Samedi, 21 Octobre 2017
greek english french
Accueil arrow Actualité arrow Communiqués - Discours arrow Intervention de G. Amanatidis, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, lors du 2e forum régional de l’UpM (Barcelone)

Intervention de G. Amanatidis, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, lors du 2e forum régional de l’UpM (Barcelone)

lundi, 23 janvier 2017

Madame la Haute Représentante/Vice-présidente,

Monsieur le ministre des Affaires étrangères et de la Diaspora du Royaume hachémite de Jordanie,

Monsieur le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Royaume d’Espagne,

Monsieur le Secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée,

Mesdames et messieurs,

Tout d’abord je voudrais remercier nos hôtes pour leur accueil chaleureux et pour l’organisation excellente de cette réunion. La manifestation d’aujourd’hui nous offre une occasion unique pour engager un dialogue utile avec nos partenaires méditerranéens dans toute la région.

Grace à sa position unique, au carrefour géographique et culturel entre le Nord et le Sud, l’Orient et l’Occident, la Grèce constitue un pilier de stabilité dans la région élargie.
Nous avons la capacité ainsi que la volonté politique de jouer un rôle actif dans notre voisinage, et dans ce cadre, nous soutenons les synergies entre l’Union pour la Méditerranée (UpM) et d’autres initiatives régionales dans le cadre desquelles sont abordées les questions de la Méditerranée.

La Conférence ministérielle sur la sécurité et la stabilité qui s’est tenue à Rhodes les 8 et 9 septembre 2016 – sur l’initiative du ministre grec des Affaires étrangères, M. Nikos Kotzias – avec la participation de cinq Etats membres de l’UE (Grèce, Chypre, Bulgarie, Italie et Slovaquie), d’un pays candidat (Albanie) et de cinq pays de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Egypte, Liban, Libye, Tunisie et Emirats arabes unis) a considérablement contribué dans ce sens.

La mission de la Conférence était de renforcer le dialogue et la coopération entre les pays de la Méditerranée orientale et leurs pays voisins, ainsi que de relever les défis communs qui menacent la stabilité de la région élargie, tels que les conflits, le terrorisme, la radicalisation et la crise des réfugiés. Les pays participants sont convenus de développer des synergies dans les domaines de l’économie, des transports, de l’énergie, de la culture, de l’éducation, des activités adressées à la jeunesse et de la lutte contre la corruption, des thématiques qui figurent aussi à l’agenda de l’UpM.

En outre, une commission a été établie dont la mission sera d’explorer et de mettre en œuvre des programmes qui visent à lutter contre l’extrémisme violent et à promouvoir la coexistence pacifique. Cette commission prendra des initiatives communes adressées à de groupes de jeunes spécifiques qui sont vulnérables aux discours exhortant à la haine et à l’extrémisme.

Mesdames et messieurs,

La Grèce déploie continuellement et systématiquement des efforts visant à faciliter et à promouvoir la coopération et la coordination entre les Etats membres méditerranéens de l’UE. C’était le Premier ministre grec, Alexis Tsipras qui a convoqué à Athènes, le 9 septembre 2016, la Réunion au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des sept Etats membres méditerranéens de l’UE. A l’issue des travaux de la Réunion au sommet a été émise une Déclaration dans laquelle était signalée la nécessité d’axer le projet européen commun sur une Méditerranée qui sera une zone de paix, de stabilité et de prospérité.

A cette fin, il est d’une importance vitale de relever les défis émanant d’un monde caractérisé par des interconnexions et des interdépendances multiples.

Nous devons répondre aux besoins les plus urgents du programme d’action dans la région euro-méditerranéenne, conformément aux déclarations ministérielles de l’UpM et aux Objectifs de développement durable.

La Grèce salue par conséquent la principale thématique du 2e forum région de l’UpM qui est consacré aux opportunités pour les jeunes et au renforcement du capital humain régional, à l’échange des expériences et de bonnes pratiques, à la mise en évidence des partenariats efficaces, à la promotion des cadres y relatifs pour le financement des priorités régionales et la création de nouvelles perspectives pour une action régionale coordonnée dans ce domaine.

