Lundi, 23 Octobre 2017
greek english french
Accueil arrow Actualité arrow A la Une arrow Déclarations conjointes de N. Kotzias, ministre des Affaires étrangères, et de S. Darmanovic, ministre des Affaires étrangères du Monténégro, à l’issue de leur rencontre (Athènes, 13 juin 2017)

Déclarations conjointes de N. Kotzias, ministre des Affaires étrangères, et de S. Darmanovic, ministre des Affaires étrangères du Monténégro, à l’issue de leur rencontre (Athènes, 13 juin 2017)

mardi, 13 juin 2017

Déclarations conjointes de N. Kotzias, ministre des Affaires étrangères, et de S. Darmanovic, ministre des Affaires étrangères du Monténégro, à l’issue de leur rencontre (Athènes, 13 juin 2017)Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Je voudrais tout d’abord remercier l’interprète pour son très bon travail.

Je tiens à souhaiter la bienvenue à mon collègue, Srdjan Darmanovic et le remercier pour sa visite, pour la discussion intéressante que nous avons tenue en tête-à-tête et en formation élargie au niveau de nos deux délégations.

Je voudrais le remercier de son attitude amicale dont il fait preuve vis-à-vis de notre pays et de sa solidarité à l’égard des victimes du séisme à Lesbos.

Je voudrais aussi féliciter le Monténégro, pays ami de la Grèce, pour ses réussites sur la scène politique internationale et sa participation au sein des organisations internationales, telles que son adhésion à l’OTAN et, force est de signaler avant tout que le Monténégro est l’un des pays des Balkans occidentaux à avoir les positions les plus avancées dans le cadre de la négociation et le plus près d’adhérer à l’Union européenne.

Notre pays, et moi personnellement, avons exprimé notre volonté de soutenir le parcours européen du Monténégro, de mettre à disposition nos connaissances et notre expertise dans la mesure requise et en fonction de nos capacités, d’organiser des échanges à tous les niveaux et dans tous les domaines en vue de promouvoir la coopération entre nos deux ministères et entre nos deux Etats.

Notre coopération est essentiellement développée dans le domaine de la formation militaire et j’ai proposé aussi une coopération avec la nouvelle école des officiers de sapeurs-pompiers à Kozani ainsi qu’entre nos universités, nos centres de recherche et nos centres culturels.

Le Monténégro, tout comme la Grèce, est un phare de stabilité dans la région des Balkans. Nous sommes deux pays qui veillent et contribuent à la stabilité et à la sécurité de la région et de ce point de vue, le Monténégro est un pays ami qui contribue à la diffusion de la culture politique que j’apprécie énormément, la culture du consensus et des compromis dans notre région, chose qu’il a prouvée puisqu’il a fait tout ce qui était nécessaire pour résoudre toutes sortes de problèmes que nous avons tous dans la région, hérités du passé.

Nous sommes tous les deux ennemis du nationalisme qui génère des conflits dans notre région et nous voulons élaborer un agenda positif pour l’avenir de nos relations.

Nous voulons mettre en place des réseaux. Nous voulons valoriser le gazoduc TAP en vue de faire avancer le projet du gazoduc Mer ionienne-Adriatique (IAP), soutenir les projets de grandes autoroutes de la route ionienne et de ses tronçons. Nous voulons coopérer sur des questions relevant de l’éducation et de la culture et, bien entendu, nous voulons lutter contre le crime organisé.

C’est avec un grand plaisir que j’ai accepté au nom du Président, Prokopis Pavlopoulos, et du Premier ministre, Alexis Tsipras, l’invitation de visiter le beau pays du Monténégro et j’espère qu’à l’avenir nous intensifierons nos rencontres. Cela est dans l’intérêt de nos deux pays et de notre région.

En outre, j’ai aussi invité mon collègue à une série de manifestations et réunions qui seront organisées par la Grèce, comme la Conférence pour la protection des communautés religieuses et culturelles du Moyen-Orient qui se tiendra vers la fin du mois d’octobre et la prochaine conférence sur la Sécurité et la Stabilité en Méditerranée orientale, qui se tiendra en juin 2018 à Rhodes. J’ai aussi proposé, dans le cadre du partenariat quadripartite entre la Grèce, la Bulgarie, la Roumanie et la Croatie, d’inviter aussi le Monténégro afin de voir comment nous pourrons soutenir son parcours européen ce qui est dans l’intérêt de toute la région.

Je voudrais encore une fois remercier mon cher ami Srdjan de sa visite et de notre rencontre qui a été un véritable plaisir. Merci beaucoup.

S. DARMANOVIC : Merci. Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, cher Nikos, mesdames et messieurs, il est toujours difficile de prendre la parole après un penseur et orateur aussi intéressant que M. Kotzias. Car il a tout dit.

Tout d’abord je voudrais vous remercier de votre accueil chaleureux et de la reconnaissance des relations étroites d’amitié qu’entretiennent nos deux pays.

L’objectif principal de ma visite en Grèce est de promouvoir davantage la relation entre les deux pays, le dialogue constructif ainsi que la coopération économique.

