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Inauguration de l’exposition à l’occasion du 25ème anniversaire de l’adhésion de la Grèce à l’UE par Mme Bakoyannis

Mardi 19 décembre 2006 à 12h00, la Ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis a inauguré l’exposition portant sur les documents diplomatiques, photographies et documentaires cinématographiques organisée par le Ministère des Affaires étrangères à l’occasion du 25ème anniversaire de l’adhésion de la Grèce aux Communautés européennes.

Lors de cette exposition, la collection des documents diplomatiques du Service des Archives historiques et diplomatiques intitulée «La participation de la Grèce au procès vers l’intégration européenne. Vol.2, Du gel de l’Accord d’association jusqu’à l’adhésion, 1968-1981» a été présentée.

Cette exposition ouverte au publique a duré jusqu’à la fin du mois de janvier 2007.

Discours de Mme Bakoyannis

Monsieur le Président, messieurs les ministres, mesdames et messieurs les députés, mesdames et messieurs les Ambassadeurs, la Grèce et l’Europe fêtent cette année leurs noces d’argent. Elles fêtent leurs 25 ans de parcours commun, leurs 25 ans de vie commune.

Nous nous sommes rassemblés aujourd’hui ici pour rendre hommage aux protagonistes de l’adhésion de la Grèce à l’Union européenne, à ces personnes qui, avec perspicacité, courage et détermination, comme l’aurait affirmé le poète, ont devancé leur époque et ont ouvert de nouvelles voies.

Aujourd’hui, nous rendons tout d’abord hommage à Konstantinos Karamanlis, au grand visionnaire mais aussi au réaliste tenace et doté de force de persuasion. Konstantinos Karamanlis a surmonté tous les obstacles et a conduit son pays à l’Europe. Par ailleurs, il a fait preuve de la même capacité et détermination, dans le passé, lorsqu’il a rétabli la démocratie dans notre pays.

Nous rendons hommage au tant regretté Giorgios Rallis, qui était Premier ministre au moment de l’adhésion de la Grèce à l’Union européenne. Et c’est un grand plaisir et un grand honneur que sa femme soit avec nous aujourd’hui.

Nous rendons egalement hommage a son groupe, dont les representants eminents, comme l’Ambassadeur Viron Theodoropoulos, notre premier commissaire, M. G. Kontogeorgis et l’Ambassadeur M. Stathatos nous honorent aujourd’hui de leur presence.

Nous n’oublions pas et nous honorons particulièrement le ministre M. Petros Molyviatis, alors conseiller diplomatique du Premier ministre dont l’expérience a été mise au service du pionnier de l’adhésion.

Je pense parler au nom de tous les Grecs lorsque j’exprime ma profonde gratitude à toutes ces personnes.

Enfin, chers amis, je voudrais rendre hommage à tous les Grecs, connus ou anonymes qui ont œuvré en faveur de notre adhésion, à savoir les hommes politiques, les fonctionnaires, les universitaires et à tous ceux qui ont contribué à cette cause.

Mesdames et messieurs, l’exposition que nous inaugurons aujourd’hui illustre l’intense activité diplomatique du gouvernement hellénique et de Konstantinos Karamanlis, alors Premier ministre, en vue d’atteindre un objectif aussi important que difficile, à savoir l’adhésion.

L’exposition inclut environ 100 documents et photographies ainsi que du matériel audiovisuel d’une durée de 45 minutes portant sur des rencontres et des consultations. Ainsi, un aperçu global de l’époque et des événements peut être donné au visiteur. Le recueil publié récemment par le service des Archives historiques et diplomatiques vient compléter ce tableau.

Je tiens à féliciter tous les collaborateurs du service et, bien entendu, la responsable du service Mme Fotini Tomaï, pour leur initiative qui vient à point nommé.

Mesdames et messieurs, cette année les Grecs ont fêté le 25ème anniversaire de leur adhésion à l’Europe. L’année prochaine tous les Européens fêterons le 50ème anniversaire de la signature du traité de Rome. Nous pouvons donc considérer que notre rencontre d’aujourd’hui revêt une double signification symbolique. Le bilan de ces 25 ans de notre adhésion et l’espoir d’un avenir commun pour tous les Européens.

Mesdames et Messieurs, il y a 25 ans, la Grèce aspirait à l’Europe pour consolider sa démocratie et sa stabilité politique ainsi que pour promouvoir son développement économique et sa cohésion sociale, renforcer sa position et son prestige international.

Il y a 25 ans la Grèce aspirait à l’Europe pour les mêmes raisons que tous les Etats de la région aujourd’hui. A cette occasion, je voudrais saluer l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans notre famille.

C’est un message d’espoir non seulement pour les citoyens bulgares et roumains mais aussi pour le reste des Balkans et pour la Turquie : tout pays qui remplit les critères européens, aura une place au sein de l’Europe.

Mesdames et messieurs, 25 ans se sont écoulés depuis l’adhésion de la Grèce à l’Europe. J’ose affirmer que nous avons étés dignes de la confiance que nos partenaires nous en ont témoigné. En tant que membres de l’Union européenne, nous avons renforcé notre position internationale, nous avons réalisé du progrès dans le domaine économique et social et nous avons amélioré – ce qui est le plus important- la vie des Grecs.

