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Accueil arrow Actualité arrow A la Une arrow Déclarations du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias lors de la conférence de presse conjointe avec le ministre des Affaires étrangères d’Azerbaïdjan, E. Mammadyarov, à l’issue de leur rencontre (Bakou, 02.02.2016)

Déclarations du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias lors de la conférence de presse conjointe avec le ministre des Affaires étrangères d’Azerbaïdjan, E. Mammadyarov, à l’issue de leur rencontre (Bakou, 02.02.2016)

mercredi, 03 février 2016

N. ΚΟΤΖΙΑS : Je suis très heureux de me trouver pour la première fois de ma vie en Azerbaïdjan, dans la belle ville de Bakou. Et je suis très heureux de rencontrer de nouveau mon bon ami, le ministre des Affaires étrangères d’Azerbaïdjan. Je vous remercie pour votre invitation et votre accueil.

La Grèce entretient des relations traditionnellement bonnes avec la région géographique du Caucase et de la Mer Caspienne. Et je pense qu’il est très important de relever que nous avons développé ces relations très étroites ces dernières années.

Ce canal de communication est important et j’ai eu le plaisir de rencontrer aujourd’hui, lors de ma première visite à Bakou, le Président Aliyev, avec lequel je me suis entretenu longuement sur la perspective européenne de l’Azerbaïdjan, mais aussi sur notre coopération bilatérale. Et cette rencontre, qui devait durer une demie heure, a duré plus d’une heure et demi. C’était un grand honneur pour moi.

Nous souhaitons contribuer, de quelque manière que ce soit, à la promotion des relations entre l’Union européenne et l’Azerbaïdjan. Nous soutenons l’Azerbaïdjan au sein de l’Union européenne. Nous sommes de vrais amis. Nous ne sommes pas seulement des voisins, nous sommes aussi des amis. Parfois, les amis qui sont le plus éloignés du point de vue géographique sont les meilleurs amis pour le développement d’une coopération comme celle-ci.

Comme vous le savez, la Grèce traverse une période difficile. Nous nous trouvons dans un triangle d’instabilité, entre l’Ukraine, la Syrie et la Libye, où trois conflits sont en cours dans ces régions. En ce qui concerne l’Ukraine, comme je l’ai dit avec mon homologue azéri, nous soutenons l’application des accords de Minsk. En ce qui concerne le Moyen-Orient, nous sommes en faveur de la discussion qui sera menée demain, à Londres, afin de soutenir la Jordanie et le Liban.

Nous sommes en faveur de toutes les discussions qui ont pour but de trouver un moyen de mettre fin à la guerre en Syrie. Et comme vous le savez, la guerre en Syrie a généré l’un des plus grands problèmes de notre siècle en Europe : le problème des migrants et des réfugiés. Plus d’un million de réfugiés sont arrivés en Europe via les îles grecques.

Par conséquent, nous avons toutes les raisons de soutenir les efforts diplomatiques déployés afin de mettre fin à la guerre civile en Syrie.

Et dans ce contexte, nous saluons la mise en application de l’accord sur le nucléaire iranien.

Nous avons par ailleurs présenté les positions grecques sur le dossier chypriote et les Balkans. Je pense que ce qui est très important dans nos relations est que les deux pays soutiennent l’application du droit international. Il n’y a pas d’autre voie possible pour la résolution des grands problèmes du 21e siècle. A savoir la coopération, la discussion amicale, la négociation sur la base du droit international et les solutions fondées sur ce droit.

Je souhaiterais vous inviter à Athènes. J’espère que cette visite sera possible cette année.

Par le biais de cette visite, j’aimerais également exprimer mon soutien aux efforts du Groupe de Minsk en vue de trouver une solution à la question du Haut-Karabagh. Le Président et le ministre des Affaires étrangères m’ont informé de la question afin que nous puissions mieux comprendre la position de nos amis azéris dans ce dossier.

Nos pays entretiennent des relations étroites, non seulement au niveau politique, mais aussi énergétique.

Nous achevons l’un des plus grands projets que nous avons mis en œuvre en commun. Il s’agit du gazoduc trans-adriatique TAP, qui permet d’acheminer du gaz naturel d’Azerbaïdjan vers la Grèce et l’Europe occidentale, à savoir l’Italie. Nous venons d’achever les parties les plus importantes de ce pipeline et espérons que dans deux ans le gaz en provenance d’Azerbaïdjan réchauffera davantage l’Europe. Nous avons abordé tous les détails de ce projet.

Nous nous sommes également focalisés sur le secteur commercial et économique. Il existe de grandes possibilités et nous pouvons faire beaucoup de choses ensemble. J’ai été ravi de discuter des perspectives de notre coopération dans les domaines de la culture et de l’éducation.

Comme je l’ai dit au ministre aujourd’hui, la Grèce est, de tous les pays européens, l’ami le plus étroit de l’Azerbaïdjan. Nous prêtons attention à tout ce qui se passe dans la région et comprenons plus que tout autre pays les sentiments et la façon de penser du peuple d’Azerbaïdjan.

J’aimerais de nouveau, mon cher Elmar, te remercier pour ton accueil et ton invitation. Et nous t’attendons à Athènes, où il fait chaud. Je crois d’ailleurs qu’aujourd’hui les températures ont monté jusqu’à 22°C, c’était une belle journée. Et je me suis demandé, pourquoi je quitte cette ville ? Mais en me trouvant ici, la réponse s’est imposée à moi : en raison de notre amitié.
Je vous remercie.

JOURNALISTE : (concernant les questions énergétiques)

N. ΚΟΤΖΙΑS : La Grèce soutient toute résolution pacifique de ces conflits dans le monde entier et sur la base du droit international.

S’agissant de l’énergie, nous sommes face à une situation politique bien précise. Nous sommes dans une région très importante du point de vue énergétique. Actuellement, nous nous approvisionnons en énergie depuis la Méditerranée orientale. Comme vous le savez, Israël, l’Egypte et Chypre ont découvert des gisements énergétiques très importants et pour nous il est très important de relier ces possibilités offertes par la Méditerranée orientale à la possibilité de nous approvisionner en gaz depuis l’Azerbaïdjan, via le pipeline TAP. Et nous créons, avec la Bulgarie et la Roumanie, un autre gazoduc qui utilisera également le gaz d’Azerbaïdjan.

Et en Grèce, nous avons fait tous les préparatifs. Nous avons effectué notre part de travail. J’espère que dans deux ans nous nous approvisionnerons en gaz naturel d’Azerbaïdjan pour la Grèce et d’autres pays européens.