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Intervention du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Yannis Amanatidis lors du Processus de coopération en Europe du sud-est (SEECP) (Zagreb)

vendredi, 03 mars 2017

J’aimerais amorcer mon propos aujourd’hui en remerciant la Présidence du Processus de coopération en Europe du sud-est pour le travail exceptionnel accompli jusqu’à aujourd’hui et l’accueil qui nous a été réservé.

En ce qui concerne l’ordre du jour, je me réfèrerais à une question horizontale, qui nous préoccupe tous : les attentats terroristes abominables au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe viennent renforcer la conviction que, encore une fois, le terrorisme constitue un défi mondial que nul pays ne peut relever seul. De la détermination et des efforts coordonnés sont nécessaires de la part de la communauté internationale dans son ensemble pour y faire face avec succès. Une action est nécessaire afin de lutter contre les causes profondes de la radicalisation.

Il faudra empêcher les terroristes d’avoir accès à des sources pour le financement de leurs actes. Dans ce contexte, la Grèce soutient l’inclusion à l’ordre du jour antiterroriste du trafic des objets archéologiques acquis suite à des pillages ou des fouilles illégales car ces activités contribuent fortement, selon l’UNESCO, au financement de groupes terroristes.

Chers amis,

Une autre question d’importance majeure pour notre région est l’immigration. Les flux massifs de migrants et de réfugiés, dont nous sommes témoins ces deux dernières années en Méditerranée orientale et le nombre total des personnes qui continuent de traverser la Méditerranée à la recherche de la sécurité et d’un meilleur avenir constituent un défi de taille pour tous les pays de l’Europe du Sud-est.

Le Processus de Coopération en Europe du sud-est (SEECP), forum actif de coopération régionale, devra continuer à se pencher sur ce phénomène complexe auxquels sont confrontés bon nombre de nos pays. Nous partageons tous nos objectifs, j’en suis certain. Sauvegarde des principes du droit international et de nos obligations vis-à-vis de ceux qui ont besoin d’une protection internationale, lutte contre les réseaux de passeurs et de trafiquants d’êtres humains, développement de systèmes efficaces d’octroi d’asile, garantie que les droits humains des migrants qui sont reconduits sont respectés, garantie de la sécurité des citoyens et de nos frontières.

La Grèce est le pays d’Europe qui a le plus été influencé par cette situation. Nous avons déployé tous les efforts possibles afin de pouvoir relever ce défi qui n’est pas seulement régional mais aussi international, d’une façon qui soit conforme aux principes et valeurs fondamentales.

Au même moment, dans l’esprit de la coopération régionale, nous avons pris des initiatives afin d’aborder de nombreux aspects de la question des réfugiés au niveau régional. Des réunions similaires ont eu lieu à Athènes, le 14 avril 2016 et à Thessalonique, les 21-22 avril 2016.

Enfin, il faudra éviter de répéter des actions qui ont d’ores et déjà été entreprises par les instances européennes compétentes, tout en garantissant la valeur ajoutée des initiatives proposées jusqu’à présent, comme celles dans le cadre du Forum de coopération en matière de défense en Europe centrale.

Chers collègues,

La coopération régionale constitue un outil efficace pour le développement global de la région de l’Europe du sud-est ainsi que de chaque pays de la région. Athènes réitère l’importance qu’elle accorde au renforcement de la coordination et de la coopération en vue du développement de l’inter-connectivité, des transports et des infrastructures connexes dans la région, en tant que moyen pour le rapprochement des différents pays et de leurs peuples.

En dépit de la crise économique, la Grèce continue de conserver une présence économique forte en Europe du sud-est, puisqu’elle compte parmi les partenaires commerciaux et les investisseurs les plus importants.

Je pense que l’intégration européenne de la région viendra renforcer les réformes structurelles, aplanir les procédures bureaucratiques existantes et lever les obstacles administratifs, créant ainsi un environnement plus propice aux investissements et aux affaires dans tous les pays de l’Europe du sud-est avec des conditions plus stables et plus prévisibles.

L’Union européenne, par le biais de ces Programmes sur la coopération interrégionale nous fournit des moyens supplémentaires pour renforcer notre coopération. Je suis convaincu que ces projets d’investissement, au niveau local, assisteront nos efforts visant à la revalorisation des relations économiques et commerciales bilatérales. Le secteur des transports joue un rôle prédominant dans cette coopération dans le cadre des programmes européens. Le projet du corridor méditerranéen pour la liaison routière constitue un excellent exemple dans ce contexte.

Des entreprises de construction de nos pays, fortes de leur expérience dans le domaine des infrastructures de transport peuvent offrir leurs services en vue de l’application de ces programmes européens. Dans ce contexte, d’autres entreprises des secteurs de prestation de services de conseil et des télécommunications renforceront davantage l’inter-connectivité. Des entreprises grecques sont prêtes à offrir leur savoir-faire dans les domaines susmentionnés.

Plus précisément, le développement d’axes verticaux et leur liaison avec la nouvelle ligne ferroviaire Egnatia est particulièrement important pour le développement de la région et de l’Europe dans son ensemble.

Par ailleurs, la revalorisation de la ligne ferroviaire Istanbul – Thessalonique – Igoumenitsa ainsi que des liaisons maritimes, comme celle entre Izmir et Thessalonique, reliera la sous-région occidentale Adriatique – Ionienne avec l’Egée et la Mer Noire, renforçant ainsi les transports avec différents moyens et facilitant la mobilité globale du commerce et des personnes dans la région.

Par conséquent, la Grèce soutient le parachèvement des travaux de l’autoroute Ionienne – Adriatique, dont des tronçons ont d’ores et déjà été construits.

Dans le même temps, la sécurité énergétique, les prix abordables de l’énergie pour les consommateurs et la diversification des sources et des couloirs énergétiques constitue, par ailleurs, des questions de priorité absolue pour nos pays. La construction du gazoduc trans-adriatique (TAP) revêt une importance majeure pour notre région, puisqu’elle renforcera la sécurité énergétique de l’Europe du sud-est, en offrant un nouveau parcours pour le transport de gaz naturel.

Le corridor vertical constitue un moyen fondamental pour la réalisation de la sécurité énergétique régionale. Nous comptons sur l’intensification de notre coopération avec tous les pays participants, car la diversification accrue des sources et des corridors sera dans l’intérêt des pays de notre région.

Dans le même temps, nous devrons encourager le travail effectué sur la liaison du TAP avec sa branche Ionienne – Adriatique (IAP) qui permettra à l’approvisionnement énergétique acheminé via le TAP de circuler vers d’autres pays de notre région.

Grâce aux gazoducs TAP, IAP et à l’interconnexion Grèce – Bulgarie, l’Europe du sud-est pourra accéder à d’importants centres énergétiques de l’Europe occidentale et acquérir des portefeuilles de gaz naturel plus diversifiés à des prix plus compétitifs, ce qui sera dans l’intérêt du consommateur final.

Nous pensons que le Processus de Coopération en Europe du sud-est (SEECP) offre une occasion unique d’aborder ces questions et de trouver des nouvelles propositions sur la façon dont nous développerons notre coopération dans les domaines de l’économie et de l’énergie.