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Discours du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias, à l'Université d'État de Tbilissi

mardi, 07 mars 2017

Monsieur le Recteur,

Je vous remercie beaucoup de cette invitation. S'il y a bien une chose qui me manque en tant que professeur d'université, ce sont mes étudiants et étudiantes. Je pense que la profession de professeur d'université est la meilleure au monde mais aussi la plus mal rémunérée. Mais, même si cette profession est mal rémunérée, elle est la meilleure. C'est donc un grand plaisir pour moi de me trouver ici, à Tbilissi, après 18 ans, de m'entretenir avec vous et de vous faire part de mes réflexions.

Je me félicite tout particulièrement des programmes d'études de l'Institut d'études classiques, byzantines et néo-helléniques, une institution qui met en valeur et constitue la preuve de l'intérêt marqué de la jeunesse en Géorgie à l’égard de la civilisation et de la langue grecques.

A l’égard d’une civilisation et d’une langue qui est liée au peuple géorgien depuis des milliers d'années. Cet après-midi je me suis excusé car Prométhée, ce Grec appelé Prométhée, a volé le feu dans le Caucase ainsi que les méthodes de traitement du fer. J'espère que cela ne se reproduira plus.

Je tiens à vous remercier de m'avoir donné cette opportunité de m'adresser aux jeunes et je voudrais aussi vous féliciter car grâce à nos efforts communs nous avons pu procéder à la libéralisation du régime de visas et surmonter les difficultés du système Schengen pour les Géorgiens et les Géorgiennes.

Permettez-moi de vous faire part de mes pensées concernant le lien qui existe entre ma qualité de professeur d'université et celle de ministre des Affaires étrangères d'un Etat qui figure parmi les plus anciens de l'Union européenne.

Nous vivons à une époque où le monde change dans deux directions : la première est celle de la mondialisation. La mondialisation est liée à une autre tendance, celle que l'on appelle fragmentation.

Donc la première direction est celle de la mondialisation en combinaison avec la fragmentation, et la deuxième est le fait que la société opère une transition vers une nouvelle structure productive, vers un nouveau mode de production appelé "le deuxième âge des machines" par une partie de la littérature internationale " et "quatrième révolution industrielle" par une autre.

Quel est l'élément essentiel dans ce changement opéré dans le domaine de la production ? La force musculaire est remplacée dans une large mesure par la force intellectuelle, l'homme n’est pas en train de traverser le premier âge des machines où la machine était le prolongement de sa force musculaire; l'homme est en train de traverser le deuxième âge des machines où ses qualités intellectuelles sont remplacées par des machines de nouvelle génération utilisées dans l'informatique et autres nouvelles technologies.

Et que font ces machines numériques ? Elles reproduisent la richesse intellectuelle et les connaissances d'une façon toute particulière. Nous avons les machines numériques proprement dites qui reproduisent les connaissances. Après la révolution industrielle pendant laquelle de grands projets étaient mis en place ainsi que de grandes structures industrielles, nous avons désormais la tendance inverse, celle de la nanotechnologie. Un petit robot circule dans le sang ou dans vos intestins et il peut même prendre des photos, collecter et traiter les données qui lui paraissent bizarres.

Et grâce aux pratiques médicales les plus avancées, on peut, à l’aide d’une puce électronique en forme de comprimé, qui est ingérée par le patient, dresser le bilan de son état de santé. Autrement dit, parallèlement à la tendance que nous avions lors du premier âge des machines, tendance qui s’exprimait à travers la grande machine, il y a maintenant la petite machine. Et cette petite machine donne lieu aussi à l’utilisation de nouveaux matériaux. Par exemple, l'utilisation du titane dans la fabrication des lunettes. Faute de ce matériau, les branches de mes lunettes se briseraient si j'essayais de les plier de cette façon. Le titan les rend plus flexibles. Son utilisation est très simple.