L’occasion m’est offerte de souligner la politique positive qu’exerce la Grèce à l’égard des Balkans occidentaux et de l’élargissement de l’OTAN et de l’Union européenne. Et dans ce cadre je voudrais rappeler que la Grèce est le premier pays de contact au sein de l’OTAN pour le Monténégro en 2008 et de plus j’ai le grand honneur de visiter votre pays quelques jours après que le Monténégro est devenu membre à part entière de l’alliance.

Cet exploit a été réalisé grâce, entre autres choses, à votre aide substantielle et à cet égard je voudrais exprimer ma reconnaissance pour le soutien ferme de la Grèce à l’adhésion du Monténégro à l’Union européenne, notamment au cours de la présidence hellénique du Conseil de l’UE au premier semestre de 2014, période durant laquelle de nombreux chapitres de l’acquis communautaire ont été ouverts.

Et à cette occasion je voudrais former l’espoir que la Grèce continuera de soutenir le Monténégro au cours de la prochaine période de notre parcours vers l’Union européenne, car, à ce jour, nous avons atteint deux de nos trois objectifs nationaux : notre indépendance nationale en 2006 et notre adhésion à l’OTAN cette année, et nous comptons sur nos amis pour atteindre notre troisième objectif qui est notre adhésion à l’Union européenne.

Le domaine du tourisme se développant dans notre pays, il existe de nombreuses possibilités de coopération. S’agissant des vols directs de la compagnie aérienne Aegean qui commenceront le 21 juin, c’est-à-dire dans quelques jours, nous pensons que cela contribuera dans une large mesure au renforcement des liens entre nos deux pays.

Les vols directs dureront jusqu’au mois de septembre et cette période pourrait être prolongée si un intérêt est manifesté à cet égard. Nous espérons que les Grecs auront la possibilité de visiter plus souvent le Monténégro. Nous avons des partenaires, comme la société pétrolière Ellinika Petrelaia, en Grèce qui coopère avec le Monténégro depuis plus de 10 ans.

Nous avons reconnu qu’il est encore possible de promouvoir davantage les relations économiques, tout comme la coopération dans le domaine de la science et de l’éducation. Les questions relevant de l’éducation sont très importantes. Douze officiers de notre pays suivent actuellement une formation en Grèce dans les écoles militaires grecques et nous sommes très reconnaissants du fait qu’ils puissent désormais avoir une éducation de haut niveau et lorsqu’ils seront de retour dans notre pays, ils pourront apporter une contribution aux forces armées. Notre pays est petit, tout comme nos forces armées, mais il est nécessaire que nos officiers reçoivent une éducation de haut niveau.

En outre, je voudrais souligner notre coopération multipartite très constructive et signaler que nous sommes parvenus à un accord sur le soutien mutuel à la participation au Conseil de la Sécurité de la Grèce pour la période 2025-2026 et du Monténégro l’année prochaine.

En outre, nous sommes convenus de nous soutenir mutuellement pour ce qui est de la participation de nos deux pays à la Commission des Droits de l’homme de l’ONU. Nous avons bien évidemment discuté des Balkans au regard des défis actuels auxquels est confrontée l’Europe à l’intérieur et à l’extérieur.

Nous sommes convenus qu’en tant que pays amis, bien évidemment, l’élargissement de l’Union européenne ne devrait pas perdre de son élan dans les Balkans occidentaux, que l’Union européenne devrait revaloriser sa présence dans la région et trouver les moyens d’encourager le parcours des pays des Balkans occidentaux vers l’Union européenne.

Car nous avons tiré non seulement les enseignements de l’Histoire, mais aussi du présent. Les institutions les plus importantes en termes de démocratie et de prospérité économique, comme l’Union européenne, seront évincées si elles n’exercent pas une activité dans la région des Balkans occidentaux.

Ce qui nous intéresse, c’est la paix. Il faut trouver un moyen d’intégrer les Balkans occidentaux dans ce groupe de pays, dans cette institution. Ce parcours n’est pas unilatéral, nous devons nous aussi poursuivre nos réformes. Mais nous ne réussirions pas sans le soutien généreux de nos amis, dont la Grèce.

J’attends d’accueillir M. Kotzias au Monténégro, je l’ai invité à venir quand il le souhaitera. Je sais qu’il adore la pêche et je pense donc qu’il pourra exercer cette activité dans nos belles plages. J’attends avec impatience sa visite dans notre pays.

Encore une fois merci.

JOURNALISTE : Bienvenue à Athènes M. le ministre. La question de la définition des frontières du Monténégro avec le Kosovo demeure en suspens. Je souhaiterais savoir comment cette question influera sur le résultat électoral récent au Kosovo.

S. DARMANOVIC : Cette question n’est plus en suspens pour nous. Le processus s’est achevé avec de la bonne volonté. Nous avons accepté les frontières qui prévalaient du temps de la Yougoslavie, frontières qui ont été inspectées par la Commission internationale qui a confirmé la solution. Nous avons signé un traité avec le gouvernement kosovar à Vienne. La majorité des membres de notre parlement ont approuvé le traité.

