Dimanche, 22 Octobre 2017
greek english french
Accueil arrow Actualité arrow A la Une arrow Conférence de presse à l’issue de la réunion quadripartite sur la coopération transfrontalière entre la Grèce, l’Albanie, la Bulgarie et l’ARYM (Thessalonique, 22 avril 2016)

Conférence de presse à l’issue de la réunion quadripartite sur la coopération transfrontalière entre la Grèce, l’Albanie, la Bulgarie et l’ARYM (Thessalonique, 22 avril 2016)

vendredi, 22 avril 2016

Conférence de presse à l’issue de la réunion quadripartite sur la coopération transfrontalière entre la Grèce, l’Albanie, la Bulgarie et l’ARYM (Thessalonique, 22 avril 2016)N. KOTZIAS : Je voudrais vous souhaiter la bienvenue à la première rencontre entre les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur des quatre pays voisins en Europe du Sud-est et dans les Balkans du sud.

J’ai eu le plaisir d’avoir à mes côtés mes trois collègues, les quatre ministres de l’Intérieur. Nous avons inauguré un débat sur la coopération transfrontalière entre les quatre Etats et avons souligné la nécessité de lutter contre les réseaux criminels, les réseaux négatifs et de développer des réseaux positifs et constructifs à l’avenir.

Nous sentons le besoin de contribuer au développement positif de nos Etats et d’assurer à cet égard du financement. La nécessité de promouvoir la bonne gouvernance et des institutions démocratiques puissantes dans tous les pays de la région.

Nous avons communément admis que nos pays se trouvent dans un processus de reconstruction en vue de lutter contre les problèmes majeurs de notre époque et notamment celui des réfugiés. Nous apprenons à mieux organiser notre coopération d’une manière active, efficace, solidaire et ce, en respectant nos valeurs européennes communes.

Nous voulons coopérer sur l’enregistrement et le contrôle des routes de déplacement des populations, la lutte contre la traite d’êtres humains, les réseaux de passeurs et la recherche des dispositifs appropriés pour l’immigration légale et le règlement des problèmes chroniques. Hier, le débat a été coordonné par les ministres des Affaires étrangères et aujourd’hui par les ministres de l’Intérieur.

La première chose sur laquelle nous nous sommes mis d’accord est que cette conférence est utile. Nous partageons tous le même avis, à savoir qu’il faut faire de cette conférence un dispositif institutionnel de coordination et de coopération avec des réunions qui se tiendront au moins tous les six mois et, si besoin est, à tire extraordinaire.

En outre, il a été convenu que dans le cadre de ce dispositif des réunions devront se tenir au-delà du niveau des ministres et pour une meilleure coopération au niveau des réunions ministérielles, au niveau des directeurs, des experts et des spécialistes.
Une telle réunion s’est tenue la semaine dernière à Athènes entre les Secrétaires généraux des ministères des Affaires étrangères et les directeurs de la police de l’Albanie, de l’Italie et de la Grèce.
Il a été également convenu que cette coopération est régie par des principes communs axés sur l’humanisme, le respect de la diversité et a comme objectif de sauvegarder la sécurité de nos citoyens et de stabiliser l’Europe du Sud-est. Nous nous sommes mis d’accord sur la nécessité de développer la solidarité et la compréhension mutuelles. Sur la nécessité d’avoir plus de contacts et parfois plus de clarifications. Dans le cadre de ces contacts, nous utiliserons tous les moyens possibles – des conférences et des téléconférences- ainsi que d’autres mesures en vue de promouvoir le bon voisinage, la mise en place de centres communs tels que celui de la coopération tripartite entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie.

Nous sommes convenus de la nécessité de contribuer à la réforme et à la révision des dispositions des règlements de Dublin et de valoriser à cette fin et de manière organisée, les organisations non gouvernementales dont la contribution est considérable. Toutefois, nous devons aussi établir une liste de ces organisations et faire une évaluation de manière coordonnée.

