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Réponses du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Droutsas à une question des députés du L.A.O.S. relative à la politique étrangère

lundi, 14 décembre 2009

Première partie

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les députés,

D'entrée de jeu, j’ai affirmé que le gouvernement actuel, le gouvernement du PASOK, s’était fixé l’objectif de parvenir à un consensus et d’engager un dialogue sur des questions relevant de la politique étrangère. Nous valoriserons toutes les institutions et informerons les partis politiques et le peuple grec de toutes les décisions importantes.

Dans le courant de la semaine – et après l’élection du nouveau président de la Nouvelle démocratie – je demanderai aux partis de nommer leurs représentants au sein du Conseil national sur la politique étrangère afin que celui-ci soit convoqué dans les plus brefs délais. A partir du 1er janvier 2010 nous fixerons une date pour une nouvelle réunion du Comité « Affaires étrangères et Défense ».

Toutefois, j’aimerais que notre discussion d’aujourd’hui soit pour nous l’occasion de mener un dialogue constructif.

Avant d’examiner le fond des questions que vous avez posées, je voudrais souligner que nous exerçons la politique étrangère avec confiance car nous avons des positions claires et nous appuyons sur des valeurs universelles.

Nous avons confiance en nous-mêmes – nous devons avoir confiance en nous-mêmes – car nous sommes dans notre droit et sommes sincères avec nos interlocuteurs quels qu’ils soient.

Nous sommes disposés à discuter avec ceux qui ont quelque chose d’utile et de constructif à nous dire. Nous prendrons en compte leurs points de vue. Nous sommes ouverts aux idées et ne nous croyons pas infaillibles. Nous voulons coopérer avec toutes les forces politiques dans l’intérêt de notre pays. Nous voulons donner à notre pays la place qui lui convient. Le doter de la voix dont il s’est injustement privé ces dernières années.

S’agissant des questions gréco-turques et euro-turques, nos positions ont toujours été claires. M. Georges Papandréou, le Premier ministre actuel du pays, fort du mandat qui lui a été confié par le peuple, est le principal architecte du rapprochement gréco-turc. L’homme qui a mis en place la «communautarisation » des problèmes créés par la Turquie dans le cadre des relations gréco-turques.

Et je suis fier d’avoir travaillé avec lui à l’élaboration de cette politique en 1999 dont le principal résultat a été l’adhésion de la République de Chypre à l’Union européenne.

Depuis, cette politique élaborée par le gouvernement du Pasok demeure la pierre angulaire de la politique de la Grèce à l’égard de la Turquie sans que ses principes et son cadre soient remis à plat par le gouvernement précédent.

Pour ce qui est des questions gréco-turques, nous voulons reprendre notre politique de 2004, à savoir :

Premièrement, nous voulons approfondir davantage la coopération gréco-turque dans les domaines sur lesquels il n’existe pas de dissentiment, à savoir dans les domaines de l’économie et du tourisme, de l’énergie et de la civilisation. Cette politique sera dans l’intérêt de la Grèce, de son économie, de ses citoyens et de leur vie quotidienne.

Deuxièmement, nous voulons redoubler nos efforts en vue d’améliorer le climat au niveau militaire et réduire les tensions à travers l’adoption des mesures de confiance nécessaires.

Troisièmement, nous voulons faire revivre les « contacts exploratoires » concernant la question de la délimitation du plateau continental.

Les « contacts exploratoires » ne sont pas une fin en soi mais le moyen d’examiner les perspectives du règlement de la question juridique relative à la délimitation du plateau continental et par conséquent, ces contacts devront conduire à un certain résultat dans un délai raisonnable.

Pour ce qui est plus particulièrement de la dernière question, je voudrais apporter certaines précisions pour éviter tout malentendu.

Nous considérons que seul le différend relatif à la délimitation du plateau continental pourrait faire l’objet d’une discussion, comme le prévoit d’ailleurs la convention en vigueur sur le droit de la mer.

S’il s’avère qu’un accord sur le fond de la question relative à la délimitation du plateau continental ne puisse être atteint dans le cadre des contacts exploratoires et dans un délai raisonnable, la seule solution sera de porter cette question devant la Cour internationale de la Haye, comme l’ont d’ailleurs fait de nombreux pays, parmi lesquels un bon nombre de pays européens, concernant le règlement des différends de ce genre.

