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Point de presse du porte-parole du MAE, M. G. Delavekouras, du 24 novembre 2011

vendredi, 25 novembre 2011

G. DELAVEKOURAS : Bonjour. Je commencerai par l’agenda de la direction politique. Le ministre des Affaires étrangères vient juste d’avoir un entretien téléphonique avec M. William Hague, ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni avec lequel il a abordé des questions relatives à l’élargissement et à notre région au Moyen-Orient et, bien évidemment, M. Hague a exprimé au ministre ses vœux de succès pour ses nouvelles fonctions. Par ailleurs, les deux ministres sont convenus d’avoir des contacts réguliers et de se rencontrer à l’occasion des réunions ministérielles qui se tiendront dans deux semaines, au sein de l’Union européenne, de l’OTAN et de l’OSCE.

Cet après-midi à 13h30, le ministre des Affaires étrangères sera reçu par le Président de la République tandis que par la suite, à 15h30, il aura un entretien avec l’ambassadeur de France en Grèce.

Vendredi 25 novembre, il s’entretiendra à 11h15 avec le ministre néerlandais des Affaires européennes. Avant cette rencontre, à 10h00, Mme Xenogiannakopoulou, ministre adjointe des Affaires étrangères s’entretiendra avec son homologue néerlandais.

Dans l’après-midi à 13h00, le ministre assistera à un déjeuner offert en l’honneur des partenaires européens par l’ambassadeur de Pologne, pays qui exerce au cours de ce semestre la présidence de l’Union européenne.

Le mardi 29 novembre, M. Dimas se déplacera à Berlin où il participera avec ses homologues d’Allemagne et de Pologne à une table ronde sur le thème « Perspectives européennes de la politique étrangère allemande », organisée par le « Berlin Foreign Policy Forum ».

Le meme jour, dans l’apres-midi, a 18h00, le ministre s’entretiendra avec M. Guido Westerwelle, ministre allemand des Affaires etrangeres.

Le 30 novembre et le 1er decembre, le ministre se deplacera a Bruxelles en vue de participer au Conseil « Affaires etrangeres » de l’Union europeenne. Mercredi soir, M. Dimas assistera a un diner reunissant les ministres des Affaires etrangeres et de la Defense, lors duquel seront abordees les initiatives dans le domaine de la politique commune de securite et de defense.

Le jour suivant, le ministre participera aux travaux du Conseil ou devraient etre evoquees les dernieres evolutions dans le voisinage du sud, et notamment en Egypte, en Syrie et au Yemen, les Balkans occidentaux en vue aussi de la discussion qui sera engagee lors du Conseil « Affaires generales », la question de l’Iran et le processus de paix au Moyen-Orient. La Haute-Representante de l’Union europeenne tiendra une seance d’information portant sur les dernieres evolutions relatives a la demande palestinienne d’adherer a l’Organisation des Nations Unies.

Comme la semaine prochaine, nous serons probablement en déplacement, je vous donnerai quelques informations sur les conseils y relatifs. Le lundi 5 décembre se tiendra à Bruxelles, le Conseil « Affaires générales ». L’ordre du jour de ce conseil comporte la préparation du Conseil européen du 9 décembre ainsi que les conclusions relatives aux questions de l’élargissement et du processus de stabilisation et d’association.

Les 6 et 7 décembre, se tiendra à Vilnius, la réunion ministérielle de l’OSCE. Les discussions devraient être axées sur les dernières évolutions dans la région de la Méditerranée du sud ainsi que sur la lutte contre les conflits prolongés. En outre, devraient être abordées des questions relatives à la sécurité européenne, dans le cadre de l’initiative du Processus de Corfou.

Le jeudi 8 et le vendredi 9 décembre, se tiendra à Bruxelles la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN. Lors de la réunion du Conseil de l’Atlantique nord, jeudi, devraient être évoquées des questions ayant trait aux évolutions en Afghanistan, aux Balkans occidentaux, en mettant l’accent sur le Kosovo, les relations de l’OTAN avec la Russie ainsi que des questions relatives à la défense antimissile. Le vendredi se tiendront les réunions du Conseil Otan-Russie et de l’ISAF.

