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Point de presse du porte-parole du ministère des Affaires étrangères G. Delavekouras (08.12.11)

vendredi, 09 décembre 2011

Seul le prononcé fait foi

G. DELAVEKOURAS : Bonjour. Comme vous le savez, ces dix derniers jours ont été très intenses sur le plan des contacts et développements diplomatiques. Après sa visite à Chypre, le ministre des Affaires étrangères s’est rendu en Allemagne, où il a eu une rencontre bilatérale avec son homologue allemand ainsi qu’avec le président de l’Union européenne le ministre polonais des Affaires étrangères. Ce fut une très bonne rencontre dans le cadre de cette préparation que nous avons effectuée sur les évolutions à venir.

A l’occasion des trois réunions ministérielles de la semaine en cours, la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, de l’OSCE et de l’OTAN, le ministre a également eu une série de contacts bilatéraux avec ses homologues en vue de s’entretenir sur un large éventail de questions, allant de la politique étrangère grecque à la nécessité de changer l’image de la Grèce à l’étranger. Dans ce contexte, il a eu des contacts avec ses homologues français, italien, belge et autres.

M. le ministre a également eu une rencontre qui s’est déroulée dans un climat cordial avec le ministre russe des Affaires étrangères avec lequel il s’est entretenu sur un large éventail de sujets relatifs aux relations gréco-russes. Les deux ministres ont discuté de la nécessité de renforcer le cadre de coopération conventionnel entre les deux pays, tandis que M. Dimas s’est référé à l’importance qu’accorde la Grèce au renforcement des relations avec la Russie et à la participation de sociétés russes aux opportunités d’investissements qui s’offrent dans notre pays à l’heure actuelle. Ils ont également discuté de l’important flux de touristes en provenance de Russie, de notre coopération ultérieure dans le domaine des visas et du progrès effectué pour la signature d’un protocole d’accord y relatif entre les deux pays. Les consulats de Grèce ont d’ores et déjà procédé aux actions nécessaires permettant de délivrer rapidement des visas aux ressortissants russes. Enfin, ils ont abordé les développements dans notre région, en Méditerranée orientale et à Chypre.

Le ministre des Affaires étrangères a également eu une rencontre – qui vient tout juste de se terminer – avec la Secrétaire d’Etat américaine en marge de la session ministérielle du Conseil de l’Atlantique Nord, une rencontre organisée à l’initiative des Etats-Unis qui a duré 45 minutes et qui s’est déroulée dans un climat très cordial. Pendant la rencontre, les deux ministres ont eu l’occasion de discuter avant tout des évolutions sur la scène économique. La partie américaine a réitéré son respect et son honneur pour les efforts consentis par la Grèce et le peuple grec afin de sortir de la crise ainsi que son engagement à soutenir la Grèce dans cet effort. Le ministre grec des Affaires étrangères a proposé la réactivation du Comité conjoint gréco-américain du Commerce et de l’Economie et les deux parties sont convenues d’examiner les détails pour avancer dans ce sens. Les entretiens ont également porté sur la nécessité d’attirer des investissements américains en Grèce, d’améliorer l’image de la Grèce aux Etats-Unis, ce qui revêt une importance capitale, de pouvoir valoriser les immenses capacités de la communauté grecque des Etats-Unis – ce qu’ont affirmé les deux parties – et enfin de poursuivre notre coopération entre les deux ministères sur toutes les questions préoccupant notre région. Dans ce contexte, bien naturellement, ont été abordées les évolutions dans les Balkans, la question du nom de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine ainsi que les développements en Méditerranée orientale et le dossier chypriote.

Comme vous le savez, cette semaine a été très importante. La politique étrangère grecque, le ministre grec des Affaires étrangères ont dû affronter des conditions très difficiles et en dépit de cela, nous avons pu relever les défis qui se sont présentés à nous.

Lundi, la Cour internationale de la Haye a rendu sa décision, vous la connaissez. Le ministère des Affaires étrangères s’est déjà positionné à cet égard, nous pourrons en discuter par la suite. Puis deux réunions ministérielles ont suivi, la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE lundi et la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN, mercredi. Ces deux organisations ont, par des décisions unanimes, réaffirmé la politique des portes ouvertes et se sont dit prêtes à accueillir les pays candidats à l’adhésion à ces organisations, tout en réaffirmant les conditions strictes à respecter pour réaliser cet objectif. Nous estimons que c’est un message clair qui doit être valorisé. Cela dépend des pays candidats eux-mêmes.