S’agissant d’autres questions soulevées par la Turquie en Egée, celles-ci ne sont que des revendications unilatérales de la Turquie au détriment de la souveraineté nationale et des droits souverains de notre pays et par conséquent – comme je l’ai à maintes reprises évoqué – il n’est pas question de les aborder.

Nous ne discuterons pas d’autres questions. Point final.

Et puisque vous avez soulevé dans vos interventions la question de la minorité musulmane en Thrace, j’aimerais de nouveau préciser que la Turquie ou n’importe quel haut fonctionnaire turc peut dire tout ce qu’il veut. Le gouvernement ne discute pas des questions relatives à la minorité musulmane, à savoir des questions des citoyens grecs avec des pays tiers. Enfin, une fois pour toutes, écoutez ce que le gouvernement grec vous dit.

Cette constatation m’amène à un autre axe majeur de notre politique à l’égard de la Turquie, à savoir la « communautarisation » des problèmes créés par la Turquie. La « communautarisation » de ces problèmes a été concrétisée à Helsinki en décembre 1999.

C’était à cette époque qu’ont été fixées les conditions au parcours d’adhésion de la Turquie, à savoir le respect des relations de bon voisinage et le règlement pacifique des différends avec ses voisins, y compris, si besoin est, la possibilité de recours à la Cour pénale internationale de la Haye, à l’horizon 2004.

En d’autres termes, à Helsinki le règlement des problèmes que crée la Turquie et qui affectent les relations gréco-turques, est devenu une condition nécessaire au progrès du parcours d’adhésion de la Turquie. Un délai a été même fixé pour le respect de la part de la Turquie des obligations relatives à l’adhésion et liées à ces problèmes.

Malheureusement, ce délai a été levé tout en libérant ainsi la Turquie des pressions que ce délai lui imposait. Il existe des responsabilités. Nous avons, à maintes reprises, parlé des opportunités perdues, des opportunités historiques que nous-mêmes avons créées par le biais de notre politique.

Cinq ans ont passé et aucune explication n’a été donnée sur la raison pour laquelle M. Karamanlis a décidé de donner son feu vert à la Turquie et qui plus est par le biais de la chaîne CNN.

C’est l’histoire qui va juger de ces actions. Et la première crise a été déjà déclenchée lors des élections récentes.

Nous soutenons la perspective européenne du pays voisin car cela constitue non seulement un outil précieux pour le règlement des problèmes créés par la Turquie mais c’est aussi dans l’intérêt de notre pays à long terme.

Nous préférons avoir comme voisin un pays européen, une démocratie solide qui respectera les relations de bon voisinage, un Etat de droit qui respectera les droits de l’homme, la liberté religieuse et les minorités.

Et non pas un Etat dont les structures et son fonctionnement ne sont pas conformes aux normes européennes.

Notre objectif est de valoriser la perspective et le parcours d’adhésion de la Turquie de manière constructive en vue d’inciter le pays voisin à entreprendre des reformes et à adopter une attitude respectueuse des relations de bon voisinage et des principes et valeurs européens. Et, au cours de la dure négociation menée sur chaque chapitre séparément, nous voulons employer les profits découlant du processus d’adaptation de la Turquie en faveur de nos relations bilatérales.

Il n’y pas de chèque en blanc pour la Turquie. Au contraire : comme nous l’avons aussi fait dans le passé, ce gouvernement assurera que le respect des relations de bon voisinage et le règlement pacifique des différends deviennent de nouveau les conditions sur la base desquelles sera jugé et évalué le progrès du parcours d’adhésion du pays voisin.

C’est dans ce sens que nous continuerons d’entreprendre nos actions. Nous portons les problèmes crées par la Turquie au-devant de la scène européenne et internationale et nous exigeons que ce pays soit conforme au droit international et aux principes de la Charte des Nations Unies.

La semaine dernière, et en dépit des insuffisances des travaux préparatoires du gouvernement précédent, nous avons réussis à remettre certaines choses dans l’ordre.

Nos efforts commencent à porter leurs fruits, des résultats qui sont notés dans les conclusions du dernier Conseil « Affaires générales».