Nous avons l'ancienne imprimante que vos professeurs vous demandent d'utiliser pour faire des photocopies et l’imprimante en trois dimensions à l’aide de laquelle vous pouvez reproduire des copies tridimensionnelles de toute une série d'objets, allant des bâtiments jusqu'aux armes. Cette machine peut être très utile pour le secteur de la construction mais très dangereuse pour le terrorisme.

Ce qui revêt pour moi un grand intérêt est le fait qu’à cette nouvelle époque à laquelle nous vivons, les machines acquièrent la capacité de se reproduire comme les phénomènes naturels ou les êtres vivants. Vous verrez de nombreuses machines se reproduire comme les plantes qui grandissent et s'installent comme un parasite dans un arbre ou des machines capables de mimer les gestes des animaux. Les scientifiques savent que la fourmi, autrefois considérée comme un animal insignifiant sans aucun intérêt, est l’un des êtres vivants les plus intéressants.

Les colonies des fourmis dont le poids peut atteindre 30 à 40 kilos, disposent d'une force extraordinaire lorsqu'elles se déplacent ainsi que de systèmes de communication particuliers et d'une excellente organisation du travail avec les reines paresseuses qui peuvent toutefois pondre des œufs tous les deux secondes environ. On voit donc que les systèmes mécaniques imitent ceux de la nature. Il ne s'agit pas seulement de l'imitation d'un mouvement de la main comme c'était le cas à l'époque de la révolution industrielle. Ici nous avons à faire à une imitation du mode de fonctionnement des systèmes entiers ou des systèmes de groupe.

Nous avons la robotique, la technologie qui nous permet d'imiter même les gestes de l'homme. De nos jours, les plus grands producteurs de robots sont les Chinois. Je dis cela pour ceux qui ne savent pas que les Chinois produisent de nouvelles technologies. Par conséquent, les investissements dans ces domaines revêtent une importance de plus en plus majeure.

D'autre part, il y a la première tendance, c'est-à-dire la tendance à l'unification du monde, la tendance à la mondialisation. Mais il n'existe pas une nette tendance à la mondialisation. Il existe la tendance à la fragmentation. Prenez l'exemple de l'effondrement de l'Union soviétique ou de la République fédérale de Yougoslavie.

Dans les années `90, un grand débat a été lancé par les universités de Californie sur la question de savoir si l'Etat national survivrait ou pas. Et d’ailleurs, il y avait une importante tendance d'après laquelle, l'Etat national était obsolète et que la mondialisation ou du moins les intégrations régionales remplaceraient l’Etat national.

Il y avait aussi un autre point de vue qui disait : "Non, l'Etat national peut être renforcé".Mon propre point de vue que j'avais publié lors d'un débat que nous avons engagé à l'université de Harvard au début de notre siècle, était que tout Etat national dispose des capacités (capacities), du potentiel. Et la survie ou la disparition de l’Etat national dépendait de ces capacités, de ce potentiel, de la façon dont ces capacités étaient utilisées et du niveau d’activité de cet Etat.

Par ailleurs, comme l'histoire nous l'a appris, 6 650 peuples, nations et entités politiques ont disparus et personne ne déplore cette perte. La vie est dure et l'Etat national, malgré tout ce qui était dit, a survécu. Mais l'Etat national qui réussit à survivre est celui qui est actif, qui exerce une politique étrangère active et qui développe ses capacités. Quelles sont ces capacités ? Elles sont en nombre de trois.

Premièrement, la capacité à s’apercevoir des problèmes à temps, ce qui concerne aussi dans une certaine mesure, notre vie personnelle. La capacité donc à s'apercevoir des problèmes.

Deuxièmement, la capacité à élaborer des scénarios et des solutions alternatifs. La capacité à rechercher des solutions, sans avoir peur et sans s'autocensurer, la capacité à penser "out of the box", pour utiliser le terme scientifique, autrement dit la capacité à penser de manière créative, en sortant des sentiers battus.