En outre, je voudrais me référer à une évolution positive. Depuis février 2009, Nikos Papafotis un marin grec se trouve bloqué en Egypte suite à l’interdiction d’appareillage d’un navire battant pavillon grec. Au terme de nombreux efforts déployés par les autorités grecques et du ministère des Affaires étrangères en coopération avec le ministère égyptien des Affaires étrangères, les questions y relatives ont pu être réglées et le marin grec devrait bientôt retourner en Grèce.

Enfin, pour ce qui est des révélations concernant les assassinats racistes monstrueux qui ont été commis en Allemagne en 2005, je voudrais vous informer que parmi les victimes était également un Grec, Theodoros Vulgaridis. L’ambassade de Grèce hier a participé à une manifestation spéciale organisée par le gouvernement allemand. Lors de cette manifestation, nous avons souligné qu’il était très important d’élucider ces crimes. En outre, l’ambassade a des contacts avec la famille de la victime en vue de lui fournir toute l’aide nécessaire.

Voilà pour ce qui est de l’agenda. Je suis prêt à répondre à vos questions, s’il y en a.

M. PAPATHANASSIOU : Monsieur le porte-parole, quelle a été la réaction grecque à l’égard du rapport de l’Agence internationale de l’Energie atomique sur le programme nucléaire de Téhéran ? Pensez-vous qu’un éventuel durcissement de l’attitude de nos partenaires influera-t-il sur les relations entre la Grèce et la République islamique de l’Iran, pour ce qui est notamment de la question de la coopération en matière d’énergie, une coopération très importante ? Merci.

G. DELAVEKOURAS : La question du rapport de l’Agence internationale de l’Energie atomique met en valeur un déficit important de confiance entre la communauté internationale et l’Iran concernant le programme nucléaire iranien. Comme vous le savez, chaque Etat a le droit inaliénable de développer des programmes nucléaires à des fins pacifiques, et ce toujours en conformité avec les règles de l’Agence internationale de l’Energie atomique. Cela dit, il est toutefois très important qu’il y ait de la confiance, de la coopération et de la transparence. C’est une question qui fait actuellement l’objet de discussions au sein de l’Union européenne et nous y participons activement et espérons que les conditions nécessaires pourront êtres mises en place en vue de rétablir la confiance et d’éviter les tensions.

M. KOURBELA : L’Union européenne se prépare à une modification du nouveau traité. Quels sont les parties du traité qui seront sujettes à des modifications et quelle est la position de la Grèce à cet égard ? Est-ce qu’un débat est engagé au sein des instances de l’UE en vue de préparer le terrain ?
Merci.

G. DELAVEKOURAS : En effet, une discussion est actuellement engagee sur le renforcement institutionnel de l’Union europeenne, le renforcement de la gouvernance economique et la transformation en fait de l’union monetaire en une veritable union economique et politique. Nous pensons que cette discussion est tres importante car, entre autres choses, elle peut fournir les outils dont l’Union europeenne a besoin en vue de faire face a la crise et de se proteger contre les pressions qu’elle subit actuellement par les marches. Cette discussion est actuellement en cours et se poursuivra et, bien evidemment, la Grece participe a ces processus. Nous devrons voir quelles seront les positions des Etats membres, mais, quoi qu’il en soit, je dois dire qu’a notre avis il est important que l’Union europeenne fasse ces pas en avant, qu’elle puisse faire des pas vers un approfondissement ulterieur, car la crise actuelle montre que l’union monetaire n’avait pas a sa disposition les outils dont elle avait besoin afin de pouvoir en realite faire face a des pressions de ce genre, telles que celles des dernieres annees et c’est pourquoi il est tres important que l’union monetaire soit munie des outils necessaires. Nous verrons comment la discussion evoluera et quelles seront les decisions finales qui seront prises.

M. KOURBELA : Autrement dit vous soutiendriez la nomination d’un super-commissaire qui assumerait les foncions de ministre des Finances ?

G. DELAVEKOURAS : Puisque des propositions n’ont pas été formulées par voie officielle pour le moment, je ne voudrais pas que nous engagions un débat basé sur des hypothèses. En dépit de cela, j’aimerais vous dire que nous croyons au renforcement institutionnel de l’Union européenne dans le sens d’une union économique et politique afin que l’Europe soit dotée des outils nécessaires pour faire face à la crise.

