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Déclarations conjointes du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias et du ministre des Affaires étrangères de l’Albanie, D. Bushati, à l’issue de leur rencontre (MAE, 21.03.2016)

lundi, 21 mars 2016

Déclarations conjointes du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias et du ministre des Affaires étrangères de l’Albanie, D. Bushati, à l’issue de leur rencontre (MAE, 21.03.2016)N. KOTZIAS : Bonjour. Aujourd’hui, qui est un jour difficile pour notre ministère au niveau de son fonctionnement interne, je dois dire que je suis très heureux d’accueillir mon ami Ditmir à Athènes.

Je salue sa visite à Athènes qui fait suite à ma visite en Albanie. Ditmir est un ami d’Athènes, non seulement du point de vue de nos relations, mais aussi en raison du fait qu’il a vécu ici, avec de nombreux amis. Il a étudié le droit européen et connaît très bien notre ville.

Depuis notre dernière rencontre – lors de laquelle nous sommes convenus de multiplier nos rencontres – nous avons intensifié les relations entre nos deux ministères. Récemment, il y a eu la rencontre de nos secrétaires généraux. Nous voulons résoudre les problèmes qui proviennent du passé de façon constructive, dans l’intérêt des deux parties et en coopération avec nos sociétés, afin de voir ce que nous pourrons faire pour l’avenir et comment nous pourrons revaloriser la région des Balkans dans leur ensemble.

Comme vous le savez, nous avons un accord d’amitié depuis les années 1990 que nous voulons renouveler, revaloriser et y intégrer toute une série de questions. J’ai discuté longuement avec mon collègue sur les questions ayant trait à notre diplomatie et je pense que nous sommes sur la bonne voie pour rechercher des solutions aux questions représentant nos intérêts communs, mais aussi pour promouvoir des solutions aux questions faisant l’objet d’un désaccord ou de divergence jusqu’à aujourd’hui.

Nous avons par ailleurs discuté de l’état d’avancement de l’Albanie dans l’Union européenne, de l’application des cinq points soulevés par la Commission et le Conseil.
Nous avons discuté de l’importance et des droits de la minorité grecque en Albanie, tout comme de l’importance de nos concitoyens albanais ici en Grèce, qui constituent un pont d’amitié et de compréhension entre les deux pays.

Nous nous sommes également entretenus sur les relations économiques entre les deux parties et poursuivrons notre discussion cet après-midi et dans un avenir proche également. Nous avons trouvé des codes de communication communs, des critères pour la résolution de nos problèmes. Nos critères sont le droit international, la civilisation européenne et les besoins de nos peuples, mais aussi de nos pays.

J’aimerais encore une fois Ditmir te souhaiter la bienvenue en Grèce. Tu es toujours le bienvenu ici et nous nous réjouissons de ces discussions productives car il est de notre devoir, en tant que ministère des Affaires étrangères, non pas de recenser les problèmes, mais de les résoudre. Je te remercie de nouveau d’être venu aujourd’hui ici, avec ton épouse qui, d’après ce que je sais, connais bien la Grèce pour avoir étudié à Thessalonique.

D. BUSHATI : Je vous remercie pour votre accueil. J’aimerais, tout d’abord, vous faire part de mes condoléances suite au décès d’un de vos diplomates les plus distingués, votre ancien ambassadeur en Espagne qui était également ambassadeur en Albanie. Je tiens à exprimer mes condoléances à sa famille et à ses collègues.

Comme l’a dit mon homologue, Nikos, nous avons eu l’occasion aujourd’hui de nous entretenir non seulement sur les questions ayant trait à notre région, les questions de sécurité, des réfugiés, de la coopération renforcée en matière de sécurité, mais aussi de discuter de questions bilatérales également. Je pense qu’il y a une compréhension mutuelle concernant la nature différente des problèmes auxquels nous sommes confrontés dans le cadre des relations gréco-albanaises. Ce sont des questions d’importance majeure, héritées du passé mais aussi des questions concernant notre avenir commun.

