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Point de presse du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, M. Delavekouras (06.10.2011)

jeudi, 06 octobre 2011

G. DELAVEKOURAS : Bonjour. Permettez-moi de commencer par l’agenda des ministres. Cet après-midi, le ministre des Affaires étrangères participera à la cérémonie d’accueil du Président ukrainien donnée par le Président de la République au Palais présidentiel. Par la suite, il participera aux discussions élargies des délégations. Le soir, M. Lambrinidis assistera au dîner offert par le Président de la République en l’honneur du Président ukrainien.
Demain, le vendredi 7 octobre, le ministre des Affaires étrangères s’entretiendra avec les ambassadeurs des Etats-Unis d’Amérique, de France et de Chine.
Les 8 et 9 octobre, M. Lambrinidis, accompagné du Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, se rendra au Mont Athos en vue de participer à la célébration des vingt années du Patriarche à la tête du Patriarcat œcuménique.
Le lundi 10 octobre et le mardi 11 octobre, le ministre des Affaires étrangères et la ministre adjointe des Affaires étrangères se déplaceront à Luxembourg en vue de participer aux sessions du Conseil Affaires extérieures et du Conseil Affaires générales. Le Conseil Affaires extérieures sera consacré au voisinage sud et notamment à la situation en Syrie, en Libye, en Tunisie, en Egypte – éventuellement au Yémen à la lumière des évolutions récentes – en Iran, au sommet Union européenne – Chine et au processus de paix au Moyen-Orient qui sera probablement abordé lors du déjeuner. Au Conseil Affaires générales, les discussions tourneront autour de la politique de cohésion que présentera la Commission mais aussi des mesures visant à renforcer la croissance, que la présidence présentera, et enfin de la préparation du Conseil européen des 17 et 18 octobre.
Du mercredi 12 au vendredi 14 octobre, le ministre des Affaires étrangères, accompagné du Secrétaire général du ministère ainsi que de représentants d’organes institutionnels du monde des affaires et d’une délégation parlementaire constituée de membres du Conseil national sur la politique étrangère effectuera des visites en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. La première étape de la tournée du ministre des Affaires étrangères sera l’Egypte, où M. Lambrinidis aura une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères et le Secrétaire général de la Ligue arabe. Le programme inclut également des rencontres avec le Secrétaire d’Etat aux investissements, des représentants de partis politiques ainsi que des organisations de la diaspora grecque.
Le jeudi 13 octobre, le ministre se déplacera à Amman où il sera reçu par le Roi de Jordanie et rencontrera le ministre des Affaires étrangères. Par ailleurs, il y aura des rencontres avec le Groupe d’amitié gréco-jordanien du Parlement grec et le Comité Défense et Affaires extérieures. Le Liban sera la dernière étape de la visite du ministre, le 14 octobre, où il aura des rencontres avec le président de la République, du Parlement et du gouvernement libanais, ainsi qu’avec le ministre des Affaires étrangères.
La ministre adjointe des Affaires étrangères aura une rencontre à Athènes, le vendredi 7 octobre, avec la commissaire Maria Damanaki.
Nous pouvons maintenant passer aux questions.

Α. FOURLIS : Y a-t-il du nouveau concernant l’activité effectuée dans la région élargie de la Méditerranée orientale, à Chypre, comment se déroulent les forages; est-ce que le gouvernement chypriote vous a informé de la question et est-ce que vous observez de la part de la Turquie une vive mobilité qui pourrait devenir un problème?

G. DELAVEKOURAS : Comme vous le comprenez, nous suivons de très près les évolutions dans la région de la Méditerranée orientale. Nous avons d'emblée déclaré clairement que la Turquie devrait s'abstenir d'entreprendre des actions susceptibles de provoquer des tensions. Elle doit respecter le droit international et adopter l'attitude appropriée afin de ne pas attiser les tensions dans la région, à une période cruciale où la Méditerranée orientale et les pays de la région doivent relever des défis de taille.
Des défis posés par le « Printemps arabe », par les évolutions en Syrie et le fait que le problème palestinien traverse une étape cruciale. Et c’est dans un tel contexte que la Turquie entreprend des actions et fait des déclarations qui ont pour effet d’attiser les tensions. C’est un message à la fois clair et ferme que nous avons envoyé à la partie turque lors des contacts du Premier ministre et des ministres des Affaires étrangères et de la Défense avec leurs homologues. Nous voulons que le droit international soit respecté, que la stabilité dans notre région soit consolidée. Cela étant, il est clair que la Grèce entreprend toutes les actions nécessaires afin de sauvegarder intégralement ses droits souverains et elle envoie ce message clair à la Turquie.