M. KOLONA : Monsieur le porte-parole, que pense le ministère grec des Affaires étrangères des projets envisagés par le ministère de l’Environnement, de l’Energie et du Changement climatique concernant l’approvisionnement en électricité des îles de l’Egée de l’est par la Turquie ?

G. DELAVEKOURAS : Je pense qu’à l’égard de cette question, le ministère de l’Environnement, de l’Energie et du Changement climatique a émis un communiqué dans lequel est décrite la politique de la Grèce et lequel fournit toutes les informations y relatives.

S. RISTOVSKA: Monsieur le porte-parole, avez-vous des informations concernant la date à laquelle la Cour de la Haye rendra sa décision ? Que peut-on attendre du nouveau gouvernement grec pour ce qui est de la question du nom ? Pourrait-on nous attendre à une évolution à cet égard vue que le LAOS, le seul parti à ne pas accepter le terme « Macédoine », à savoir l’appellation composée, fait partie du gouvernement actuel ?

G. DELAVEKOURAS : Pour ce qui est de votre premiere question, la Cour de la Haye n’a pas encore publie sa decision sur la question du recours de l’Ancienne Republique Yougoslave de Macedoine. Nous devrons donc attendre la decision de la Cour. Toutefois, je voudrais souligner qu’independamment du processus judiciaire, il existe un processus politique substantiel, prevu par les resolutions du Conseil de securite. Et nous nous attendons a ce que la Republique yougoslave de Macedoine fasse preuve d’une attitude constructive justement dans le cadre de ce processus politique afin de realiser des progres et parvenir enfin a une solution a la question du nom.

L’attitude de la Grece dans le cadre des negociations ainsi que les efforts qu’elle deploie, sont la preuve de sa volonte et de sa determination de parvenir a une solution et, malheureusement, nous constatons que les messages transmis par l’autre partie n’inspirent guere l’optimisme.

En effet, le gouvernement à Skopje utilise ses derniers mois une rhétorique agressive vis-à-vis de la Grèce et son attitude sape les efforts visant à améliorer le climat et à créer les conditions nécessaires pour pouvoir parvenir à une solution. Car, lorsque l’opinion publique à Skopje est chaque jour « bombardée » de déclarations agressives contre la Grèce, nous ne pouvons nous attendre à ce que l’opinion publique soit favorable à la réalisation de progrès au niveau des négociations. Cela dit, comme l’a expressément déclaré le ministre des Affaires étrangères lors de la présentation du programme du gouvernement, la Grèce demeure attachée à sa position claire et immuable, à savoir la poursuite des négociations et l’atteinte d’une solution. Cela est clair et il va de soi que la Grèce est prête à aller dans ce sens.

G. DELAVEKOURAS : Nous ne devons pas négliger la réalité et la réalité en ce moment est que les déclarations émanant de Skopje, à tous les niveaux, sont des déclarations agressives qui n’inspirent guère l’optimisme. En dépit de cela, je tiens à réitérer que la Grèce souhaite un règlement rapide de la question du nom, une solution qui sera issue des négociations. Mais, pour que des progrès soient réalisés au niveau des négociations, il faut qu’il y ait un changement d’attitude. La Grèce a fait des pas importants et il appartient maintenant au gouvernement de Skopje d’en faire de même.

A. ATHANASSOPOULOS : Une question liée aux dossiers évoqués tout à l’heure. A votre avis, est-il exclu que le processus politique concernant le règlement de la question du nom de Skopje soit influencé par une décision judiciaire ? Car, d’après ce que vous dites, vous dissociez complètement ces deux processus.
Merci.

G. DELAVEKOURAS : De par la force des choses, ces deux processus sont dissociés, car il y a un processus juridique concernant une question bien précise et au niveau des négociations politiques qui sont en cours sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies, il existe un mandat très clair par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, d’après lequel les deux parties doivent engager des négociations dans le but de parvenir à une solution mutuellement acceptable. Cela définit donc également le cadre du règlement du différend.

