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Lettre de N. Kotzias, ministre des Affaires étrangères, à M. J. Hahn, Commissaire à l’élargissement de l’UE

dimanche, 09 octobre 2016

M. Nikos Kotzias, ministre des Affaires étrangères a envoyé une lettre à M. Johannes Hahn,  Commissaire à l’élargissement de l’UE, suite aux fausses déclarations faites par ce dernier concernant une question inexistante entre la Grèce et l’Albanie.

Dans sa lettre, M. Kotzias souligne que le fait que la Commission, intentionnellement ou non, sape un processus en cours qui a été entamé sur l’initiative du ministre des Affaires étrangères d’un pays membre, est préoccupant et va à l’encontre du fonctionnement de cette instance.  En outre, M. Kotzias souligne qu’il est surprenant, vu que ce processus en cours vise à améliorer les relations gréco-albanaises – un objectif qu’apparemment la Commission partage pleinement – que la Commission, au lieu de le soutenir, entrave sa mise en œuvre ultérieure.

Le ministre des Affaires étrangères clairement fait savoir que la « question des Chams » n’existera jamais pour la Grèce : « Je saisis cette occasion pour réitérer encore une fois notre position ferme à cet égard. Pour la Grèce, la question des Chams n’existe pas. Par conséquent, cette question n’a jamais figuré et ne figurera jamais dans l’agenda gréco-albanais ». M. Kotzias accuse la Commission d’avoir pris position à l’égard de cette question d’une manière « irresponsable et irréfléchie », c’est-à-dire sans procéder à une consultation préalable ou à une enquête ou examen circonstanciés, d’autant plus que nos positions sont connues tant par vous que par le Service européen pour l’action extérieure ».

Cette attitude « n’est ni conforme au rôle de la Commission, ni à son fonctionnement ».

Par ailleurs, M. Kotzias signale que «  si la Commission adoptait les arguments nationalistes de  ceux qui reviennent avec insistance sur une question inexistante, cela reviendrait à accepter un récit révisionniste de l’histoire européenne, ce qui alimenterait l’irrédentisme et remettrait à l’avant-plan, dans plusieurs régions de l’Europe continentale, des questions qui ont été irrévocablement résolues immédiatement après la Seconde guerre mondiale ».

Le ministre des Affaires étrangères invite le Commissaire Hahn mais aussi la Commission dans son ensemble, à procéder à des actions correctives. Il est particulièrement important, ajoute le ministre des Affaires étrangères, d’éviter « toute référence fallacieuse similaire dans le rapport sur les progrès réalisés par l’Albanie », car une telle action aurait « des conséquences très graves sur nos relations ».

En concluant sa lettre, M. Kotzias invite l’Albanie à se montrer à la hauteur du statut de pays candidat à l’adhésion : «  L’Albanie doit demeurer attachée aux réformes européennes. Par conséquent, la mise en œuvre ferme, intégrée et globale des cinq priorités principales revêt une importance vitale pour l’ouverture des négociations d’adhésion. Cela est important non seulement pour la transformation institutionnelle globale du pays et sa meilleure mise en conformité avec l’acquis communautaire, mais aussi pour la crédibilité même du processus d’élargissement ».