D. KONSTANTAKOPOULOS : Monsieur le porte-parole, j’ai entendu votre avertissement concernant la Turquie et j’aimerais vous poser une question. En effet, j’ai été très surpris de lire dans le quotidien Kathimerini un article israélien – c’était la traduction en grec d’un article israélien – dans lequel l'auteur disait en gros qu’il songeait à l’éventualité qu’un pilote israélien appuie sur le bouton, qu’il abatte un avion turc et que cela mène à un conflit dans la région. Vous comprenez bien que la situation est tendue. Les pilotes des avions de combat ne se mettent pas en colère habituellement, sinon il y aurait eu des guerres sans fin. Par conséquent, je me demande comment Athènes envisage l'éventualité d’être impliquée dans un conflit régional en Méditerranée orientale, notamment dans la conjoncture actuelle. En d’autres termes, outre l’avertissement à la Turquie qui a bien été compris, quelles autres mesures prenez-vous et comment analysez-vous la situation ?

G. DELAVEKOURAS : Tout d’abord j’aimerais clarifier une chose : je n’ai nullement l’intention de commenter des articles publiés dans la presse et qui avancent des scénarios hypothétiques. Je pense vous avoir déjà répondu en disant que les actions de la Turquie créent en fait des tensions et comportent des dangers. Nous pensons que la consolidation de la stabilité est dans l’intérêt de tous les pays de la région. Nous avons dit à maintes reprises que la Turquie essayait de donner un caractère militaire à la discussion sur les évolutions autour de cette question et nous pensons que c'est une option dangereuse. Nous avons déjà dit que nous ne suivrons pas Ankara dans cette logique. Nous répondons en avançant des arguments forts, nous répondons dans le cadre du droit international et nous invitons la Turquie, qui dernièrement invoque souvent le droit international, à le respecter. C’est notre position et je pense qu’elle est très claire. J'espère que ces pratiques cesseront car elles suscitent des tensions. Nous devons au contraire nous entendre, coopérer et reconnaître les droits souverains de tout Etat dans la région. Dans un tel contexte, je me dois de redire que la République de Chypre exerce des droits souverains acquis en effectuant ses activités de recherche pour ses ressources naturelles. Cela est clair et la communauté internationale s'est positionnée à ce sujet, tous les pays ayant un intérêt pour la région se sont positionnés de manière très claire en parlant du droit acquis de Chypre y relatif. 

Α. FOURLIS : Par conséquent, dans les conditions actuelles est-ce que le climat productif que la partie grecque a demandé à la Turquie est créé afin que la prochaine rencontre de coopération stratégique puisse avoir lieu, à la fin du mois d'octobre, début novembre ?

G. DELAVEKOURAS : Le choix et la volonté de la Grèce est d’entretenir de bonnes relations avec la Turquie. C'est un choix motivé par le fait que cela est dans l'intérêt des deux pays. Pour cette raison, nous avons essayé de renforcer et d’approfondir nos relations, nous avons institutionnalisé notre coopération en fondant un Conseil suprême de coopération qui dès la première réunion a produit d’importants résultats qui ont eu un impact direct sur le quotidien des citoyens des deux pays et c’est dans cet esprit que nous voulons continuer. Il va de soi que cet effort doit être fait dans un environnement qui nous aidera à parvenir à des résultats. Lors de la discussion entre le ministre des Affaires étrangères et M. Davutoglu à New York mais aussi dans d'autres pays, nous avons émis le souhait que se réalise le Conseil suprême de coopération, et ce dans un environnement productif et efficace. Nous n’avons pas encore discuté de dates précises et certes toutes les données sont évaluées comme il se droit.

A. PELONIS: Dans le même contexte, on constate un ralentissement au niveau des questions gréco-turques, il n’y a pas eu de contacts exploratoires depuis fin juin- début juillet, si je ne m’abuse et des élections se sont déroulées en Turquie. Nous sommes au mois d’octobre maintenant, est-ce qu’une rencontre est bientôt prévue ?
Nous attendons que cette histoire en Méditerranée orientale prenne fin – si elle prend fin – afin d’avancer car il y a de toute évidence une stagnation.