En outre, le Conseil de sécurité dans ses résolutions, indique clairement que cela est très important pour la stabilité régionale et la sécurité et c’est sur ce domaine que nous devons axer notre attention. Le règlement de la question du nom pourra nous permettre de valoriser tout le potentiel des relations entre la Grèce et l’Ancienne République yougoslave de Macédoine. Il pourra nous aider à développer nos relations. Inutile de dire que la Grèce sera le partenaire le plus proche de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine pendant son parcours euro - atlantique et européen. La Grèce, par ces actions pendant toute cette période, a fait preuve de sa volonté d’aider ce pays et de le voir faire des pas en avant. Cela est aussi bien dans leur intérêt que dans le nôtre car ce qui nous intéresse est de créer une zone de stabilité, de sécurité et de croissance dans notre voisinage, à nos frontières. Cela est dans l’intérêt de toute la région, et à cette fin nous œuvrons d’arrache pied et dans le cadre de l’Union européenne en vue de pouvoir promouvoir le processus d’adhésion pour l’ensemble des pays des Balkans occidentaux.

A. FOURLIS : Monsieur le porte-parole, ne serait-il pas une erreur de considérer qu’il n’y aura pas de réunions des conseils ministériels, telles que celles qui sont en suspens entre la Turquie et la Grèce et entre Israël et la Grèce pendant le mandat du gouvernement actuel ?

G. DELAVEKOURAS : Comme vous le savez, nous avons des contacts avec la Turquie et Israël. Nous avons eu un entretien téléphonique avec le ministre turc des Affaires étrangères et hier, M. Ayalon, le vice-ministre israélien des Affaires étrangères a visité la Grèce. Nos contacts sont réguliers et nous voulons avoir une coopération avec ces deux pays. Cela dit, ces conseils, comme vous le comprenez, demandent une très bonne préparation afin de produire des résultats qui seront dans l’intérêt mutuel des peuples des deux pays. Nous avons d’ores et déjà une coopération étroite avec tous les deux pays et nous devrons voir dans la période à venir avec ces deux pays de quelle façon nous pourrons organiser ces conseils ministériels. Par conséquent, je ne voudrais pas conjecturer sur ce qu’il arrivera.

G. VLAVIANOS : Monsieur le porte-parole, êtes vous préoccupés par les développements actuels en Egypte et considérez-vous que la question de l’Egypte pourrait influencer les relations que nous voulons établir, les relations que le gouvernement veut établir avec Israël ?

G. DELAVEKOURAS : Nous pensons que l’Egypte est un pilier stratégique pour la stabilité dans la région élargie du Moyen-Orient. Nous pensons que l’Egypte est un pays très important qui a fait actuellement ses propres pas vers la démocratie après la révolution. La Grèce a été aux côtés du peuple égyptien avec lequel nous entretenons des relations d’amitié et de coopération de longue date et nous continuerons dans ce sens. Nous voulons avoir une relation de coopération privilégiée avec l’Egypte et c’est pourquoi le progrès du processus des réformes et le changement démocratique ainsi que le retour du pays à la normalité présentent un intérêt important pour nous. Bien évidemment, les tensions de ces derniers jours au Caire suscitent des préoccupations et espérons qu’une fin sera mise à ces tensions et que le peuple pourra nommer ses représentants et procéder rapidement aux réformes.

Vous devez savoir que la Grèce continuera de rechercher un contact étroit avec l’Egypte. Nous coopérons très étroitement dans de nombreux domaines, il existe une présence marquée en Egypte de la communauté grecques et d'entreprises grecques exerçant une activité dans ce pays et qui ont prouvé leur volonté de soutenir ce processus en cours en Egypte - à titre indicatif, je mentionnerais que nous avons enregistré une hausse des investissements, même après la révolution des entreprises grecques.
A cette occasion, permettez-moi de dire, car plusieurs articles ont été publiés dans la presse à ce sujet, qu’il n’y a aucun soucis à se faire au sujet des Grecs vivant au Caire et qu’ils se portent bien. Notre ambassade est en contact étroit avec eux et avec la communauté grecque et j'aimerais que cela soit clair. Je terminerais en disant que prochainement le gouvernement fera tout son possible pour avoir une coopération étroite avec les autorités égyptiennes.

M. KOURBELA : Monsieur le porte-parole, la partie autrichienne a fait savoir que les procédures visant à engager des négociations avec Skopje devront avancer indépendamment de la question du nom. Je voulais savoir si cela n’est pas à l’encontre du principe de bon voisinage ?

