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Déclarations du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias et de son homologue chypriote, Y. Kassoulidis à l’issue de leur rencontre (Nicosie, 27.03.2017)

lundi, 27 mars 2017

Déclarations du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias et de son homologue chypriote, Y. Kassoulidis à l’issue de leur rencontre (Nicosie, 27.03.2017)Y. KASSOULIDIS : Je souhaite la bienvenue à mon ami Nikos Kotzias, ministre des Affaires étrangères de la Grèce. Avant nos consultations, ici, M. le ministre a eu une rencontre particulièrement productive avec le Président de la République consacrée notamment à la question chypriote.

Comme vous le savez, le gouvernement grec consent des efforts considérables et honorables en vue de trouver une solution viable et européenne à la question chypriote, sans systèmes anachroniques de garanties militaires.

M. Kotzias lui-même a développé des idées pertinentes sur la question et j’aimerais de nouveaux le remercier sincèrement pour son implication personnelle dans la question.

Nous avons passé en revue et étudié les efforts communs déployés et nous sommes mutuellement informés des contacts que nous avons eus dans différents pays où nous avons effectué des visites. J’aimerais souligner ici qu’il est maintenant prouvé que tous ces efforts en vue d’une politique commune en Méditerranée orientale, les coopérations tripartites qui ont eu lieu avec les Etats modérés de la Méditerranée orientale, nos efforts communs ou distincts portant sur la participation à la Coalition pour lutter contre le terrorisme et les coopérations que nous avons faites et qui prouvent que nous sommes des pays importants, des pays « remparts », comme je l’ai souvent dit, pour faire face aux menaces asymétriques de la région, commencent aujourd’hui à prouver leur utilité et à porter leurs fruits dans l’intérêt des affaires nationales de la Grèce et de Chypre.

Monsieur le ministre, je vous souhaite de nouveau la bienvenue.

N. KOTZIAS : Etre ici fait naître en moi deux sentiments : l’émotion d’être à Chypre et la joie doublée du profond respect de me trouver au ministère des Affaires étrangères de Chypre, avec mon cher ami Yannakis Kassoulidis, que je respecte profondément pour son expérience et ses connaissances.

Comme l’a dit le ministre, nous nous sommes entretenus sur notre région, sur la façon dont nous pourrons mieux garantir la sécurité et la stabilité. Nous avons examiné l’état de nos coopérations tripartites et avons parlé de les étendre à de nouveaux pays relevant de ce système de sécurité.

Nous nous sommes mutuellement informés de nos voyages, des discussions que nous avons eues avec des ministres des Affaires étrangères et des conseillers à la Sécurité nationale dans une série de pays où M. le ministre et moi-même avons effectué des visites et nous avons examiné les nouvelles possibilités offertes pour notre politique étrangère, mais aussi pour les intérêts des deux pays et de l’Europe. Tout naturellement, nous avons abordé la question chypriote, sujet dont nous nous occupons et sur lequel nous coopérons parfaitement.

J’aimerais également remercier, outre le ministre et le président de la République avec lequel j’ai eu une discussion intéressante et amicale, comme toujours d’ailleurs, le gouvernement de Chypre et notamment le ministre des Affaires étrangères pour les bonnes discussions que nous avons sur l’île.

JOURNALISTE : Des questions ont été posées aux deux ministres.

Y. KASSOULIDIS : Les deux dirigeants se rencontreront pour la première fois depuis l’arrêt des négociations – pour une raison qui n’est pas importante à nos yeux – à une manifestation à caractère sociale, à un dîner et ils auront l’occasion d’échanger, en toute honnêteté, leurs pensées et leurs intentions. Et ils nous annonceront alors ce qu’ils auront décidé. Que dire d’autre, si ce n’est que lorsqu’on a des différends, ceux-ci doivent être résolus à la table des négociations et non pas en dehors de ce cadre.

N. KOTZIAS : Je suis tout à fait d’accord avec ce qu’a dit le ministre concernant sa question. En ce qui concerne la relation Grèce – Chypre, chacun sait que le dossier chypriote revêt deux dimensions, une dimension intérieure et une dimension extérieure, internationale. Pour ce qui est de la dimension intérieure, la Grèce ne s’est jamais mêlée, ni n’a jamais exprimé son avis – comme moi personnellement d’ailleurs. Car nous soutenons complètement et absolument, je le souligne, la politique de la République de Chypre.

S’agissant de la dimension extérieure, le sentiment que j’ai ramené des négociations à Genève, était que la Turquie n’était pas prête. Peut-être ne veut-elle pas – et l’avenir le dira, on le verra à la table des négociations – discuter réellement et concrètement de la question desdites garanties, c’est-à-dire du traité des garanties et de sa renonciation obligatoire, dans les circonstances actuelles, auxdits droits d’intervention, inexistants et illégaux selon moi.

La Turquie a quitté la table des négociations à Genève, à un moment justement où elle n’a pas ou ne veut avoir de réponses. Et comme je m’y attendais – c’était mon estimation – elle découvre d’autres questions, par exemple lesdites quatre libertés, afin que toute poursuite des discussions se fasse sur des questions sans rapport avec le dossier chypriote et non sur le cœur même de ce dossier, à savoir l’occupation de la partie nord de l’île.

En ce qui concerne la deuxième partie de votre question, je suis pour maintenir les voies de communication ouvertes entre la Grèce et la Turquie. Il s’agit d’une politique dont j’ai moi-même personnellement contribué au développement pendant les années 1990. A cette époque, nous avions travaillé, avec Yannos Kranidiotis, à l’adhésion de Chypre à l’Union européenne et depuis cette époque je suis en faveur du maintien du dialogue ouvert.

La Turquie a un problème à l’heure actuelle, car elle ne discute pas mais hurle souvent. Elle hurle car elle est – comme nous l’avons analysé en Grèce et cela est acceptable du point de vue international en cette période – une puissance nerveuse.

J’espère qu’elle surmontera ses problèmes internes et sa nervosité afin que nous puissions engager de nouveau un dialogue substantiel et rationnel sur la base du droit international et des droits réels des pays.

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, vous avez eu des contacts aux Etats-Unis avec le nouveau gouvernement de M. Trump. J’aimerais que vous nous disiez dans quelle mesure il y a une revalorisation des relations entre les Etats-Unis, la Grèce et Chypre, dans quelle mesure ces pays sont considérés comme pouvant jouer un rôle de sécurité et de stabilité dans la région et est-ce que nous nous attendons à ce qu’ils interviennent dans le dossier chypriote. Je vous remercie.

N. KOTZIAS : Ecoutez, je suis partisan de la politique étrangère active multidimensionnelle, de la politique étrangère démocratique. Et je pense qu’à l’heure actuelle, la politique étrangère des Etats-Unis traverse une période transitoire et il vaut la peine d’essayer de faire connaître et de prouver l’envergure de nos points de vue et des propositions que nous avons concernant la région.

Que nous montrions que dans cette région de grande instabilité, la Grèce et Chypre, Chypre et la Grèce constituent un axe de stabilité pouvant contribuer à la stabilisation de la région tout entière et notamment les pays ayant un intérêt pour la politique étrangère américaine, à savoir l’Egypte et Israël.

Nous ne suivons pas la politique étrangère des Etats-Unis de manière passive. Nous essayons de participer activement à cette politique, c’est-à-dire d’expliquer, de proposer et de gagner avec des arguments solides. Cela ne signifie pas que cela est toujours possible. Mais c’est ce à quoi nous aspirons.

Y. KASSOULIDIS : Nous vous remercions.