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Discours du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias lors de la conférence annuelle des ambassadeurs de l’ARYM (Skopje, 25 août 2016)

jeudi, 25 août 2016

Discours du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias lors de la conférence annuelle des ambassadeurs de l’ARYM (Skopje, 25 août 2016)

Je voudrais tout d’abord remercier la direction du ministère des Affaires étrangères de votre pays et avant tout mon cher ami Nikola qui porte le même nom que moi, de cette invitation qui me fait un grand honneur.

Nous vivons aujourd’hui dans une époque difficile mais aussi très intéressante. Le monde change. L’Occident ne constitue plus la seule puissance dans ce monde mais, bien évidemment, il continue d’être la principale puissance. Du point de vue démographique, l’Occident recule, s’agissant notamment de sa partie européenne. La démocratie qui apparaissait être le vainqueur de la fin du 20e siècle, est de nouveau en recul et requiert toute notre attention.

De nouvelles puissances font leur apparition sur la scène internationale. Certaines d’entre elles veulent fonctionner dans le cadre des règles existantes. D’autres veulent réviser les structures du système mondial. Ces dernières associent souvent l’autoritarisme intérieur à l’approche révisionniste, tandis que dans des cas plus extrêmes, on assiste à des manifestations de nationalisme extrême.

Il y a 20 ans, les théories d’après lesquelles le 20e siècle serait le siècle de l’UE et de l’Europe n’ont pas été confirmées. Les décisions de Lisbonne visant à faire de l’UE l’acteur principal au niveau des technologies nouvelles, n’ont pas été matérialisées. Dans le même temps, l’UE, bien qu’elle ait suivi le chemin de l’élargissement, n’a pas pu mettre en place des dispositifs et les structures suffisants pour l’approfondissement et l’accélération du processus d’intégration, notamment sur le plan politique. L’UE est en crise et en dépit de cela, elle constitue – malgré les contradictions et les manques – un exemple d’Etat de droit et de défense des droits de l’homme. Notre devoir est de sortir l’UE de la crise. De l’améliorer, de développer ses aspects positifs et de laisser derrière nous les phénomènes négatifs qui ont été le produit de la crise.

Ces deux dernières années, la partie grecque a, à maintes reprises, proposé l’organisation d’un débat élargi sur l’avenir de l’UE. Et ce, car, contrairement au passé, les débats au sein de l’UE tendent à se limiter à des questions monétaires et financières, aux sanctions, aux embargos et aux mémorandums. Ces débats, dans certaines conditions, sont aussi nécessaires. Mais ces questions ne peuvent pas faire l’objet principal des discussions au sein de l’Europe.

Ce dont on a besoin est un débat démocratique sur l’avenir de l’UE. Quelle sorte d’Europe voulons-nous au 21e siècle ? Avec quelles valeurs et quels principes ? Sur quelles institutions sera fondée cette Europe et quels sont les pays avec lesquels nous construirons cette Europe ? En d’autres termes, on doit de nouveau tourner le regard vers l’avenir et adopter une stratégie à long terme.

Il existe un double danger en cette période marquée par cette crise à plusieurs niveaux qui affecte l’UE : l’Europe s’élargit, certes, mais à travers cet élargissement elle se transformera en une Europe à deux vitesses. Chaque nouveau membre mais aussi un grand nombre de ses membres actuels resteront sur son orbite extérieure et en fait mettront tout simplement en œuvre les décisions du cercle intérieur. Les milieux conservateurs peuvent percevoir cela comme une solution mais au lieu de régler les problèmes cette solution ne fera que créer de nouvelles lignes de séparation au sein de l’Europe.

Ce qui est véritablement nécessaire pour l’UE est de développer une série de politiques et de structures à l’aide desquelles l’UE parviendra à une normalité démocratique et sera dotée d’une capacité au niveau social. Des politiques et des structures qui l’aideront à faire face à l’asymétrie qui la caractérise et à sa croissance unilatérale de ces 15 dernières années. Des éléments qui l’ont conduit à une crise multiple.

