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Déclaration du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias à la presse dans le cadre des travaux du Conseil des Affaires étrangères de l’UE (Luxembourg, 20 juin 2016)

lundi, 20 juin 2016

 Déclaration du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias à la presse dans le cadre des travaux du Conseil des Affaires étrangères de l’UE (Luxembourg, 20 juin 2016)Ν. ΚΟΤΖΙΑS : J’ai commencé mon intervention d’aujourd’hui au Conseil des Affaires étrangères par une remarque : le lundi de Pâques et lors de la fête du Saint-Esprit ne se tiennent pas des conseils. Et j’ai demandé si la même chose est valable dans la religion catholique et protestante, et la réponse a été bien évidemment négative. Et j’ai affirmé qu’il devait y avoir de l’égalité tant à l’égard des nations qu’à l’égard des convictions et je leur ai dit que, comme chacun sait, je suis athée mais je respecte toutefois l’orthodoxie grecque.

Par la suite, je leur ai expliqué que lorsqu’ en 1997 nous avons mis un veto contre la Turquie en raison de la question chypriote, tout le monde disait à la Turquie qu’une fois que le veto de la Grèce serait levé, la Turquie deviendrait tout de suite membre de l’Union européenne et qu’il n’y aurait pas de problèmes démocratiques en Turquie. Il a été démontré que depuis 1997 à ce jour - c’est-à-dire 19 ans plus tard – depuis les sommets de Tampere et d’Helsinki lors desquels nous avons levé notre veto, les problèmes demeurent au sein de la Turquie d’aujourd’hui et dans ses relations avec l’Union européenne. Mon intention n’est pas de dire à qui ou à quoi la faute, mais j’ai évalué ce fait et j’ai brièvement répondu à l’argument selon lequel si la Grèce n’avait pas opposé son droit de veto en raison de la question du nom, l’ARYM serait aujourd’hui un pays stable. Les évolutions relatives aux relations entre l’Union européenne et la Turquie montrent combien cette perception est fausse.

Je leur ai rappelé que l’année dernière, lors du même Conseil, en juin 2015, j’avais signalé qu’il existait un grand problème avec l’ARYM, à savoir le manque d’un fonctionnement démocratique et notamment d’une culture démocratique de dialogue et de compromis. Ce manque est dû à ces Etats membres qui se veulent des amis de l’ARYM et lesquels ont appris aux directions de l’ARYM à ne pas faire de compromis sous prétexte qu’ils allaient eux régler tous ses problèmes. Et je leur avait dit l’année dernière que, malheureusement, avec cette attitude qu’ils adoptaient à l’égard de l’ARYM et le fait qu’ils faisaient retomber tous le poids des responsabilités sur la Grèce, les directions du pays voisin n’auraient finalement plus la capacité de procéder aux compromis nécessaires au développement de la démocratie.

Malheureusement, il s’est avéré que j’avais raison. Car cette direction, en raison du comportement des Européens à son égard, n’a pas appris à faire de compromis et la principale question à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui est d’aider ce pays à adopter une culture de compromis. Deuxièmement, nous devons l’aider à développer la démocratique, et notamment contribuer à l’établissement de listes électorales normales et au fonctionnement démocratique des médias. Troisièmement, nous ne devons pas avoir recours – je dois le signaler car cela a été dit – à des sanctions. Moi personnellement, et de manière générale, le gouvernement grec est contre les systèmes de sanctions. Et, dans le cas de l’ARYM, nous ne permettrons pas l’imposition de sanctions. Et les véritables défenseurs de la stabilité dans ce pays sont des pays comme la Grèce et la Bulgarie et j’ai réitéré que la création de cet Etat est un fait réel à l’égard duquel nous devons adopter une position favorable. Mais l’appellation de cet Etat et l’irrédentisme sous-jacent, sont des éléments négatifs.

