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Discours prononcé par le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Droutsas devant le Comité permanent « Défense nationale et Affaires étrangères » du Parlement

mardi, 24 novembre 2009

Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs les députés,

J’aimerais tout d’abord féliciter Maria Damanaki pour sa nomination au poste de Commissaire européen de la Grèce à la nouvelle Commission européenne.

C’est la première réunion du Comité permanent « Défense nationale et Affaires étrangères » à laquelle je participe en ma qualité de ministre adjoint des Affaires étrangères. Je voue un profond respect pour l’institution du Parlement hellénique et je suis pleinement conscient de la responsabilité dont je suis investi. Je vous remercie d’être venus.

J’attends avec intérêt la coopération étroite avec tous les membres du Comité. Je me réjouis à la perspective d’un dialogue ouvert et sincère et d’un échange de vues au service des intérêts nationaux.

Je voudrais engager avec vous une discussion sur toutes les questions majeures relevant de notre politique étrangère, mais aussi sur les modalités de notre coopération de sorte que celle-ci devienne plus efficace et plus productive. Nous ne voulons pas nous limiter à une présentation stérile de thèses et d’antithèses à des fins politiques. J’aimerais que nous cherchions ensemble les meilleures idées, que nous concevions les meilleures stratégies et que nous appliquions ensemble les meilleures politiques qui feront de la Grèce un pays plus puissant et plus sûr. Mon bureau sera toujours ouvert à tous pour répondre à toute question qui pourrait surgir.

Je ne suis pas ici aujourd’hui pour vous lire un discours. Mon intention est de présenter le fondement de la politique que nous allons exercer. Je veux animer notre discussion et écouter vos idées, vos propositions concernant la manière de procéder pour parvenir au meilleur résultat possible. Car en Grèce nous pouvons désormais nous payer ce « luxe ». La plupart d’entre nous s’accordent sur les questions majeures relevant de notre politique étrangère. Nous nous accordons aussi sur l’image que nous voulons avoir de notre pays et la place qu’elle doit occuper sur l’échiquier international.

Je chercherai à avoir des contacts fréquents avec le Comité. Nous pouvons engager des discussions thématiques et détaillés et faire des planifications en renonçant à la mentalité sclérosée des partis pour servir leurs intérêts médiatiques. Nous pouvons dans le même temps renforcer les procédures de contrôle, de transparence et de responsabilisation concernant les actions menées par le gouvernement, en adoptant des mesures qui renforceront réellement notre démocratie, comme la création d’une section sur le site web du ministère des Affaires étrangères permettant un meilleur contrôle parlementaire. J'attends vos recommandations qui nous permettrons de changer la façon dont la politique étrangère de notre pays est conçue et exercée.

Pour ma part, je tiens à vous assurer de ma volonté de créer les infrastructures et les conditions nécessaires à l’exercice d’une politique étrangère agressive, dans le bon sens du terme, ouverte et active, une politique faite d’initiatives et visant à valoriser et créer des opportunités. Une politique étrangère qui confèrera une voix plus forte à la Grèce qui pourra se faire entendre aux quatre coins du monde, notamment dans notre voisinage direct. Une politique enfin qui ne craindra pas de troubler les eaux, d’opérer des changements radicaux et d’expérimenter des idées nouvelles. Et ce, toujours en tenant compte des intérêts de notre patrie et de nos droits souverains.

Il s'agit toutefois d'une politique à long terme, d’une politique plurielle et fiable. Une politique conçue de manière stratégique, dont les axes directeurs et les objectifs sont immuables et inaltérables. Pour dissiper tout malentendu, je dirais que la politique nationale a toujours été une politique de principes et de respect du droit international. Nos positions concernant les grandes questions sont basées sur la légalité internationale et leur défense n'est pas négociable.

La Grèce doit sortir de la marginalisation et se refaire une place au cœur des développements internationaux. Elle doit redevenir un acteur important de la scène internationale, tant au niveau européen, que mondial, comme elle le mérite et sans toutefois ignorer les difficultés objectives.

En Europe, notamment, nous sommes à un tournant crucial. La ratification du Traité de Lisbonne et l’élection du premier Président du Conseil européen et du Haut-Représentant pour les relations internationales et la politique de sécurité permettent d’ouvrir une nouvelle page et de confirmer la capacité de l’Union à prendre des décisions difficiles. M. Van Rompuy et la Baronne Ashton peuvent contribuer pleinement à la cohésion et à l’unité de l’UE et il est certain que leurs actions seront marquées de leur sceau dans le cadre des fonctions dont ils sont investis. Dans le cadre de leur mandat, ils peuvent s'assurer du soutien sans faille de la Grèce.

