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Déclarations de N. Kotzias, ministre des Affaires étrangères, à l'issue de sa rencontre avec son homologue britannique, B. Johnson (MAE, 6 avril 2017)

jeudi, 06 avril 2017

Déclarations de N. Kotzias, ministre des Affaires étrangères, à l'issue de sa rencontre avec son homologue britannique, B. Johnson (MAE, 6 avril 2017)N. KOTZIAS : Bonjour. Je voudrais souhaiter la bienvenue à mon ami et ami de notre pays, Boris Johnson et remercier notre interprète aussi qui accomplit toujours la partie la plus importante du travail.

C'est un grand plaisir pour moi d'accueillir ici Boris. L'été dernier, je l'ai rencontré pour la première fois à Pélion qui est situé en face de mon île préférée, Alonissos.

Les relations entre la Grèce et le Royaume -Uni sont historiques. Ce sont des relations durables avec un grand potentiel pour l'avenir. Aujourd'hui nous nous trouvons à un tournant historique suite aux décisions que le peuple britannique et le parlement britannique ont prises par la voie démocratique et je suis convaincu que ces décisions enrichiront l'œuvre des historiens du futur.

Je voudrais encore une fois dire que nous respectons la décision du peuple britannique et nous voulons qu'il y ait entre l'Union européenne et le Royaume-Uni le meilleur accord possible. Un accord qui servira les intérêts des deux parties, dans un esprit d'amitié et non de vengeance.

Nous voulons que la sortie de la Grande Bretagne de l'Union européenne soit faite de façon bien ordonnée et coordonnée. D'une façon qui permettra au Royaume-Uni de rester le plus près possible de l'Union européenne et d'entretenir les meilleures relations possibles avec des Etats tels que la Grèce.

Autrement dit, nous voulons minimiser les pertes causées par la sortie de la Grande Bretagne et optimiser nos capacités.

Nous ne voulons pas supprimer nos relations mais les placer dans un nouveau cadre. A cette fin, nous engageons des discussions sincères et ouvertes. Je pense que les relations amicales entre Boris et moi sont également axées sur l'estime que j'ai pour lui mais aussi sur les discussions ouvertes et constructives que nous tenons toujours ensemble.

Nous voulons que les négociations entre l'Union européenne et la Grande Bretagne soient menées de façon intelligente et dans un esprit de retenue.

Nous savons que les avantages d'un accord sont toujours assortis d'obligations et nous voulons assurer la coopération entre les deux parties dans le plus grand nombre de domaines possible et de la manière la plus approfondie possible, en sauvegardant, bien évidemment, les droits de nos citoyens.

La Grèce se préoccupe de trois choses : éviter un impact budgétaire négatif suite au Brexit, garantir les droits des travailleurs et étudiants grecs au Royaume-Uni – tout comme le droit des citoyens britanniques vivant en Grèce et dont le nombre s’élève à quelque 45 000 – et éviter que tout cela ait un impact négatif sur notre commerce, sur les biens et les services ou encore le tourisme puisque nous avons le plaisir d’accueillir des millions de touristes britanniques chaque année.

Le Brexit n’est pas la conséquence seulement de la décision du peuple britannique. Une de ses causes est également la façon dont a évolué l’Union européenne ces dernières années. Une Union européenne qui traverse des crises certes, mais qui est à même de juger de la création de mécanismes de résolution de ces crises.

C’est une Union européenne qui n’a pas assez de visions, qui n’a pas redéfini ses valeurs et la façon dont elle les imagine au 21e siècle où nous apparaissons souvent comme une Union européenne qui se limite, qui se borne exclusivement à certains outils de la diplomatie, dont certains sont même négatifs.

Avec Boris, nous nous sommes entretenus de manière approfondie sur la question chypriote. Nous recherchons des solutions justes, équitables et intelligentes. Et bien entendu, vous connaissez bien notre position ferme, à savoir que nous sommes contre le droit d’intervention de puissances tierces, les droits de garanties ou d’une armée à Chypre.

Nous avons également abordé la situation en Syrie, telle qu’elle évolue. Nous avons discuté des initiatives prises par le Royaume-Uni au sein d’organisations internationales concernant cette question. Nous sommes contre les guerres injustes et le terrorisme et avons condamné – vous avez d’ailleurs vu notre communiqué et ceux de la partie britannique – l’attaque meurtrière en Syrie.

Nous avons discuté de la situation dans les Balkans occidentaux et de la façon dont nous pouvons appuyer les pays de la région dans leur développement.

Enfin, nous avons discuté de la nécessité de trouver des moyens de stabilisation – et si besoin est – des nouvelles structures en Méditerranée orientale et, exceptionnellement, j’ai invité mon ami Boris à cette réunion des pays de l’Europe du sud et des pays arabes qui se tiendra à Rhodes car je sais qu’il affectionne particulièrement les îles grecques. J’ai d’ailleurs reçu une information confidentielle disant qu’il sera dans une île grecque dans quelques jours. Je ne vous dis pas où mais je suis content de son choix.

Boris, bienvenue, nous t’attendons de nouveau dans notre pays et merci beaucoup de ta présence ici à Athènes.