Troisièmement, la capacité à choisir la meilleure solution possible. Comme l'indique la théorie des jeux, la « meilleure solution » est une chose et la « meilleure solution possible » en est une autre. Vous vous souvenez probablement d'une scène du film "The Beautiful Mind" - si vous l'avez vu au cinéma - consacré au lauréat du prix Nobel qui a découvert la théorie des jeux: quatre hommes se trouvent dans un bar. Cinq femmes entrent dans le bar. Les quatre d’entre elles forment avec les quatre hommes quatre couples. Quelle est la femme qui reste seule ? La plus belle. Pourquoi ? Parce que tous pensent qu' « elle est trop belle pour moi » et ils choisissent donc la deuxième meilleure solution. Voilà un exemple classique illustrant la théorie des jeux. C'est pourquoi je dis qu'il faut toujours choisir : « Le meilleur possible et pas le meilleur de tous ».

Cette nouvelle ère avec les nouvelles technologies, la nouvelle révolution industrielle, le deuxième âge des machines, la mondialisation, la fragmentation, le rôle particulier de l'Etat national actif et de la politique étrangère – je pense à nous lorsque je dis cela – requièrent certaines choses. Ils requièrent la protection renforcée des droits de l'homme et des libertés individuelles.

Pourquoi faut-il renforcer la protection des libertés individuelles ? Car c'est une époque où on doit faire preuve de créativité, où il ne doit pas y avoir d'autocensure, où quelqu'un pourra formuler des propositions novatrices. Donc, il ne s'agit pas seulement d'un droit moral. A mon sens - et ce fut Amartya Sen, grand économiste des pauvres et lauréat du prix Nobel, le premier à l'affirmer – « le plus important est que cette liberté est aussi une nécessité économique ».

Cette liberté individuelle doit toutefois s’intégrer dans le cadre d’efforts collectifs. Chacun de nous ne peut pas créer sa politique étrangère, son État national. Cette liberté se manifeste et s’intègre dans un cadre précis.

Cette liberté d’action nous donne la liberté de réfléchir sur l’avenir. Nous devons avoir le droit de rêver. Ni les personnes, ni les États ne peuvent accomplir de grandes choses sans rêves, sans visions, sans valeurs.

L’un des problèmes de l’UE aujourd’hui – hier j’étais au Conseil des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles – est que nous limitons notre pensée. Nous nous demandons sans cesse à qui nous allons imposer des sanctions, faire un embargo, comment imposer un mémorandum à un pays. Nous en Grèce, nous n'y pensons pas, on nous l’impose. Nous comptons parmi les pays qui le subissent. Nous avons perdu la possibilité de réfléchir sur l’Europe que nous voulons pour le 21e siècle, sur son rôle futur, sur l'Europe dont peut rêver un jeune et comment la rendre attrayante pour ceux qui souhaitent entrer dans notre famille européenne.

Toutefois, il ne suffit pas seulement de développer l’esprit de collectivité et la liberté individuelle. Nous devons assurer un avenir économique à nos pays, penser les technologies de pointe comme un bien social.

Nous devons rêver que la Géorgie et la Grèce deviendront des centres énergétiques dans notre région. Que nous allons développer – au-delà du gaz et du pétrole – des nouvelles formes d’énergie, celles que nous appelons les énergies renouvelables. A partir du vent et de la mer que vous avez dans votre pays et que nous, en Grèce, avons en abondance.

De quoi d’autre avons-nous besoin ? D’investissements dans le domaine de l’éducation et de la recherche. L’élément le plus décisif de la nouvelle société de la connaissance est l’homme. Quiconque réduit – or nous le faisons souvent et c’est une erreur – les dépenses liées à l’homme, réduit également les perspectives d'avenir pour la nouvelle ère.

Et quand je parle d'investir dans l'homme, je ne me réfère pas aux cosmétiques, ni aux interventions chirurgicales. Je veux parler de l'éducation et de la science. Je veux parler d'investir dans le cerveau humain, sa culture, pour ne pas que nous soyons "des idiots spécialisés" comme on disait au 19e siècle. Il faut ouvrir nos horizons, ne pas avoir peur de ce qui est nouveau et tirer les enseignements de l'histoire.