La mise en application réussie du Traité de Lisbonne dans le but d’assurer une présence internationale plus efficace et plus cohérente de l’Union constitue un défi majeur pour l’Europe. Nous aspirons à ce que la présidence tournante semestrielle maintienne son rôle substantiel et que le Service européen d'action extérieure, auquel participeront en fait tous les Etats membres, apporte une contribution efficace. Nous voulons que la voix forte de la Grèce soit utilisée au service de la cause commune. Nous voulons que la politique étrangère communautaire soit marquée du sceau de la contribution grecque. Nous souhaitons – et parviendront à réaliser cet objectif – que notre pays ait une présence forte au sein de toutes les institutions communautaires.

Nous attendons également avec impatience la réunion de la nouvelle Commission européenne, qui devrait assumer ses fonctions début février 2010. Maria, je tiens à te présenter du fond du cœur mes vœux de plein succès. La responsabilité que tu dois assumer est grande. Je suis sûr que ta contribution sera encore plus grande. Sois sûre que nous serons toujours à tes côtés.

Mesdames et Messieurs les députés,

Notre peuple nous a confié la gouvernance du pays il y a quelques semaines. Dès les premiers instants, nous avons défini avec précision la politique étrangère que nous suivrons. Nous fixons nos priorités et cherchons de manière dynamique à améliorer le contexte s’agissant des questions auxquels notre pays est confronté.

Les Balkans sont pour nous une priorité absolue. Cela a été confirmé par le Premier ministre lors de la réunion des ministres de la Coopération des pays de la Mer noire, trois jours après qu'il ait assumé ses fonctions. La semaine passée, j'ai eu l’occasion d’effectuer une brève tournée dans les pays de la région. Je peux, si vous le souhaiter, vous dire quelles ont été mes impressions après les contacts que j’ai eus dans ces pays. Notre voisinage compte sur l’initiative de la Grèce, il attend que nous le guidions et que nous promouvions la perspective européenne des Balkans, comme nous l'avons si bien fait en 2003 avec la Stratégie de Thessalonique.

Pour différentes raisons, que nous connaissons tous, ce parcours a perdu de sa dynamique et de son orientation. Les Balkans occidentaux risquent, encore aujourd’hui, de « dérailler ». Un objectif politique clair était nécessaire. Une vision avant tout pour les peuples de la région. Nous, en Grèce, avons défini cet objectif politique avec l’Agenda 2014. Nous avons fixé une date butoir audacieuse. Une date butoir porteuse d’espoir car réaliste. Parce que cette date permet à nos voisins de rêver de leur avenir proche au sein de l’Europe unie. Parce qu’ils prennent leur destin en main. Forts des vraies réformes qu’ils engagent et de politiques responsables, les Balkans occidentaux peuvent faire partie de la famille européenne d'ici à 2014. Cent ans après le déclenchement de la première guerre mondiale, qui est la cause de bon nombre de problèmes qui tourmentent encore la région, l’objectif stratégique de la Grèce visant à instaurer la stabilité, la paix et le développement dans notre voisinage, peut devenir réalité, encore faut-il que nous ne fassions aucune concession s’agissant des critères que nous avons définis.

Nous ne changeons pas les conditions et modalités préalables, ni les règles du jeu. Chaque pays de la région poursuivra son effort et chaque pays sera jugé en fonction de ses résultats et actions accomplies. Naturellement le critère du bon voisinage revêt une importance fondamentale dans une région qui a été fortement affectée par les questions en suspens divisant les pays voisins. Je souhaiterais souligner la philosophie de cette proposition. L’Europe, en tant que modèle de paix le plus réussi, doit assumer ses responsabilités vis-à-vis de notre région. Elle doit contribuer à la paix et à la stabilité dans la région des Balkans.