L’UE traverse une crise multiple qui peut soit la désorganiser, soit lui assurer un avenir brillant. Plus particulièrement :

La première crise de l’UE est une crise d’identité. Qu’est-ce qu’est exactement l’UE et en quoi voudraient les acteurs au niveau intérieur la transformer ? Que faut-il faire ? Y aura-t-il un retour aux Etats nationaux ? Est-ce que l’Union ira au-delà de ceux-ci ?

Notre point de vue est que l’UE doit s’orienter vers une structure fédérale, tout en respectant le fait que les Etats nationaux existent et continueront d’exister pour une très longue période. Que son développement doit notamment porter sur les droits démocratiques et sociaux des citoyens et des sociétés qui sont en recul ainsi que sur leur élargissement du point de vue quantitatif et qualitatif. Et ce, afin de pouvoir élaborer une politique visant à surmonter la croissance asymétrique et unilatérale de ces deux dernières décennies.

Il est nécessaire de faire comprendre que l’UE ne perdra pas sa compétitivité à cause du renforcement de la démocratie et des structures sociales, mais au contraire, elle pourra ainsi fonctionner à un niveau plus élevé où la compétitivité ne portera pas sur la réduction du coût mais sur une plus grande spécialisation et valorisation des nouvelles technologies. Sur la création de nouveaux produits et l’application de méthodes nouvelles et plus démocratiques dans l’organisation de la production et des services. Il s’agit de l’économie intelligente.

Deuxièmement, outre la crise d’identité, l’UE s’enlise aussi dans une crise politique à plusieurs niveaux.

Les résultats du référendum du Brexit sont le sommet de l’iceberg. D’une part, il y a bien évidemment un grand nombre de personnes au sein de l’UE qui voudraient que les résultats du référendum ne soient pas respectés. D’autre part, il y en a d’autres qui veulent pousser le Royaume-Uni le plus rapidement possible hors de l’UE. Cette contradiction, entre l’ignorance du résultat et l’accélération de sa mise en œuvre mettent le Royaume-Uni et l’UE dans un état d’inertie qui est le pire choix par rapport à l’un ou à l’autre aspect de cette contradiction.

Le résultat du référendum au Royaume-Uni n’est pas la cause de cette crise politique de l’UE ; c’est plutôt sa conséquence. Bien évidemment, ce résultat sert d’accélérateur. Le résultat est le produit d’une politique unilatérale d’austérité qui est mise en œuvre dans la plupart des Etats membres de l’UE, de la répartition de plus en plus illégale des revenus et des biens et de la hausse de la pauvreté.

La domination absolue des dogmes néolibéraux sur l’UE et ses politiques entraîne le recul de la compétitivité internationale de l’UE. Par conséquent, ses faiblesses, quelles qu’elles soient, ne sont pas dues à la démocratie ou à son modèle social, mais à ces dogmes et aux obsessions pratiques qui y sont corrélées.

La crise politique de l’UE est liée à la restriction ou même à la suppression de tous ces éléments qui caractérisaient jusqu’à récemment le modèle européen. Le recul du consensus du facteur populaire dans le projet européen qui demeure un projet élaboré par l’élite de l’Europe, l’absence de vision, le développement unilatéral de la coopération européenne dans les domaines prioritaires des dogmes économiques du néolibéralisme et la limitation des fonctions sociales de l’Union, tout comme le fait que dans la plupart des Etats membres les dispositifs de sécurité démocratique pour surmonter la crise ont fait défaut. Tous ces éléments sont les causes et les accélérateurs de la crise politique et créent un terrain favorable au renforcement des mouvements autoritaires.

Troisièmement, la crise de l’UE est aussi une crise liée à son modèle économique et à ses politiques. A l’abandon des traditions européennes particulières qui ont insufflé des élans positifs en Europe du 20e siècle.

Quatrièmement, la crise des réfugiés qui est associée à toutes ces crises. C’est une crise que nous avons vécue intensément au cours de cette dernière année car il n’y a pas eu de réponse européenne unique et, lorsqu’il y avait une réponse, celle-ci n’a pas été traduite dans des actes.

Le problème importé des réfugiés et de la massification de l’immigration économique a mis en évidence une série de problèmes liés au fonctionnement de l’Union, à l’idée que font les différents Etats de l’Union, au manque de vision et de pratiques pour la mise en œuvre d’un système de valeurs commun.

