Première partie de la réponse:
D. DOLLIS : Je vous remercie.
Monsieur le Président,
Avant de répondre à mon cher collègue le député, permettez-moi de dire que mardi soir un très grand cinéaste nous a quitté. Il s’agit de Théo Angelopoulos. Nous perdons un grand créateur, selon Le Figaro, le cinéaste de la mélancolie européenne, selon El Pais, un non-conformiste et obstiné écrira le Telegraph. Pour la Stampa, ce fut le cinéaste qui a su raconter la Grèce la plus authentique avec instinct et sensibilité qui font de ce cinéaste un grand créateur. Ce fut une grande figure de la culture mondiale. J’aimerais que nous transmettions nos condoléances et nos amitiés à sa famille.
J’aimerais passer maintenant à la question d’actualité. Monsieur le député, il n’est pas vrai que la Grèce ne réagit pas. Clarifions donc la question devant ce parlement. Pour ce qui est de la principale partie de votre question, je dirais que notre pays condamne systématiquement des violations de ce type de l’accord intérimaire de la part de l’ARYM.
En l’espèce, le Bureau de liaison de la Grèce à Skopje a récemment fait une démarche de protestation auprès du ministère des Affaires étrangères – nous l’avons déjà dit – concernant le carnaval, la « Porte de la Macédoine » et les violations de l’accord intérimaire de la part du pays voisin, mais aussi les manifestations offensantes et provocatrices qui se sont déroulées pendant le carnaval de Vevcani.
Par ailleurs, nous avons protesté auprès du consulat général de l’ARYM à Toronto contre la présence de l’emblème du soleil de Vergina . Et bien entendu, en ce qui concerne l’accord intérimaire, en vertu de ses dispositions, il demeure en vigueur jusqu’à ce qu’il soit remplacé par l’accord définitif. Par ailleurs, sept années après la conclusion de cet accord, chaque partie peut se retirer en le notifiant par écrit, notification qui a une durée de validité de douze mois après la date de notification à l'autre partie.
Permettez-moi toutefois, pour la petite histoire, de vous dire que ces provocations qui se poursuivent de la part de l’ARYM ne contribuent guère à l'instauration de relations de bon voisinage et de confiance mutuelle. En effet, la décision de rebaptiser la partie de l’axe routier X transitant par l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine «Alexandre de Macédoine» n’est-elle pas synonyme de provocation et de relations de mauvais voisinage ? La décision de nommer le stade de Skopje Philip II Arena est en effet synonyme de provocation et de relations de mauvais voisinage.
L’utilisation du soleil de Vergina dans un spot télévisé financé par l’Etat est synonyme de provocation et de relations de mauvais voisinage. L’utilisation de l’étoile de Vergina sur une place centrale de la municipalité de Gazi Baba et sur un site Internet de l'organisation étatique de la jeunesse est synonyme de provocation et de relations de mauvais voisinage.
L’érection d’une statue d’Alexandre le Grand à l’aéroport de Skopje avec à sa base une représentation du soleil de Vergina est synonyme de provocation et de relations de mauvais voisinage.
Le « Porta Makedonia » et la violation de l’accord intérimaire sont synonymes de provocation et de relations de mauvais voisinage.
L’utilisation du soleil de Vergina par le consulat général de l'ARYM à Toronto dans le cadre de ses devoirs officiels est synonyme de provocation et de relations de mauvais voisinage.
L’attaque de M. Gruevski contre le chef de l’opposition M. Samaras est également synonyme de provocation. Le chef de l’opposition est une institution pour ce parlement et nul n’a le droit de porter atteinte à sa dignité.
Par ailleurs, les manifestations qui ont eu lieu dans le cadre du carnaval de Vevcani étaient offensantes et provocatrices et dépassent de loin les limites de la tolérance. Le carnaval de Vevcani visait un but unique : faire honte à notre pays, l’injurier et le provoquer. Lors de ce carnaval, le drapeau grec, notre symbole national, a été brûlé. Cette manifestation visait à diffuser des stéréotypes hostiles au niveau collectif et massif. Quant aux déguisements du carnaval, ils représentaient la carte de ladite « Grande Macédoine » avec le soleil de Vergina.
Dans la seconde partie, je répondrais du point de vue historique à ces questions. Comment les grands spécialistes étrangers y ont répondu dans leur lettre remise en 2009 au président des Etats-Unis, Barack Obama.
Je n’aime pas entendre dire que ce pays ne réagit pas. J’ai été témoin de cette question dans deux pays : en Grèce, en tant qu’originaire de la région de Kastoria en Macédoine et en Australie, en tant qu’immigré, citoyen australien et homme politique. Notre voix n’est pas seulement celle qui est entendue. L’Histoire n’est pas seulement la nôtre et les réactions doivent être efficaces, fermes, décisives et dynamiques.
J’y reviendrais.
Janvier 26, 2012