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Déclarations du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias et du Président de la Chambre des Représentants de Chypre, D. Syllouris avant leur rencontre d’aujourd’hui (Nicosie, 27.03.2017)

lundi, 27 mars 2017

D. SYLLOURIS : J’aimerais vous souhaiter la bienvenue dans mon bureau pour la première fois et j’espère que vous viendrez plus souvent car il y a des questions, outre le dossier chypriote et notre région, dans le cadre desquelles la Grèce et Chypre ensemble – et grâce aux relations que nous entretenons dans la région – peuvent devenir des éléments catalyseurs des nouvelles évolutions. Il va sans dire que moi-même personnellement ainsi que la Chambre des Représentants et Chypre tout entière s’appuient sur la Grèce. Nous sommes reconnaissants du soutien de la Grèce et vous personnellement, en tant que connaisseur des évolutions et des questions internationales et du dossier chypriote. Nous estimons que nous avons un vrai soutien, sans vouloir personnifier les choses car ce sont les institutions qui doivent fonctionner et non les personnes, mais les personnes font parfois la différence.

S’agissant de la question chypriote, je pense que le principal problème – en raison de son caractère spécifique en tant que problème d’invasion et d’occupation – était la question de la sécurité avant tout. L’élément catalyseur de la catastrophe ne peut devenir l’élément catalyseur de la paix et du règlement de la question chypriote. L’élément catalyseur de la catastrophe était les garanties et notamment la façon dont la Turquie a utilisé les garanties pour envahir un pays indépendant. Cela ne peut, à mon sens, exister à l’avenir et le peuple chypriote ne peut l’accepter. Vous vous trouvez à Chypre, à l’heure où nous fêtons les deux anniversaires, le 25 mars et le 1er avril où l’EOKA a fait face au joug étranger avec le sacrifice de la jeunesse de Chypre, nous avons obtenu notre indépendance et, malgré le fait que cette indépendance a été blessée par nos propres erreurs et notamment la politique expansionniste de la Turquie, nous devrons la rétablir pour l’ensemble de Chypre. Merci d’être venu.

Ν. KOTZIAS : Monsieur le Président, merci pour votre précieuse attitude positive. Je remercie le peuple chypriote qui a toujours accueilli à bras grands ouverts la Grèce, avec ses erreurs et ses faiblesses. Vous savez que le dossier chypriote – et pour moi personnellement mais aussi notre gouvernement et l’institution du ministère des Affaires étrangères – est une question fondamentale dont nous recherchons la solution. Et nous souhaitons toujours avoir une Chypre souveraine, indépendante, unie, libre des troupes étrangères et de l’armée d’occupation.

Les premières semaines ayant suivi ma prise de fonctions en tant que ministre des Affaires étrangères, je fus interrogé par un journaliste turc à la sortie du bureau du SG de l’ONU, avec lequel nous nous étions entretenus de plusieurs questions, dont la question chypriote, qui m’a posé la question de savoir pourquoi la Grèce n’aidait pas à la résolution de la question chypriote, comme le veut la Turquie. Je lui ai répondu que la Grèce souhaitait plus que tout le monde la résolution de la question chypriote et que si vous êtes si pressés, comme nous le sommes, l’armée turque n’avait qu’à s’en aller. Cela avait été ma première déclaration dans une enceinte internationale lors de ma première visite à New York. Depuis, je suis convaincu et j’ai toujours pensé que les infracteurs du droit international ne doivent pas obtenir gain de cause, ceux qui ont recours à la violence en dehors de la charte des Nations Unies et de ses résolutions et ceux qui pensent avoir des droits sur des pays tiers.

Chypre est une plaie pour le cœur et l’âme pour nous les Grecs, car je n’oublierais jamais le comportement criminel de la junte militaire grecque, dont je m’excuse tout le temps. Non pas pour ce qu’elle a fait, mais parce que nous n’avons pas réussi à l’empêcher et elle a ouvert la voie à l’invasion, l’invasion illégale et violente, l’invasion meurtrière de l’armée turque à Chypre. Et je pense que ceux de ma génération, les hommes du gouvernement actuel, tout comme les Chypriotes, rêvons que cela fasse partie de notre vie d’avoir contribué au règlement de la question chypriote, de manière équitable, au moyen d’une solution fonctionnelle et durable et non pas de nommer solution quelque chose qui perpétuera ce que nous voulons résoudre – à savoir l’occupation illégale. Je vous remercie d’avoir trouvé le temps de discuter avec nous. Je suis doublement heureux d’être à Chypre et dans la maison de la Démocratie de Chypre. Je suis donc à la fois heureux et honoré. Merci beaucoup ».