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Discours du Secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Yannis Amanatidis sur des questions de politique étrangère (Kilkis, 04.02.2017)

dimanche, 05 février 2017

Mesdames et Messieurs,

2017 n’est pas 2015 car le monde change autour de nous et dans cet environnement volatile sans précédent, la Grèce constitue un pilier de stabilité, de fiabilité et de paix.

Du bassin méditerranéen jusqu’à l’autre côté de l’Atlantique, les changements sur la carte politique mondiale sont radicaux et la Grèce est l’un des pays à garantir la sécurité dans la région élargie. Toutefois, notre rôle en tant qu’îlot de stabilité ne signifie en aucun cas que nous devons renoncer à nos droits souverains. Je m’explique : il n’y a pas de zones grises en Mer Egée. Le Premier ministre, Alexis Tsipras l’a réitéré hier depuis Malte et nous l’affirmons clairement ici aussi.

Mesdames et Messieurs,

J’aimerais m’en tenir aux défis mondiaux de ces deux dernières décennies. Il suffit de se rappeler les déclarations de l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, du Pape François, du Patriarche œcuménique Bartholomée et de bien d’autres personnalités éminentes concernant la solidarité dont ont fait preuve les Grecs vis-à-vis des réfugiés.

Nous, en tant que descendants de réfugiés, n’oublions pas l’héritage d’humanité que nous ont légué nos grands-mères et nos grands-pères de la région de la Mer Noire, de l’Asie mineure, de la Roumélie orientale. Vous, descendants de réfugiés à Kilkis, avez rappelé à l’humanité le sens du mot hospitalité, filotimo, humanité. Malgré toutes les difficultés existantes en raison de la situation inédite, Idoméni a ouvert tout grand ses bras, les habitants de Kilkis ont ouvert leurs cœurs et leurs maisons, car vous savez et n’oubliez pas. Et nous tous sommes animés d’un sentiment d’admiration et de gratitude face à votre altruisme et à l’humanité dont vous faîtes preuve.

Mesdames et Messieurs,

La Grèce n’est plus aux yeux du monde un pays sans lendemain, bien que certains milieux conservateurs de l’Europe essayent de prouver le contraire. Le monde change, l’Europe change, les relations internationales sont redessinées et désormais la majorité écrasante de nos partenaires témoigne d’une grande compréhension à l’égard de la position, de l’attitude et des demandes équitables formulées par la partie grecque concernant tous les dossiers, aussi bien la gestion de la crise des réfugiés, que les relations gréco-turques, ou encore les questions ayant trait à l’économie et au parcours du pays.

D’ailleurs, notre alliée est la performance particulièrement exceptionnelle de la Grèce, le dépassement de tous ses objectifs économiques.

Dans le même temps, la Grèce souhaite la consolidation de la paix, qui se fera par le biais de l’établissement et du développement de réseaux de communication, de transports et d’échanges qui contribueront à la création de relations d’interaction, de compréhension mutuelle et d’interdépendance entre les pays et les peuples.

Plus précisément, la Grèce :

• créé et développe des modèles de coopération tripartite avec comme principaux piliers la Grèce et Chypre et la participation d’États qui ne sont pas membres de l’UE (Égypte, Jordanie, Israël, Liban et Palestine)

• a créé les modèles de coopération quadripartites ci-dessous qui concernent notre région :

La coopération intra-européenne quadripartite, avec la participation de la Grèce, de la Bulgarie, de la Croatie et de la Roumanie.

La coopération transfrontalière, avec la participation de la Grèce, de l’Albanie, de la Bulgarie, de l’ARYM dans les domaines de la gestion des frontières, de la lutte contre l’immigration illégale et le terrorisme. Par ailleurs, une attention particulière est accordée à l’aspect humanitaire des actions liées à la coopération et à la coordination dans le domaine de la gestion de la crise des migrants et des réfugiés.