Grâce à l’Agenda 2014, nous voulons devenir le moteur du parcours d’adhésion des Balkans. Nous voulons donner un nouveau souffle au processus des réformes. Nous voulons que ces réformes soient diffusées dans la société et que les citoyens des Balkans occidentaux puissent profiter des avantages de ces réformes au quotidien. Ce principe détermine notre position concernant la libéralisation du régime des visas, qui

Nous saluons ce développement. Nous estimons qu’il s’agit d’un développement important car il permettra de rapprocher de l’Europe les citoyens de ces trois pays. Il brisera les murs artificiels qui les séparent de leur avenir européen. Il leur permettra de voyager, de changer d’environnement et, de retour dans leur patrie, d'exiger des changements. Il leur permettra de devenir les ambassadeurs des réformes, du progrès et de la contestation. Nous espérons que les deux autres pays de la région, l’Albanie et la Bosnie-Herzégovine rempliront bientôt à leur tour les conditions nécessaires de suppression des visas. Il va de soi que cette mesure sera appliquée de façon à consolider pleinement nos positions concernant la question du nom de l'ARYM.

Sur ce chapitre, la Grèce a réussi à créer la ligne nationale rouge. Nous avons fait notre bout de chemin et sommes convenus au Parlement hellénique que la solution devra être une appellation avec détermination géographique, à l’égard de tous, erga omnes. Une solution claire. Une solution qui finalement libèrera un avenir de coopération entre les deux pays, dans l’intérêt de la sécurité et de la stabilité régionale.

Ici encore, le nouveau gouvernement a exprimé sa position. Le Premier ministre grec a pris l’initiative de rencontrer son homologue. Il lui a fait part de notre volonté d’améliorer les relations bilatérales sur tous les plans, en précisant dans le même temps que sans une solution préalable à la question du nom, l’Ancienne République yougoslave de Macédoine ne pouvait compter sur l’ouverture de négociations d’adhésion avec l’Union européenne.

J’entends déjà les détracteurs se demander pourquoi l’on parle encore aux dirigeants de Skopje lorsque ceux-ci continuent d’être intransigeants ? Pourquoi négocions-nous avec des interlocuteurs déloyaux ? Il est vrai que la Grèce n’a aucune raison de se presser et elle ne se presse pas. Toutefois, notre volonté de parvenir à une solution est authentique et elle est fondée sur la conviction que c’est à nous de bâtir un avenir de coopération et de développement. Cette solution, si besoin est, nous l'imposerons aux dirigeants de Skopje, non au moyen de la force, dont nous disposons de toutes les façons, mais de la persuasion.

Nous parlerons directement au peuple du pays voisin en tendant une main amicale. Nous ne répondrons pas de la même façon aux défis posés par les acteurs gouvernements et non gouvernementaux ainsi que les hauts fonctionnaires extrémistes. Notre objectif ne se borne pas à des « propos médiatiques ». La proposition d’une ligne nationale grecque rouge est claire. Nous souhaitons aboutir à une solution mutuellement acceptable qui permettra de rapprocher les deux peuples, les deux pays. Nous serons consistants dans nos positions et jamais nous ne mettrons en péril la dignité de la Grèce. Nous rechercherons chaque moyen et étudierons chaque possibilité susceptible de nous rapprocher d'une solution. Vendredi, le Premier ministre a invité ses homologues de l’ARYM et de l'Albanie à Prespes pour discuter des possibilités de coopération existantes pour la protection environnementale de la région. Une initiative engagée il y a dix ans.

Ces initiatives seront suivies de bien d’autres. Le gouvernement s’est engagé à développer la diplomatie verte et à jouer un rôle de premier plan dans la coordination des pays des Balkans et de la Méditerranée sur les questions relatives au changement climatique, avant et après Copenhague. Pour la Grèce, le développement vert est une question nationale prioritaire. Nous travaillerons d’arrache-pied pour que la Conférence de Copenhague soit couronnée de succès. Georges Papandréou participera personnellement aux travaux de cette conférence. Bien entendu, tout ne dépend pas des intentions de la Grèce ou de l’Union européenne. Néanmoins, notre engagement à renverser la situation actuelle catastrophique est inébranlable.

En ce qui concerne la question du changement climatique, nous avons mené des discussions substantielles avec le Président Christofias lors de la première visite officielle du Premier ministre grec dans la République chypriote, quelques jours après le vote de confiance accordé au nouveau gouvernement. Il importe que la coopération entre la Grèce et Chypre, deux Etats membres de l'Union européenne, puisse être développée dans tous les domaines d'activité de l'administration publique.