G. DELAVEKOURAS : Vous avez vous-même répondu à votre question. Je voudrais avant tout dire qu’il y a des décisions unanimes prises lors de conseils consécutifs de l’UE et qui soulignent l’importance de la résolution de la question du nom et du respect des relations de bon voisinage. C’est une condition essentielle, un principe essentiel pour tous les pays candidats et il doit être respecté. C'est la raison pour laquelle nous donnons autant d'importance à la résolution rapide de la question du nom. La Grèce soutient la perspective européenne de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine. Elle ne manque pas une occasion de le faire et elle continuera de le faire, mais tout cela doit être fait à sa juste valeur. Et cela signifie que nous devrons avoir une solution mutuellement acceptable à la question du nom et nous invitons de nouveau le gouvernement de Skopje à venir à la table des négociations dans un esprit constructif.

V. PALLAS : Le nouveau gouvernement grec a-t-il, selon vous, l’intention de proclamer la création d’une zone économique exclusive ? De la zone grecque ?

G. DELAVEKOURAS : La politique de la Grèce concerne la délimitation de toutes les zones maritimes avec tous ses voisins. C’est une politique immuable que les gouvernements grecs consécutifs ont élaborée au cours des années précédentes et il va sans dire que la Grèce, dans un tel contexte, ne renonce à aucun de ses droits conférés par le droit international et le droit de la mer plus précisément.

D. KONSTANTAKOPOULOS : Monsieur le porte-parole, j’aimerais vous poser une question. Au cours de ce dernier mois, tout ou presque a été dit par les gouvernements européens ; par exemple, pouvons-nous ou non faire un référendum, quel en serait le contenu, quand pouvons-nous faire un référendum et organiser des élections. C’est une première dans l'Histoire politique européenne après 1945 et quasiment tout le monde s’accorde pour dire qu’il s’agit d’une intervention manifeste dans les fonctions internes, constitutionnelles d’un pays membre de l’UE, un pays qui par ailleurs s’entend dire qu’il restera ou non au sein l’UE sous certaines conditions. C’est un peu comme si l’on avait une maîtresse qui disait à son élève « je t’expulse de l’école si tu ne fais pas cela ». Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de réaction officielle à ce niveau. Que songent faire le nouveau ministre des Affaires étrangères ou encore votre ministère pour attirer l'attention des gouvernements européens, en mettant l’accent sur le fait que tout cela n'est pas compatible avec les principes européens et les valeurs de la démocratie et de l’ordre constitutionnel grecs.

G. DELAVEKOURAS : Vous vous doutez bien que je ne peux émettre aucun commentaire sur les évolutions politiques internes, ce n'est pas mon rôle. Néanmoins, ce que je peux dire est que le ministre des Affaires étrangères a, dès les premiers instants, expliqué clairement que la première priorité à l’heure actuelle de la politique étrangère grecque était de réhabiliter la crédibilité du pays, de pouvoir prouver à nos partenaires que la Grèce fait ce qui lui incombe et qu’elle ne peut en aucun cas servir de un bouc-émissaire. Cette crise a prouvé une chose certaine : même si, au cours de ces deux dernières, la Grèce se trouve au cœur de cette crise, le problème n’est pas grec, il est européen et tous les jours des preuves supplémentaires viennent étayer ce point de vue. La Grèce a consenti de très gros efforts et elle prouve sans cesse sa détermination à sortir de la crise. Elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour garantir sa place dans la zone euro et l’Europe. Cela ne fait aucun doute. Prochainement, le ministère des Affaires étrangères et nous tous devrons, chacun depuis la position qu’il occupe, livrer cette bataille afin que notre pays puisse regagner sa crédibilité et c’est la priorité absolue du ministre des Affaires étrangères.

D. KONSTANTAKOPOULOS : Pardonnez-moi. Qu'entendez-vous par « regagner sa crédibilité » ? Quand la Grèce a-t-elle perdu sa crédibilité et comment ? Et vis-à-vis de qui ?

