Mardi, 25 Juillet 2017
greek english french
Accueil arrow Actualité arrow Communiqués - Discours arrow Interview accordée par le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères Evangelos Vénizélos à la chaîne de télévision Euronews (01.01.2014)

Interview accordée par le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères Evangelos Vénizélos à la chaîne de télévision Euronews (01.01.2014)

jeudi, 02 janvier 2014

Nous publions ci-dessous les réponses du vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères Evangelos Vénizélos dans le cadre de son interview accordée à la chaîne de télévision Euronews :

1) La Grèce assume, pour la cinquième fois, depuis son adhésion à l’UE, la présidence du Conseil et elle l’assume après la dramatique expérience de la crise qui sévit dans le pays depuis ces quatre dernières années. C’est une belle occasion pour la Grèce de montrer le visage d’un pays membre de l’UE, un pays égal, souverain, qui dirige les travaux du Conseil au nom des 28 Etats membres.
La période de notre présidence sera plus courte, du point de vue parlementaire, car nous allons vers des élections pour le nouveau Parlement européen. Mais elle sera plus importante et plus intense du point de vue politique, car ce semestre, le premier semestre de l’année 2014, coïncide avec le grand débat européen sur l’avenir de l’Europe.

Nous avons besoin d’un nouveau récit, plus attrayant pour les citoyens européens, plus optimiste et plus sûr, pour les ménages et notamment la nouvelle génération, qui croit, dans de nombreux pays, que l’Europe est synonyme de politiques d’austérité, de chômage, de baisse des revenus. Nous devons parler à nouveau de l’Europe de la culture, de l’histoire, de la démocratie, de l’Etat de droit, de l’Etat social européen, de l’Europe de la croissance, de l’innovation, des hommes qui ont une conscience historique et aspirent à la prospérité pour tous.

2) La première priorité de la Présidence hellénique est la première priorité des sociétés européennes, à savoir la croissance, la création d’emplois, la protection de la dimension sociale au sein de l’Europe.

La deuxième priorité, qui est liée à la première, est l’approfondissement de l’union économique, de la gouvernance économique dans la zone euro et l’UE. Donc, nous allons vers l’union bancaire. Des grandes décisions ont été prises et cela est très important. Toutefois, le mécanisme de supervision unique ne suffit pas, ni le mécanisme de résolution unique. Nous avons besoin également d’un mécanisme de garantie des dépôts en Europe pour ne pas surcharger les pays les plus faibles du sud ou de la région avec des taux d’intérêts plus élevés, tandis que dans le même temps les pays du nord peuvent fournir une plus grande sécurité aux déposants.

Dans le même temps, la Grèce lutte pour sortir de la crise et du mémorandum. Et elle réussit avec succès car elle est en mesure de montrer des résultats budgétaires impressionnants. Au cours des trois dernières années et demie, la Grèce a fait la plus grande adaptation budgétaire jamais réalisée dans l’histoire des économiques occidentales. Nous avons débuté en 2009 avec un déficit primaire de l’ordre de 12% et aujourd’hui, nous avons un déficit primaire, en termes d’excédent structurel, et sans tenir compte des éléments conjoncturels de la récession, qui atteint 6,5%. Nous sommes le meilleur pays d’Europe en termes de résultats primaires et l’un des meilleurs au monde. Notre excédent nominal est meilleur que celui de pays comme la Suède et notre excédent structurel est meilleur que celui de pays comme Singapour. Nous avons donc une base qui nous permet de discuter en tant qu’amis, partenaires avec les autres pays membres, avec le FMI et la BCE, pour créer les conditions nécessaires à la sortie définitive de la crise, sans qu’il y ait de perdants et dans l’intérêt de tous et sans que les contribuables européens n’aient à payer un seul euro pour la Grèce.

3) Nous devons valoriser toutes les politiques européennes. Le Conseil européen a d’ores et déjà décidé plusieurs initiatives, notamment en rapport avec le chômage des jeunes. Il a décidé de nouvelles mesures pour donner une impulsion aux petites et moyennes entreprises, pour donner une impulsion à l’économie réelle. Nous avons à notre disposition les ressources des différents fonds et du Fonds social européen.

Ce qui importe est de pouvoir concrétiser toutes les décisions politiques, toutes les déclarations politiques, et ce, dans les plus brefs délais et sans se heurter à des obstacles bureaucratiques. Il faut être rapide et cohérent, non seulement au niveau national – car de gros efforts sont consentis au niveau interne pour améliorer les performances de l’administration publique – mais aussi au niveau européen et communautaire.

Nous voulons coopérer avec la Commission européenne également, qui est l’organe-clé pour l’Europe, mais aussi avec la Banque européenne d’investissement, afin de donner cette impulsion dont ont besoin tous les pays, non seulement ceux qui sont en crise, qui participent à des programmes d’adaptation ou risquent d’être intégrés à des programmes d’adaptation, mais aussi l’Europe tout entière. L’ensemble de l’Europe a besoin d’un nouveau modèle de production, de croissance et de compétitivité pour écarter le danger de la récession ou encore d’une situation intermédiaire qui est proche de la croissance zéro.

4) Les quatre présidences grecques précédentes s’étaient identifiées aux grandes étapes d’élargissement. La Grèce a joué un rôle actif dans la transition de l’Europe des 10 à l’Europe des 12, des 15 et par la suite des 27.

Les Balkans occidentaux et leur adhésion à l’Union européenne, la perspective euro-atlantique, était la grande priorité de la précédente présidence, en 2003 qui a culminé avec le sommet de Thessalonique – Halkidiki et l’Agenda de Thessalonique. Cela suit maintenant son cours. La Conférence intergouvernementale sur l’adhésion de la Serbie à l’UE débutera le 21 janvier, ce qui revêt une importance particulière pour la Présidence hellénique. Cela permet de nourrir et de soutenir le dialogue entre Belgrade et Pristina, qui est d’une importance historique. Par ailleurs, nous nous sommes positionnés en faveur de l’attribution du statut de pays candidat à l’Albanie.

Finalement, le Conseil a décidé, en raison de la position d’autres pays, de réexaminer cette question, dans un esprit positif, en 2014, toujours sous Présidence hellénique, le dernier mois. Donc, nous avons un dossier sur l’élargissement qui est très important.

5) Le gouvernement grec est un gouvernement de coopération entre les deux partis, le parti conservateur de la Nouvelle Démocratie, qui appartient au Parti populaire européen, et le parti socialiste du PASOK, qui appartient au Parti socialiste européen. C’est un gouvernement basé sur un accord de responsabilité nationale. C’est un gouvernement stable. Notre objectif est de mener à bien les quatre ans et notamment de garantir la sortie définitive de la crise et du mémorandum. En d’autres termes de rétablir la dignité, la souveraineté et l’égalité institutionnelle de notre pays. Dans ce sens, la Grèce a une stratégie nationale et elle l’a suivra jusqu’à la fin.