Toutefois, la question chypriote demeure une cause nationale prioritaire. Une cause qui concerne l’hellénisme dans son ensemble. Les pourparlers du Président Christofias avec M. Talat ont permis d’ouvrir une fenêtre sur l’optimisme, même si des difficultés subsistent toujours.

La solution au problème chypriote devra être une solution durable, basée sur les décisions des Nations unies et compatibles aux principes, aux valeurs, au cadre institutionnel et à l'acquis communautaire. A ce stade, j’aimerais souligner l’importance de l’acquis, en ce sens qu’il s’agit d’un système équitable susceptible d’apporter des solutions immédiates aux questions qui semblent aujourd’hui difficilement résolubles. La République de Chypre est un Etat membre de l’UE. Elle sera toujours un Etat membre après la solution. Elle doit pouvoir fonctionner de manière efficace. C’est pourquoi je souligne l’importance du respect de l’acquis communautaire, quelle que soit la solution apportée. La solution devra être européenne.

Mais elle devra avant tout être une solution chypriote. Les deux communautés devront décider de leur avenir commun, en toute liberté et sans être influencées par des interventions ou des pressions extérieures. Les calendriers serrés et les délais artificiels, voire les menaces de division, sont non seulement inutiles, mais sapent aussi les efforts de règlement.

Le rôle de la Turquie revêt une importance décisive dans la résolution de la question chypriote. La Turquie devra cesser de se servir de la question chypriote pour promouvoir ses propres intentions et laisser la partie chypriote turque négocier librement, en toute bonne foi et dans un esprit constructif. Au lieu d'ériger un mur qui divise la dernière capitale européenne, elle devra le démolir.
La question chypriote est un facteur et un paramètre fondamental du parcours d’adhésion de la Turquie. Son adhésion passe nécessairement par la résolution du problème chypriote. La réalisation des obligations visant à normaliser les relations avec Chypre et à appliquer le protocole de l’UE est, non seulement évidente, mais elle devrait être considérée comme étant à l’avantage de la Turquie elle-même. Pour ce qui est du système obsolète des garanties, celui-ci n'a aucune place au sein de l’Europe du 21e siècle. Il n'est pas possible que des pays tiers « garantissent » la sécurité, interne et externe, d'un Etat membre à part entière de l'UE. L’Union européenne est dotée de mécanismes suffisants et efficaces pour la protection de ses citoyens. Pour ce qui est des propositions Erdogan, nous avons répondu que la seule procédure valable est celle se déroulant sous l’égide des Nations Unies. Toutes les parties doivent contribuer de manière constructive au processus des négociations.

Pour chaque dossier, la Grèce sera au premier plan, elle prendra des initiatives, elle définira le cadre. Au chapitre des relations avec la Turquie nous voulons reprendre le dossier là où nous l’avons laissé en 2004. A l’époque où il y avait un cadre clair d’obligations et de perspectives d’adhésion pour la Turquie. A l’époque où nous avions réussi à élaborer l’agenda européen de la Turquie, en incluant toutes les questions d’intérêt national. A l’époque où nous avions réussi à faire adhérer la République de Chypre à l'UE, en changeant une fois pour toutes la donne et les équilibres s'agissant du dossier chypriote.

Avec la Turquie nous souhaitons entretenir de bonnes relations et avoir un dialogue clair. Nous ne craignons pas le dialogue direct, au contraire c’est un objectif que nous recherchons. Nos positions sont claires et étayées par des arguments solides. Tel a été la teneur du message transmis par le Premier ministre lors de sa rencontre avec M. Erdogan. La partie turque a semblé répondre positivement à l'initiative grecque. Il ne reste plus qu'à concrétiser toutes ces intentions. Et puisque la question de la lettre envoyée par M. Erdogan a été soulevée, je répondrais que le Premier ministre y répondra dans les prochains jours. La Grèce n’est pas pressée. La Turquie a des obligations dont elle soit s’acquitter.

La mobilité observée ces derniers jours en Egée nous préoccupe. Notamment la façon dont la Turquie envisage les moyens déployés par la FRONTEX ; outre le fait que cette attitude soit inacceptable et illégale, elle traduit une certaine absence de perception quant à l’utilité de cette Agence pour la Turquie elle-même pour lutter efficacement contre l’immigration clandestine. C’est un problème européen et l’UE devra faire face à ce problème dans son ensemble. Davantage de moyens sont nécessaires, une meilleure planification, une distribution des charges et, le plus important étant une orientation claire de la politique migratoire de l'Europe. Dans ce débat, souvent l'approche de la Turquie semble malheureusement être inopportune et non pertinente.