G. DELAVEKOURAS : Les deux pays ont décidé d’accélérer les contacts exploratoires et c’est ce qui se passe actuellement. Ces contacts sont très réguliers et je ne peux en ce moment vous dire la date de la prochaine réunion.  Quoi qu’il en soit, la partie grecque souhaite voir du progrès au niveau des contacts exploratoires. Nous pensons que le règlement de la question portant sur la délimitation du plateau continental entre les deux pays aura des effets positifs tant pour les relations bilatérales des deux pays que pour la région dans son ensemble, car une solution pourrait être un facteur de stabilité et c’est dans ce sens que nous poursuivons nos efforts.

F. PAPATHANASSIOU : Pourquoi M. Dollis s’est rendu au siège de la Nouvelle Démocratie hier et quel a été l’objet des discussions qu’il a eues avec M. Avramopoulos et M. Panagiotopoulos ?


G. DELAVEKOURAS : Cette visite s’intègre dans le cadre de la communication d’informations régulière par le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères sur des questions relevant de sa responsabilité.

S. RISTOVSKA : Monsieur le porte-parole, après les entretiens de M. Lambrinidis à New York, aux Etats-Unis, avec M. Ban Ki-moon, M. Nimetz et son homologue, pouvons-nous nous attendre à une évolution relative à la question du nom ?

G. DELAVEKOURAS: L’objectif de la Grèce, un objectif qu’elle ne manque d’afficher à chaque occasion, est de pouvoir progresser et nous pensons qu’il existe un cadre bien clair afin que ce progrès puisse être réalisé. Il est tout aussi clair que la Grèce a fait preuve d’une attitude très constructive tout au long des négociations et dans ce même esprit elle continue de participer aux négociations avec l’Organisation des Nations Unies. Toutefois, je dois avouer que l’Ancienne République yougoslave de Macédoine n’a pas, jusqu’à présent, changé son attitude et fait preuve de sa volonté de voir les négociations avancer, ce qui nous permettra de parvenir à un résultat. Au contraire,  même lors de la session de l’Assemblée générale, les interventions qui ont été faites ont instauré un climat nullement optimiste. Néanmoins – et je voudrais transmettre de nouveau ce message à l’opinion publique de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine – la Grèce veut parvenir à une solution dans les plus brefs délais et elle veut être aux côtés de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine dont la perspective euro-atlantique et européenne est soutenue de manière ferme. Nous voulons continuer sur la même voie et pensons qu’un règlement de la question du nom, ce qui constitue une condition requise de l’Union européenne et de l’OTAN, nous permettra de promouvoir rapidement sa perspective européenne et euro-atlantique.

S. RISTOVSKA : Y a-t-il du nouveau concernant M. Nimetz ? Est-ce qu’il souhaite venir dans la région ?

G. DELAVEKOURAS: M. Nimetz a fait des déclarations à New York dans lesquelles il a affirmé qu’aucune visite dans la région n’est prévue pour le moment. Cela dit, c’est à lui de décider des prochains pas à entreprendre.

M. POPOVIK : Qu’en est-il de l’affaire entre Skopje et la Grèce qui a été portée devant la cour de La Haye ? Quelle est la stratégie de la Grèce ? Les résultats sont-ils négatifs ou positifs ?

G. DELAVEKOURAS : A ce stade, comme vous le comprenez, il n’y a rien de nouveau. Nous attends la décision de la cour. Le processus est en cours et nous devons attendre la décision de la cour pour pouvoir par la suite prendre position.

F. PAPATHANASSIOU : Que pensez-vous de la situation à Chypre après les conclusions de l’enquête de Polyvios, vu toutes ces évolutions et les forages dans la région et la situation générale ?