Ces décisions sont très importantes ainsi que le fait qu’elles soient rendues après la décision de la Cour internationale de la Haye et nous espérons qu’elles serviront de tremplin, en ce qui concerne l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, afin que nous puissions intensifier les négociations dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies sous l’égide du représentant spécial du Secrétaire général M. Nimetz et parvenir à une solution. Telle est la volonté ferme de la Grèce, elle le prouve à chaque occasion, elle l’a prouvé à la table des négociations et nous espérons pouvoir réellement progresser.

La Grèce, vous le savez bien, a œuvré en faveur de la perspective européenne et euro-atlantique des pays des Balkans occidentaux et continuera de le faire. Au cours de cette prochaine période nous prendrons des initiatives y relatives afin de renforcer davantage cette perspective en nous fixant bien entendu comme horizon la présidence grecque de l’Union européenne au premier semestre 2014. Nous voulons dans cet effort avoir à nos côtés tous nos partenaires des Balkans occidentaux. Telle est notre logique, car nous pensons que la vision européenne de la région est en réalité une vision de paix et de croissance. Cela est dans l’intérêt de tous et c’est ce sur quoi nous œuvrerons.

En ce qui concerne l’agenda du ministre des Affaires étrangères, j’aimerais dire que ce dernier est à l’heure actuelle à Bruxelles et sera à la disposition du Premier ministre dans le cadre du Conseil européen, tandis que les travaux de la session de l’OTAN se poursuivent.

La ministre adjointe des Affaires étrangères, Mme Xenogiannakopoulou se trouve également à Bruxelles en vue d’accompagner le Premier ministre. A l’ordre du jour du Conseil figurent, comme vous le savez, la crise économique et financière, la politique économique de l’Union, des questions relatives à l’élargissement, la question de l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’espace Schengen ainsi que la situation en Iran.

Enfin, le vendredi 9 décembre devrait avoir lieu la cérémonie de signature du traité d’adhésion avec la Croatie.

Pour ce qui est de l’agenda du Secrétaire d’Etat, M. Dollis. Ce dernier sera en déplacement à Moscou, du 14 au 17 décembre en vue de participer aux travaux de la 25e session des ministres des Affaires étrangères de l’OCEMN. En marge de la session, il aura des rencontres bilatérales avec des hauts fonctionnaires russes.

Le Secrétaire général des Relations économiques internationales, M. Papadopoulos sera en déplacement à Berlin, les 12 et 13 décembre, où il participer à une conférence organisée par l’ambassade de Grèce en coopération avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de Berlin sur le thème des opportunités d’investissement en Grèce. Les 14 et 15 décembre, il sera à Genève en vue de participer aux travaux du Conseil Affaires étrangères sur des questions ayant trait à la politique commerciale.

Je suis maintenant prêt pour répondre à vos questions.

A. PELONI : Une question relative à la décision de la Cour internationale de la Haye. Êtes-vous préoccupés par le fait que dans la décision il semblerait que les juges aient fait une interprétation large, en considérant l’expression de l’objection comme un droit de veto ? Ma deuxième question est la suivante : toutes ces années nous avons eu de nombreux exemples de violation de l’accord intermédiaire. Pourquoi la cour n’en a-t-elle pas pris compte ? La documentation était-elle insuffisante ? N’avions-nous pas assez d’éléments à notre disposition pour pouvoir appuyer nos propos ? Nous avions de nombreux exemples, allant des matchs de basket jusqu’à Skopje qui se présentait à l’ONU sous l’appellation Macédoine, etc. Comment expliquez-vous cela ?

G. DELAVEKOURAS : Pour répondre à votre première question, j’aimerais souligner que l’article 11 de l’accord intermédiaire se réfère à l’objection, ce sur quoi la cour international a été appelée à se pencher. La cour internationale – et j’aimerais que nous le gardions bien en tête – a examiné une affaire spécifique sur la base de faits spécifiques et d’informations précises. Avant d’en venir à des généralités et de voir ce que signifie cette décision, il faut laisser le temps aux juristes de l’examiner attentivement afin qu’ils puissent l’apprécier sous tous ses aspects. J’aimerais toutefois souligner que nous devons être prudents lorsque nous interprétons la décision de la Cour de la Haye qui, je le répète, concerne principalement l’article 11 de l’accord intermédiaire. Il ne faut pas oublier que la Cour examine l’application de l’article 11 et se réfère à des faits spécifiques pour une période donnée. Je me réserverais donc de procéder à des déductions ou de faire des généralités.

