Mercredi, 13 Décembre 2017
greek english french
Accueil arrow Actualité arrow A la Une arrow Déclarations de M. Droutsas et de M. Jean Asselborn à l’issue de leur rencontre

Déclarations de M. Droutsas et de M. Jean Asselborn à l’issue de leur rencontre

mercredi, 27 octobre 2010

Déclarations de M. Droutsas et de M. Jean Asselborn à l’issue de leur rencontre M. D. DROUTSAS : Je voudrais souhaiter la bienvenue en Grèce au vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, mon cher ami Jean Asselborn.

C’est avec un grand plaisir que nous l’accueillons ici et je voudrais au nom du gouvernement et du peuple grecs le remercier pour la solidarité et le soutien dont a fait preuve le Luxembourg dès le premier moment lorsque la Grèce a été confrontée à ces défis relatifs à la situation économique du pays.

Nous avons eu et aurons l’occasion de discuter de nombreuses évolutions en Europe aussi. Comme vous le savez demain, lors du Conseil européen les discussions seront dominées par la gouvernance économique. Je tiens à souligner que la Grèce souhaite voir la mise en place d’un mécanisme de soutien permanent des économies européennes ce qui est dans l’intérêt de la Grèce. Notre pays a œuvré en faveur de cet objectif jusqu’à ce jour.

Si un mécanisme de soutien de ce genre exige une modification des traités européens, cela devra être examiné avec sérieux et abordé demain comme on l’a tout à l’heure dit dans le cadre du Conseil européen.

Nous avons eu également l’opportunité de discuter de la question de l’immigration illégale, une question qui préoccupe beaucoup la Grèce aussi et, bien entendu, l’Europe toute entière. Force est de nouveau de signaler qu’il s’agit d’une question européenne et c’est pourquoi la participation de la Frontex est pour notre pays très importante. Et à ce stade je voudrais remercier M. Asselborn et le Luxembourg pour sa participation à ce jour aux activités de la Frontex.

En outre, je voudrais pour la première fois signaler que suite à la demande de la Grèce ladite unité de réaction rapide de la Frontex est mobilisée à Evros, aux frontières entre la Grèce et la Turquie. Cela atteste de l’existence d’un véritable problème européen ainsi que de la solidarité de l’Union européenne dans la lutte contre ce problème.  

Nous avons eu bien entendu l’occasion de discuter des diverses évolutions internationales et notamment des évolutions au Moyen-Orient. J’ai eu l’occasion d’informer M. Asselborn des conclusions de ma récente tournée dans les pays du Moyen-Orient et, bien entendu, des évolutions relatives à la question chypriote, un dossier d’intérêt tant international qu’européen. Nous avons également abordé les évolutions dans les Balkans et l’initiative de la Grèce, ledit « Agenda 2014 » connu désormais de tous et qui porte sur le soutien à la perspective européenne des pays des Balkans.

A cet égard, je voudrais signaler que nous avons eu l’opportunité au Conseil hier et avant-hier à Luxembourg de coopérer de manière étroite en vue de parvenir à une issue positive pour ce qui est d’un pays des Balkans, la Serbie et de son parcours européen. Suite à une décision du Conseil, sera confiée à la Commission la tâche d’examiner la demande d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne.

Je tiens encore une fois à souhaiter la bienvenue à Athènes à M. Asselborn, mon cher ami Jean, et j’attends avec intérêt la poursuite de notre très bonne coopération.

M. J. ASSELBORN : Je vous remercie pour cet accueil chaleureux que vous m'avez réservé. Je dois dire que ma visite ici, à Athènes, est particulièrement intéressante, car j'ai eu l'occasion de rencontrer le Premier ministre du pays ainsi que le ministre des Affaires étrangères de la Grèce.

La Grèce est un pays qui suscite l’admiration de beaucoup d’Européens à l’heure actuelle. Il ne faut pas oublier que la presse allemande – et cela est très intéressant - parle du miracle grec. Pourquoi? Parce qu'il est rare de voir un pays et un gouvernement qui réussit, en l'espace d'une année, à réduire son déficit de 5% à 7%.