G. DELAVEKOURAS : Vous avez soulevé de nombreuses questions et tout d’abord je voudrais clarifier que la question de l’enquête et des conclusions concernant l’explosion relève des affaires intérieures de la République de Chypre et je n’ai pas l’intention d’aborder cette question. Cela dit, pour ce qui est des autres questions auxquelles vous vous êtes référé, comme je vous l’ai tout à l’heure dit, nous voulons que la stabilité s’établisse dans la région et que les droits souverains acquis de la République de Chypre qui sont contestés par la Turquie soient respectés. Les négociations sur la question chypriote ont atteint un point critique. Malheureusement, comme nous l’avons également constaté dans les déclarations du Premier ministre turc, la Turquie continue en effet d’entraver l’avancement des négociations et cela doit changer. Il va de soi que la Turquie au moyen de l’armée d’occupation exerce un contrôle déterminant sur les territoires occupés et a une influence sur l’avancement des négociations. La Turquie doit guider la partie chypriote turque afin que les négociations puissent avancer. Le Secrétaire général des Nations Unies a invité les deux dirigeants à participer à une rencontre lors de laquelle nous espérons qu’il y aura du progrès, mais cela, bien entendu, dépend des résultats et de l’attitude de deux parties à la table des négociations. Malheureusement, tant les déclarations que les informations qui nous sont parvenues concernant l’état d’avancement des négociations en ce moment, n’inspirent guère l’optimisme auquel aspirent de manière ferme tant le Président Christofias que la partie chypriote grecque.

N. MELETIS: Etes-vous satisfaits du projet de rapport sur les progrès réalisés par la Turquie, ce qui a été, si je ne m’abuse, le résultat des efforts déployés aussi par le gouvernement grec ?

G. DELAVEKOURAS: Le rapport sur les progrès réalisés est un document de la Commission dans lequel sont matérialisées les positions de cette dernière. En ce moment, d’après les informations à ma disposition, le processus d’élaboration des rapports est en cours et par conséquent je n’ai pas l’intention d’émettre de commentaire à cet égard. Cela dit, je voudrais souligner que le Conseil et les Etats-membres déclineront leurs positions lors de la session du Conseil « Affaires générales » qui se tiendra en décembre.

N. MELETIS : Je ne comprends pas ce que vous voulez dire.

G. DELAVEKOURAS : Je vous ai dit que le rapport est un document dans lequel sont matérialisés les points de vue de la Commission et les Etats membres et le Conseil prennent position au moyen de leurs propres procédures. Cela dit, je n’émettrai aucun commentaire concernant un texte qui n’est pas encore dans sa version finale.  Il y a eu des fuites et, bien entendu, celles-ci ne correspondent pas à la version finale du texte.

N. MELETIS :  Puisque les textes de la Commission sont importants pour les processus d’adhésion de chaque pays candidat, pensez-vous que cette position menaçante et révisionniste de la Turquie au cours de dernier semestre en Méditerranée orientale sera signalée dans le rapport de la Commission et avez-vous fait en tant que gouvernement grec aux démarches nécessaires dans ce sens ?

G. DELAVEKOURAS : Je vous répète que ce document exprime les positions de la Commission. Toutefois, il va sans dire que dans ce document sera décrite la réalité et la réalité est que ces derniers temps le comportement de la Turquie suscite des inquiétudes.

A. FOURLIS : Une question portant sur un autre dossier : avez-vous eu récemment des informations concernant la question du recensement en Albanie ? A quel stade se trouve ce processus ?

G. DELAVEKOURAS : Nous pensons que le recensement devrait être un outil pour le meilleur fonctionnement de la fonction publique de l’Albanie vis-à-vis de ses citoyens et pour la sauvegarde et la protection des droits des minorités qui vivent dans le pays. La décision des représentants des plus importants groupes minoritaires,  y compris la minorité ethnique grecque, d’inviter ses membres à ne pas participer au processus de recensement, en protestant de la non sauvegarde du droit à la libre autodétermination met en avant le déficit de confiance de nos minorités à l’égard de l’Etat albanais et le gouvernement albanais doit dans les plus brefs délais régler cette question. Le respect des droits de l’homme et des minorités constitue pour l’Union européenne un critère fondamental à l’avancement des négociations d’adhésion de l’Albanie. La Grèce a investi depuis longtemps dans l’établissement de bonnes relations avec l’Albanie et continuera de le faire, tout en considérant comme acquis, dans ce cadre, le respect et la protection des droits de la minorité ethnique grecque qui est un pont d’amitié entre les deux pays.

N. MELETIS : Etes-vous d’accord avec l’abstention proclamée par Omonia et d’autres organisations ?

G. DELAVEKOURAS: C’était une décision des représentants des minorités du pays, une décision laquelle, comme je vous l’ai dit, reflète le déficit de confiance à l’égard de l’Etat albanais.

Je vous remercie.