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Déclaration de N. Kotzias, ministre des Affaires étrangères, à l’issue du Conseil des Affaires étrangères de l’UE (Bruxelles, 11 décembre 2017)

lundi, 11 décembre 2017

Déclaration de N. Kotzias, ministre des Affaires étrangères, à l’issue du Conseil des Affaires étrangères de l’UE (Bruxelles, 11 décembre 2017)Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Aujourd’hui, lors du Conseil des Affaires étrangères, ici à Bruxelles, nous avons abordé deux questions. Nous avons eu un entretien avec M. Netanyahou lors duquel nous avons souligné la position que nous avons formulée, à savoir que la reconnaissance de Jérusalem [comme capitale de l’Etat d’Israël] et le déplacement de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem ne contribuaient pas à l’instauration de la paix dans la région. Nous avons également souligné la nécessité de parvenir à une solution à deux Etats, c’est-à-dire de l’Etat d’Israël et de l’Etat palestinien, en assurant dans le même temps la sécurité d’Israël.

Par la suite, nous avons tenu une discussion sur le Moyen-Orient lors de laquelle j’ai premièrement signalé la nécessité d’élaborer dans les plus brefs délais des plans pour la reconstruction de la Syrie ainsi que pour la contribution d’experts dans le façonnement du nouvel ordre constitutionnel du pays. Pour ce qui est de l’Irak, j’ai souligné qu’il était nécessaire de respecter les droits d’autonomie qui sont visés dans la constitution du pays, comme nous avons soutenu par le passé l’unité de l’Irak.

Nous avons parlé de la nécessité d’élaborer un agenda positif et un nouvel esprit. J’ai présenté en détail ce que les Arabes eux-mêmes appellent l’esprit de Rhodes, c’est-à-dire ce que c’est exactement l’esprit de Rhodes et comment il pourra contribuer à l’instauration d’un nouvel ordre dans la région de la Méditerranée orientale, à savoir d’un nouvel ordre en matière de sécurité, de paix, comme cela s’était justement passé avec les accords d’Helsinki.

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, quelle est l’attitude du Premier ministre d’Israël, M. Netanyahou après la déclaration faite par M. Trump ? Du moins, quelle position a-t-il formulé lors du petit déjeuner que vous avez eu aujourd’hui ?

N. KOTZIAS : Le Premier ministre israélien a souligné que la position de son pays était que Jérusalem était sa capitale. Il a dit ce que les Palestiniens ont le droit de dire de leur côté, à savoir que Jérusalem-Est (et pour certains l’ensemble de Jérusalem) est la capitale des Palestiniens. Il s’agit de deux positions bien différentes et Israël a le droit d’avoir sa propre position. Telle a été sa position.
JOURNALISTE : A votre avis, la partie israélienne fait-elle preuve d’une attitude conciliante ce qui pourrait faire avancer les pourparlers?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Les Israéliens imposent une condition, à savoir que l’autre partie doit reconnaitre la possibilité pour les Juifs d’avoir leur propre Etat ainsi que la possibilité d’aller dans le sens de la solution potentielle à deux Etats.

Et bien évidemment, les articles que nous avons vu paraître dans la presse la semaine dernière, d’après lesquels les Palestiniens sont orientés vers un seul Etat et ne revendiquent pas deux Etats, mais cherchent plutôt à sauvegarder les droits de l’homme à l’intérieur d’un Etat israélien, ne semblent pas avoir gagné du terrain dans la vie politique réelle de la région.

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, la visite en Grèce du Président turc, Erdogan a fait l’objet de critiques et nombreux ont été ceux qui ont affirmé que …

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : C’est la première fois dans l’histoire de la diplomatie que des critiques sur une visite sont formulées avant même que celle-ci ne commence. Autrement dit, on ne parle pas de critique politique ici, mais de prophétie.

JOURNALISTE : D’un autre côté, certains ont dit – et notamment l’opposition – que c’est vous qui aviez organisé cette visite et que cette organisation n’était pas parfaite, vu la façon dont elle a évolué, et certains s’interrogent même sur la raison de cette visite en Grèce.

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Cette visite a eu lieu car nous devons toujours avoir les canaux de communication ouvertes. En Corée, où je me trouvais une semaine auparavant, je leur ai demandé : « Quel est votre principal problème ? ». Et au lieu de me répondre « les missiles balistiques », ils m’ont dit : « Nous n’avons aucun canal de communication avec la Corée du Nord et s’il se produit un accident ou une erreur, nous ne pourrons faire face aux conséquences ». Elle a aussi eu lieu pour pouvoir enfin donner une nouvelle impulsion, faire repartir les grands projets communs que nous préparons dans les domaines des transports et de l’économie mais aussi la coopération entre universités et centres de recherche, la rencontre des deux gouvernements qui se tiendra à Thessalonique dans trois mois à compter d’aujourd’hui, afin que nous revoyons comment les deux ministères des Affaires étrangères coopèreront. Nous avons également abordé la question chypriote. C’est un pays voisin avec lequel nous devons discuter. J’ai le sentiment que l’opposition a décidé de considérer cette visite comme un échec avant même qu’elle ne commence. Elle a une mentalité que je taxerais de néo-isolationnisme et d’inertie. Du type « chacun reste chez soi ». Cette mentalité est peut-être pratique lorsqu’on habite un immeuble et que l’on ne veut pas parler à son voisin. Mais dans les relations entre Etats, ce n’est pas comme ça que cela fonctionne.

JOURNALISTE : Par conséquent, diriez-vous que la visite était un échec au vu de vos attentes ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Cette visite était bénéfique non seulement pour le pays, mais aussi pour les relations gréco-turques et la façon dont elles sont envisagées.