Il a été convenu de prendre de mesures spéciales en vue de soutenir les groupes sociaux spéciaux et notamment les enfants non accompagnés qui se déplacent dans notre région sans leurs familles ou qui ont perdu leurs familles lors de ce déplacement.

Afin que notre œuvre soit couronnée de succès, nous sommes convenus de soutenir des politiques communes à l’égard de la Jordanie et du Liban. De soutenir l’élaboration des stratégies à l’égard de ces pays du point de vue de l’Union européenne et de contribuer de toutes nos forces à la stabilité de l’Egypte qui est un acteur majeur pour l’avenir de la région en raison de sa position géographique, de sa taille géographique et de sa population qui s’élève à plus de 97 millions, dont les 2/3 sont des jeunes.

Nous sommes également convenus de la nécessité de coordonner en utilisant tous les moyens possibles, le contrôle des frontières et nos actions communes concernant le refoulement et la réinstallation des populations déplacées dans la région.

En outre, nous avons signalé la nécessité de séparer de façon institutionnelle les réfugiés des migrants économiques dont les droits et le traitement ne sont pas toujours les mêmes. Nous avons notamment souligné aujourd’hui lors de la réunion des ministres de l’Intérieur la nécessité d’établir une coopération entre les services d’information des quatre pays. Nous devons échanger et communiquer des informations que nous avons à notre disposition concernant la lutte contre le crime organisé que constitue la traite d’êtres humains.

Nous avons examiné d’un point de vue spécial, l’accord entre l’Union européenne et la Turquie. Nous avons constaté que la Turquie applique actuellement avec succès ledit accord. Le flux des réfugiés et des migrants a considérablement diminué entre la Turquie et les îles grecques.
En dépit de cela, vu les lacunes qui pourraient surgir dans la mise en œuvre de cet accord, nous avons besoin d’un plan b pour les éventuelles situations urgentes.

Enfin, lors de notre rencontre nous avons évoqué des questions ayant trait à la sécurité, ce qui pourra aussi faire l’objet de notre prochaine réunion mais aussi d’autres questions liées au terrorisme tout en soulignant qu’il n’existe pas de lien entre la question des réfugiés et le terrorisme.

Le terrorisme est lié à des réseaux illégaux et à d’autres facteurs qui contribuent à la naissance et à la montée de ce phénomène.

Je vous remercie de votre attention. Je tiens à remercier encore une fois mes collègues, les ministres des Affaires étrangères des autres trois Etats.

Je voudrais vous remercier tous les quatre et M. Toskas également pour votre présence et contribution à notre débat. Je voudrais remercier les directions de notre ministère et notamment la direction des affaires politiques, la direction G4, le service de l’information, la direction du protocole qui ont rendu possible l’organisation de cette réunion aussi réussie.

Je tiens à remercier notre direction à Thessalonique, le personnel de cet hôtel qui nous a réservé un accueil chaleureux.

Enfin, je voudrais aussi remercier les journalistes qui ont manifesté un intérêt très marqué à l’égard de cette réunion et ont reconnu sa valeur.

D’après ce que je sais, Monsieur Efthimiou les journalistes de chaque pays ont droit à une question. M. Efthimiou est le nouveau porte-parole de notre ministère. Vous avez la parole.

Je voudrais à ce stade remercier tout particulièrement la présence de la présidence néerlandaise à la réunion. C’est une présidence excellente tout comme le représentant de la présidence slovaque qui commence après l’été. Deux pays amis avec d’excellents ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur qui ont beaucoup aidé notre région et moi personnellement dans le cadre de la coopération que nous avons eue. Veuillez transmettre mes meilleures salutations à vos ministres. Je vous remercie d’avoir effectué ce long voyage à Thessalonique.

ANIMATEUR : Vous pouvez poser quatre questions, une question par journaliste de chaque pays. Vous êtes priés de dire votre nom et le ministre auquel vous adressez votre question.