Le problème des réfugiés a mis en évidence encore une fois deux nécessités : a) la promotion de l’intégration politique de l’Europe, b) le lancement d’un débat général sur l’avenir de l’Europe.

Nos deux pays n’appartiennent pas seulement à l’Europe. Ils font partie d’une région plus élargie que nous appelons souvent Europe du Sud-est, les Balkans étant placés en son centre. Cette région, nos deux pays, comme je l’ai analysé il y a deux ans, se trouvent dans ce triangle d’instabilité entrainant de multiples conséquences et dangers. Au nord se trouve l’Ukraine, au Nord-ouest, la Libye et au Nord-est la Syrie et l’Irak.

L’objectif de la politique étrangère de la Grèce a été et demeure la stabilisation de la région, notamment de la Méditerranée orientale. Ces dernières années, nous avons mis en place avec Chypre une série de partenariats tripartites avec la Jordanie, le Liban, l’Egypte et Israël. Ces coopérations tripartites se sont étendues dans tous les domaines de la politique. Une coopération est établie entre l’ensemble des ministères, notamment avec l’Egypte et Israël, à tous les niveaux, au niveau des services, des secrétariats généraux, des ministres, des premiers ministres et des présidents. Le développement de ces relations est rapide. Des pays de plus en plus nombreux aspirent désormais à des formes de coopération similaires.

Dans le cadre de la stabilisation de la région de la Méditerranée orientale et par extension du Moyen-Orient, nous avons organisé l’année dernière une grande conférence internationale sur la protection des communautés religieuses et culturelles de la région. A cette conférence ont participé plus de 200 patriarches, ministres des Affaires étrangères, chefs d’organisations internationales, d’institutions internationales spéciales, etc. Le résultat de cette conférence a été la mise en place et le fonctionnement d’un observatoire spécial mais aussi la décision d’organiser en 2017 une deuxième conférence en coopération avec encore un pays de l’UE (l’Autriche) et un pays arabe.

L’organisation de la première conférence sur la sécurité et la stabilité en Méditerranée orientale qui se tiendra dans quelques jours, les 8 et 9 septembre, à Rhodes, est également importante. A cette conférence nous avons initialement invité 5 Etats membres de l’UE, la Grèce y compris, ainsi que 5 Etats arabes. Finalement, à la conférence assisteront sept Etats européens et neuf Etats arabes, au total 16 Etats, fait qui atteste de l’intérêt marqué qui a été manifesté à cet égard et du rôle renforcé de la diplomatie grecque.

Cette conférence vient compléter l’initiative pour la Méditerranée de l’UE (processus de Barcelone) et le groupe des sept Etats membres de l’UE de la Méditerranée du sud, connu aussi sous l’appellation « Euromed ». Ce groupe des sept se réunit depuis longtemps au niveau des ministres des Affaires étrangères. Cette année la Grèce, son Premier ministre, a pris l’initiative d’organiser une réunion de l’Euromed au niveau des Premiers ministres et des chefs d’Etat à Athènes, le 9 septembre, un peu avant la réunion au sommet de l’UE.

La rencontre de Rhodes revêt encore un aspect : il s’agit du premier groupement / institution qui unit l’Europe du Sud-est – les Balkans et la Méditerranée orientale dans un ensemble. Deux régions d’une grande instabilité mais d’une importance majeure pour la paix et la sécurité internationales.

A côté des deux grands cercles, l’Europe et la Méditerranée (Orientale) / le Moyen- Orient, il existe une région déterminante pour notre avenir commun : les Balkans.

Aux nombreux groupements et initiatives qui existent dans notre région, nous avons ajouté deux nouveaux groupements très importants. Le premier est la coopération entre les Etats membres balkaniques de l’UE. Le deuxième est la coopération des quatre Etats de l’Europe du sud. Vous, nous, l’Albanie et la Bulgarie. Deux Etats membres de l’UE et deux pays candidats. Ce groupement renforce notre coopération, la lutte commune contre les grands problèmes auxquels nous sommes confrontés et promouvra des mesures de coopération commune.

Cette institution très importante pour nous s’est d’ores et déjà réunie au premier semestre de l’année dernière et se réunira de nouveau en novembre prochain à Thessalonique. On organisera peut-être une visite commune au Mont-Athos. A partir de l’année prochaine, nous allons nous réunir tous les six mois dans les villes des autres Etats et de la Grèce.

