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Discours de Mme Bakoyannis aux Comités compétents du Parlement hellénique pour le projet d’Union pour la Méditerranée

mercredi, 23 juillet 2008

Mes chers confrères,

Comme vous le savez, 43 dirigeants de 27 Etats membres de l'UE et tous les Etats riverains de la Méditerranée se sont réunis à Paris, le 13 juillet. C’était en effet une réunion impressionnante, qui a marqué l’apogée de l’initiative du président français, M. Sarkozy sur la création de l’Union pour la Méditerranée.

Si l’on en juge par la présence de tant de dirigeants et des réunions qui ont eu lieu en marge de la conférence, nous pouvons dire que cette rencontre a été un vrai succès, particulièrement si l’on songe aux divergences concernant la question du Proche-Orient. En outre, l’intérêt de l’UE pour la Méditerranée a été confirmé - fait particulièrement satisfaisant – ce qui ne va pas de soi, puisqu’un nombre important de nouveaux Etats membres semblent avoir d’autres priorités géographiques politiques.

Au-delà de la popularité, il convient de voir ce que signifie dans la pratique le Processus de Barcelone – Union pour la Méditerranée; Quel est son contenu et notamment les possibilités offertes pour les pays méditerranéens, et plus particulièrement pour notre pays.

Avant tout, je dois dire que le résultat qui marque une réussite personnelle de M. Sarkozy, est finalement – comme il arrive souvent dans l'UE - assez différent de ce qui était attendu au départ. Je rappelle que les premières propositions françaises portaient sur une Union des pays méditerranéens seulement, simplement liée à l’UE et dont l'objectif exclusif aurait été de mettre en œuvre des programmes, sans être impliquée dans des conflits politiques, comme la question palestinienne.

Finalement, après une série de négociations et pourparlers, tous les Etats membres de l’UE participent à ce projet. En outre, la «déclaration commune pour la Méditerranée», adopté lors de la réunion au sommet comporte au chapitre politique une déclaration politique se référant au processus de paix au Proche-Orient. En tout cas, l’accent est toujours sur la mise en œuvre de programmes bien particuliers, qui constitue la principale valeur ajoutée de ce nouveau projet. En ce qui concerne le financement, dès lors que ce projet est devenu la politique de l'UE, il convient de souligner qu’il existe un premier financement, qui ne dépassera toutefois pas les ressources d’ores et déjà bloquées par l'UE pour ses politiques dans la région. Nous espérons que des ressources supplémentaires seront accordées par les Organisations économiques mondiales et le secteur privé.

Six chapitres thématiques ont d’ores et déjà été approuvés, comme programmes prioritaires, auxquels les pays intéressés ajouteront des propositions : Ces chapitres thématiques sont : a) la dépollution de la Méditerranée, b) les couloirs terrestres et maritimes, c) la politique de protection, d) les sources d’énergie alternatives avec notamment l’énergie solaire, e) l’enseignement supérieur et la recherche – université euro-méditerranéenne et f) le développement des petites et moyennes entreprises.

Parmi les innovations positives de ce nouveau projet, je cite la restructuration institutionnelle avec l’instauration d’un système de co-présidence, qui renforcera le sentiment de participation équitable des partenaires au sud, à savoir le principe de la co-propriété.

Les détails portant sur la création d’un secrétariat et autres questions institutionnelles seront réglées lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères en novembre.

Chers collègues,

La Grèce a d’emblée entrepris des actions lors de ses contacts bilatéraux, notamment avec la Commission et la France mais aussi avec d’autres gouvernements dans le but de promouvoir ses positions.

En effet, notre objectif a été de souligner le vif intérêt que manifestait notre pays pour la Méditerranée ainsi que notre présence active dans cette région avec laquelle la Grèce entretient traditionnellement des relations politiques, culturelles, économiques et commerciales. Notre aspiration était également de participer d’emblée au devenir méditerranéen et de créer les conditions nécessaires qui permettraient aux hommes d’affaires grecs d’entreprendre des actions dans ce sens.

Dans la pratique, le ministère des Affaires étrangères a mobilisé toute l’administration publique, en organisant des réunions au niveau des Secrétaires généraux, présidées par le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Valinakis et le Secrétaire général des Affaires européennes, ainsi que le milieu d’affaires à travers l’organisation des conférences consacrées à l’Union pour la Méditerranée. Au même titre, les services du ministère des Affaires étrangères se sont également mobilisés et ont coopéré avec des acteurs publics et privés ainsi qu’avec les ministères des Affaires étrangères d’autres pays.

Nous poursuivrons et intensifierons nos efforts. Nous organiserons un débat public avec les acteurs du secteur privé et public dans le but de recevoir leurs propositions relatives aux projets qui seront financés par cette nouvelle initiative. Le débat public se déroulera sur le site web du Secrétariat spécial pour le développement des programmes internationaux. Par le biais de ce débat, les personnes intéressées qui soumettront leurs propositions en demande de financement auront la possibilité de trouver des partenaires pour former des consortiums internationaux. L’objet de ces projets portera sur des thématiques convenues et des possibilités offertes à notre pays. De nouveaux contacts devront également avoir lieu avec les services compétents et les hauts fonctionnaires d’autres ministères en vue d’une meilleure coordination de nos actions communes.

Jusqu’à ce jour, notre pays a présenté un programme précis sur les couloirs maritimes en Méditerranée du Sud-est. Ce projet a pour objet d’étendre les réseaux routiers transeuropéens aux transports maritimes. Et, ce à travers l’interconnexion des ports de notre pays avec les ports importants des pays de la Méditerranée du Sud-est de sorte que la Grèce devienne un carrefour de transports maritimes et que la circulation des personnes et des biens dans la région élargie soit favorisée.

Au même titre, un programme sur l’énergie solaire et la gestion des eaux dans le cadre de la dépollution de la Méditerranée devrait être soumis. Notre ambition est de soumettre également d’autres projets.

Notre objectif est de transformer nos actions entreprises jusqu’à ce jour en faveur de l’Union pour la Méditerranée en projets bien préparés qui recevront le meilleur accueil possible. Le ministère fera tout ce qui est en son pouvoir pour réaliser cet objectif. Et, puisque ces programmes porteront sur la vie quotidienne des citoyens de la Méditerranée, je compte sur votre coopération ainsi que sur celle de tous les acteurs concernés.

L’Union pour la Méditerranée- le Processus de Barcelone- ouvre de nouvelles perspectives pour les intérêts grecs dans les pays méditerranéens. Dans le cadre des lignes directrices qui ont été adoptées et seront adoptées à l’avenir par le Sommet, de projets concrets pourront être soumis pour être réalisés dans ces pays, directement ou à travers une coopération avec d’autres pays européens et organisations.

Chers collègues,

Sans aucun doute, la Méditerranée est une mer qui unit. Nous pensons que les pays du littoral méditerranéen, situés soit en Méditerranée de l’Est ou de l’Ouest, sont notre voisinage. Par ailleurs, il est évident que l’« Union pour la Méditerranée » crée des conditions favorables pour l’ouverture économique et politique de la Grèce à ce voisinage. Notre engagement politique de soutenir fermement cette institution ainsi que l’ouverture des entreprises grecques à l’international, annoncent le rôle prépondérant de notre pays dans cette nouvelle initiative politique et économique.