Si nous voulons regarder devant nous, l'histoire doit être une école et non une prison. Et pour qu'elle soit une prison, nous devons apprendre que nous avons besoin de nos coopérations, notamment à l'Union européenne. Nous travaillons avec les dirigeants et le peuple de la Géorgie pour que s'ouvrent des perspectives et que la Géorgie puisse adhérer à l'UE.

Lors de mes discussions de ce matin avec les dirigeants de votre pays, j'ai indiqué qu'à l'époque où Prométhée allait chercher le feu dans le Caucase pour le ramener en Europe, personne ne demandait ni les passeports, ni les visas. Et cette région du Caucase, de la Géorgie était une région fondamentale de cette partie du monde que nous appelons l'Europe. Et il ne faut pas seulement réfléchir en termes d'Europe occidentale. Je rappelle le mythe d'Europe. Europe était la femme la plus belle du monde à l'époque du Dieu Zeus. Mais Europe était née et vivait en Libye, en Afrique. Et la première fois que le nom "Europe" est apparu dans l'histoire, il appartenait à une femme très belle originaire d'Afrique. Non pas originaire des pays scandinaves ou baltiques, ni d'Allemagne.

L'UE est un noyau d'États qui a créé un modèle socio-politique. Mais ce modèle socio-politique traverse une crise à plusieurs niveaux. Une crise concernant la gestion de la question migratoire, l'élargissement et le Brexit. Il s'agit d'une crise économique et monétaire. L'UE a du mal à définir sa relation avec le reste du monde. En d'autres termes, elle a du mal à gérer ses crises et ce, parce qu'elle ne dispose pas des mécanismes nécessaires et ne perçoit pas comment elle voudrait que soit son avenir.

Cela signifie, à notre avis, que la discussion sur l'avenir de l'Europe doit de nouveau être engagée et les personnes, les hommes politiques, les scientifiques et ceux qui proviennent de pays qui sont liés à l'Europe - comme la Géorgie - doivent participer à cette discussion.

Pour ce qui est de notre politique étrangère - outre la voie européenne et le soutien à l'intégration européenne - nous suivons une politique géométrique, pour ainsi dire, une politique de relations triangulaires. Autrement dit, de relations entre les États européens et non-européens. Nous avons développé une coopération systématique, à tous les niveaux et dans des régions politiques plus différentes, dans des domaines allant de la culture et l'éducation à l'économie et l'industrie, avec des pays comme l'Égypte, Israël, la Palestine, la Jordanie, le Liban et cette coopération nous la mettons en œuvre avec Chypre. Il y a donc à chaque fois deux pays européens et un pays qui n'est pas membre de l'UE.

Dans ce contexte, nous sommes convenus de promouvoir une telle relation entre la Géorgie, la Bulgarie et la Grèce qui est une relation de soutien à la préparation de la Géorgie à son cheminement européen.

Par ailleurs, nous promouvons une coopération entre 6 pays européens et le monde arabe, notamment 12 pays arabes. Selon la carte, l'Europe du sud - pays des Balkans, Italie - est la continuité de la Méditerranée orientale et des pays du Golfe, l'Arabie saoudite, Oman, les Émirats arabes unis, le Qatar et Bahreïn. Cette continuité existait dans le passé dans une région de richesse et de coopération avec les grands réseaux de commerce, d'échange de culture, de connaissance scientifique et de civilisation.

Au fil des temps, cela a été perdu, tout comme le Caucase. Lorsque l'on parle du Moyen-Orient, on pense seulement aux conflits dans la région. Nous consentons aujourd'hui des efforts, avec ce que nous appelons "l'esprit de Rhodes" en vue de développer un agenda positif pour la région. Autrement dit, une perception positive des relations, qui sont des relations de jeunesse, de culture - allant des festivals culturels à l'échange de biens culturels - une relation fondée sur la création de réseaux entre les universités et les centres de recherche. J'espère donc que nous pourrons à l'avenir en faire de même avec la Géorgie.

