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Communiqué conjoint - Réunion des ministres des Affaires étrangères (Beyrouth, 9 novembre 2016)

mercredi, 09 novembre 2016

1. Suite à l’invitation de Son Excellence, M. Gebran Bassil, ministre des Affaires étrangères et des Emigrés de la République libanaise et suite à la Conférence de Rhodes sur la Stabilité et la Sécurité (8-9 septembre 2016), le ministre des Affaires étrangères de la République de Chypre, Son Excellence M. Ioannis Kasoulidis et le ministre des Affaires étrangères de la République hellénique, Son Excellence, M. Nikos Kotzias se sont réunis à Beyrouth le 9 novembre 2016.

2. Les ministres européens ont félicité le peuple libanais et le Ministre, M. Bassil, pour l’élection du Général Michel Aoun à la Présidence de la République libanaise.

3. Les ministres ont abordé les moyens visant à renforcer la coopération dans des enceintes internationales et ont échangé des vues sur les questions régionales et internationales, notamment les évolutions en Méditerranée orientale, au Moyen-Orient et dans la région élargie. Ils sont convenus du fait que la région offre une multitude d’opportunités à saisir afin de servir les intérêts de ses peuples. Ils ont indiqué que le dialogue régional peut servir les objectifs communs de renforcement des relations entre l’Europe et le Moyen-Orient et promouvoir davantage la solidarité et la compréhension mutuelle, en soulignant leur rôle stabilisateur dans la région.

4.  Les ministres sont convenus de l’importance de préserver la pluralité dans la région qui permettra la coexistence pacifique des diverses composantes sociales, religieuses et ethniques et constituera le seul garant de la démocratie viable et de la prospérité à long terme qui sera mutuellement bénéfique aux pays méditerranéens et européens. À cet égard, ils ont salué le rôle modèle du Liban en tant que phare de tolérance et d’humanisme.

5. Ils ont également souligné l’importance et les avantages que revêt la coopération euro-méditerranéenne pour les pays de la région. Ils sont convenus du fait que la région offre une multitude d’opportunités à saisir afin de servir les intérêts de ses peuples. Dans ce contexte, ils ont examiné des moyens de tirer pleinement partie – au cas par cas – des relations institutionnelles entre l’UE et le Liban, notamment les outils et les dispositifs prévus par la Politique européenne de voisinage révisée. Ils ont souligné l’importance des Priorités du Partenariat entre l’UE et le Liban pour la période 2016 – 2020 dans le cadre de la Révision de la Politique européenne de voisinage et du Pacte respectif (Compact Agreement) qui permettra aux relations UE – Liban d’entrer dans une nouvelle ère. Par ailleurs, ils ont souligné le rôle clé de l’Union pour la Méditerranée dans le sens du renforcement d’une telle coopération.

6.  Les ministres des Affaires étrangères ont discuté du phénomène mondial croissant des larges mouvements de réfugiés et de migrants à une échelle sans précédent. Ils ont lancé un appel en faveur d’approches mondiales et de solutions mondiales sur la base de la responsabilité partagée et de la coopération internationale.

7. Les Parties, ont salué la générosité du Liban mais ont fait part de l’inquiétude que continue de leur inspirer l’impact négatif de la crise syrienne sur la stabilité du Liban et les conséquences alarmantes des flux massifs de Syriens déplacés au Liban.

8. Les ministres sont convenus de la nécessité pour l’UE d’examiner tout moyen possible de faire preuve de solidarité afin de soutenir le Liban, tant du point de vue politique qu’économique, afin d’accroître sa résistance. Ils se sont mis d’accord sur le fait que la seule solution à long terme pour les Syriens temporairement déplacés au Liban est leur retour dans leur pays, dans des conditions de sécurité, même pendant la période de transition.

