Dimanche, 22 Octobre 2017
greek english french
Accueil arrow Actualité arrow A la Une arrow Déclarations conjointes du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias et du ministre des Affaires étrangères de la Turquie, M. Çavuşoğlu à l’issue de leur rencontre (Athènes, 04.03.2016)

Déclarations conjointes du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias et du ministre des Affaires étrangères de la Turquie, M. Çavuşoğlu à l’issue de leur rencontre (Athènes, 04.03.2016)

lundi, 07 mars 2016

Déclarations conjointes du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias et du ministre des Affaires étrangères de la Turquie, M. Çavuşoğlu à l’issue de leur rencontre (Athènes, 04.03.2016)(Traduction des déclarations du ministre turc des Affaires étrangères sur la base du texte transcrit de l’interprétation)

N. Kotzias : Bonsoir. Je suis très heureux d’avoir parmi nous aujourd’hui la délégation turque avec à sa tête mon ami le ministre des Affaires étrangères de la Turquie, Mevlüt Çavuşoğlu. Je lui souhaite la bienvenue à Athènes et espère que nous aurons d’autres occasions de mener ces discussions ouvertes, franches et productives. Nous et notre gouvernement, mais aussi la Grèce sommes en faveur du développement – souvent dans les difficultés – des relations gréco-turques, sur la base du principe de bon voisinage et du droit international. La Grèce et la Turquie, dès lors qu’elles peuvent résoudre leurs problèmes, constitueront un facteur de stabilisation puissant dans la région.

Nous nous sommes entretenus sur nos rencontres prochaines, à savoir la conférence au sommet de lundi à Bruxelles, où l’UE et la Turquie discuteront de la question des réfugiés et aussi du Conseil de coopération de haut niveau entre la Grèce et la Turquie, qui se tient à Izmir le 8 mars.

Avec Mevlüt nous avons discuté des questions liées aux relations entre la Turquie et l’UE, des expériences que nous avons acquises au sein de l’UE, des problèmes auxquels l’UE est confrontée, ainsi que de l’accord d’assistance de l’OTAN dans la question des réfugiés.

Nous avons particulièrement abordé l’aspect extérieur du dossier chypriote qui concerne les puissances garantes découlant des accords de Zurich et de Londres. Nous voulons parvenir à une solution à la question chypriote, qui corresponde aux espoirs, aux attentes et aux perspectives tant des Chypriotes turcs que des Chypriotes grecs, afin qu’ils puissent se sentir chez eux en sécurité au sein d’un Etat souverain, indépendant, fédéral, bicommunautaire et bizonal.

Outre la question chypriote, dont la solution contribuera aux relations gréco-turques, nous avons discuté de l’état d’avancement des contacts exploratoires. Comme vous le savez, mardi dernier, il y a trois jours, se tenait le 60e tour de ces discussions exploratoires, où nous avons échangé des vues et des propositions sur les questions ayant trait aux contacts exploratoires.

Comme vous pouvez l’imaginer, notre discussion aujourd’hui a également été axée sur les grands problèmes de la région et notamment les problèmes liés à la guerre en Syrie et la situation en Irak, mais aussi à la situation en Libye. Ce sont des pays avec une position géographique différente. Nous voulons et espérons que ces guerres cesseront, que la paix sera rétablie et que la racine profonde du problème migratoire et des réfugiés sera combattue.

Nous avons également discuté des régions et des pays qui subissent les conséquences néfastes de la guerre et du problème des réfugiés. Et je me réfère au Liban et à la Jordanie, mais aussi aux grandes questions auxquelles notre pays et la Turquie sont confrontés en raison du problème des réfugiés.

Nous sommes tous deux convenus que la question des réfugiés n’est pas une question relevant de la Turquie seulement, ou de la Grèce seulement, et cette question ne peut se limiter aux relations gréco-turques. C’est un problème mondial dans son expression européenne, qui concerne l’Europe tout entière, mais qui a, bien entendu, marqué la Grèce et la Turquie également.

Nous nous sommes entretenus sur des questions de coopération, des problèmes qui existent dans nos relations et des moyens de résolution de ces problèmes. Mais nous nous sommes davantage penchés sur le côté positif, sur les moyens de développer les relations entre les deux pays.

Nous avons parlé de cette coopération qui fera l’objet du Conseil de coopération de haut niveau de mardi à Izmir. Nous avons vu les accords conclus dans le passé. Certes ces accords ont commencé à être appliqués après les trois conseils précédents, mais s’agissant de certaines questions, un meilleur travail doit être effectué pour leur mise en œuvre.