JOURNALISTE : Avez-vous également parlé d’autres pays des Balkans occidentaux ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Merci de votre question. J’ai également parlé de la nécessité d’insister sur le développement des relations de bon voisinage avec tous les pays, en signalant que tant l’ARYM avec les questions qu’elle soulève, que d’autres pays des Balkans occidentaux ne suivent pas les règles relatives aux relations de bon voisinage. J’ai notamment signalé que nous assistions à la montée d’une nouvelle vague de nationalisme dans les Balkans occidentaux, ce qui doit faire l’objet d’une attention particulière de la part de l’Union européenne tout entière. Car le nationalisme peut détruire les Etats et le parcours européen ainsi que la paix et la stabilité dans la région. Et tel a été le message transmis à Skopje mais surtout envers les autres pays où - en dépit des propositions que nous avons reçues et je me suis référé à des propositions connues de la vice-présidence de l’UE à l’égard des autres voisins – on assiste à une résurgence du nationalisme ce qui ne contribue pas à l’entente et au parcours européen de ces Etats, qui s’ils permettent au nationalisme de se renforcer, auront des effets similaires sur leur parcours européen.

JOURNALISTE : Est-ce que cela signifie que vous avez utilisé toutes les moyens diplomatiques ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : La diplomatie a à sa disposition une liste étendue de moyens, que la Grèce utilise constamment en fonction des conditions. Et comme vous le savez, depuis un an et demi, tous les moyens disponibles de la diplomatie grecque et européenne ont été utilisés de manière rationnelle et efficace. Force est de signaler que les Etats à l’égard desquels nous avons pris, à mon avis, des mesures dures, nous ont remercié publiquement lors de la réunion du Conseil de notre contribution à la question migratoire et à la stabilité des Balkans ainsi que de notre politique à l’égard de l’ARYM.

JOURNALISTE : Vous vous êtes entretenus avec M. Kassoulidis. Vous vous êtes aussi entretenus, il y a deux jours, avec M. Ban Ki-Moon.

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : J’ai informé M. Kassoulidis de la discussion que j’ai eue avec le Secrétaire général de l’ONU, je l’ai briefé sur les positions que j’ai déclinées en vue de régler le problème de la sécurité et des garanties concernant la question chypriote, des positions qui sont, bien entendu, connues de M. Kassoulidis et je lui ai remis un long texte en la matière que j’ai rédigé moi-même.

JOURNALISTE : La réunion quadripartite qui s’était tenue à Sofia il y a 15-20 jours…

Ν. KOTZIAS : …elle devait avoir lieu de nouveau aujourd’hui, mais tel n’a pas été le cas car le ministre roumain des Affaires étrangères accompagne le premier ministre à une visite officielle et en Croatie comme vous le savez le gouvernement a démissionné et le pays se trouve de nouveau dans une phase transitoire. Ce sont des raisons internes qui ont conduit au report de la réunion quadripartite.

JOURNALISTE : En ce qui concerne Skopje, vous avez discuté de la situation politique en ARYM ? Est-ce qu’il y aura une intervention de l’UE ?

Ν. KOTZIAS : Nous avons abordé la question en détail. J’ai noté que nous devons discuter des affaires intérieures de l’ARYM, l’aider en employant tous les moyens diplomatiques et les possibilités, par le biais de la voie diplomatique et ne pas faire constamment pression sur les dirigeants de l’ARYM afin que ceux-ci aillent dans un sens ou dans l’autre. Même lorsque l’on invoque la démocratie, que l’on exerce une pression, cela peut-être perçu comme un comportement non démocratique pouvant engendrer des sentiments non amicaux à l’égard de la démocratie.

JOURNALISTE : Avez-vous abordé avec M. Kurz la question de la réunion qui se tiendra en Autriche sur les Balkans occidentaux et les voies des réfugiés, réunion à laquelle la Grèce a été conviée ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : M. Kurz a réitéré toute son estime pour la Grèce lors de la séance. Et cette question sera abordée cet après-midi.