants des pays participants, en vue d’explorer et de mettre en œuvre des projets visant à lutter contre l’extrémisme au Moyen-Orient, en Afrique du nord et en Europe, tout en promouvant la coexistence pacifique, la tolérance, la compréhension mutuelle et la coopération entre les différents groupes religieux. Ledit comité, dénommé ci-après « Le Comité de Rhodes », encouragera la coopération et la mise en œuvre des projets communs visant à promouvoir les valeurs et les principes du pluralisme culturel et religieux ainsi que le respect mutuel et sa première tâche sera de:

- Recenser les initiatives et les centres existants dans les pays de la région qui sont chargés de la promotion de la tolérance, de la coexistence pacifique et de l’interaction entre les différentes religions, tels que le Centre pour le Pluralisme religieux au Moyen-Orient à Athènes, l’Initiative jordanienne, appelée « Aqaba Process », le Al – Azhar Center au Caire, le Hedayah Center of Excellency à Abu Dabi, le Centre de recherche pour la coexistence interreligieuse de la Jordanie (Jordanian Interfaith Coexistence Research Center), etc., et parvenir à la mise en réseau de ces entités en vue de promouvoir l’échange d’informations et de bonnes pratiques.
- Promouvoir la mise en place d’un réseau de médias de la région, dans le but d’attirer l’attention sur les exemples positifs de la tolérance et la coexistence pacifique entre les différentes communautés.
- Explorer les moyens permettant de promouvoir les valeurs et les éléments culturels communs de notre civilisation en vue de mettre l’accent sur les valeurs qui unissent les peuples de la région, indépendamment de leur religion ou de leur origine ethnique. Un organe pourrait être mis en place chargé de la coordination des échanges culturels entre nos pays.
- Entreprendre des initiatives communes qui s’adressent notamment aux groupes de jeunes qui sont les plus vulnérables aux discours prêchant la haine et l’extrémisme.

Enfin, en reconnaissant la valeur ajoutée d’un dispositif de suivi du travail effectué par la Conférence de Rhodes sur la Sécurité et la Stabilité, les participants sont convenus d’organiser la prochaine réunion à Rhodes en septembre 2017.