Dans ce cadre, nous pensons que la stabilité politique ne peut être atteinte s’il n’y a pas d’opportunités offertes à tous, notamment aux jeunes qui jouent un rôle déterminant pour l’avenir de la région euro-méditerranéenne.

En une période où le niveau du chômage demeure élevé dans de nombreux Etats membres de l’UE, -notamment le chômage des jeunes - la croissance constitue la première priorité pour la Grèce. A notre avis, l’emploi, la croissance et la stabilité sont étroitement liés.

De même, il est important que les politiques et les programmes de l’UpM pour la jeunesse dans la région du bassin méditerranéen, contribuent à la promotion des liens d’amitié et de coopération entre les jeunes, notamment dans les domaines de la culture, des sports et de l’éducation, tout en ayant à l’esprit une vision à long terme.

La Grèce partage l’opinion d’après laquelle il est urgent de développer des capacités communes en vue de transmettre un message de coopération et de paix et d’œuvrer en faveur des actions spécifiques visant à lutter contre la radicalisation des jeunes. Il est également urgent de répondre suffisamment aux attentes et aux besoins des jeunes de la Méditerranée afin que les pays de l’UpM puissent contribuer efficacement à l’atteinte des objectifs communs de la stabilité et de la cohésion politique et sociale renforcées dans la région. Autrement, nous courons le risque d’avoir une jeunesse entièrement perdue, déçue par la non-réalisation de ses espoirs.

Le niveau peu élevé de l’intégration économique dans la région euro-méditerranéenne influe de manière négative sur les opportunités et les perspectives socio-économiques. C’est pourquoi, le renforcement de la coopération et de l’intégration régionales revêt une très grande importance afin de pouvoir valoriser la richesse de la région et les grandes opportunités offertes pour la croissance.

En outre, en accordant la priorité requise à la cohésion sociale, nous pourrons empêcher que le discours exhortant à la haine et à l’extrémisme empoisonne l’esprit de nos jeunes. Le dialogue interculturel et interrégional peut protéger nos sociétés contre les conséquences y relatives.

Pour la Grèce le forum de discussions de l’UpM offre une excellente occasion pour accélérer le programme d’action au sein de la région euro-méditerranéenne, pour ce qui est de la promotion de l’innovation, de la connectivité et des solutions intelligentes en vue de promouvoir le développement de l’entrepreneuriat sans exclusions pour tous les jeunes et la création d’emplois ainsi que de créer un effet multiplicateur positif et durable pour l’intégration régionale.

En outre, le dialogue interculturel et interrégional constitue un élément important de l’agenda pour le développement des ressources humaines dans la région euro-méditerranéenne. Forte de ses liens historiques, politiques, culturels, régionaux et économiques datant depuis très longtemps, avec les pays de la région, la Grèce constitue un pont naturel entre le monde arabe et l’Europe.

Dans ce cadre, le ministre grec des Affaires étrangères, M. Nikos Kotzias, a pris l’initiative de convoquer à Athènes, en octobre 2015, une conférence internationale sur le pluralisme régional et culturel et la coexistence pacifique au Moyen-Orient. La Conférence s’est penchée sur la crise humanitaire urgente à laquelle sont confrontées les diverses communautés religieuses et entités culturelles de la région, une crise provoquée par les conflits et les tensions continues ainsi que par l’extrémisme. Un « Centre pour le Pluralisme religieux au Moyen-Orient » a été par la suite mis en place.

En guise de conclusion, j’aimerais dire ma satisfaction pour l’adoption aujourd’hui de la feuille de route de l’UpM, qui ouvre la voie pour entreprendre une action spécifique dans ce domaine et contribuera sans aucun doute au renforcement du rôle de l’UpM dans le sens d’une intégration et d’une coopération régionales renforcées dans la région de la Méditerranée.

A cette fin, la Grèce continuera de soutenir les efforts consentis par le Secrétariat de l’UpM afin que la mission de ce dernier soit couronnée de succès, en unissant ses forces pour relever les défis communs et en coopération étroite avec d’autres organisations internationales et régionales exerçant des activités connexes qui soutiennent l’Agenda méditerranéen de développement.

Je vous remercie de votre attention.