9. En ce qui concerne la migration dans la région élargie de la Méditerranée orientale, ils ont souligné l’importance d’une approche holistique dans l’identification de solutions à cette question complexe et multidimensionnelle, en mettant l’accent sur l’importance cruciale de :

a. lutter efficacement contre les réseaux illégaux de trafics de migrants, où le rôle et la responsabilité des pays de la région sont déterminants.

b. promouvoir la solidarité active et la coopération en Europe afin de relever efficacement ce défi à caractère tout d’abord humanitaire et d’une ampleur sans précédent pour la région.

10. Ils ont également souligné le rôle crucial de la Grèce en ce qui concerne l’accueil et l’hébergement des réfugiés, rôle qui a été reconnu au niveau mondial, en raison du fait que les réfugiés ont été traités avec humanité.

11.  Les Parties ont condamné toute activité terroriste, se sont dites préoccupées de l’expansion du terrorisme, non seulement sur un plan régional, mais aussi mondial et ont souligné la nécessité d’une coopération régionale et internationale dans la lutte contre cette menace. Elles ont exprimé leur vive inquiétude concernant le terrorisme et la menace immédiate qu’il représente pour la sécurité au Liban en termes de propagation d’organisations terroristes à ses frontières. Elles ont axé leur attention sur le renforcement de la coopération au niveau militaire et sécuritaire et ont indiqué que la garantie de la sécurité au Liban devait être une question centrale de la politique de l’UE et de l’approche de la communauté internationale concernant la sécurité dans la région. A cette fin, ils ont souligné combien il était important d’échanger régulièrement des informations entre les pays de la région.

12.  Les ministres ont également souligné la nécessité de s’attaquer aux causes profondes des conflits dans la région afin de lutter contre le sectarisme, l’extrémisme et le radicalisme, qui constituent un terrain fertile propice aux groupes terroristes. Ils ont réitéré la nécessité impérieuse de mettre fin aux agitations violentes qui ont ébranlé de nombreuses régions du Moyen-Orient.

13. Ils ont également souligné la nécessité de parvenir à une solution politique en Syrie, en garantissant l’intégrité territoriale et la souveraineté du pays et en mettant en place une gouvernance inclusive crédible, assurant la sécurité et la protection des droits de tous les citoyens, indépendamment de leur ethnicité ou de leur appartenance religieuse.

14.  Les Parties ont souligné également le besoin continu du soutien de la communauté internationale au processus de réconciliation en Irak, à l’unité nationale et l’intégrité du pays et ont invité toutes les parties de la région à respecter pleinement cette souveraineté.

15. Les discussions ont porté sur les perspectives régionales des secteurs gaziers et pétroliers ainsi que sur d’autres activités énergétiques, en particulier les énergies renouvelables (soleil, vent, énergie hydraulique, etc.) ainsi que sur les possibilités de renforcement de la coopération et des échanges entre leurs institutions compétentes et leur secteur privé.

16. Les Ministres ont reconnu le secteur éducatif comme étant un domaine de priorité absolue et sont convenus d’examiner les opportunités d’une coopération ultérieure à cet égard, à travers la mise en réseau de présidents d’universités. Ce réseau sera axé sur la recherche et autres formes de coopération entre les départements qui traitent de questions liées à l’histoire ainsi que sur des projets novateurs communs dans des universités concernant le domaine de la recherche des énergies vertes et renouvelables.

17.  Les Ministres sont convenus qu’il faudrait chercher à obtenir une coopération renforcée, notamment entre les Universités et les Centres de recherche, en mettant en place un réseau permettant d’échanger des vues et des idées et de promouvoir les contacts entre les jeunes et l’université.

18. Ils ont souligné leur volonté de conjuguer leurs efforts afin de protéger les antiquités, préserver et développer les sites archéologiques et historiques en vue de sauvegarder la mémoire historique de leurs peuples et l’héritage culturel commun de l’humanité, ainsi que leur empressement à coopérer, entre autres, en vue de protéger l’héritage culturel sous-marin.

19. Enfin, les Parties ont réitéré l’importance de poursuivre les mesures pratiques de suivi convenues lors de la Conférence de Rhodes sur la Sécurité et la Stabilité, conjointement avec les autres participants en suivant une politique de portes ouvertes à d’éventuelles participations.