Toutefois, nous avons aussi contribué à l’intégration européenne elle-même. Il n’est pas une coïncidence que nous nous trouvions actuellement dans le noyau de l’Union européenne. Nous participons à la zone euro ainsi qu’au développement de la politique de sécurité et de défense.

Ces dernieres annees, l’Union europeenne a alloue des fonds considerables aux pays de l’Europe du Sud. Grace a ces fonds, nous sommes parvenus a realiser de grands projets, nous avons modernise nos infrastructures et nous avons fait evoluer des initiatives de developpement ainsi que des politiques de renforcement de la cohesion sociale.

Pendant ces 25 années, de nombreux problèmes ont été résolus. Mais nous sommes confrontés à d’autres problèmes, dont nous assumons la principale responsabilité, qui sont le chômage, la montée de la corruption, le faible taux de productivité, le problème de l’immigration illégale, la crise prolongée dans le domaine de l’éducation, ainsi que beaucoup d’autres.

Je dois avouer, et je suis particulièrement heureuse d’appartenir à un gouvernement qui a le courage de rechercher des solutions et qui aspire au progrès dans ces domaines, où le pays était à la traîne pendant toutes ces dernières années. Un gouvernement qui aujourd’hui met tout en œuvre afin que la Grèce puisse enfin progresser encore plus, par le biais de réformes aussi douloureuses que nécessaires pour notre pays.

Je n’affirme rien de nouveau quand je dis, Mesdames et Messieurs, que l’adhésion à l’Union européenne est finalement aussi positive et efficace pour chaque pays que la volonté de ce pays de se transformer. C’est pourquoi, je suis particulièrement heureuse que notre pays ait, au cours des 10 dernières années, montré sa volonté de réformes, qui ont lieu ces trois dernières années.

La route est longue. Mais nous avons toutes les raisons d’être optimistes. Notre adhésion à l’Union européenne a été un facteur déterminant, du point de vue politique, économique et social. La Grèce a changé de visage et elle aurait changé davantage si au niveau interne il y avait eu auparavant la volonté politique et le courage politique, la volonté de tirer meilleur profit de notre adhésion, en changeant notre mentalité de façon plus spectaculaire.

Mesdames et Messieurs, en 2007, nous feterons le 50eme anniversaire du Traite de Rome. En parlant de la nouvelle Europe, que nous sommes appeles a batir, Konstandinos Karamanalis a souligne : « la stagnation est la pire des solutions. Si l’on resout le probleme de la forme finale que nous voulons donner a l’Europe de demain, les procedures liees a cette realisation seront automatiquement simplifiees». Ces mots sont aujourd’hui plus pertinents que jamais. L’Europe souffre d’une fatigue des reformes. Les grands objectifs que sont l'instauration de la paix et de la securite dans notre continent ont ete atteints. Les nouvelles generations ne peuvent pas meme imaginer les evenements tragiques dont le continent a souffert avant cette grande entreprise qu'est l'unification.

Aujourd’hui, il existe un véritable sentiment d’insécurité et d’incertitude parmi les Européens. Selon une étude qualitative publiée par l’eurobaromètre de mai 2006, l’avenir semble difficile pour les citoyens de plusieurs Etats membres, notamment les plus anciens. Dans de nombreux pays, ce pessimisme est associé à ce que l’on appelle l’ « euro-fragilité », à savoir le sentiment que la construction européenne n’est pas capable de relever les défis et braver les dangers d’aujourd’hui et de demain.

Des questions comme le rôle de l’Europe, la lutte contre la mondialisation, notre capacité à maintenir notre modèle social, tout en étant plus compétitifs, sont des questions qui concernent la lutte contre le déficit démocratique. Ces questions revêtent une importance capitale.

La réforme institutionnelle de l'Union ne suffit pas, Mesdames et Messieurs, à remédier à cette situation. Nous devons attribuer une plus grande valeur et un sens aux politiques que nous exerçons, non seulement au niveau européen, mais aussi au niveau national, régional et local.

Nous devons mettre l'accent sur la résolution des problèmes. Et nous devons travailler de concert afin de créer des politiques à même de générer des emplois, de garantir la viabilité de nos systèmes d’assurance sociale, afin de lutter contre le crime organisé, la corruption, la dégradation de l’environnement.

Des messages comme « l'avenir de nous tous se trouve en Europe» sont indéniablement des messages forts. Mais il nous faut préciser quelle Europe nous voulons, ce que nous attendons de l’Europe, quelle sera la nouvelle vision qui mobilisera les nouvelles générations.

Mesdames et Messieurs, le ministère grec des Affaires étrangères engagera, dans le courant de l'année 2007, un nouveau dialogue sur l'Europe. Nous nous adresserons aux nouvelles générations, à ces jeunes qui sont aujourd’hui appelés à exprimer leur propre opinion sur l’avenir de l’Europe.

Au premier semestre de 2007, le ministère grec des Affaires étrangères compte sur une participation massive et concrète des universitaires, des citoyens, des organisations et de la jeunesse. L’Europe est l’affaire de tous. A la fin de la présidence allemande, les positions grecques devront à nouveau être exprimées de façon dynamique au sein de l’Europe qui discute et recherche la nouvelle vision qu'elle veut réaliser.

Je vous remercie beaucoup.

Dernière mise à jour mercredi, 16 février 2011