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Interview de N. Kotzias, ministre des Affaires étrangères, à l’agence de presse athénienne-macédonienne (Athènes, 21 mai 2017)

lundi, 22 mai 2017

Propos recueillis par le journaliste, Aristidis Viketos

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, que pensez-vous des résultats de la présidence chypriote du Conseil de l’Europe ? A-t-elle été couronnée de succès et dans quelle mesure ? Quel a été son exploit le plus important ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Comme je l’ai affirmé aujourd’hui dans mon bref discours, Chypre a de nouveau prouvé que les petits pays peuvent exercer d’excellentes présidences au sein des organisations internationales car ils y attachent un vif intérêt pour pouvoir répondre aux exigences qui en découlent. La République de Chypre et sa Présidence – et cela a été reconnu par toutes les parties – ont été excellentes dans l’accomplissement de leur mission. Je pense que la Convention que nous avons signée concernant la protection du patrimoine culturel contre le crime organisé a été l’exploit le plus important pour ce qui est des questions revêtant un intérêt pour nous.

JOURNALISTE : Quelles seront les priorités de la présidence tchèque ? Est-ce que cette dernière suivra l’orientation donnée par la présidence chypriote ou fixera-t-elle d’autres priorités ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Je pense que la présidence tchèque poursuivra la voie tracée par Chypre dans le domaine de la protection des droits de l’homme, de la démocratie et de l’Etat de droit mais elle y mettra sa propre empreinte, pour ce qui est éventuellement des questions liées à la région de l’Europe centrale et orientale.

JOURNALISTE : Est-ce que la question de la Turquie, vu que les violations des droits de l’homme et les persécutions se poursuivent, est une source de préoccupation pour le Comité des ministres ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : De nombreux ministres ont abordé cette question, et certains d’entre eux ont été très sévères à cet égard.
JOURNALISTE : La Turquie a été placée sous surveillance par l’Assemblée parlementaire.

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Oui, cela est vrai et je dois vous dire que le S.G. du Conseil de l’Europe, a consacré la moitié de sa brève intervention à la Turquie, en exprimant sa solidarité à l’égard de ce pays et en faisant dans le même temps des remarques relatives aux violations des droits de l’homme et aux licenciements des fonctionnaires.

JOURNALISTE : S’agissant des affaires intérieures de la Grèce – vous n’avez pas bien évidemment assisté à la procédure de vote au sein du parlement hellénique – le nouveau train de mesures a été adopté, qu’est-ce qu’il va se passer maintenant ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS: Je n’y ai pas assisté mais j’ai voté et mon vote a été enregistré.

JOURNALISTE : Quelles sont les perspectives pour la Grèce après cet accord qui a été conclu ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS: Je vous répondrai en ma qualité de ministre des Affaires étrangères. Des investisseurs manifestent un grand intérêt pour la Grèce. Par exemple, à Pékin où je me suis trouvé, un accord a été signé entre FORTHNET et ZTE sur un investissement à hauteur de 500 millions d’euros dans les fibres optiques. Il s’agit en effet d’un investissement dans les nouvelles technologies. Au total, les accords d’investissement qui ont été conclus dans ce domaine seulement s’élèvent à 1,7 milliards d’euros, ce qui signifie qu’il existe un intérêt très marqué à cet égard. De nombreux acteurs internationaux sont ouverts à l’idée de venir faire des investissements en Grèce et, je le souligne, lorsque je parle d’acteurs internationaux qui s’intéressent à investir, je ne me réfère pas à ceux qui viennent ici pour acquérir les richesses existantes. En ce qui me concerne, ce sont les investissements visant à générer de nouvelles richesses pour le pays, et particulièrement les investissements dans les nouvelles technologies, qui m’intéressent. A savoir, la Grèce, à mon sens, ne doit pas rater le train de ce que l’on appelle quatrième révolution industrielle, c’est-à-dire, la diffusion des nouvelles technologies qui facilitent la vie des hommes et contribuent au développement de la productivité du pays.
JOURNALISTE : Certains affirment que soutenir que la Grèce enregistrera une croissance en 2017 est un vœu pieux. Que répondez-vous à cela ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : En 2017, il y aura une croissance. Cette croissance serait plus importante si nos partenaires ne nous n’avaient pas poussés à bout.

JOURNALISTE : S’il n’y a pas de restructuration de la dette, comment la Grèce pourra-t-elle se redresser ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS: La restructuration de la dette a été déjà convenue depuis l’été 2015 et comme l’a affirmé le Premier ministre hier soir, il est temps que les partenaires honorent leurs engagements, car ces derniers suivent le précepte qui dit : « tout ce qui t’appartient est à moi, et tout ce qui m’appartient n’est qu’à moi »

JOURNALISTE : Vous avez déclaré que la proposition du Président Anastassiadis visant à insuffler un nouvel élan aux négociations revêtait un grand intérêt. En quoi consiste-t-elle cette proposition ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : J’ai l’impression que le Président Anastassiadis déclinera bientôt sa proposition et donc je ne voudrais pas à ce stade anticiper sur cela. Ce que je veux dire, d’après ce que je comprends, est que le Président chypriote propose que les questions substantielles liées à la question chypriote soient soumises à la table des négociations.

JOURNALISTE : Est-ce que la partie chypriote turque a fait des concessions ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Je ne voudrais pas évaluer une négociation qui porte sur un aspect intérieur. Ce que je veux dire est que le Président de la République de Chypre s’est penché sur l’expérience acquise par les négociations de ces deux dernières années et il a élaboré une proposition en vue de débloquer cette négociation. Apparemment, les chypriotes ont trouvé cela bizarre – au moins pour le moment – par rapport à ce qu’ils avaient à l’esprit. J’espère qu’ils pourront dormir tranquilles et qu’ils y réfléchiront encore une fois.

JOURNALISTE : Dans sa déclaration faite à l’agence de presse athénienne – macédonienne, le porte-parole du gouvernement chypriote a parlé de l’éventualité d’une nouvelle conférence en affirmant que ce dossier ne concerne pas seulement les Chypriotes grecs et les Chypriotes turcs mais aussi la Turquie, la Grèce et la Grande Bretagne. Est-ce que la Grèce est prête pour une nouvelle conférence à Genève ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Avant d’aller à Genève en janvier, nous avions soumis par écrit des propositions concernant ce dossier ( sécurité-garanties) à l’égard duquel nous avons un mot à dire. Il n’y a eu aucune réponse. Nos propositions sont toujours à la table des négociations.

JOURNALISTE : Et à Pékin toujours pas de réponse ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : A Pékin, il y avait eu une réponse, à savoir que les Turcs participeraient au dialogue.

JOURNALISTE : Ma dernière question : Ces derniers temps la Turquie brandit des menaces contre la République de Chypre concernant le dossier énergétique, et notamment concernant l’exploitation des gisements à l’ouest de l’île. Si la Grèce avait procédé à la délimitation du plateau continental et de la ZEE, avec Chypre et avec l’Egypte, cela renforcerait-il plus la position de la République de Chypre ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Pour ce qui est du plateau continental et de la ZEE, il y a une négociation en cours avec l’Egypte. Un pays peut fixer tout seul son plateau continental, mais la délimitation définitive, du point de vue juridique, doit faire l’objet d’un accord avec les autres pays concernés. Cela fera l’objet de futures consultations avec la Turquie.

JOURNALISTE : Est-ce que la même chose se passe avec la ZEE ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS: Cela concerne des délimitations et des proclamations et il n’a rien à voir avec le plateau continental en mer Egée.