Lundi, 23 Octobre 2017
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Histoire du Service des Archives diplomatiques et historiques

C’est un an après le déclenchement de la Guerre d’indépendance grecque que sont entrepris les premiers efforts de constitution d’archives diplomatiques en Grèce. En janvier 1822, la première Constitution grecque, connue sous le nom de Constitution d’Épidaure, prévoit déjà la création d’un poste de «Premier secrétaire d’État», auquel est confiée, outre la responsabilité directe des relations extérieures du pays, celle de la collecte et de la conservation des pièces diplomatiques. En avril 1833, le Roi Otto décide, par décret royal, une restructuration de l’État qui réforme radicalement presque toutes les grandes institutions. Ce décret prévoit, entre autres, la création d’un service d’archives rattaché au “Secrétariat des Affaires étrangères” nouvellement constitué.

L’organisation des archives reste ensuite quasiment inchangée jusqu’en 1863, lorsque le “Secrétariat des Affaires étrangères” devient «Ministère des affaires étrangères» sur décision de la Seconde assemblée générale nationale, nécessitant une réorganisation des différents services en fonction des objectifs qui leur sont assignés.

Mais il faut attendre 1910 pour qu’un Service des archives, assorti de compétences et d’objectifs précis, voie le jour au sein du Ministère des affaires étrangères, sous la responsabilité du directeur général des affaires politiques. À cette époque, le personnel du Service compte un directeur, deux assistants et deux archivistes. Entre 1910 et 1920, un gros effort est entrepris pour classer les archives d’une manière systématique, de façon à ce que historiens et chercheurs puissent les consulter efficacement. Néanmoins, hormis les employés du ministère, seuls quelques chercheurs en possession d’une autorisation ministérielle ont accès aux documents diplomatiques à des fins d’étude. C’est à cette époque qu’à la demande du Premier Ministre, Eleftherios Venizélos, deux historiens français, Edouard Driault et Michel Lhéritier, obtiennent l’autorisation d’étudier les Archives historiques pour publier, cinq ans plus tard, la première histoire diplomatique de la Grèce moderne.

Sous l’occupation allemande (1941-1944), le fonctionnement du Ministère des Affaires étrangères et, par conséquent, de tous ses services, est suspendu et l’accès aux archives du Ministère strictement interdit. Après la libération, les archives, saccagées et détruites en partie, sont dans un état catastrophique. Les forces d’occupation allemandes avaient emporté certains documents dans leur retraite et en avaient détruit d’autres, comme on a pu le constater lorsque l’Armée américaine a restitué à la Grèce les archives qui avaient survécu.

Les travaux de reclassement des archives sont entamés en 1945 pour s’achever cinq ans plus tard.

En 1959, un décret royal (426/30.11.1959) définit les modalités d’accès des particuliers et des historiens aux documents du ministère, prévoyant, dans son article premier, un délai réglementaire de cinquante ans pour la consultation des documents. Si les documents sont devenus accessibles aux chercheurs la même année, les moyens dont disposent les archives comme leur organisation restent rudimentaires, et les chercheurs intéressés peu nombreux. Ce n’est qu’en 1994 que de grands progrès sont réalisés sur le plan de la réorganisation et de la modernisation, avec la création de nouveaux départements, l’adoption de technologies de pointe pour le classement et la conservation des documents, la conception et l’application de nouveaux programmes de recherche, etc. Ces progrès sont, dans une large mesure, imputables à la réorganisation de la direction des archives, rebaptisée Service des archives historiques en vertu du nouveau statut du ministère grec des affaires étrangères (1998). Les différents décrets qui ont suivi visaient à adapter l’organisation et le fonctionnement du service aux nouvelles technologies et, plus généralement, aux méthodes de recherche modernes. Avec l’adjonction du terme “diplomatique” (article 8, loi 2.949/2001) à sa dénomination, le Service donnait une idée de ce qu’il serait au XXIe siècle. Grâce aux progrès réalisés, le Service des archives diplomatiques et historiques est désormais en mesure d’apporter une contribution substantielle non seulement à la préservation de l’histoire diplomatique grecque, mais aussi à sa formulation.

Dernière mise à jour mercredi, 16 février 2011