Par ailleurs, nous avons conservé une "alliance", en quelque sorte, des pays du sud de l'UE - Portugal, Espagne, France, Italie, Malte, Grèce et Chypre - à savoir l'Euromed. Cette "alliance" était au niveau des ministres des Affaires étrangères. Maintenant elle est au niveau des présidents et des premiers ministres et ses perceptions politiques sur la voie que doit suivre l'Europe coïncident avec les intérêts de la Géorgie.

Par conséquent, nous avons développé une coopération sur la protection des communautés religieuses au Moyen-Orient. Comme vous le savez, l'Occident parle toujours de ses sociétés pluralistes, mais ces sociétés pluralistes ont toujours existé et elles existent au-delà même de l'Occident. Au Moyen-Orient, le judaïsme, le monde musulman, le christianisme ont co-existé pendant 2 000 ans. Aujourd'hui, cela est en cours de destruction.

J'ai vu aujourd'hui de l'autre côté du palais présidentiel, sur la colline, là où se trouvent les églises chrétiennes, orthodoxes, l'église arménienne, catholique, j'ai vu une synagogue également. C'est une région multi-culturelle depuis des siècles. Les sociétés pluralistes n'ont donc pas été inventées par nous.

Enfin, nous effectuons toute une série d'autres coopérations comme celle que nous commencerons en avril, avec la Chine. Il s'agit d'une coopération que j'ai tout d'abord appelée GC10, autrement dit les 10 grandes civilisations anciennes qui influencent le monde d'aujourd'hui.

La civilisation constitue, comme vous le savez, une grande force. A côté de la force dure des armes, il y a la civilisation qui est la force douce, intelligente. Et cette force revêt également une dimension économique. Ainsi, nous nous réunissons - suite à notre initiative - 10 pays, le Mexique, la Bolivie, l'Inde, le Pérou, la Chine, l'Iran, l'Irak, l'Égypte, l'Italie et nous, la Grèce pour créer cette union de pays avec une grande civilisation ancienne, qui joue un rôle important jusqu'à aujourd'hui.

Quoi qu'il en soit, à l'époque de la mondialisation et des nouvelles possibilités en matière de technologie, nous suivons une politique étrangère active. Nous créons des coopérations et des alliances, des nouveaux systèmes institutionnels et nous voulons, progressivement, accueillir la Géorgie dans ces alliances et ces systèmes et faciliter sa participation, avant tout, à l'Union européenne elle-même.

La Géorgie que nous aimons pour deux raisons : Premièrement, parce que nous entretenons des relations non seulement anciennes, qui remontent non seulement à l'antiquité, mais aussi à la préhistoire. Et deuxièmement, parce que la Géorgie est un pays dont nous devons défendre - avec l'Europe - l'intégrité territoriale, l'indépendance et la souveraineté. Et ce, parce qu'à travers la Géorgie, nous défendons ce bien suprême pour la politique étrangère grecque, à savoir le droit international.

Si nous ne voulons pas aboutir à une situation anarchique, nous devons défendre le droit international partout et pour tout pays qui en a besoin.

Notre pays soutient les demandes justes de la Géorgie, non pas parce qu'il est l'adversaire d'un quelconque autre pays ou parce qu'il "n'aime pas" les autres pays situés dans votre voisinage, mais parce qu'il "aime" le droit international plus que tout autre pays.

Et nous le faisons car nous croyons en la nécessité d'instaurer, dans cette région également, la paix et la stabilité et de résoudre les conflits de manière pacifique conformément au droit international.

Monsieur le recteur, je vous remercie encore de votre invitation. Je vous remercie de votre attention. Je suis heureux en tant que professeur - et pour le moment ministre des Affaires étrangères - de pouvoir m'adresser à des étudiantes et étudiants. Car sur notre tombe sera inscrit "Professeur" et non "ministre".

Je vous remercie.