G. DELAVEKOURAS : Ecoutez. Je pense que si nous engagions cette discussion, elle resterait stérile. Je pense que cela n’a aucun intérêt dans le cadre de ce point de presse. La Grèce, depuis deux ans, est dans le collimateur d’analystes économiques, de spécialistes et de non spécialistes, de politiciens et des médias qui, souvent, altèrent son image et les efforts qui ont été consentis. Cela doit changer et cela changera. Avant tout grâce à nos réussites, aux résultats que nous apporterons. A l’heure actuelle, il y a, en Grèce, un gouvernement qui est chargé de s’acquitter d’une mission très difficile. Mais ce gouvernement est déterminé à réussir, à appliquer les décisions du 26 octobre qui permettront de sauvegarder l'économie grecque et de garantir les prochains pas à entreprendre afin que nous puissions sortir de la crise. Une autre question ?

A. FOURLIS : Oui, j’aimerais savoir si le message concernant la crédibilité de la Grèce, plus précisément la réhabilitation de cette crédibilité – que le ministre des Affaires étrangères a transmis lors de son discours au moment de la passation de pouvoirs – sera le premier objectif de sa visite en Allemagne. Est-ce que ce sera le message transmis à M. Westerwelle ? Nous aimerions des précisions à ce sujet. Que va-t-il lui dire? Cela nous permettrait de comprendre la teneur de cette tactique, de cette politique que vous allez suivre.

G. DELAVEKOURAS : J’aimerais avant tout vous dire que ce ne sera pas le premier objectif de la visite. Aussi bien le ministre des Affaires étrangères, que le Premier ministre ne manquent de mettre en avant, lors de leurs contacts, cette détermination de la Grèce afin qu’elle puisse faire les pas en avant nécessaires pour sortir de la crise et appliquer la décision du 26 octobre. De cette façon, tous nos efforts se poursuivront.
La visite en Allemagne revêt une importance particulière; l'Allemagne est un partenaire important avec lequel nous voulons avoir une très bonne coopération et il est essentiel que la partie allemande soit pleinement consciente des efforts et de la détermination de la Grèce. C’est exactement ce que le ministre des Affaires étrangères aura l’occasion de discuter avec son homologue allemand. Le ministre grec participera, comme je vous l'ai dit plus tôt, au forum où une discussion plus élargie sera engagée sur le rôle de l'Allemagne en Europe et dans le monde à l’heure actuelle, mais aussi sur l'importance pour l'Europe de pouvoir parler d'une seule voix. Car l'Europe est bien plus forte lorsqu'elle dépasse en puissance la somme totale de ses membres, sa puissance est bien plus grande lorsqu’elle peut parler tout en étant unie. L’Europe constitue un marché de 500 millions, le plus grand marché au monde et elle doit se conformer en fonction de cela. La Grèce fait partie intégrante de cette Union, tout le monde doit le comprendre. Les attaques dirigées vers la Grèce qui ont pour objectif de noircir son image sapent l'effort déployé afin de sortir de la crise, non seulement en Grèce, mais aussi dans les pays qui ont à l’origine de ces attaques. Car lorsque l’on fait tout pour que l’opinion publique en Europe se retourne contre la Grèce, on rend encore plus difficile la prise de décisions collectives de la part de l'Europe afin que nous puissions sortir de la crise et cela est une erreur. Dans le même temps, en sapant la crédibilité de la Grèce à une période où il est important de retrouver la croissance, d’investir et de mettre en œuvre des projets de développement en Grèce, on entrave cette évolution. Tout cela donc figurera à l’ordre du jour des contacts du ministre grec des Affaires étrangères avec son homologue allemand et lors de tous ces contacts et discussions à partir du moment où il a assumé ses fonctions.

M. KOURBELA : Monsieur le porte-parole, ma question est – et je m’en tiendrais à cette question de crédibilité, car pour moi il n’est pas question de crédibilité, mais de confusion entre la conjoncture économique et l'incapacité de la Grèce à négocier en tant que partenaire équitable. Je crains que cela n’influence notre position de négociation à l’heure où une question importante se pose, celle du budget sur sept ans.
Deuxièmement, hier, les six premières lois qui régissent en fait la gouvernance économique ont été publiées hier. L’une de ces lois portant sur les sanctions, prévoit que l'Etat membre qui ne respectera pas les conditions prévues par la législation ne participera pas aux décisions du Conseil, à savoir des 17. Automatiquement donc, sa capacité de négociation s’en voit entravée et son honneur atteint. Ce qui reviendrait à dire que nous ne sommes pas vraiment pris en considération à partir du moment où l’on doit de l’argent. J’aimerais savoir si vous avez l’intention de prendre des mesures, au niveau du parlement européen et à tous les niveaux des instances européennes, qu’elles soient principales ou subsidiaires.

