Chers amis,
Je suis très content et fier à la fois de me trouver ici avec vous et j’insiste – avec vous. Je connais bon d’entre vous, diplomates et fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères, et je suis notamment au courant de vos grandes capacités. Je suis conscient des difficultés et des défis auxquels vous êtes confrontés au quotidien, des défis et des difficultés probablement plus importants que ceux des autres secteurs, non seulement en raison de la crise mais aussi des particularités, si vous voulez, de votre fonction.
Je ne suis pas nouveau au ministère. J’imagine que beaucoup d’entre vous vous avez fait ma connaissance quand j’occupais de diverses fonctions au sein du ministère et vous vous demandez probablement « c’est qui ce Lambrinidis »? Ambassadeur ad personam, Secrétaire général de la diaspora grecque ? C’est quoi ? Pourquoi cette intrusion de l’extérieur ? Je dois vous dire que les années que j’ai passées au sein du ministère des Affaires étrangères en occupant diverses postes ont été très constructives.
En ma qualité d’ambassadeur ad personam, j’ai eu l’occasion de coopérer de manière étroite avec les chefs diplomatiques du ministère dans des dossiers extrêmement sensibles et dans d’autres questions. J’éprouve une profonde admiration pour ce ministère qui défend les intérêts nationaux avec force et détermination.
En ma qualité de Secrétaire général de la diaspora grecque, j’ai eu l’occasion de voyager à travers le monde et de rencontrer les sept millions de Grecs qui vivent dans 143 pays du monde. Nous nous référons souvent à cette énorme richesse dont nous disposons car nous pensons que cela sonne bien mais dans la pratique il faut accomplir un travail très dur et intelligent au niveau politique pour pouvoir approcher la communauté grecque en vue de soutenir – notamment aujourd’hui – notre pays en ces moments difficiles. Et, comme vous le savez, bon nombre de ceux qui aiment la Grèce ne sont apparemment pas des citoyens grecs, ils sont des citoyens étrangers. Approcher ces personnes est une question à la fois extrêmement sensible et cruciale pour nous.
Chers amis,
J’assume mes fonctions dans une conjoncture difficile. Ensemble, nous devons nous surpasser afin que notre pays sorte de la crise. Récemment, au Luxembourg, lors du Conseil « Affaires étrangères », l’occasion m’a été offerte d’avoir un premier contact avec les ministres des Affaires étrangères que je n’ai pas connus quand j’occupais le poste de vice-président du parlement européen et j’ai constaté avec satisfaction que tous étaient très chaleureux et ouverts en affichant une volonté de soutenir notre pays, n’ayez aucun doute à cet égard. L’Europe a soutenu et souhaite soutenir notre patrie et, bien évidemment, la plupart d’entre eux ne m’ont pas félicité, mais m’ont souhaité bonne chance. Par conséquent, vous comprenez bien que la situation que nous sommes appelés à gérer est extrêmement critique.
Face à cette situation, le rôle du ministère des Affaires étrangères est, bien évidemment, déterminant. Sa contribution a des effets multiplicateurs sur l’effort global. Nous devons travailler ensemble pour persuader le monde de la crédibilité de la Grèce, nous devons protéger sa dignité et promouvoir ensemble ses intérêts et défendre ses droits. Et, à cette occasion, permettez-moi d’affirmer que je ne viens pas dans ce ministère sans ligne directrice ou orientation. Je viens dans un ministère qu’un ami très cher, Dimitris Droutsas, a quitté.
Et je viens dans un ministère où je retrouve deux exceptionnels collègues, Mariliza Xenogiannakopoulou avec laquelle j’ai eu l’honneur et le plaisir de coopérer très étroitement au sein du Parlement européen, au moment où il fallait créer une image prestigieuse de la Grèce en partant de zéro, au moins au sein de notre propre groupe, et je pense que le fait que nous avons accompli un travail important atteste du rôle de leader qu’a joué dans ce sens Mariliza. Avec Dimitris Dollis j’ai coopéré il y a très longtemps et ceux d’entre vous qui ont coopéré avec lui, connaissent très bien ses très grandes capacités de négociation et de leader. Je suis donc entouré d’une remarquable équipe. Pour ce qui est de Yannis Zepos, inutile de parler du Secrétaire général car vous comme moi le connaissons depuis le passé.
Chers amis,
Pour ce qui est notamment de la question de l’image internationale du pays, nombreux sont ceux qui essayent de la ternir de manière systématique. Il faut réagir dans tous les sens. Cela constitue pour nous, pour notre ministère, la première priorité. Je pense que cette dernière période l’Europe traverse non pas une crise politique mais une crise de valeurs, des valeurs sur lesquelles sont axées les politiques si ces dernières sont clairement définies. Je pense que deux valeurs très importantes de l’Union européenne, à savoir, d’une part la responsabilité dont les Etats membres doivent faire preuve à l’égard de leurs partenaires et d’autre part, la solidarité que les partenaires doivent manifester l’un envers l’autre, ont été cruellement violées cette dernière période. Mais, surtout, la crise économique n'a pas seulement rendu les peuples introvertis et apeurés, elle a fait en sorte que les pays se retournent les uns contre les autres.