La Turquie doit comprendre qu’elle n’a aucun avantage à tirer, tant au niveau politique que juridique, de son attitude illégale en Egée et notamment des violations provocatrices de l’espace aérien national. Une attitude illégale n’a pas force de loi. Les contestations de notre souveraineté nationale et de nos droits souverains ne renverseront pas le droit international sur la base duquel nous fondons nos positions.

Mesdames et Messieurs les députés,

Oui, nous sommes en faveur de la pleine adhésion de la Turquie. Notre soutien, toutefois, n’est pas un chèque en blanc. La position grecque est claire et stable : la Turquie devra adhérer à l’Union européenne lorsqu’elle aura satisfait tous les critères et modalités préalables qui ont été définis. Il n’est pas question de faire des concessions. La Turquie a assumé des obligations vis-à-vis de l’UE et les Etats membres et elle doit s’en acquitter de manière absolue.

Lors du Conseil européen de décembre, l’Union procèdera à l’évaluation de la Turquie. Elle l’évaluera sur chaque point du processus d’adhésion, sur la protection des droits de l’homme et des libertés religieuses, sur le respect des relations de bon voisinage et sur sa participation dans la lutte contre l’immigration clandestine. Elle l’évaluera aussi quant à l’application du Protocole additionnel et la normalisation de ses relations avec la République de Chypre. Elle fera l’objet d’une évaluation objective et sévère. La coopération avec la République de Chypre est étroite, quotidienne. Nous appliquons la déclaration selon laquelle la Grèce sera toujours aux côtés de Chypre, non seulement en théorie, mais aussi dans la pratique.

Mesdames et Messieurs les députés,

Dans quelques jours, la présidence grecque de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) atteint son apogée avec l'organisation de la 17e réunion ministérielle de l'Organisation (Athènes, les 1 et 2 décembre 2009). Il s’agit de la plus grande manifestation organisée par notre pays après les Jeux Olympiques. Plus de 50 ministres des Affaires étrangères, 1 200 participants et environ 400 journalistes des médias internationaux sont attendus à Athènes.

Du point de vue politique, le patrimoine légué par la présidence grecque est le « Processus de Corfou». Et du haut de cette tribune, comme je l’ai dit également lors de mon discours sur le programme de notre gouvernement, j’aimerais reconnaître la contribution du gouvernement précédent et de la ministre des Affaires étrangères, Mme Bakoyannis. A la conférence ministérielle d’Athènes, nous promouvons une décision ministérielle portant sur la continuité de ce processus et une Déclaration politique pour le processus de Corfou. Les premières réactions de la part des Etats participants ont été, d’entrée de jeu, positives. Malgré cela, les négociations se poursuivront jusqu’au dernier moment à Athènes. Dans tous les cas, le « Processus de Barcelone » a marqué le point de départ de l’ouverture d’un dialogue politique élargie sur la sécurité européenne, fait qui, à lui seul, est positif et est attribué à notre pays par l'ensemble des Etats participants de l'OSCE.

Je ne m’étendrais pas sur d’autres sujets, à l'heure qu'il est. Je veux que bientôt nous puissions avoir une réunion consacrée exclusivement aux questions relatives à la diplomatie économique, à la politique de développement de la Grèce, qui doit être directement liée à nos priorités politiques, mais aussi à notre stratégie énergétique, en raison de sa dimension internationale. J’aimerais également que nous discutions de l'action et de la présence de la Grèce dans des régions plus éloignées, dans notre voisinage élargi, où elle joue un rôle important et je veux parler du Caucase et du Moyen-Orient.

Je vous remercie d’avoir été patients. Je souhaitais pour la première fois discuter des dossiers que nous avons devant nous, comme la réunion ministérielle de l’OSCE et la conférence au sommet de l’UE en décembre. J’aimerais également vous transmettre quelques pensées de la part des eurodéputés grecs que j’ai rencontrés il y a quelques jours. Outre les questions relevant de la politique étrangères, ils ont exprimé le souhait de participer aux travaux de la Commission. Je voulais vous transmettre cette idée que je considère comme étant positive et constructive. Encore faut-il savoir si cela est faisable dans la pratique.

Je vous remercie.