Bien entendu, nous examinerons avec la plus grande attention cette decision. Il est certain que des questions subsistent quant a ses motifs – nous avons presente de nombreux elements – nous devrons evaluer certaines choses comme, a titre indicatif, la question des livres scolaires, a l’egard de laquelle la Cour n’a pas motive sa position, bien qu’elle constate le fait.

Je dirais à l’heure actuelle qu’il faut garder en tête que la décision de la Cour de la Haye porte sur une question très précise, l’application de l’article 11 à une période donnée, à savoir en avril 2008 et sur la base de faits réels relatifs à cette question.

Nous aurons l’occasion, à l’avenir, de discuter de cette question et bien naturellement de la teneur de la décision, mais nous devons garder la substance également. La substance est que la cour a décidé de ne pas déterminer au préalable l’attitude de la Grèce pour l’avenir. La substance est que la cour invite la Grèce et l’Ancienne République yougoslave de Macédoine à négocier de bonne foi afin que nous puissions parvenir à un règlement de la question du nom. Tel est le souhait de la Grèce, la volonté de la Grèce, nous ne manquons une occasion de le répéter et nous avons prouvé par notre attitude constructive à la table des négociations que nous voulions parvenir à une solution.

Je pense que cette semaine, la communauté internationale, l’Union européenne et l’OTAN ont envoyé le même message. Elles ont demandé aux deux pays de négocier de bonne foi et je pense qu’il faut en tenir compte et adopter un comportement approprié. La Grèce et l’Ancienne République yougoslave de Macédoine peuvent tirer de très gros avantages de leur coopération pour leurs peuples.

H. KAPOUTSIS : Il existe un point de vue selon lequel des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères n’ont pas apporté leur soutien … que l’on aurait dû d’abord dénoncer l’accord intermédiaire. Est-ce que ce point de vue est d’après vous justifié ?

G. DELAVEKOURAS : la possibilité de dénoncer l’accord est prévu par l’accord lui-même et est à la discrétion des deux parties qui jugent d’après les données disponibles et la conjoncture si elles désirent procéder à une telle action. Engager une discussion sur ce que l’on aurait pu faire il y a cinq ans ou trois ans ou un an n’a pas vraiment de sens à l’heure actuelle, mais il faut être clair…

H. KAPOUTSIS : Je pose la question car nous avons un résultat précis.

G. DELAVEKOURAS : Oui, nous avons un résultat précis que nous venons d’analyser et qui, selon la lecture que j’en fais, ramène la question du nom à ses dimensions réelles, à savoir la nécessité de nous asseoir à la table des négociations menées sous l’égide des Nations Unies et de parvenir à une solution mutuellement acceptable. Et c’est ce qui importe le plus car c’est ce qui contribuera à instaurer la sécurité et la stabilité dans notre région, ainsi que l’a demandé le Conseil de sécurité des Nations Unies dans ses décisions.

Α. VOUDOURIS : Aujourd’hui, M. Gruevski, en se servant de l’arrêt de la Cour Internationale de Justice, a demandé à la Commission européenne, ainsi que lors du Conseil européen, l’adoption d’une date d’ouverture des négociations d’adhésion, sans évoquer la substance de la question, sans demander l’ouverture des négociations avec Athènes. Quel est votre commentaire ? Deuxième question, est-ce que M. Nimetz vous a parlé d’une éventuelle initiative de sa part ?

G. DELAVEKOURAS : Pour ce qui est de votre première question, c’est une position formulée par Skopje au cours de ces deux dernières années. L’Union européenne a déjà pris position à cet égard, elle a successivement pris des décisions unanimes en 2009, en 2010 et pour la troisième fois le lundi dernier. L’important est que tous reçoivent les messages appropriés. Lorsque la Communauté internationale parle d’une voix aussi claire, ce que nous devons faire est d’axer tous nos efforts sur le règlement des problèmes existants. Telle est la volonté de la Grèce et tel est notre message vers Skopje et nous espérons voir des progrès se réaliser dans ce sens.

S’agissant de votre deuxieme question, M. Nimetz, comme vous l’avez vous-memes constate par le communique qui a ete emis, il a des contacts avec les deux parties. Toutefois, je n’ai rien d’autre a vous dire jusqu’a present concernant cette question. De toute facon, ces communiques sont emis par lui-meme. La Grece soutient l’?uvre du mediateur des Nations Unies, elle soutient ses efforts et nous esperons que ces efforts pourront conduire a une solution. Mais, j’aimerais encore une fois souligner que ces derniers jours un message precis est transmis par les differentes parties, a savoir que nous devons nous asseoir a la table des negociations menees sous l’egide des Nations Unies. Tel est justement le contenu du communique emis par M. Nimetz, lequel a affirme qu’il etait en contact avec les deux parties et qu’il leur avait demande, apres l’arret rendu par la Cour de la Haye, d’axer leurs efforts sur l’atteinte d’une solution. C’est cela que nous devons faire maintenant.