Dans les années 90’, toute l’attention était tournée vers la création d’un arrière-pays balkanique. Vers l’importation d’un Etat de droit et de la règle de la loi. On a assisté au développement d’une forme particulière de capitalisme. L’importation de l’économie de marché a été accompagnée d’une politique de privatisations agressive qui se sont traduites en grande partie, par une accumulation primaire des capitaux. Pendant cette décennie, toute notre attention était centrée sur les moyens qui nous permettraient de renforcer les relations et les interconnexions économiques, sociales et politiques.

Plus tard, au début du 21e siècle, notre attention était tournée vers le parcours européen des Etats de la région balkanique. Premièrement, des Balkans de l’Est, puis des Balkans occidentaux. Les Etats de la région ont, d’un certain point de vue, choisi des chemins séparés. Chacun d’entre eux revendiquait pour lui-même le chemin d’adhésion aux institutions euro-atlantiques le plus court. L’arrière-pays balkanique a été, dans une certaine mesure, désorganisé. De plus en plus d’Etats de la région recherchaient le soutien et des contacts institutionnels avec les Etats puissants de l’UE et de l’OTAN.

Aujourd’hui, du point de vue de la Grèce et de moi-même personnellement, nous devons combiner les deux choix de ces 25 dernières années. L’adhésion à l’UE pour un grand nombre d’Etats tardera à cause des crises intérieures multiples qui affectent l’UE. Et même si ces Etats adhèrent bientôt à l’UE, une Union à 40 Etats membres ne sera pas un champ dans lequel un Etat de 2 ou de 5 à 7 millions de citoyens pourrait facilement fonctionner. Avec un PIB qui sera 300 et 400 fois inférieur à celui de l’Allemagne et 2 000 fois inférieur à celui des Etats-Unis. C’est pourquoi je pense qu’afin de valoriser au maximum les opportunités actuelles et jusqu’à ce que tous les Etats de la région adhèrent à l’UE, mais aussi après leur adhésion et afin que ces derniers aient un rôle à jouer, il est nécessaire de renforcer notre arrière-pays. Dans ce cadre, les initiatives dans les Balkans que je viens de citer peuvent contribuer dans ce sens.

La reconstitution socioéconomique et politique de l’arrière-pays des Balkans qui aura un parcours européen stable est, à mon avis, la stratégie qui doit être suivie aujourd’hui. C’est un choix politique qui nous aidera à renforcer notre rôle au sein de la future UE.

La réunion des 4 a été très productive et porteuse d’espoir. C’était encore un élément de la coopération entre nos deux Etats. Nombreux ont été ceux qui ont été surpris par notre coopération. C’est un élément de dépassement pour tous ceux en dehors du pays qui pensent –à tort – que cet Etat est temporaire ou dérangeant. Bien au contraire. Votre Etat est un Etat qui lors des événements récents a fait preuve de stabilité et a agi en tant que facteur de sécurité dans la région, indépendamment de la crise politique intérieure. Une crise qui sera surmontée en usant des mêmes moyens, j’en suis convaincu. Il suffit de consolider davantage la démocratie.

La Grèce, contrairement à de nombreux autres Etats membres de l’UE, a évité de se prononcer ou d’intervenir dans les affaires intérieures de son voisin au nord. Nous pensons qu’à notre époque cela serait non seulement une erreur mais aussi inadmissible. Les interventions venant de l’extérieur ont, en règle générale, des résultats contraires à ceux escomptés.

Permettez-moi de vous parler d’une règle générale que j’essaie personnellement d’appliquer, sans pour autant y parvenir toujours : chaque Etat à l’intérieur et dans ses relations internationales – extérieures, doit développer certaines caractéristiques nécessaires à la promotion de l’innovation et de l’européanisme. Parmi ces caractéristiques, la culture démocratique du dialogue, du consensus et de l’entente, jouent un rôle déterminant. L’autre partie, qu’il s’agisse d’un Etat ou de citoyens, n’est pas l’ennemi, mais une culture, une opinion, une perception différente ou tout simplement une autre réponse. Et, derrière cette diversité, même si elle est erronée, se cache toujours un grain de vérité.