Nous sommes au début du chemin. Nous devrons travailler d’arrache pied pour rattraper le temps perdu.

Nous sommes appelés à reprendre notre politique dans une conjoncture très différente et nos devrons déployer des efforts encore plus importants en vue de façonner de nouveau le cadre approprié pour la réalisation de nos objectifs.

Toutefois, nous avons confiance, nous avons un plan, de l’expérience et nous sommes convaincus que nous y parviendront.

S’agissant de la question de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, la « ligne nationale rouge » est une conquête que nous devons conserver car cette ligne constitue notre force de négociation. Le Pasok a conçu cette ligne rouge et la plupart des forces politiques s’y sont alignées. Nous acceptons une appellation avec détermination géographique valable à l’égard de tous et pour tout usage, à savoir une appellation « erga omnes ».

Cette position nous a conduits à prendre la décision de Bucarest. C’est grâce à cette position que nous avons pu montrer à la communauté internationale qu’il était tout à fait légitime pour la Grèce de se battre pour son patrimoine historique et culturel et de s’opposer aux efforts visant à l’appropriation de ce patrimoine.

Au sein de l’Union européenne, le Conseil a décidé que le règlement de la question serait nécessaire et substantiel afin que Skopje fasse des pas ultérieurs dans son parcours d’adhésion.

La semaine dernière nous avons remis à plus tard la discussion sur la question de l’ouverture des négociations d’adhésion de Skopje – cette discussion sera engagée au cours de la présidence espagnole – et ce, en dépit des efforts déployés par la présidence actuelle lesquels visaient à créer une image fictive pour Skopje et à imposer l’ouverture des négociations.

En employant une langue positive, en entreprenant des initiatives tangibles et en exerçant une diplomatie active, la Grèce a prouvé à tous ses partenaires qu’elle était la force motrice de la perspective d’adhésion des Balkans. A travers notre proposition intitulée « Agenda 2014 », nous donnons un nouvel élan à la perspective européenne des pays de notre région.

Dans un même temps, à travers des initiatives dynamiques, le Premier ministre grec s’est entretenu deux fois avec le Premier ministre de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine et a montré à tout le monde que la Grèce était prête à parvenir à une solution mutuellement acceptable. Toutefois, le cadre de la négociation ne change pas. Nous l’avons, à maintes reprises, affirmé et je n’aurais de cesse de le répéter.

La négociation est menée dans le cadre des Nations Unies et sur la base des résolutions du Conseil de Sécurité. Toutefois, les contacts directs, même au niveau des Premiers ministres, peuvent donner une dynamique positive à la négociation.

Forte de ses arguments bien fondés, de ses positions claires et de la ligne nationale rouge clairement définie, la Grèce n’a aucune raison d’éviter les contacts directs. Au contraire, elle cherche à établir des contacts directs.

Les conclusions du Conseil ont été acceptées sous réserve de la question de Skopje. Il semble que les dirigeants de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine aient choisi de créer un climat de retranchement tout en provoquant des réflexes nationalistes. Notre message est tout à fait différent.

La Grèce veut et peut promouvoir l’adhésion de Skopje mais la condition à cela est le règlement préalable de la question du nom. M. Gruevski tient entre ses mains l’avenir de son pays. Il peut être le dirigeant qui assurera l’avenir européen de son pays. Ou bien il peut rester dans l’histoire comme l’homme qui a retardé l’intégration européenne de son pays et l’a plongé dans le nationalisme de son passé balkanique. Actuellement, la clé continue d’être entre les mains de M. Gruevski. Mais finalement c’est le peuple qui jugera de ces actions.

Nous envisageons de nous adresser au peuple voisin afin qu’il comprenne que la Grèce et le peuple grec aspirent à un avenir commun de paix et de coopération au sein de la famille européenne.

Je voudrais conclure mon intervention en abordant une question majeure de notre politique étrangère et l’une de plus grandes injustices commises en Europe, une injustice qui doit être réparée.

La question chypriote est une question d’invasion et d’occupation d’un Etat membre de l’UE par un pays candidat à l’adhésion. Il s’agit d’une question d’occupation militaire du territoire d’un Etat membre de l’ONU par un autre Etat membre. La question chypriote est une honte pour les valeurs européennes et atteste de l’existence d’un système national faussé qui tolère la perduration de cette situation.