S. GADONA: Après l’arrêt y relatif, l’Albanie a supprimé les nationalités. Par conséquent, les membres de la minorité ethnique hellénique n’auront évidemment à leur disposition aucun document attestant de leur origine grecque.

G. DELAVEKOURAS : Nous sommes au courant de la décision rendue par la Cour constitutionnelle de l’Albanie. Nous devons étudier cette décision avec très attention en vue de voir dans quelle mesure elle remplit au fond les critères et les conditions internationaux concernant la protection des minorités. Il est très important que le gouvernement albanais puisse gagner la confiance des minorités, une confiance qui a été ébranlée lors du récent recensement et c’est pourquoi l’Albanie doit axer toute son attention sur l’instauration des relations de confiance. Pour notre part, je répète que nous étudierons cette décision avec une très grande attention.

M. KOURBELA: Monsieur le porte-parole, M. Dimas a affirmé que la Grèce commençait petit à petit à se préparer pour la présidence de l’Union européenne en 2014, une année qui a été étroitement liée à la perspective européenne des Balkans. L’Albanie a soumis une demande d’adhésion à l’Union européenne. Est-ce que ces questions relatives à l’élargissement de l’Union européenne aux Balkans figureront parmi les priorités de notre présidence ? Merci.

G. DELAVEKOURAS : Les initiatives visant a faire raviver la perspective d’adhesion des Balkans occidentaux seront en tete de la liste des priorites de la presidence hellenique en 2014 et notre objectif au cours de notre mandat sera d’organiser la premiere reunion au sommet entre l’Union europeenne et les Balkans occidentaux apres 2003, date a laquelle nous avons reussi, en tant que presidence hellenique, a faire adopter par l’Union europeenne la strategie de Thessalonique qui constitue en effet le cadre de la perspective europeenne de tous ces pays.
Notre intention, dans la periode a venir, est d’assumer des initiatives precises justement dans le cadre de cet effort que nous deployons pour bien preparer cette reunion au sommet, afin que les pays de la region puissent realiser des progres et que les pays de l’Europe, qui actuellement sont confrontes a la plus grande crise dans l’histoire de l’Union europeenne, puissent y etre sensibilises. Ce phenomene appele « fatigue d’elargissement » est tout a fait justifie. Mais l’Europe ne doit pas tourner le dos a notre voisinage, elle ne doit pas laisser une « troue noire» et ne pas faire tout ce qui est en son pouvoir pour l’integration de cette region. Cela sera non seulement dans l’interet de la stabilite de notre region, mais aussi au profit de l’Europe. Et notre objectif, dans la periode a venir, est, comme je vous l’ai tout a l’heure dit, d’annoncer des initiatives y relatives et d’?uvrer etroitement avec les pays de la region et l’Albanie, en vue de pouvoir aller de l’avant.

L. KALARITIS : Quelle a ete la reaction de la Grece face aux actions de l’Albanie a ce jour, concernant la minorite grecque, qu’il soit des omissions ou bien des actions precises, telles que le recensement des biens patrimoniaux, afin que ce pays change d’attitude ou donne des explications pour son comportement ?

G. DELAVEKOURAS : La Grece transmet d’une maniere tres claire ses messages au gouvernement albanais, forte de sa conviction que la minorite doit etre envisagee en tant qu’un pont d’amitie et de cooperation entre les deux pays et c’est pourquoi nous insistons tant sur la confiance. La Grece veut voir l’Albanie realiser des progres, cela est pour nous une priorite, et il est dans l’interet non seulement de l’Albanie mais aussi de la Grece d’avoir a ses frontieres un pays qui progresse. C’est pourquoi nous avons essaye de contribuer aux efforts visant a regler cette impasse politique en Albanie, et c’est pourquoi nous essayons d’assurer que l’Albanie respectera tous ces criteres et conditions, les criteres et conditions soulignes par l’Union europeenne grace aussi a la contribution de la Grece. Et parmi ces criteres figure aussi le respect des droits des minorites. Un dialogue est sans aucun doute necessaire avec la partie albanaise. Je crois que le ministre aura aujourd’hui un entretien avec le ministre albanais des Affaires etrangeres dans le cadre de la reunion de l’OTAN, dans le but justement de transmettre tous ces messages et d’inviter l’Albanie a suivre une politique respectueuse des minorites et des regles europeennes, une politique qui protegera les minorites et qui lui permettra de se rapprocher de l’Europe.