La question a donc été remise sur le tapis en raison de querelles politiques intestines au Kosovo. Il est très habituel et normal dans toute démocratie que de telles questions soient soulevées pour nourrir le débat. Nous savons que le problème a été de trouver une majorité au Parlement kosovar en vue de la ratification du traité.

Toutefois, nous sommes patients et n’avons pas aggravé la situation. Nous n’avons pas fait pression auprès de nos amis kosovars pour clore le sujet. Nous pensons qu’un moyen sera trouvé en vue de résoudre la question à l’interne. Nous attendons donc patiemment.

Nous sommes convaincus que la libéralisation du régime des visas de l’Union européenne est une condition sine qua non et cela est très important pour les citoyens kosovars. La ratification du traité leur permettra de s’intégrer dans les pays relevant de la libéralisation du régime des visas.

Nous avons reconnu le Kosovo, nous entretenons de bonnes relations et poursuivons le dialogue. Nous ne voyons pas pourquoi cette situation ne pourrait pas continuer quel que soit le gouvernement en place, qui sera probablement un gouvernement de coalition.

Nous pensons que nous continuerons sur la même voie, qu’une solution sera trouvée au Parlement kosovar entre les puissances politiques du pays. Nous sommes à l’aise, je dirais, s’agissant de cette question.

JOURNALISTE : Une question pour M. Kotzias : Monsieur le ministre, demain vous vous entretiendrez avec M. Dimitrov ici, au ministère des Affaires étrangères. Qu'attendez-vous de cette réunion ? Merci.

Ν. ΚΟΤΖΙΑS: Tout d’abord, j’espère que cette rencontre sera tout aussi fructueuse que celle avec mon collègue monténégrin.

Je pense qu’il s’agit avant tout d’une première visite pour faire connaissance. Deuxièmement, il s’agit d’une rencontre qui nous permettra d’échanger nos vues sur les dernières évolutions en rapport avec les deux pays et de voir comment nous continuerons. Nous avons de nouvelles idées et propositions que nous formulerons, s’agissant des mesures de confiance entre les deux pays.

Nous montrerons et confirmerons encore une fois pour la Grèce que ce qui prévaut est la stabilité et la sécurité de la région et par extension de ce pays. Je ne pense pas que nous aborderons la question du nom car il s’agit d’une première rencontre pour faire connaissance. Il est probable que nous discutions de la méthode à suivre pour ce qui est de nos discussions sur les relations entre les deux pays.

Nikola Dimitrov porte le même nom que le précédent ministre des Affaires étrangères de Skopje et moi-même et en ARYM, pays sans accès à la mer, le prénom le plus populaire est « Nikos », qui pour nous est le protecteur des mers. Je pense qu’il est une personne expérimentée, qui a pris part à des négociations avec d’autres gouvernements. C’est un diplomate qui, je suis certain, valorisera la possibilité de rechercher des solutions.

J’aimerais confirmer et réexpliquer ce que j’ai coutume de dire : Un pays dans le cadre de ses relations internationales et notamment dans notre région – comme le fait le Monténégro et je le dis de façon positive – devra faire preuve de sa capacité à adopter la culture des compromis et des consensus. Et mieux il le fait dans ses relations internationales, plus il aura de chances de fonctionner de manière démocratique avec des consensus et une culture de compromis au niveau interne.

Comme je l’ai dit à plusieurs reprises à mes amis, nos partenaires ou encore dans les enceintes internationales, le comportement [des autres pays] vis-à-vis de cet Etat lui a appris dans une large mesure à ne pas faire de compromis et à ne pas avoir la culture politique des consensus.

Je les avais prévenus il y a 2,5 ans lorsque je suis devenu ministre des Affaires étrangères, que cela touchera également la scène politique interne.

Je ne pense pas qu’il faille expliquer combien la politique intérieure a rapport avec la politique extérieure en termes de politique suivie. Les messages que j’ai reçus suite aux discussions que j’ai eues personnellement avec le premier ministre de l’ARYM, M. Zaev et celle qu’ont eue en privé par téléphone les deux premiers ministres, M. Zaev et Alexis Tsipras ou encore à ma communication téléphonique avec Nikola Dimitrov, montrent cette volonté d’en finir avec l’irrédentisme.

Et je pense qu’il n’y aura pas plus heureux homme que moi si l’on en finit avec cette histoire qui fait de l’Histoire – comme j’ai coutume de le dire – non pas une école mais une prison.

Je serais content si nous résolvons la question chypriote et supprimons les traités de garanties et la présence des forces armées étrangères. N’oubliez pas qu’après ces visites et la réunion tripartite qui aura lieu avec Chypre et Israël et mon voyage en Roumanie, très vite, le 28 du mois, nous commençons Genève II. Je ferais une déclaration à ce sujet au cours des prochains jours.

J’espère que cet événement sera valorisé par la presse et les médias

Encore une fois, merci Srdjan, mon bon ami du Monténégro. Je le remercie pour son invitation. Nous la valoriserons très certainement pour ce qui est du premier aspect. Quant au deuxième, il faudra attendre et en finir avec notre présence publique pour revenir à ce que nous aimons.

Je vous remercie.