JOURNALISTE : Alexander Markou, Top Channel. Quelle est l’attitude du gouvernement albanais à l’égard de la lutte contre la crise des réfugiés puisque on parle actuellement de la fermeture de la route des Balkans et de l’ouverture éventuelle d’une autre route ?

BUSHATI : Je vous remercie de votre question. Je veux être très clair et précis. Nous avons toujours eu une position bien cohérente à l’égard de la crise migratoire qui s’est intensifiée en octobre 2015. Il ne s’agit pas d’un choix entre le noir et le blanc, entre la fermeture et l’ouverture des frontières ou encore entre l’accueil ou non des réfugiés.
Il s’agit d’un engagement d’accepter une proposition européenne de solidarité. A l’issue de cette réunion, notre engagement est bien clair, à savoir nous œuvrons dans le sens d’une solution européenne. Telle est la première question.

La deuxième question porte sur le réseau des routes migratoires. Ce sont des questions étroitement liées. A cet égard nous devons coopérer non seulement avec la Grèce mais aussi avec d’autres pays tels que l’Italie, qui ont été touchés par la crise car nous constatons qu’il y a toujours cette éventualité pour les réfugiés et les migrants de trouver d’autres chemins.

Le troisième point que je voudrais aborder est encore une fois la nécessité d’une coopération coordonnée entre les Etats membres d’une part et d’autre part entre les Etats des Balkans occidentaux. Nous devons prendre en considération non seulement les éléments liés à la gestion de la crise mais aussi ceux qui peuvent apporter plus de stabilité politique et de sécurité dans notre région.

Je vous remercie.

S. TAHIRI : Mon collègue a évoqué trois points. Pour ma part, je voudrais évoquer un seul point. Je voudrais aussi remercier Nikos.

Je pense que nous nous trouvons face à un défi immense, celui de notre coopération. En pratique, nous sommes obligés de coopérer. Ce que nous avons fait à ce jour montre que nous pouvons davantage renforcer notre coopération. Beaucoup plus que ce que l'on a fait jusqu'ici.

Nous devons être en position d’assurer un équilibre approprié entre nos principes communs de solidarité et d’humanisme mais aussi de sécurité. Nous ne devons pas permettre aux terroristes d’exploiter les flux migratoires et de menacer nos sociétés.

J’ai eu l’occasion d’échanger des points de vue avec les ministres de la Grèce et je pense que telle est la bonne voie afin que nous puissions être efficaces. La bureaucratie peut nuire à toutes nos initiatives.

Et si nous voulons atteindre nos objectifs, nous devons lutter contre la bureaucratie afin de coopérer dans l’intérêt de nos citoyens et de tous nos pays.
Les migrants partent d’un pays de l’Union européenne, tel que la Grèce, à destination d’un pays qui n’est pas un Etat membre pour retourner dans un pays qui n’est pas non plus un Etat membre. Tel est le moment approprié pour prouver que nous avons une destination commune, un défi commun et que nous devons parvenir à des solutions communes, des solutions européennes face à ce défi ainsi qu’aux autres. Je vous remercie.

ANIMATEUR : Question suivante s’il vous plait.

JOURNALISTE : Tonia Dimitrova, chaîne de télévision publique de la Bulgarie. Ma question est adressée à M. Mitov.

Vous avez débattu de la question du soutien financier aux migrants et aux réfugiés. De quelle sorte de soutien parlez-vous et sous quelle forme pour les migrants et les réfugiés ? Je vous remercie.

D. MITOV : Je ne suis pas très sûr de ce qui vous a été traduit. Mais ce dont nous avons discuté aujourd’hui était l’adoption d’une position commune à l’égard du soutien financier de l’Union européenne envers les personnes qui se trouvent ici, à l’intérieur de l’Union européenne. Pour ce qui est maintenant de la Grèce, ce pays porte un fardeau très lourd ainsi qu’une énorme responsabilité et nous voulons aider la Grèce afin que cette dernière puisse faire face à cette situation sans précédent.

