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Discours prononcé par le ministre des Affaires étrangères, M. D. Avramopoulos lors de la réunion du parlement à l’occasion de la ratification de l’accord Grèce-Canada sur la mobilité des jeunes

mercredi, 31 octobre 2012

D. AVRAMOPOULOS : Je vous remercie monsieur le Président.

La session plénière du parlement hellénique se réunit aujourd’hui en vue d’une ratification qui revêt une importance cruciale, la ratification d’un accord entre la Grèce et le Canada qui a été signé lors de la visite du Premier ministre canadien M. Harper en Grèce en mai 2011. A l’époque il avait été annoncé que le parlement hellénique ratifierait cet accord, un engagement que nous avons respecté. De nombreux événements ont lieu actuellement on Grèce mais l’Etat grec demeure toujours opérationnel. Notamment à l’heure actuelle nos relations internationales figurent en tête de liste de nos priorités car elles sont directement liées à l’image internationale du pays qui a été entachée en raison de ce qui s’est passé ces dernier temps et nous devons tous ensemble dans cette salle parvenir à une entente et coopérer afin de changer cette image.
L’accord a été d’ores et déjà ratifié par le Canada. Je me réjouis particulièrement que le Comité permanent « Affaires étrangères et Défense » ait pris majoritairement la décision en faveur de la ratification de cet accord, en dépit des réserves émises lors du débat engagé au sein du Comité le 23 octobre. Notre intention a été de faire coïncider la ratification de cet accord avec la célébration du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Grèce et le Canada, et, bien entendu, cela aurait dû avoir lieu à Ottawa dans le cadre de la visite officielle prévue pour aujourd’hui. Malheureusement, la violence sans précédent de l’ouragan Sandy qui a touché la côte Est des Etats-Unis et du Canada nous a obligés de remettre à plus tard la visite officielle. Dans quelques heures une réunion spéciale se tiendra au Sénat du Canada, en vue de saluer la ratification de cet accord. 

Hier soir, j’ai contacté mon homologue canadien, M. John Baird, auquel j’ai exprimé le soutien et la solidarité du peuple grec en cette période difficile que traverse la région élargie, la région du Canada, je voulais dire, tandis que nous sommes convenus d’organiser de nouveau la visite qui a été remise à plus tard, ce qui devrait avoir lieu ces jours.

Le Canada, mesdames et messieurs, est un pays avec lequel la Grèce a une coopération étroite et des relations excellentes au niveau bilatéral, multilatéral et inter-atlantique. Force est de signaler qu’au cours de ces deux dernières années pour notre pays, l’attitude du Canada vis-à-vis de la Grèce est particulièrement positive et je dirais même que je me réjouis du grand intérêt manifesté de la part de Canada pour ce qui est de l’organisation de cette visite. Nos deux pays amis ont investi un effort particulier ces dernières années dans une série de contacts de haut niveau ce qui eu comme résultat une mobilité particulièrement positive dans nos relations bilatérales, dans l’intérêt bien entendu des deux pays et de nos deux peuples.
A ce stade, je pense qu’il est de mon devoir de souligner l’ampleur, l’importance et le haut niveau de la communauté des Canadiens d’origine grecque. Je vous rappelle –  ce que vous savez déjà – qu’aux Etats-Unis, du point de vue statistique, les Grecs se distinguent sur le plan scientifique. Actuellement, les Grecs occupent l’une des premières places – dans les deux pays – dans le milieu scientifique et dans celui de la recherche et de la technologie. Une partie particulièrement dynamique de l’Hellénisme de la diaspora est pleinement intégrée dans l’environnement multiculturel du Canada et entretient des liens étroits de longue date avec la Grèce, ce qui nous rend très fiers.
L’accord sur la mobilité des jeunes s’intègre également dans ce cadre positif qui caractérise les relations entre nos deux pays. Pour la Grèce il s’agit d’un accord innovant qui sera mis en œuvre sur une base d’égalité et de réciprocité. Des projets de ce genre sont mis en place dans plusieurs pays depuis de nombreuses années et enregistrent un succès particulier. Ce n’est pas maintenant que nous découvrons cette possibilité. Force est de signaler que le Canada a d’ores et déjà mis en place des accords de ce genre avec 30 pays, dont 18 pays de l’Union européenne. Je pense et vous serez d’accord avec moi, que la main d’œuvre scientifique de ces 18 pays de l’Union européenne n’est guère menacée par un tel accord. Bien au contraire, ces accords contribuent à l’enrichissement au niveau de l’expérience et des connaissances, à une époque où, mes chers collègues, nous assistons à la suppression des frontières, à une nouvelle réalité et où a eu lieu une révolution au niveau des nouvelles technologies, des transports et des communications qui a ouvert de nouveaux horizons et permet notamment aux jeunes de découvrir des pays, des civilisations, d’élargir et d’approfondir leurs connaissances et cet accord contribue sans aucun doute à cela.
J’estime utile de préciser devant cette session plénière aujourd’hui, que cet accord ne concerne en aucun cas l’immigration, comme on a pu l’entendre tout à l’heure et ne concerne pas la « fuite des cerveaux » qui y est parfois corrélée. Cet accord ne vise pas à la recherche d’un emploi permanent au Canada ou en Grèce respectivement, au contraire il ouvre des perspectives pour la réalisation scientifique des chercheurs et scientifiques grecs et autres. Il concerne notre quotidien, les jeunes qui recherchent la connaissance et l’expérience en dehors de leurs frontières. Nous le déclarons aujourd’hui, dans cette enceinte, nous, qui sommes des citoyens du monde par excellence. Avant que d’autres peuples ne découvrent le monde, nos ancêtres l’avaient découvert et ont contribué à la croissance, au progrès des pays qui ont choisi d’exercer leur droit à la vie. A l’ère de ce nouveau monde ouvert, nous ne pouvons parler en des termes d’extraversion, ni permettre l’isolation et permettez-moi de mettre l’accent là-dessus à la lumière des événements qui se déroulent actuellement en Grèce.