Nous apprécions pleinement l’existence de notre voisin au nord où nous occupons la première place en matière d’investissements et de commerce, de tourisme et de contacts intercommunautaires. Dans le même temps, nous osons espérer qu’il n’y aura plus d’irrédentisme car ce dernier ne sert à rien, ni n’est fondé sur des réalités historiques et actuelles.

Il est évident que l’insécurité quant à l’acceptation de l’existence de votre Etat mais aussi l’irrédentisme, ont alimenté depuis assez longtemps des sentiments de méfiance. Aujourd’hui, nous avons fait un pas important en avant dans ce sens. Nos relations personnelles avec Nikola en disent long. Tout comme les relations des 4 pays de la région des Balkans. Le chemin, bien évidemment, est encore long mais, je pense que nous sommes déterminés à le parcourir, et c’est dans ce sens que nous œuvrons.

Les sociétés et les pays, pour pouvoir coexister ont besoin d’un climat de confiance. Nous devons comprendre les difficultés existantes mais aussi, dans un esprit optimiste, chercher à trouver des moyens pour surmonter ces difficultés. Nous devons discuter afin de comprendre les réflexions de l’autre, et même dans des cas de différends plus marqués. Nous devons faire preuve de notre attachement au bien-être de nos peuples et de nos citoyens. Nous devons connaître les intérêts, les situations particulières de l’une et de l’autre partie afin de rendre plus efficace la négociation la plus difficile. Nous devons parvenir à faire ce qui est correct, juste et nécessaire au moment opportun.

Nous ne devons pas exercer de pressions et fermer les fenêtres d’opportunité lorsque celles-ci peuvent s’ouvrir et laisser l’air frais entrer. Notre rôle est de contribuer aux changements pacifiques, efficaces et positifs et nous devons être porteurs de ces changements. Nous devons faire la distinction entre ce qui est de moindre importance et ce qui est important et s’ occuper de ce qui est important avec insistance et en faisant preuve de fermeté, dans un esprit constructif afin de parvenir à des solutions productives. Nous devons identifier les éléments que nous avons en commun et les valoriser. Nous devons tolérer et respecter la diversité, sans sacrifier notre avenir commun à son nom.

Un pas important dans ce sens a été la mise en place des mesures de confiance qui sont promues par les deux parties, qu’il s’agisse de partenariats dans le domaine des transports, de l’économie, des universités, de la sécurité, de la lutte contre les incendies, les catastrophes naturelles et les situations urgentes.

Comme nous l’avons observé au lendemain des récentes inondations catastrophiques – et à ce point je voudrais exprimer publiquement mes condoléances pour les pertes humaines – nos peuples peuvent se rapprocher à travers la coopération dans la gestion des crises humanitaires.

Je pense que nous nous trouvons sur le bon chemin vers le renforcement ultérieur de nos relations. Je pense que votre Etat, en dépit de vos difficultés, est un élément et un facteur de stabilité dans la région. De ce point de vue, la Grèce d’aujourd’hui, déploie et continuera de déployer tous les efforts nécessaires pour contribuer au développement du pays voisin. Dans le même temps, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir afin d’éviter que des mesures extérieures s’imposent au détriment de ce pays.

Dans ce cadre, nous avons récemment, lors du Conseil des Affaires étrangères de l’UE, opposé notre veto à toute sanction prise à l’encontre de votre pays.

Nos deux pays doivent vivre et vivront ensemble, en paix, en coopération et en prospérité. Aussitôt que la question du nom sera réglée et que toute sorte d’irrédentisme sera supprimée, les deux pays prendront ensemble le chemin de l’UE et des structures de sécurité. La Grèce sera le défenseur et le médiateur de ce parcours.

Mon discours devant vous constitue un pas vers la création d’un climat de confiance et le développement de cette culture du dialogue et du consensus.Je voudrais vous remercier pour l’invitation que votre ministre des Affaires étrangères a eu l’amabilité de m’adresser ainsi que pour la patience avec laquelle vous m’avez écouté parler de ma vision en faveur du renforcement de l’amitié, de la coopération et des relations de bon voisinage entre nos pays mais aussi de l’avenir européen de toute la région.

Je vous remercie.