M. Kotzias a dit ce que nous devons faire. A savoir, faire une séparation entre les migrants économiques et les réfugiés. S’agissant des réfugiés, il existe un dispositif de relocalisation et nous devons mettre à leur disposition tous les moyens relatifs à la protection internationale. Pour ce qui est des migrants économiques, l’approche est bien différente. Nous avons ici encore la politique du retour et de la réadmission. Nous devons avoir une position ferme à cet égard. Nous devons garder à l’esprit que, pour ce qui est des migrants économiques, il existe des moyens légaux et toute une procédure contrôlée.
La coopération avec des pays tiers est très importante de sorte que ces pays puissent coopérer sur la question d’admission de leurs citoyens qui ont traversé illégalement les frontières des Etats membres de l’Union européenne.

Nous sommes tous d’accord à cet égard. Ces politiques ne relèvent pas seulement de la responsabilité des Etats membres mais il s’agit d’une question qui doit être gérée au niveau de l’Union européenne.

Par conséquent, la diplomatie de l’Union européenne doit jouer aussi sa partition et cela est d’ores et déjà devenu possible grâce à la présidence néerlandaise. Ce moyen a été déjà mobilisé et un travail important de préparation a été fait mais il y a encore beaucoup de choses à faire.

Mais, bien évidemment, les politiques du retour et du rapatriement sont très importantes pour ce qui est de la distinction entre ces deux catégories de personnes.

Comme je l’ai tout à l’heure dit, nous avons une responsabilité face aux réfugiés. Notre système social et éducatif ne pourra pas absorber un si grand nombre de personnes. C’est pourquoi nous devrons dans une large mesure contrôler ce processus.

L’accord entre la Turquie et l’Union européenne nous donne de l’espoir et montre que nous avons fait un premier pas important vers le contrôle et la gestion de nos frontières extérieures.

Nous devons considérer l’Union européenne comme un ensemble, comme une union qui a des frontières extérieures et nous devons axer toute notre attention justement sur cette dimension.

Et, bien évidemment, nous avons longuement discuté de la façon dont nous pourrons lutter contre la traite d’êtres humains, phénomène qui en fait encourage ce franchissement illégal et clandestin des frontières.

Les passeurs ont des réseaux tout au long de ces routes migratoires. Nous devons donc prendre en considération tous ces réseaux criminels qui sont actifs au sein des Etats membres de l’Union européenne et bien évidemment dans les pays partenaires.

Cette coopération régionale est extrêmement importante et c’est pourquoi nous sommes reconnaissants à la Grèce pour cette initiative d’organiser ce forum afin qu’un débat commence sur la gestion des frontières et la lutte contre la traite d’êtres humains et, bien évidement, sur un plan d’urgence en cas de non application de l’accord entre l’Union européenne et la Turquie. Nous avons besoin d’un tel plan d’urgence.

ANIMATEUR : Question suivante.

JOURNALISTE : Yasmina Tasefska, agence MIA, question adressée à M. Poposki.
Dans quelle mesure la crise migratoire a influencé les relations entre les quatre pays de la région en général ?

POPOSKI : Tout d’abord, nous pensons que cette réunion sur la question migratoire est très positive et espérons avoir d’autres réunions sur d’autres questions à l’avenir.

Vu la réalité sur le terrain, on ne pourrait pas dire que la crise migratoire influe sur nos relations avec nos pays voisins à l’ouest et à l’est, c’est-à-dire l’Albanie et la Bulgarie de la même façon qu’elle influe sur la partie sud du pays puisque il y a des dizaines de milliers de migrants qui se trouvent aux frontières. On ne peut avoir le comportement à l’égard de toutes les parties et il est plus facile de coopérer avec les pays voisins qui ne sont pas touchés par un flux massif de migrants.

Pour ce qui est de la situation sur la route du sud vers le nord, avec tous ces migrants qui viennent de la Turquie en Grèce et se déplacent vers le nord, je dois dire qu’en 2016 nous avons eu une coopération ce qui n’était pas le cas l’année dernière. Cette année nous avons établi des canaux de communication, entre autres, au niveau diplomatique. Cela ne signifie pas qu’automatiquement toutes les questions seront résolues.