Nous nous sommes donné la peine de hiérarchiser ces problèmes et de discuter dans un premier temps de leur mode de résolution, des paramètres de cette solution et de la base sur laquelle nous nous appuyerons, car nos deux pays sont des pays voisins, des partenaires stratégiques, des pays membres de l’OTAN, des pays qui partagent des intérêts communs en Méditerranée et dans les Balkans. Et bien naturellement, il ne serait pas étrange de dire que les solutions que nous recherchons sont fondées sur le droit international et l’esprit européen.

Par ailleurs, je pense que nous nous dirigeons vers la finalisation du mécanisme qui nous permettra de résoudre ces questions, non seulement par le biais de contacts réguliers au niveau des ministres, des secrétaires généraux et des commissions permanentes, mais aussi par le biais d’un renouvellement d’un modèle commun institutionnalisé. Nous nous engageons à mettre en œuvre ce mécanisme, dans les plus brefs délais, afin de pouvoir relever les obstacles – passés ou présents – à notre parcours commun, le regard tourné vers l’avenir et résoudre les problèmes un à un afin de parvenir à un accord.

De cette façon, nous développerons les relations gréco-albanaises, comme l’a affirmé Nikos. Le devoir des ministres des Affaires étrangères n’est pas simplement d’identifier les problèmes. Je peux dire qu’il n’y a aucun tabou dans nos relations qui sont très bonnes au niveau institutionnel et personnel.

Lorsque nous examinons les questions d’un autre angle, nous comprenons que toutes les questions doivent être réglées, non seulement celles revêtant une importance historique majeure, mais aussi les questions d’actualité. Elles doivent être réglées afin que nous puissions libérer l’énergie positive en Grèce et en Albanie. Je pense que nous sommes tous les deux clairs sur le fait qu’une relation plus établie entre la Grèce et l’Albanie aurait un effet positif à l’heure actuelle dans la région.

Nous avons également discuté de la perspective européenne de l’Albanie. Je l’ai dit à plusieurs reprises et je redis ce que j’ai dit devant le parlement albanais lors de la rencontre avec le Président de la Grèce. Nous remercions la Grèce pour son aide lors de notre perspective européenne. Nous n’oublierons jamais que le statut de pays candidat à l’adhésion a été octroyé à l’Albanie lors de la présidence hellénique du Conseil de l’Union européenne, malgré le fait que le rôle de la présidence des pays est limité après le traité de Lisbonne. Mais nous sommes reconnaissants que ledit statut nous ait été reconnu lors de la présidence hellénique et de ce point de vue, nous ferons un travail plus positif et nous résoudrons les problèmes un à un. Je vous remercie.

JOURNALISTE («EFIMERIDA SYNTAKTON») : Monsieur le Ministre, nous avons entendu des déclarations générales, mais rien de spécifique. Actuellement il existe aussi des différends bien spécifiques, tels que la question de la ZEE. Travaillez-vous sur des solutions à cet égard ? Avez-vous quelque chose de concret à nous dire ? Est-ce qu’il y a eu du progrès ? Merci.

D. BUSHATI : Sans aucun doute, il y a des questions à l’égard desquelles il existe une convergence de vues absolue et il y en a d’autres sur lesquelles nous travaillons en vue de parvenir  à une solution.  Une solution mutuellement profitable qui sera axée sur le droit international. L’opinion publique évoque souvent les questions auxquelles on n’a pas pu trouver de solutions sans parler des questions à l’égard desquelles il y a une convergence des vues. Pour ce qui est de la question dont vous parlez, il est vrai qu’elle s’intègre dans le cadre d’un débat portant sur les principes et les dispositifs qui nous permettront de parvenir à un règlement conformément aux règles établies du droit international.

Il est dans l’intérêt de notre pays et de la Grèce de régler cette question. C’est une question qui concerne notre avenir, une question qui s’intègre dans une série d’importants projets qui seront mis en œuvre par l’Union européenne dans la région Adriatique – Ionienne, dans le domaine de la croissance économique et de l’énergie.