Le Président Christofias a entrepris une initiative courageuse et les négociations menées sous l’égide des Nations Unies sont en cours. La Grèce soutient le processus et tient à préciser que ce processus doit être un processus « chypriote » qui donnera une solution « chypriote ». Les calendriers artificiels, les arbitrages, les chantages et les menaces de division de l’île n’ont aucune place dans ce processus.

Je l’ai souligné aussi dans mon intervention lors du dernier Conseil des ministres des Affaires étrangères quand j’ai dû repousser les attaques et mêmes les menaces proférées par certains partenaires. Une solution équitable, durable et fonctionnelle dans le cadre des résolutions des Nations Unies et en plein respect de l’acquis communautaire. Une solution sur la base d’une fédération bizonale et bicommunautaire. Une solution qui permettra à l’ensemble du peuple chypriote, Chypriotes grecs et turcs, de tirer profit de la participation de leur pays à la famille européenne et de la sécurité offerte par cette dernière. Une solution qui viendra libérer Chypre de ce système désuet de garanties et éliminera une fois pour toutes les séquelles du passé colonial.

La semaine dernière, la Grèce et Chypre ont mené une bataille diplomatique dure dans un environnement plutôt hostile. La bataille a été difficile mais nous sommes satisfaits du résultat car notre position commune a été claire et catégorique et nous avons parlé d’une seule voix :

Ankara a l’entière responsabilité de la non-conformité à ses obligations d’adhésion à l’égard de Chypre et du maintien des sanctions, à savoir le gel des huit chapitres. De nombreux pays et notamment la présidence suédoise et le Royaume Uni ont essayé d’empêcher par tout moyen l’imposition des sanctions globales collectives. La Grèce et Chypre avec certains autres pays, ont précisé que nous devrions, pour ne pas mettre en péril la crédibilité de l’Union, adopter une position claire. Forte du plein soutien de la Grèce, la République de Chypre a procédé au gel unilatéral des autres chapitres.

Quoi qu’il en soit, il est clair que le parcours d’adhésion de la Turquie ne sera parachevé que si Ankara reconnaît la République de Chypre et normalise ses relations avec elle et si, bien entendu, la question chypriote est réglée. La République chypriote occupe désormais une position de puissance grâce à son adhésion à l’UE.

L’environnement dans lequel nous sommes appelés à exercer la politique étrangère est difficile, volatile et exigeant, Nous prenons le relais après une période d’inertie qui a marqué la gouvernance de Karamanlis en général. Nous exerçons une politique étrangère dynamique. Une politique agressive et intelligente exercée à travers des initiatives. Nous faisons bousculer les idées reçues et avons l’audace d’examiner de nouvelles idées et perspectives. Nous avons un esprit ouvert. Nous n’évitons les contacts avec tout interlocuteur, quel qu’il soit, si cela est dans l’intérêt de notre pays.

Nous sommes en faveur du consensus avec les forces politiques du pays et nous n’hésiterons pas à adopter des idées et des propositions soumises par d’autres personnes si cela est dans l’intérêt de notre pays. Mais surtout, nous sommes déterminés à renoncer à la politique étrangère susceptible de limiter les horizons de la Grèce. Nous avons confiance en nous-mêmes, nous avons une vision et nous avons des objectifs. Parce que la Grèce, les Grecques et les Grecs le valent bien. Et nous avons la puissance et les moyens de concrétiser cette vision et atteindre ces objectifs. Et dans cet effort nous voulons que toutes les forces de notre pays soient à nos côtés.

Je vous remercie.

Deuxième partie

Mesdames et messieurs les députés,

Les Grecs et les Grecques exigent qu’une solution soit apportée aux problèmes du pays. C’est dans ce sens que nous œuvrons. Mais pas n’importe quelles solutions. Des solutions qui serviront pleinement les intérêts de la Grèce.
Les tons élevés et les outrances ne peuvent servir cet objectif. Les tons élevés et les outrances sont le chemin le plus facile. Nous n’allons pas suivre cette voie avec vous. Ni ne permettrons à qui que ce soit de nous conduire dans ce chemin. Nous ne sommes guidés que par la volonté du peuple grec en faveur du progrès du pays et nos actions visent toujours à défendre pleinement les intérêts de notre pays.

