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Discours prononcé par le ministre adjoint, M. Droutsas lors d’une discussion sur une question de M. Dritsas, député du parti SYRIZA au sujet de l’intervention militaire d’Israël contre la flottille d’activistes

jeudi, 03 juin 2010

Principaux points :

· «Hier tard dans la nuit – ou plutôt ce matin à l’aube – nous avons accueilli avec vous M. Dritsas et les représentants des partis, les ressortissants grecs arrivés d’Israël à bord d’un vol spécial de l’armée de l’air grecque. Nos compatriotes étaient escortés à l’aéroport de Tel Aviv par les cadres de notre ambassade. Pendant toute la durée de la crise, la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères a exercé son activité sans relâche, en informant directement les familles. Tous les services du ministère des Affaires étrangères ont fonctionné sans aucun problème ».

· «Nous avons avant tout veillé à ce que la sécurité des ressortissants grecs ne soit pas mise en danger et c’est ce qui a dicté nos actions et nos initiatives ».

· «Nous avons une position de principe que nous avons formulée à plusieurs reprises pendant toute la durée de la crise : toute activité, quelle qu’elle soit, d’Organisations non gouvernementales doit être exercée librement, à la condition qu’elle soit légale ».

· « Sans aucun doute, l’opération militaire israélienne conduite dans les eaux internationales est condamnable, et elle ne l’est pas seulement en raison de l’issue tragique que nous connaissons tous. Nous l’avons clairement affirmé dès nos premières déclarations et actions, de manière claire et catégorique, non en usant des fanfaronnades, mais avec conviction et détermination ».

Texte intégral du discours :

PREMIERE PARTIE

Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs les députés,

Hier tard dans la nuit – ou plutôt ce matin à l’aube – nous avons accueilli avec vous M. Dritsas et les représentants des partis, les ressortissants grecs arrivés d’israël à bord d’un vol spécial de l’armée de l’air grecque. Nos compatriotes étaient escortés à l’aéroport de Tel Aviv par les cadres de notre ambassade. Pendant toute la durée de la crise, la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères a exercé ses activités sans relâche, en informant directement les familles. Tous les services du ministère des Affaires étrangères ont fonctionné sans aucun problème.

Tel est le tableau qui dépeint la réalité. Mais avant d’apporter une réponse à la question qui m’a été posée, j’aimerais féliciter et remercier les cadres du ministère des Affaires étrangères, au service central et extérieur qui ont rempli leurs obligations avec soin en usant de leurs hautes compétences et ont fait preuve de détermination et d’efficacité. Ils se sont acquittés de leur mission avec brio.

J’en viens maintenant au fait.

Le ministère des Affaires étrangères suit depuis des mois la préparation d’une mission humanitaire internationale devrant transporter de l’aide au peuple palestinien de Gaza. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que des entreprises de ce genre ont été organisées.

Nous avons avant tout veillé à ce que la sécurité des ressortissants grecs ne soit pas mise en danger et c’est ce qui a dicté nos actions et nos initiatives. Pour cette raison, vous le savez très bien, les services du ministère des Affaires étrangères, aussi bien en Grèce qu’en Israël, et moi personnellement, avons entrepris les démarches nécessaires en temps utile.

Il y a ici pour nous une position de principe que nous avons formulée à plusieurs reprises pendant toute la durée de la crise : toute activité, quelle qu’elle soit, d’Organisations non gouvernementales doit être exercée librement, à la condition qu’elle soit légale. Cela étant, nous avons informé en temps utile les organisateurs de l’initiative des dangers que comportait leur mission.

Il ne fait aucun doute, Mesdames et Messieurs les députés, que l’opération militaire israélienne conduite dans les eaux internationales est condamnable, et elle ne l’est pas seulement en raison de l’issue tragique que nous connaissons tous. Nous l’avons clairement affirmé dès nos premières déclarations et actions, de manière claire et catégorique, non en usant des fanfaronnades, mais avec conviction et détermination. L’annulation de l’exercice militaire commun des deux armées de l’air et le report de la visite en Grèce du chef de l’état-major de l’armée israélienne ne laissent planer aucun doute sur notre position claire, dès les premiers instants.

Je dois dire que pendant toute la durée de la crise, nous tous et le Premier ministre lui-même, sommes intervenus de manière appropriée. Je mentionnerais à titre indicatif la communication avec le ministère des Affaires étrangères d’Israël, le Premier ministre turc, le Président de la République chypriote, le Président palestinien, M. Mahmoud Abas ainsi que le Secrétaire général de la Ligue arabe, M. Amr Moussa, c’est-à-dire avec les personnalités importantes de la région.

Enfin, toutes nos actions, à tous les niveaux, étaient en coordination avec nos partenaires européens, Mme Ashton, haut représentant aux affaires étrangères et la présidence espagnole.

Mesdames et Messieurs les députés

Il est actuellement d’une importance majeure d’examiner les circonstances dans lesquelles se sont survenus ces incidents tragiques. Telle est l’exigence dictée par la communauté internationale. Telle est également notre exigence. En concertation avec nos partenaires au sein de l’UE, nous avons demandé la mise en place d’une enquête sur ces faits. Une chose est sûre : rien ne saurait justifier le recours à la violence, ce recours est condamnable.

Deuxième partie

Je vous remercie madame la Présidente. Je serai bref. Vous savez que je ne suis pas un défenseur de la politique étrangère exercée à travers des « artifices de communication ». Nous procédons en fonction de ce qui est essentiel et au profit de la Grèce.

S’agissant de la crise continue dans la Bande de Gaza, force est de rappeler que la Grèce dès les premiers instants a insisté sur le fait qu’Israël devrait assurer l’ouverture des couloirs humanitaires. Par ailleurs, notre pays contribue officiellement à la reconstruction de Gaza en apportant une aide humanitaire et économique. Cette aide est acheminée par le biais l’Autorité palestinienne et des dispositifs mis en place par les organisations internationales.

Nous avons œuvré et nous continuons d’œuvrer de manière systématique, tant au niveau de l’Union européenne qu’au niveau bilatéral, en faveur de l’issue favorable du processus de paix qui vient d’être de nouveau activé en prenant la forme de pourparlers de proximité. Notre objectif ultime est de parvenir à une solution globale et durable à la question palestinienne sur la base du principe de deux Etats, à travers la création d’un futur Etat palestinien viable qui coexistera aux côtés d’Israël dans un environnement de paix et de sécurité.