Comme j’ai eu l’occasion de l’affirmer hier devant le parlement, les Grecs, les Portugais, les Irlandais, les Espagnols, ont été surnommés « PIGS », « Porcs », et dans le même temps, les Allemands et les Néerlandais d’ « exploitants impitoyables ». Ce conflit est catastrophique pour l’Europe. Nos interlocuteurs d’autres pays européens en sont dans une large mesure conscients. Ils éprouvent des craintes devant la poussée du nationalisme et des phobies. Bien évidemment, c’est à nous aussi de lutter contre ce phénomène. Nous devons réussir à briser ce cercle vicieux de l’introversion et de l’animosité, ce qui sera au profit de notre nation et au profit de l’Europe. Nous pouvons, notre corps diplomatique et la direction politique du ministère, y parvenir, mais nous devons mettre l’accent sur cet objectif. Nos ambassades doivent par le biais des médias internationaux, faire partager à l’opinion publique les énormes efforts consentis par le peuple grec et sa détermination d’atteindre son objectif. Elles doivent parler des grands changements qui s’opèrent dans notre pays et les inviter à visiter la Grèce. Elles doivent mettre en valeur notre tourisme et soutenir nos entreprises dans leurs efforts de s’implanter à l’étranger.
C’est pourquoi, chers amis, j’ai l’intention de convoquer une manifestation vers la fin du mois de juillet probablement, lorsque tous nos ambassadeurs seront ici, dans le but d’engager un débat ouvert et de donner des instructions pour gérer d’une manière plus efficace la promotion médiatique de notre pays et de ses dossiers nationaux à l’étranger dans la période à venir. Tous les détails y relatifs vous seront bientôt communiqués.
Je vous demande, chers amis, de faire tout ce qui est en votre pouvoir. Je vous assure que grâce à mon parcours précédent – et ceux qui me connaissent savent très bien qu’il ne s’agit pas de paroles en l’air – vous aurez tout le soutien nécessaire de ma part. Je suis ouvert à vos propositions. Je ne veux pas que les diplomates ou les fonctionnaires en général du ministère des Affaires étrangères aient l’impression d’être de simples organes exécutifs des ordres. Je veux discuter et écouter des propositions, et même si vous pensez que ces points de vue ne sont pas communément admis ou largement connus. Je veux que vous fassiez partager l’expérience que vous avez acquise toutes ces années. Cela ne signifie pas que je serai toujours d’accord avec vous mais je vous assure que tout au long de ce processus que j’entame moi-même en plein respect de la direction politique et vice-versa, je n’ai pas l’intention de censurer une quelconque proposition et même si je ne suis pas d’accord, j’en discuterai. Je veux que ces discussions soient engagées dans un cadre de confiance absolue. A cet égard, vous pouvez compter sur moi.
La crise financière a rendu la situation encore plus difficile, j’en suis conscient. J’ai été informé à cet égard, je sais que la crise a touché vos revenus et a créé des problèmes fonctionnels. J’ai demandé une communication d’informations complète à cet égard car je suis préoccupé par ces questions. Je ne peux vous dire si je peux faire quelque chose dans ce sens. Mais je vous assure que ces questions sont au centre de mes préoccupations. Si à un certain moment, j’ai quelque chose à vous annoncer, je le ferais. Par ailleurs, nous pouvons corriger certaines choses sans faire de dépenses. Il suffit de procéder de manière intelligente et déterminée. Nous ne pouvons négliger la situation économique du pays. Nous devons assurer que nos sacrifices apporteront des résultats et cela dépend de nous-mêmes. Nous devons agir de manière collective, nous devons fonctionner en tant qu’équipe afin d’optimiser nos résultats. Nous devons nous soutenir mutuellement. Nous devons, bien entendu, discuter de ces questions et ce dans le cadre du débat ouvert que j’ai l’intention d’engager avec toutes les associations du personnel du ministère des Affaires étrangères.
J’attends de votre part votre véritable et sincère contribution car nous faisons partie de la même équipe, chers amis et l’on doit se soutenir mutuellement pour pouvoir changer l’image que certains essayent de créer pour le pays ; nous pouvons défendre avec succès nos intérêts nationaux car notre pays n’est ni petit, ni faible et je suis convaincu qu’en dépit des difficultés économiques, la mission que nous avons assumée ensemble, sera couronnée de succès.
Merci à tous. Je vous souhaite bon courage et tout le succès dans votre travail.
Juin 22, 2011