Notre coopération porte sur de nombreux domaines. Tout d’abord, nous connaissons la croissance importante qu’enregistre le tourisme. Plus de 1 millions de touristes turcs viennent en Grèce et 700 000 Grecs se rendent en Turquie.

Nous avons les grands projets de coopération énergétique, à savoir le gazoduc TAP et le couloir vertical, qui a récemment fait l’objet d’un accord – le ministre compétent Panos Skourletis a signé cet accord – avec la Bulgarie et la Roumanie.

Nous avons également discuté de la façon dont nous pouvons promouvoir les investissements de part et d’autres et renverser la tendance négative en raison de la crise économique en Grèce et des problèmes internationaux, du commerce entre les deux pays, en d’autres termes, comment nous pouvons coopérer dans le secteur de la transformation également.

La question des réfugiés sera abordée de manière plus détaillée lundi. Nous avons fait un travail de préparation qui est nécessaire pour nos délégations.

Nous avons également fait un travail de préparation, qui, je l’espère aura des résultats positifs mardi, pour ce qui est de notre coopération dans des domaines de politique économique et de projets économiques communs.

J’aimerais à ce titre me référer à deux projets qui revêtent, selon moi, une importance particulière car comme vous le savez, je suis partisan du développement des réseaux de liaison des pays dans la région.

Ces projets concernent un train rapide reliant Istanbul à Thessalonique – et peut-être Igoumenitsa, ainsi que la liaison maritime entre Izmir et Thessalonique, qui facilitera tant le transport de personnes, que de marchandises.

La liaison énergétique, ferroviaire et routière dans tous les Balkans et la région, et notamment avec la Turquie constitue un réseau qui facilite la stabilisation et la sécurité, la coopération et la compréhension mutuelle dans notre région.

Toutefois, il existe des sujets sur lesquels nous sommes divisés et des questions que nous nous efforçons ensemble de promouvoir. Nos discussions ont lieu dans un climat amical et nous recherchons des solutions aux problèmes, c’est pourquoi je pense que la présence de Mevlüt ici aujourd’hui, dans notre ministère et à Athènes contribue au développement des relations gréco-turques.

Il est très fatigué car il a participé à la tournée du Président turc, M. Erdogan dans quatre pays d’Afrique. Leurs entreprises de construction sont toujours meilleures que les nôtres et c’est pourquoi ils entreprennent des projets dans cette région du monde. Il est rentré très tôt ce matin de ce grand voyage et j’aimerais le remercier tout particulièrement pour toute la patience dont il a fait preuve après un si long voyage pour venir discuter avec nous. Ces discussions sont amicales et c’est pourquoi, encore une fois, Mevlüt, je te souhaite la bienvenue à Athènes. Nous sommes heureux de t’avoir ici et de discuter comme il se doit des relations entre nos deux pays, entre nos deux peuples. Merci beaucoup.

M. Cavusoglu : Mon honorable ami Nikos, je te remercie de ton aimable invitation et de l’accueil remarquable. J’aimerais transmettre mes remerciements et ceux de ma délégation. C’était un plaisir d’être ici à Athènes aujourd’hui et je dois dire que je suis toujours très ravi de te voir et de pouvoir converser avec toi.

Normalement, cette visite aurait dû débuter ce matin, mais en raison du voyage effectué avec le Président de la République turque dans les pays d’Afrique, nous sommes rentrés en Turquie ce matin, ce qui a retardé mon arrivée en Grèce. Par la suite, nous aurons des entretiens avec le Président de la République et le Premier ministre de la Grèce, M. Alexis Tsipras.

Avant de me référer à la question des réfugiés, j’aimerais dire que ma visite en Afrique n’avait pas seulement comme objectif d’ouvrir de nouveaux champs d’action pour les constructeurs turcs et les entreprises de construction. Nous avons un vaste champ d’action en Afrique, avec, entre autres, l’assistance humanitaire que nous fournissons à ces pays.

Par la suite, j’aimerais me référer aux discussions que nous avons eues avec le ministre grec des Affaires étrangères. Nous nous sommes entretenus sur différentes questions bilatérales et internationales. Nous avons réexaminé l’ordre du jour du Conseil de coopération de haut niveau qui se tiendra mardi à Izmir, mais avant cela nous nous verrons le 7 mars à Bruxelles.