Merci.

G. DELAVEKOURAS : Je vais redire ce que j’ai dit tout à l'heure. Avant tout la Grèce participe et négocie lors de toutes les procédures de prises de décisions de l'UE et elle continuera de le faire. Cela étant, entrer dans une discussion hypothétique sur des idées qui de temps à autres ont été mises sur la table ne fait aucun sens. Nous devrons attendre ces discussions, ces négociations, que le cadre faisant l'objet de discussions puisse être formé.
Tout le monde doit toutefois clairement comprendre que la Grèce participe pleinement et négocie normalement dans le cadre de l’Union européenne et il est dans l’intérêt de tous qu'elle réussisse. Mais pour cela, la coopération de toutes les parties est nécessaire. Qu’un pays se retourne contre un autre pays au sein de l’Union européenne ne fait aucun sens, car les pressions sont dirigées contre tous les pays et la crise elle-même l’a prouvé. Donc, cette logique des « attaques » des uns contre les autres doit cesser, il faut que l’Europe puisse enfin arriver au point de pouvoir parler d'une seule voix, car les choses sont très graves.

A. FOURLIS : Outre les intentions européennes que vous décrivez, ce qui nous intéresse ce sont les intentions de la Grèce, à Berlin. Et si j'ai bien compris votre réponse, concernant l’objectif qui est de rétablir la crédibilité de la Grèce, le ministre fera dans un premier temps deux choses : premièrement assurer que la Grèce participe à l’effort européen pour sortir de la crise et deuxièmement qu’elle est déterminée à appliquer l’accord du 26 octobre, c’est bien cela ? Est-ce que ce seront les principaux messages transmis par le ministre?

G. DELAVEKOURAS : Entre autres, oui, mais la discussion ne se limitera pas à ces questions. Il s’agit d’une rencontre entre ministres des Affaires étrangères qui ont beaucoup de points à débattre. Pour ce qui est de la question précise que vous soulevez…

A. FOURLIS : En ce qui concerne le rétablissement de la crédibilité de la Grèce, précisément, car c’est le premier objectif que le ministre lui-même a posé…

G. DELAVEKOURAS : Effectivement. Actuellement, les Européens parlent d’une seule voix, et non en tant que pays séparément. Car nous avons des intérêts communs, nous devons prendre conscience du fait que si l’Europe ne parle pas d’une seule voix, elle deviendra plus faible, elle deviendra une cible facile. Le problème aujourd'hui a dépassé les frontières grecques, le problème concerne des structures qui manquaient au projet européen et que nous devons rétablir, le problème concerne également le manque de détermination de l’Europe qui doit retrouver cette détermination. Cela est très important pour que l'Europe puisse sortir réellement plus forte de cette crise. Toutes les procédures sont en cours à l'heure actuelle. Les négociations seront importantes au cours de la prochaine période et pour cette raison il est tout aussi important que nous puissions avoir une bonne coopération avec tous nos partenaires.

D. KONSTANTAKOPOULOS : Le ministre vient d’un parti qui, pas plus tard qu’hier, disait que cet accord avec la troïka était une erreur. Que va-t-il faire maintenant ? Va-t-il demander un changement de politique ou proclamer haut et fort sa fidélité en appliquant la politique ? Nous sommes un peu confus, si vous pouviez nous éclairer à ce sujet. Ce n’est sans doute pas à vous de le faire et pardonnez-moi si je vous pose cette question…

G. DELAVEKOURAS : Le gouvernement grec a présenté les objectifs aussi difficiles qu’importants qu’il doit réaliser très rapidement. Le Premier ministre a présenté ces objectifs devant le Parlement hellénique et le ministre des Affaires étrangères a exposé les questions relevant de la politique étrangère. Tel est le programme du gouvernement et c’est ce programme qu’il doit appliquer et il est important qu'il le fasse pour que la Grèce puisse sortir de cette crise.

Avez-vous une autre question ? Merci.