Dans le même temps, nous organisons des conférences visant à promouvoir le dialogue, l’interaction et la coopération régionale, en mettant en exergue l’importance du dialogue interculturel et interreligieux, en tant que moyen permettant d’instaurer un climat de paix et de sécurité dans notre région élargie. Plus particulièrement, j’aimerais mentionner :

a. La conférence internationale sur le pluralisme religieux et culturel et la coexistence pacifique au Moyen-Orient permettant de promouvoir la coexistence harmonieuse dans des sociétés multiculturelles et le respect de la différence. Cette conférence sera de nouveau organisée cette année, la première semaine du mois de novembre. Cette fois, d’ailleurs, nous l’organiserons de concert avec l’Autriche, la Jordanie et les Émirats arabes unis.

b. la conférence de Rhodes sur la sécurité et la stabilité, que nous avons instituée et dont nous préparons la deuxième conférence en juin 2017. Dans le cadre de la première conférence (Rhodes, 8-9/9/2016), la possibilité a pour la première fois été donnée à des pays d’Europe du sud-est, du Moyen-Orient, d’Afrique du nord, de discuter des problèmes de la Méditerranée orientale, une région revêtant une importance géopolitique cruciale, une région ravagée par les guerres et les conflits datant de plusieurs siècles, en enseignant toutefois l’importance immuable du droit au pluralisme culturel et religieux.

En outre, nous avons été pionniers dans la création du GC10, du groupe des 10 pays représentant les 10 civilisations les plus anciennes au monde. Nous accordons une importance particulière à nos relations avec la Chine et sommes heureux de son soutien sans faille à cette initiative qui est la nôtre et que nous souhaitons voir instituée pour que d’autres actions utiles soient mises en œuvre.

Au même moment, la politique étrangère de la Grèce s’adapte à la conjoncture et aux tendances internationales émergentes, tout en redéfinissant la représentation géographique du pays en fonction de ces tendances. Ainsi, il est prévu d’ouvrir une ambassade à Singapour ainsi qu’un consulat général à Erbil. Par ailleurs, il est prévu de rouvrir notre ambassade en Libye.

Pour ce qui est de nos relations avec la Fédération de Russie, l’initiative commune de l’année 2016 consacrée à la Grèce et à la Russie a été couronnée de succès et a permis d’approfondir nos relations bilatérales et le contact entre le peuple grec et russe. Le public dans les deux pays a accueilli avec un intérêt particulier les manifestations organisées dans le cadre du programme. Dans de nombreux cas, d’ailleurs, l’accent a été mis sur les coopérations futures entre les partenaires organisateurs.

Et bien entendu, nous avons organisé et coordonné des visites de chefs d’Etat et de gouvernements étrangers, très importantes pour la Grèce, comme celle de l’ancien président américain, B. Obama ou encore du président de la Russie, V. Poutine qui ont permis de restaurer le prestige de la Grèce au niveau mondial.

En ce qui concerne la région des Balkans, force est de noter le succès diplomatique de la Grèce quant à l’inclusion dans le texte des conclusions de la présidence slovaque du Conseil des Affaires générales de l’UE (décembre 2016) des cinq priorités définies en tant que conditions préalables majeures pour l’examen d’une éventuelle ouverture des négociations d’adhésion entre l’UE et l’Albanie.

Pour ce qui est des relations entre notre pays et l’ARYM, force est de relever la valeur ajoutée des mesures de confiance – qui comprennent le gazoduc, la ligne ferroviaire reliant Bitola à Florina et la coopération entre la police, les pompiers, les universités et les centres de recherche des deux pays – puisqu’il s’agit d’une coopération intense à plusieurs facettes qui a pour objectif de briser les préjugés et d’anéantir les tendances irrédentistes et nationalistes.

Force est de noter que nous traversons une étape historique cruciale pour ce qui est des négociations sur la résolution de la question chypriote mais aussi de nos relations avec le pays voisin, la Turquie.

Plus précisément, s’agissant de la question chypriote, j’aimerais redire, compte tenu des évolutions lors de la conférence de cinq jours à Genève et des rencontres tenues au niveau technique au Mont Pèlerin, que la revalorisation claire de l’importance des questions de l’abolition du système obsolète des garanties et du retrait des forces d’occupation de Chypre, dans le cadre des négociations en cours, constitue un succès diplomatique.

Enfin, concernant les questions de gestion du ministère, nous avons récemment déposé devant le Parlement un projet de loi concernant la modification de l’organisation du ministère des Affaires étrangères afin de moderniser son fonctionnement et renforcer le soutien scientifique aux actions de la diplomatie grecque.

Je vous remercie.