En ce qui concerne nos coopérations bilatérales, nous sommes convenus de la nécessité de mettre en œuvre les différents accords signés lors des Conseil de haut niveau.

Nous avons par ailleurs discuté de projets qui contribueront au rapprochement économique et commercial entre les deux pays, comme la ligne ferroviaire qui reliera Istanbul à Thessalonique, ou encore la liaison maritime entre Izmir et Thessalonique qui sera effectuée par des navires marchands.

Au niveau énergétique, chacun a ses visions, ses rêves. Nous avons abouti à l’idée que les visions les plus réalistes sont celles concernant les pipelines TAP et TANAP et sommes convenus que l’accélération des travaux du TANAP contribuera à la croissance et au développement du TAP. Nous pensons qu’il faudra régler différentes questions de part et d’autre.

S’agissant de Chypre et des gisements énergétiques qui seront exploités par Chypre, Israël et éventuellement l’Egypte, la Turquie propose d’être le territoire de transit de ces gisements de gaz naturel, etc.

Bien entendu, nous savons – et je l’ai réitéré lors de notre rencontre en tête-à-tête – qu’il y a des différents à régler et des problèmes dans les relations gréco-turques. Toutefois, le fait que les travaux des comités se poursuivent pour les pourparlers exploratoires, dont une réunion s’est tenue mardi dernier, est très positif. Et nous pensons qu’il faut éviter toute intervention, toute déclaration susceptible de détériorer le climat existant entre la Grèce et la Turquie.

Les deux parties se sont également mises d’accord sur le fait que pour ce qui est de la résolution du dossier chypriote, la Grande-Bretagne, la Grèce et la Turquie ont leur mot à dire en tant que puissances garantes, toutefois, le peuple chypriote, les deux communautés sont prioritaires et je pense que le règlement de la question chypriote doit être une solution acceptable et durable, car cette solution devra être soumise à un référendum qui devra avoir un résultat positif. Aussi bien la Grèce que la Turquie, mais surtout les deux parties à Chypre devront aboutir à des solutions qui devront être acceptées par les deux communautés. Je sais que mon ami Nikos, qui représente la Grèce, consent d’énormes efforts dans ce domaine.

Nous avons par ailleurs discuté de manière approfondie des questions auxquelles nous sommes confrontés dans la région élargie, comme la question de la Syrie ou de l’Irak. Nous pensons que ces questions ne concernent pas seulement la Turquie et la Grèce. Ce sont des questions d’envergure mondiale et pas seulement européenne.

Toutefois, les conséquences au niveau humanitaire sont immenses et elles sont ressenties par la Grèce et la Turquie. Nous devons voir ce que nous pouvons faire en tant que Turquie et vous en tant que Grèce et ce que nous pouvons faire en coopération avec l’UE.

Il existe un cadre commun d’actions qui a été décidé à la fin du mois de novembre. Comme l’a dit tout à l’heure Nikos, la question des réfugiés n’est pas un problème turc à proprement parler ou grec. La question est de savoir comment le résoudre, comment venir à bout de cet énorme flux de réfugiés, de cette grave crise humanitaire et des réfugiés.

Chacune des parties doit prendre les mesures nécessaires. Nous avons pris certaines mesures quant à la question des visas pour les ressortissants de pays tiers et avons constaté que les conséquences de cette nouvelle loi sont très positives pour ce qui est du flux de réfugiés via la Turquie.

Bien entendu, nous soutenons et continuons de soutenir les forces de l’OTAN qui déploient des missions en Mer Egée pour offrir leur assistance. Nous évaluons régulièrement nos relations bilatérales, notamment dans le cadre des contacts exploratoires. Nous savons et réitérons que la Grèce est le voisin de la Turquie, avec lequel la Turquie souhaite coopérer et nous devrons saisir toute occasion pour approfondir le cadre de coopération existant.

Nous devrons rendre ce cadre de coopération plus efficace. Il y a certes des questions qui concernent l’UE directement. Et l’Union européenne est confrontée à des problèmes intérieurs.

Mon ami Nikos est un homme politique pour qui j’ai beaucoup d’estime. Il est un homme pensant qui sort des sentiers battus et examine les questions sous un autre angle et c’est une attitude que j’apprécie énormément.

J’ai eu la chance et l’occasion de l’entendre analyser, ne serait-ce que brièvement, la question de l’UE et la situation mondiale. Je pense que la réunion de lundi à Bruxelles et notre rencontre de mardi à Izmir contribuera davantage à nos relations bilatérales.