On doit savoir que même aujourd’hui les activistes, les ONG et les passeurs coopèrent plus facilement de part et d’autre de la frontière que les services gouvernementaux.

L’un des messages de cette réunion est que nous devons conjuguer nos efforts et essayer d’éviter des solutions qui font peser un lourd fardeau sur un seul pays.

Nous devons transmettre un message clair aux deux parties – telle est la position de mon gouvernement – à savoir que la route migratoire vers les Balkans ne sera pas celle de 2015 et que nous ne devons pas laisser seule la Grèce faire face aux dizaines de milliers de migrants qui se trouvent sur son territoire.

C’est pourquoi nous œuvrerons sur les questions de la réadmission et de la relocalisation. Tous ceux qui se trouvent autour de cette table sont d’accord et c’est pourquoi la participation de la présidence néerlandaise était un élément positif.

Nous devons axer notre attention sur la façon de faire cesser cette situation. Il existe un nouveau plan qui n’est peut-être pas parfait mais c’est le seul plan que nous avons actuellement sur la table et nous devons tous aider pour que ce plan soit couronné de succès.

Les relations bilatérales se poursuivront au-delà de la crise migratoire. Cette crise nous donne l’occasion de montrer que toutes les parties s’engagent à poursuivre la coopération à l’avenir dans d’autres domaines aussi.

ANIMATEUR : Dernière question s’il vous plait.

JOURNALISTE : Spyros Sideris, Independent Balkan News Agency.

Je voudrais poser des questions à vous M. Kotzias mais aussi à M. Toskas mais je pense que cette question concerne les autres ministres aussi.

Vous avez affirmé que les perspectives de cette initiative d’organiser la réunion entre les quatre pays voisins sont positives. Est-il possible d’établir une base commune de coopération à l’heure où des différends existent avec certains pays ?

Est-ce que ces différends pourraient entraver cet effort ? Et dans quelle mesure la stabilité dans la région est importante ?

Monsieur Toskas, est-il facile d’avoir une coopération sur une question ayant trait à la sécurité intérieure et par conséquent à la sécurité nationale ?

Merci.

N. ΚΟΤΖΙΑS : Merci. Puisque je ne prendrai plus la parole lors de cette conférence, permettez-moi de remercier les ministres de la Bulgarie, de l’Albanie et de l’ARYM. Je voudrais aussi remercier les présidences, la présidence actuelle et future, néerlandaise et slovaque.

J’aimerais faire une déclaration générale de politique étrangère, saisissant l’occasion de votre question. La politique étrangère doit être dotée de certaines caractéristiques. La politique étrangère ce ne sont pas les médias, ce n’est pas l’activisme quotidien que j’adopte et apprécie profondément. Ce n’est pas le discours d’opposition.

La politique étrangère doit avoir une certaine stabilité dans son orientation et être dotée d’une certaine flexibilité, lorsque nécessaire. Elle doit être exercée avec sérieux, modération, retenue et détermination lorsque cela est nécessaire. Et si je le dis c’est parce que souvent, dans de nombreux Etats membres de l’Union européenne et parfois chez nous aussi, ce sens de la modération, cette retenue et ce sérieux sont échangés contre quelques secondes de publicité à la télévision. Les chaînes de télévision et les journaux font bien leur travail et les ministres des Affaires étrangères ne devraient pas se préoccuper de faire leur promotion personnelle, mais de créer le meilleur climat possible de coopération et de stabilité avec d’autres pays et avant tout avec leurs pays voisins.
Par conséquent, notre politique – qui est celle aussi des ministres d’autres pays, sans pour autant que je ne parle pour leur compte – doit essayer de surmonter les problèmes, de les résoudre et de trouver des points communs qui contribueront à améliorer la vie des pays et des peuples.

