Discours prononcé par le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. D. Kourkoulas lors de la conférence de presse d’EUROBANK portant sur la manifestation GO-INTERNATIONAL qui se tiendra à Moscou (28-29 mai 2013)

Mesdames et messieurs,

Je voudrais tout d’abord adresser mes remerciements les plus chaleureux à l’administration d’EUROBANK pour m’avoir invité à participer à la 4ème manifestation du programme Go International qui se tiendra à Moscou les 28 et 29 mai 2013.

Je tiens également à féliciter la banque et ses cadres pour cette initiative qu’ils ont lancée depuis quatre ans et qui s’avère très réussie. La participation d’un nombre aussi grand d’entreprises grecques atteste de la nécessité à laquelle est venue répondre cette initiative, du choix approprié du produit offert et de la bonne préparation.
La réussite est due aussi à la mobilisation excellente du milieu d’affaires du pays ainsi qu’à la coopération efficace de la banque avec les services du ministère des Affaires étrangères.

Il serait une banalité d’évoquer de nouveau, devant ce public, la crise, les causes et la voie de sortie de cette crise, mais comme la répétition est mère de l’apprentissage, et puisque dernièrement nous constatons que certains représentants du milieu d’affaires sont influencés dans un certain degré par cette tendance populiste présente aussi sur la scène politique, j’aimerais réitérer certains points qui, à mon sens, sont évidents.
Bien évidemment, la crise est une malheureuse expérience, mais elle constitue aussi une occasion de se pencher sur les conditions qui ont conduit à celle-ci. L’objectif bien entendu est de restructurer l’Etat et l’économie sur de nouvelles bases plus solides.

Ce n’est qu’ainsi que nous réussirons à nous conformer au modèle social qui caractérise les pays européens et les distingue d’autres régions du monde. Et l’enjeu n’est pas seulement grec, mais aussi européen.

Au cours des 15 dernières années, la force motrice de l’économie grecque a été la consommation des produits principalement importés, financée dans une large mesure par l’argent « bon marché » qui circulait dans notre pays après son adhésion à l’UEM.
Les résultats sont connus de tous : une balance commerciale de plus en plus négative, une baisse brutale de la concurrence et une réduction des exportations.

Il va de soi que cette situation ne pourrait être maintenue à long terme. Afin que la croissance soit de retour, il faut restructurer l’économie. Notre objectif doit être de déplacer la force motrice de la croissance de la consommation interne aux exportations et au secteur des produits commercialisés à l’international. Telle est – permettez-moi de faire ce parallélisme – la Grande Idée de notre époque : une Grèce extravertie.

Bien entendu, les causes de la crise que traverse notre pays ne sont pas exclusivement grecques. Il existe des causes liées à des problèmes internationaux et à des erreurs institutionnelles européennes.
L’intégration monétaire mais aussi économique de l’Union européenne a considérablement limité les moyens de la politique nationale, tandis que ce manque n’a pas été remplacé par des dispositifs compensatoires au niveau communautaire.

Aujourd’hui, le mandat qui nous a été confié lors des dernières élections est bien clair, à savoir le pays demeurera dans la zone euro et notre économie sera assainie toujours dans le cadre de la zone euro.

Le pays a choisi le chemin difficile. Un chemin qui, au terme de grands sacrifices, conduit à la sortie de la crise et nous fait éviter la catastrophe. Notre pays ne s’est jamais laissé séduit par le chant des sirènes du populisme et n’a jamais remis en cause son orientation européenne.

Le prix de cette politique est en fait lourd, notamment dans le domaine de l’emploi. Toutefois, les premiers signes de redressement économique commencent à apparaître.
Je n’ai pas l’intention de vous parler des données attestant de la relance de l’économie. Je pense que les représentants du milieu d’affaires sont les premiers à voir ces premiers signes.

Je dirais seulement, selon les données de la Banque de Grèce, que de 2010 à ce jour, la Grèce a regagné 80% de sa compétitivité qu’elle avait perdue au cours des années précédentes. Nos exportations ont considérablement augmenté. Pendant la période 2009 – 2012, elles sont passées de 7,6% à 14,3% en termes de pourcentage du PIB et de 13,2 milliards d’euros en 2004 à 27,6 milliards d’euros en 2012. Il est un fait que l’économie grecque commence à être récompensée au niveau international pour ses efforts – et non seulement en théorie. La revalorisation de l’économie globale de la part des agences de notation internationales et, par conséquent, celle des banques atteste, sans aucun doute, et en dépit d’un point de départ faible, du fait que la bonne politique est suivie, ce qui aura un impact positif sur l’externationalisation des entreprises grecques, par le biais de la facilitation du financement. Par ailleurs, le fait que notre pays retrouve très rapidement sa crédibilité perdue aura un résultat positif direct sur la partie extraversion de notre économie.

J’ai eu l’honneur d’accompagner le Premier ministre lors de son récent voyage en Chine. J’ai visité la Chine en novembre dernier, où j’avais constaté à l’époque la volonté marquée des dirigeants chinois de coopérer avec nous, tant sur le plan politique que sur le plan économique. Mais à l’époque, en novembre, la question de notre maintien dans la zone euro se posait encore. La position des dirigeants chinois à cet égard était clairement positive, ils étaient en faveur de notre maintien dans la zone euro. Aujourd’hui, cette question ne se pose pas, et il ressort de la visite et des entretiens du Premier ministre non pas une volonté politique générale de coopération avec la Grèce, mais une coopération avec la Grèce selon des objectifs et des directives très précis de la classe dirigeante chinoise aux entreprises du secteur public et privé afin de resserrer les relations, conclure des coopérations économiques, promouvoir le tourisme. C’est le résultat des progrès qui ont été accomplis pour ce qui est de la crédibilité du pays et de la confirmation de la décision du peuple grec et de l’UE de maintenir le pays dans la zone euro. Je pense que les perspectives pour les entreprises souhaitant s’ouvrir à l’international sont particulièrement positives aujourd’hui. La qualité élevée et la meilleure compétitivité des produits grecs devraient se confirmer davantage au cours de ces prochaines années lorsque l’économie aura retrouvé son cours normal, sans oublier le secteur bancaire. J’aimerais féliciter EUROBANK pour cette initiative lancée il y a quatre ans et je pense qu’il est de notre devoir d’améliorer l’ouverture à l’international des entreprises pour permettre la reprise et la croissance de l’économie.

Mai 20, 2013