Journaliste : Monsieur le ministre des Affaires étrangères de la Turquie, j’aimerais vous poser la question suivante : Est-ce que dans le cadre de la coopération et de la contribution de la Turquie au règlement de la question migratoire, l’accord entre la Grèce et l’Union européenne sur la réadmission des migrants illégaux sera activé et appliqué ?

Et, une deuxième question, en parlant de l’amélioration des relations et du climat de confiance dans lequel celles-ci devront être développées, je voudrais vous demander de quelle façon la Turquie envisage d’apporter sa contribution alors que chaque jour il y a des violations de l’espace aérien grec et ce, même dans la zone des 6 milles nautiques et que, il y a tout juste un mois, la Turquie, suite au crash d’un hélicoptère grec qui a coûté la vie à trois officiers près de l’île de Kinaros, située au cœur de la mer Egée, a voulu mener une opération de recherche et de sauvetage. Si vous ne savez où se situe l’île de Kinaros, je vous dirais que c’est comme si la Grèce voulait mener des opérations de recherche et de sauvetage à Çanakkale ou à Muğla. Merci.

M. Cavusoglu: Je vous remercie. Nous avons un accord de réadmission que nous avons signé avec la Grèce et la Bulgarie ainsi qu’avec d’autres pays de l’Union européenne. Et nous faisons actuellement des préparations en vue de signer d’autres accords de réadmission.

Nous avons accepté un grand nombre de demandes de réadmission soumises par la partie grecque à la Turquie et nous avons également changé le cadre juridique à cet égard et nous avons maintenant des résultats. Je pense qu’il y a eu 860 demandes de réadmission par la Grèce à la Turquie et 99% de ces demandes ont été acceptées, autrement dit, presque toutes demandes ont abouti.

Pour ce qui est maintenant des demandeurs d’asile des pays tiers, nous avons mis en route une série d’accords de réadmission avec des pays tiers, tels que l’Afghanistan, le Pakistan, le Maroc. Et je pense que dans un avenir proche nous aurons l’occasion de mettre en œuvre ces accords de réadmission qui devront bientôt être signés.

Bien évidemment, la Turquie a exprimé sa volonté d’apporter aussi une contribution dans le domaine humanitaire ce qu’elle a justement fait en construisant des camps près des frontières syriennes où un grand nombre de réfugiés syriens pourront être accueillis.

La deuxième question est bien évidemment celle liée aux violations de l’espace aérien. Je me réfère à ce que j’ai tout à l’heure affirmé dans mon discours, à savoir aux différends juridiques qui existent entre les deux pays.

Toutefois, je voudrais signaler la chose suivante : en matière d’aide humanitaire et de coopération dans le domaine de l’aide humanitaire, nous n’exploitons pas le drame humain à des fins politiques. Et nous l’avons prouvé dans le passé.

Lorsque la Turquie a été touchée par une catastrophe naturelle comme les séismes, ses voisins grecs ont été les premiers à venir en aide. Je veux dire par cela qu’il ne faut confondre les questions ayant une dimension humanitaire avec celles de caractère politique ou juridique. Lorsqu’il s’agit des questions de sauvetage, on ne soulève pas des questions du genre, « quelle est ton île et quelle est la mienne ».

Et je pense que nous devons faire la distinction entre la dimension humanitaire et politique des questions auxquelles nous sommes confrontés. Par conséquent, nous sommes déterminés, dans ce cadre, à poursuivre nos pourparlers dans cet esprit.

N. Kotzias : Je voudrais dire que nous luttons contre le problème des réfugiés et non pas contre les réfugiés eux-mêmes. Certains dans notre pays confondent ces deux choses. Lutter contre un problème est une chose et aider les personnes qui en ont besoin en est une autre. Et nous sommes convenus avec le ministre qu’il fallait lutter de manière systématique contre les nouveaux réseaux mis en place, les réseaux des passeurs dont la structure d’organisation renvoie à celle de la mafia et dont le chiffre d’affaires s’élève actuellement à 6 milliards. Et l'illégalité a également infiltré la question des réfugiés. Et cela requiert également une approche particulière et une coopération.

Pour ce qui est maintenant des problèmes en Egée, les contacts exploratoires sont justement menés pour cette raison. Pour pouvoir nous mettre d’accord sur la façon dont nous allons régler ces problèmes. La Grèce n’est pas une puissance révisionniste. Elle croit en l’application du droit international et aux relations de bon voisinage.