Vous savez, la politique étrangère est différente de la politique de défense sur un point. En politique de défense, les moyens sont les armes, tandis qu’en politique étrangère, les moyens sont la négociation. Et je pense – en tant que spécialiste, universitaire et professionnellement parlant, non pas seulement en ma qualité de ministre – que les négociations, la possibilité d’apporter une solution diplomatique aux problèmes sont les moyens les plus puissants.

Y a-t-il des différends qui nous opposent à d’autres pays ? Certes. Mais au niveau intérieur de chaque pays, nous avons des avis différents. Est-ce que ces différends peuvent être résolus ? Pour ce faire, il faut de la volonté et une bonne disposition, des pensées productives et des propositions de solutions, voire des bonnes relations personnelles.

Et comme vous le savez, nous exerçons une politique étrangère active. Nous faisons des propositions à toutes les parties. A la Turquie, également pour le problème chypriote, ou pour la résolution de la question du nom et nous avons avec nos voisins du nord, des mesures de confiance et un ensemble de solutions aux problèmes émanant du passé ou aux questions que nous devons résoudre pour l’avenir avec l’Italie, l’Albanie. Nous promouvons également des actions communes avec la Bulgarie.

Nous préparons notre prochaine rencontre en septembre, comme vous le savez, la deuxième semaine de septembre à Rhodes, avec une série d’Etats membres de l’Union européenne et de pays arabes, des pays de la Méditerranée, avec nos amis bulgares sur des questions ayant trait à la sécurité et à la stabilité.

Nous ne partageons pas le même point de vue sur la politique qu’avec tous ceux qui viendront à Rhodes. Nos systèmes politiques sont différents. Mais nous avons une volonté commune qui est la stabilité et la sécurité. Et je pense qu’aujourd’hui ces deux points sont très importants pour la région des Balkans et c’est sur cette base là que nous avançons.

Un dernier commentaire. Je suis le plus âgé des ministres des Affaires étrangères. Et la coïncidence est que les trois ministres des pays voisins sont tous nés en 1977. Nos relations personnelles sont très bonnes et constructives. Des relations qui contribuent – à mon sens – à rechercher les solutions que je vous ai décrites tout à l’heure. Et je pense que notre rencontre d’hier et d’aujourd’hui a contribué à ce que nous ayons des relations de confiance, à ce que nous ne soyons pas méfiants les uns à l’égard des autres, tout en connaissant nos différences. Vraiment. Mais la mission de la diplomatie est de rechercher les moyens permettant une meilleure vie pour les pays et leurs sociétés, des moyens de réduire ou de résoudre les problèmes. Car des problèmes il y en aura toujours.

M. TOSKAS : Merci M. le ministre. Il est apparu au cours de ces dernières crises qu’une coopération commune est nécessaire. Chaque région a ses problèmes et ces problèmes ne peuvent être résolus sans coopération.

Il est apparu clairement que nous devons apprécier la situation ensemble. Que nous devons organiser et coordonner nos efforts. Il est apparu que nous devons trouver le juste équilibre devant les problèmes et les différentes particularités qui se présentent. Tout à l’heure, vous vous êtes référé à de bonnes ONG et à d’autres qui sont problématiques.

Nous devons prendre des décisions rapidement. Nous pouvons associer la sécurité à la démocratie et à la liberté. Il ne peut y avoir de démocratie et de liberté sans sécurité.

Il est apparu que cette coopération est plus que jamais nécessaire à la lutte contre le crime commun. Et dans cette rencontre organisée suite à l’initiative du ministère des affaires étrangères, la nécessité de la coopération, de la discussion est apparue, celle de discuter en tête à tête avec nos collègues, d’ouvrir des voies de coopération, car souvent malheureusement le problème ne nous attend pas, le crime commun ne nous attend pas. Nous devons donc nous coordonner, parler et faire face aux différentes situations qui se présentent de manière rapide et décisive.

C’était une très bonne occasion et un bon début pour ces coopérations. Et bien entendu l’effort et la contribution de l’Union européenne et des autres collaborateurs étaient décisifs.