Le nombre des participants des deux pays est égal et l’élément démographique des deux pays n’est pas pris en compte, car cela a été mentionné lors de la discussion devant le comité compétent. Précisément, l’accord prévoit des procédures simplifiées conformes à la législation nationale respective de chaque partie afin que les jeunes ressortissants grecs et canadiens de 18 à 35 ans aient la possibilité de voyager, de rester et de travailler dans le pays pendant une période maximale de 12 mois, à la condition toutefois qu’ils remplissent l’une des trois conditions de ces trois catégories :

Premièrement, qu’ils soient diplômés d’établissements de l’enseignement secondaire et supérieur dans leur pays et souhaitent acquérir une expérience au titre d’un contrat de travail déterminé.   

Deuxièmement, qu’ils soient étudiants d’établissements de l’enseignement secondaire ou supérieur souhaitant réaliser un stage déterminé dans l’autre pays. 

Troisièmement, qu’ils souhaitent voyager dans chaque pays pour des vacances de longue durée avec la possibilité de travailler provisoirement et augmenter leurs revenus. Quoi de mieux pour les jeunes ? Je rappelle que cela a lieu de manière élargie au sein de la famille européenne.

C’est donc une nouvelle forme de ce que l’on avait appelé dans le passé, l’expérience de la vie à l’étranger, à la différence que cela s’intègre dans le cadre d’une convention. Les jeunes peuvent être autorisés à réintégrer ce programme pour une fois seulement, mais dans une catégorie différente. Certes les obligations de la Grèce découlant du droit de l’Union européenne et de la Convention de Schengen ont déjà été prises.

Les Grecs qui profiteront de cet accord auront l’occasion d’élargir leurs horizons dans un pays moderne, démocratique et avec lequel nous entretenons des relations particulièrement amicales et d’acquérir des avantages comparatifs dans leur vie ultérieure et leur carrière dans l’environnement national et international concurrentiel, notamment dans une période comme celle d’aujourd’hui, où notre pays traverse la plus grande crise économique et sociale après la Seconde guerre mondiale.

Respectivement, les jeunes Canadiens qui se rapprocheront de la Grèce en participant à l’éducation grecque, à la culture et à la vie quotidienne des citoyens grecs, viendront s’ajouter aux amis de la Grèce dans le monde. Et comme l’a dit auparavant M. Quick, ils deviendront les « ambassadeurs de la Grèce dans le monde ».

Je vous assure, Mesdames et Messieurs, mes chers collègues, que le ministère des Affaires étrangères tiendra pleinement compte des remarques très constructives de MM. les députés au Comité permanent des Affaires étrangères et de la Défense. En concertation avec les services co-compétents, il fera tout le nécessaire pour que cet accord soit appliqué dans les plus brefs délais et de manière efficace, qu’il fasse l’objet d’évaluations régulières, avec notification écrite du Comité par le ministère des affaires étrangères chaque fois que le programme est appliqué et qu’un bilan annuel général du Comité Affaires étrangères et Défense nationale soit dressé sur l’évolution du programme lors d’une session spéciale du Comité. J’estime – et je pense que vous partagez mon opinion – que cet accord dont nous discutons aujourd’hui, constitue une contribution à la jeunesse des deux pays et ouvrira de nouveaux horizons, de nouvelles opportunités, de nouvelles expériences et perspectives pour l’avenir de la Grèce et du Canada, une contribution réelle à notre jeunesse, qui est en fait un investissement pour l’avenir de notre pays.

Je vous remercie.