G. VLAVIANOS : Dans votre reponse tout a l’heure concernant Skopje, vous avez utilise le mot « negociations ». Est-ce que la ligne rouge grecque est toujours en vigueur ou y-a-t-il un changement d’attitude ?

G. DELAVEKOURAS : La position de la Grèce est claire et a été réitérée par le ministre des Affaires étrangères dans son discours devant le parlement lors de la présentation de l’agenda du nouveau gouvernement.

S. RISTOVSKA: Monsieur le porte-parole, avez-vous des informations concernant la rencontre entre M. Poposki et M. Dimas ? S’agissant de la ligne rouge, vous dites c’est-a-dire que les positions grecques demeurent les memes tout comme avant qu’apres l’arret de la CIJ ?

G. DELAVEKOURAS : Comme je vous l’ai tout à l’heure dit, la position de la Grèce est immuable et claire. Le ministre a réitéré cette position lors de la présentation de l’agenda du nouveau gouvernement devant le parlement.

Pour ce qui est de la rencontre entre M. Dimas et M. Poposki, il s’agit d’une première rencontre de prise de connaissance, lors de laquelle les deux parties ont évoqué l’importance que revêt le processus de négociation dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies. Pour notre part, nous avons décliné notre politique immuable concernant l’intégration européenne et euro-atlantique des Balkans occidentaux, ce qui constitue une priorité pour la Grèce. Et je ne me lasserai pas de le dire. A mon avis, il y aura d’autres contacts à l’avenir.

D. KATSIMENTE: Hier, la Bulgarie a annoncé qu’elle abandonnerait le projet de l’oléoduc Burgas-Alexandroupolis. Quelle est la position de la Grèce après cette décision ?

G. DELAVEKOURAS : Tout d’abord, M. Maniatis, Secretaire d’Etat a l’Energie, a deja pris position sur ce dossier. Je vous demanderais donc d’y recourir. D’apres mes informations, il n’y a aucun communique par voie officielle de la part de la Bulgarie vers ses partenaires concernant cette decision. La partie bulgare devra nous informer par voie officielle, afin que nous puissions voir quelle sera notre attitude a cet egard.
Toutefois, vous savez que la politique immuable de la Grece est que ce projet energetique est tres important pour l’Europe, pour l’approvisionnement de l’Europe en petrole et le decongestionnement des detroits. Les etudes environnementales, qui ont ete effectuees, ont montre que ce projet satisfaisait aux normes de securite et nous esperons qu’il avancera. Ce dossier a ete egalement evoque lors de la rencontre du ministre avec M. Lavrov et les deux parties ont confirme leur attachement a la realisation de ce projet. Par consequent, la partie bulgare devra donner des explications concernant ses decisions.

P. PAPATHANASSIOU : Alors, changeons de continent et abordons un autre dossier : la semaine derniere vous avez emis un communique concernant les incidents a l’ambassade britannique a Teheran. Est-ce que ce communique marque un durcissement de l’attitude grecque face a l’Iran et si, tel est le cas, est-ce qu’Athenes a un plan b dans le cas ou les relations bilaterales dans le domaine de l’energie avec ce pays seront perturbees ? Merci.

G. DELAVEKOURAS : La declaration que nous avons faite, ainsi que les demarches faites aupres de la partie iranienne, portaient sur l’attaque contre l’ambassade britannique et soulignaient l’importance du respect du droit international, et notamment de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques. C’etait un incident tres grave.

Cela dit, s’agissant du dossier énergétique, lors du Conseil « Affaires étrangères » du jeudi dernier, une discussion exhaustive a été engagée sur la politique de l’Union européenne à l’égard de l’Iran et les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé d’examiner l’adoption des mesures ultérieures contre l’Iran dans des domaines cruciaux, tels que les transports et l’énergie. J’aimerais aussi dire que le ministre des Affaires étrangères, M. S. Dimas, a participé à ce débat et a souligné qu’il était nécessaire de faire preuve de prudence lors de la prise de décisions, en tenant compte des intérêts de l’Union européenne elle-même lors de la prise de ces décisions. Je pense que cette discussion se poursuivra.