Nos concitoyens dans leur immense majorité nous ont honoré de leur confiance car ils partagent les valeurs que nous défendons : méritocratie, dignité, transparence, initiatives et confiance. Les tons élevés et les outrances attestent du manque de confiance en soi. Mais nous, nous sommes confiants. Nous avons des positions claires et nous ne permettrons à personne de saper ces positions.
Vous avez émis des critiques sur les conclusions du Conseil « Affaires générales » qui a évalué le parcours d’adhésion de la Turquie et de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine.
Pour vous la politique étrangère est un jeu à somme nulle. Le gain de la Grèce n’est que la perte du voisin. Vous ne considérez pas l’Europe comme un projet de paix auquel nous participons tous sur le même pied d’égalité mais comme une force étrangère qui devrait renforcer le poids faible, à vos yeux, de la Grèce. Je n’accepterai pas cette attitude fataliste vis-à-vis des capacités de notre pays.

D’après votre vision du monde, la Turquie et l’ARYM n’ont pas de place au sein de l’Union européenne. Il est sûr que vous ne seriez contents que si les conclusions du Conseil mettraient fin au processus d’adhésion des pays voisins.
Notre désaccord est donc structurel. Il est fondamental. Pour nous, l’Europe est un outil de développement et de paix. Un outil en constante évolution.

La semaine dernière nous sommes parvenus à des résultats importants, et ce, dans des conditions difficiles. Des améliorations ont été apportées à un très grand nombre de points du texte des conclusions conformément aux vœux de la Grèce et de Chypre.

Nous avons réussi à supprimer des formulations dangereuses, comme celle portant sur les différends bilatéraux et disant que ceux-ci ne devraient pas entraver le progrès des négociations d’adhésion. La Turquie est appelée à remplir pleinement les critères de Copenhague, notamment dans les domaines tels que les libertés religieuses, les droits des minorités, les droits patrimoniaux, des questions revêtant une grande importance pour le Patriarcat œcuménique et la minorité grecque.

Nous sommes parvenus à introduire une référence explicite à l’application des accords bilatéraux de réadmission, un outil important pour lutter contre l’immigration illégale en provenance de Turquie.

Le Conseil a demandé à la Turquie de prendre des engagements sans condition à l’égard du respect des relations de bon voisinage, du règlement pacifique des différends avec ses voisins, y compris le recours à la Cour pénale internationale de la Haye. Une référence a été faite pour la première fois au respect du droit international de la mer, une réalisation importante. J’aimerais clore en disant deux mots sur la question de Skopje.

Nous avons demandé le vote du peuple grec en présentant des positions claires. Le peuple grec nous a confié le mandat afin que nous concrétisions ces positions. Mais nous n’avons pas reçu ce mandat dans le but de transférer au peuple la responsabilité de nos propres décisions sur la question du nom de Skopje et d’organiser des référendums pour fuir nos responsabilités. Nous ne fuyons pas nos responsabilités. Nous ne craignons pas d’exercer une politique et de gouverner.

Nous voulons régler la question du nom conformément à notre ligne nationale rouge. Il est évident que l’ouverture des négociations avec l’Union européenne et l’adhésion à l’OTAN ne sont possibles que si une solution préalable est apportée à la question du nom. Cela ne fait pas l’objet d’une négociation mais c’est une réalité.

Pour ce qui est de la question de la dite identité de nos voisins – pour conclure – je vous dirais une seule chose : M. Nimetz avait tort d’introduire dans ses propositions en 2005 d’autres questions. Le pire est que le gouvernement de M. Karamanlis a accepté de discuter de ces questions.

Cela ne fait que faciliter M. Gruevski qui entrave le progrès des négociations menées sous l’égide des Nations Unies en vue de parvenir à une solution. M. Gruevski a essayé de monopoliser l’appellation « Macédoine » et de s’approprier un passé historique qui ne lui appartient pas.

Je vous dis de manière claire : l’identité macédonienne fait parti de l’identité de chaque Grec. Cela n’est pas à négocier. Une identité qui l’accompagne tout au long de sa vie. Et ce message doit être transmis non seulement à Skopje mais aussi à New York et dans toutes les directions.