Journaliste : Je viens de l’Edirne et j’avais dans le passé interviewé le ministre. Ma question porte sur le dossier chypriote. Je voudrais vous demander quel est à votre avis l’état d’avancement des pourparlers sur la question chypriote. Etes-vous optimistes ? Je voudrais votre point de vue à cet égard monsieur le ministre.

N. Κοtzias : J’ai la mauvaise habitude, quand j’accorde une interview, d’interviewer aussi mon interlocuteur car je pense que s’entretenir avec les gens, faire de nouvelles connaissances est plus important que l’argent ou le pouvoir. Le plus important c’est les gens et de faire de nouvelles connaissances.
Mais, comme une réunion devrait se tenir à Edrine entre la Bulgarie, la Grèce et la Turquie, concernant les eaux du fleuve Evros – la réunion n’a pas eu lieu car la Bulgarie ne pouvait pas y assister - nous avons tout à l’heure eu une discussion avec mon collègue, M. Mevlut auquel je disais que j’avais fait la connaissance d’un journaliste d’Edirne et maintenant le voilà en première ligne. C’est pourquoi j’ai fait ce commentaire.

Comme j’affirme dans les interviews que j’accorde à la presse turque dont les journalistes ont la gentillesse de me poser souvent cette question, la question n’est pas de savoir si je suis optimiste ou non. La question est qu’il faut travailler afin de pouvoir être optimistes. A savoir l’optimisme émane de notre contribution au règlement des problèmes.

Nous, comme vous le savez, la Grèce, n’intervient pas au niveau des aspects intérieurs de la question chypriote car cela est une question relevant de la République de Chypre, une question de la communauté chypriote grecque et de la communauté chypriote turque.

Notre intervention se limite aux négociations sur la question chypriote et aux questions ayant trait à notre qualité en tant qu’Etat membre de l’Union européenne et en tant que puissance garante avec la Turquie et le Royaume-Uni. Ma position à cet égard est bien connue. On considère que ce régime obsolète et toutes ses composantes doivent être supprimées. On discute de ces questions très souvent avec Mevlut et beaucoup plus souvent, semble-t-il, en public. Car vous savez que la politique étrangère n’est pas le milieu approprié pour faire des relations publiques ou pour montrer si nous travaillons ou non. C’est un milieu qui requiert le silence, la tranquillité et la retenue ainsi que le développement de bonnes relations afin de créer un climat de confiance entre les parties et trouver des solutions aux problèmes.

Pour ce qui est maintenant des progrès réalisés, dans la mesure où je peux suivre les évolutions, les deux parties ont réalisé des progrès au niveau des aspects intérieurs et il existe une série d’approches qui peuvent faciliter l’accord global.

S’agissant de la question chypriote, actuellement les discussions portent sur les questions majeures. La question territoriale, l’aspect économique du règlement du problème, la gouvernance, les garanties, la présence d’armées étrangères. Ce sont les questions les plus difficiles mais il y a eu une bonne préparation sur les autres questions.

Et nous sommes convenus avec Mevlut sur la nécessité de parvenir à une solution juste et efficace pour les deux parties, pour les deux communautés de Chypre mais aussi pour les trois petites communautés comme j’ai l’habitude de le souligner, à savoir les Maronites, les Latins et les Arméniens. De petites communautés, certes, mais bien réelles. Ils ont eux aussi leurs droits.

La solution doit permettre aux Chypriotes grecs et turcs de se sentir chez eux, de sentir que c’est leur maison qu’ils doivent défendre et où leurs enfants pourront rester, grandir et progresser et réussir dans leur vie sur cette île.

Une solution qui créera un climat de sécurité et qui supprimera tout sentiment de peur en raison de nombreux facteurs historiques dont ce n’est pas le moment de discuter maintenant. J’ai de temps en temps parlé de ces questions en public. C’était l’année dernière après une réunion de l’ONU que j’ai abordé pour la première fois ces questions.

Ce que je veux dire encore une fois est que notre rôle est de contribuer à l’atteinte d’une solution sur la base du droit international, des valeurs universelles, des choix que font les Chypriotes eux-mêmes.

Nous avons fait des progrès et nous devons trouver la façon de régler les questions les plus difficiles. La discussion que nous tenons nous permet d'être optimistes et dans cet esprit de parvenir à une bonne solution.

Je vous remercie.