Par conséquent, cela est un exploit que nous devons souligner et cela montre bien que le Luxembourg et Bruxelles font particulièrement preuve de solidarité avec le gouvernement grec, qui est appelé à prendre des mesures très strictes et à accomplir une œuvre particulièrement difficile.

Mais comme l’a déclaré le Premier ministre, le plus difficile est passé. Nous pensons, au Luxembourg, que dans quelques mois les résultats seront visibles dans votre pays. Par conséquent, j’aimerais réitérer que moi-même et l’Europe tout entière sommes solidaires avec le peuple et le gouvernement grecs et je souhaite tous mes vœux de réussite aux Grecs.

Pour ce qui est maintenant de la Frontex. Nous savons que vous recevez près de 300 demandes d’asile par jour. Il ne faut pas oublier l'état dans lequel se trouvent ces personnes qui arrivent en Grèce par la Turquie, souvent par l'Irak, l'Afghanistan ou des pays d'Afrique.

Je répète que l’Union européenne doit faire preuve de sa solidarité. En ce qui concerne le Luxembourg, nous le montrons dans la pratique, car nous avons décidé d’envoyer un deuxième policier pour le programme « Rabbit ».

Par ailleurs – si cela nous est demandé – nous sommes prêts à fournir un avion pour la mise en œuvre d’actions locales et j'aimerais rappeler que jusqu’à présent, en l’espace de quelques mois, le Luxembourg a, à cet effet, dépensé 500.000 euros, mais bien entendu nous ne lésinons pas sur la dépense car le problème de la Grèce est le problème de l’Europe tout entière.

En ce qui concerne la politique étrangère, j'aimerais dire que nos vues convergent, nous sommes souvent sur la même longueur d'onde, le gouvernement du Luxembourg avec la Grèce.

Nous apprécions particulièrement les actions du gouvernement grec pour ce qui est de ses relations avec la Turquie, nous savons que c'est un effort difficile et de longue haleine, mais qui toutefois profitera non seulement à la Grèce, mais à l'Union européenne tout entière.

Maintenant, en ce qui concerne le Moyen-Orient. Je pense que nous sommes tous deux navrés que les efforts de négociation engagés au début du mois de septembre stagnent. Nous constatons que les choses n’avancent pas, mais je suis certain que Dimitris me tiendra informé de l'évolution de cette question.

En ce qui concerne les Balkans. J’aimerais vous dire que je me souviens d'une de mes plus anciennes visites lorsque j’avais rencontré le ministre des Affaires étrangères de l'époque, M. Papandréou et avec son conseiller d'alors, M. Dimitris Droutsas. Je me souviens également des efforts que nous avons déployés en commun pour convaincre la Serbie de créer un gouvernement pro-européen, ce que nous avons réussi grâce à la contribution du président Tadic.

J’estime donc que ce qui s’est produit lundi à Bruxelles va dans le bon sens pour ce qui est du parcours d’adhésion de la Serbie et j'espère que cette évolution positive encouragera les autres pays balkaniques et que cela sera dans l'intérêt de nous tous en Europe.

Permettez-moi de dire deux mots avant de conclure. Nous sommes ici en Grèce et nous voyons un gouvernement grec qui déploie vraiment des efforts énormes pour sortir le pays de la crise, sans qu’elle impose les contraintes qui pourraient être imposées en cas de réforme des traités européens. J’entends par là les sanctions imposées éventuellement aux pays ne satisfaisant pas les conditions du Pacte de Stabilité et l'éventuelle interdiction de vote pour ces pays.

Au Conseil de Bruxelles demain et après-demain les discussions seront particulièrement importantes concernant justement le Pacte de Stabilité et le mécanisme de soutien des économies européennes. J’estime toutefois que nous devrons éviter ce genre de politiques et de décisions visant à humilier des pays ou des peuples entiers. Bien entendu, des mesures préventives devront être prises, mais à mon avis, nous devrons oublier de tels systèmes visant à humilier un pays tout entier.

Pour moi donc, tout effort visant à retirer le droit de vote à un pays ne respectant pas le Pacte de Stabilité ne peut être accepté. Je répète, la prévention est particulièrement importante, il ne faudra pas que nous arrivions à ce genre de situations, mais en cas d’écarts du Pacte de Stabilité, j’estime que de telles pratiques sont particulièrement dangereuses et honteuses pour un peuple.