La question de la ZEE et du plateau continental serait une bonne opportunité pour insuffler un élan positif à ce processus et permettre l’application de ces projets européens. Depuis cette tribune j’ai à maintes reprises parlé de la mer en tant qu’opportunité, en tant que point de contact et non pas en tant que zone qui sépare.

Toutes les discussions d’aujourd’hui ont été animées par cet esprit. Il faut trouver le mécanisme qui nous permettra de trouver une solution dans un esprit de compréhension mutuelle. Et, je pense que dès lors qu’une solution sera trouvée, on informera sans aucun doute l’opinion publique.

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : La tâche des ministres des Affaires étrangères est de résoudre les problèmes et non pas de faire part de leurs réflexions.  Il y a certains qui le méconnaissent car ils pensent que la tâche des ministres des Affaires étrangères est de faire des déclarations à la presse du matin au soir.

Nous sommes convenus sur le fait qu’il existe un mécanisme, une méthode pour régler ces questions dans l’intérêt de tous. Cette méthode, ce mécanisme nous rend optimistes.

JOURNALISTE : Monsieur le ministre des Affaires étrangères de la Grèce, je voudrais vous demander si et à quel moment la Grèce soumettra au vote au sein du parlement la levée du casus belli entre les deux pays. Monsieur le ministre des Affaires étrangères de l’Albanie, je voudrais vous demander si l’Albanie ouvrira ses frontières et de quelle manière pourrait-t-elle apporter une aide en ce qui concerne la question des réfugiés en vue d’atténuer les effets de la crise des réfugiés en Grèce.

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : La Grèce n’est pas en guerre avec l’Albanie. La déclaration de 1987 du conseil ministériel, l’adhésion de l’Albanie à l’OTAN et le Pacte d’amitié de 1996 en sont la preuve. S’il existe des questions juridiques qui, selon l’Albanie, méritent d’être davantage clarifiées, il y a, comme je l’ai tout à l’heure affirmé, le mécanisme et la méthode qui nous permettront de régler ces questions.

S’agissant de la question  des réfugiés, je pense que celle-ci ne doit pas être considérée comme une question bilatérale.  Force est de rappeler qu’en Grèce vivent 650.000 Albanais. Par conséquent, l’Albanie aussi a une forte expérience en matière de déplacement des populations. Et je pense que l’Albanie fait face à ces problèmes avec ce même esprit que nous y avons aussi fait face à l’époque et ces problèmes doivent être envisagés sur la base de la logique de l’accord de Bruxelles, à savoir ils ne doivent pas être amplifiés ce qui permettrait de dissiper les craintes que l’Albanie puisse être confrontée à ces mêmes problèmes.

Nous envisageons de développer une coopération entre les ministères des Affaires intérieures et entre nos autorités de police. C’est un autre domaine où les ministres des Affaires étrangères pourront apporter leur contribution en vue d’une meilleure coopération entre les institutions de la fonction publique grecque et albanaise.

D. BUSHATI :  En ce qui concerne la question soulevée, je peux vous dire que l’Albanie honorera tous les engagements qu’elle a assumés en tant que pays candidat à l’adhésion à l’Union européenne – je parle des engagements pris en octobre dernier – en vue de contribuer, à l’aide des moyens et des ressources financières limitées dont elle dispose, au règlement des problèmes liés à la crise des réfugiés dans le cadre d’une solution commune européenne.
L’Albanie a fait preuve de détermination dans ce sens et dès le début de cette année nous avons renforcé notre coopération, notamment avec l’Italie, afin d’éviter ou de prévenir les effets négatifs de la crise des réfugiés pour ce qui est de l’immigration clandestine qui, au cours des dernières décennies, a été une véritable plaie sociale pour la Méditerranée et nos pays, l’Albanie, l’Italie et la Grèce.