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Intervention du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères K. Tsiaras devant le Comité Défense nationale et Affaires extérieures sur la «Ratification de l’accord entre la République hellénique et le Canada sur la mobilité des jeunes »

mardi, 23 octobre 2012

Mes chers collègues,

Le Comité permanent Défense nationale et Affaires extérieures se réunit aujourd’hui pour débattre et ratifier un accord important entre la Grèce et le Canada, signé le 28 mai 2011 par le ministre des Affaires étrangères d’alors, à savoir M. Dimitris Droutsas et le ministre canadien en charge des questions financières, M. Tony Clément qui est d’ailleurs d’origine chypriote grecque.

Force est de noter, à ce stade, que la signature de l’accord a eu lieu lors de la visite en Grèce du Premier ministre canadien M. Stephen Harper.

Dans le cadre de cette visite, ce dernier a affirmé sa confiance dans les efforts de l’économie grecque pour surmonter la crise et a eu une série de contacts avec la direction politique du pays, le Président de la République, M. Papoulias et l’ex Premier ministre M. Papandréou. Cet accord a été ratifié par le Canada, selon un communiqué officiel de la partie grecque en février 2012. Un petit retard a été enregistré en raison de la conjoncture générale et de la longue période électorale qui a suivi jusqu’en juin 2012 et qui a donné lieu à la formation du nouveau gouvernement Samaras.

Force est de souligner que le contenu de cet accord a soigneusement été examiné tant par les services du ministère des Affaires étrangères, que par les services de nombreux ministères co-compétents, comme les ministères de l’Intérieur, de l’Education, des Cultes, de la Culture et du Sport, du Travail, de la Sécurité sociale et de la Prévoyance, de l’Ordre public et de la Protection du citoyen, qui, comme vous le constaterez, ont tous signé la loi de ratification qui vous est présentée aujourd'hui.

Mes chers collègues,

Vous savez que la Grèce entretient traditionnellement d’excellentes relations avec le Canada, élément principal de l'importante communauté grecque qui s'étend dans toutes les grandes villes du pays. De Toronto à la capitale Ottawa, de Montréal et Québec à l’est, jusqu’à Vancouver sur la côte occidentale et l’océan pacifique. Cette partie de l’Hellénisme de la Diaspora est particulièrement dynamique et porte bien haut le nom de la Grèce, en prospérant dans de nombreux domaines culturels canadiens, comme le milieu universitaire, scientifique, politique et commercial. A titre indicatif, je me réfèrerais aux deux cas ci-dessous : cet été, Mme Andromachi Karakatsani, juge d’origine gréco-canadienne et membre de la Cour suprême du Canada, a visité la Grèce. Le professeur Andreas Gerolymatos, directeur de la Chaire d’Etudes de grec moderne à l’Université Simon Fraser à Vancouver, a été honoré l’année dernière par le président Papoulias pour sa méthode novatrice de diffusion de la langue et de la civilisation grecques.

Mesdames et Messieurs,

Ces dernières années, les relations bilatérales et les contacts entre la Grèce et le Canada se sont renforcés davantage, notamment dans le domaine de la modernisation du cadre institutionnel les régissant. Outre le Premier ministre canadien, il y a un mois le Président du Sénat du Canada, M. Noël Kinsella a visité la Grèce. Et d’ailleurs cette année est une année importante puisque nous fêtons le 70e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays. Dans ce contexte, le ministre des Affaires étrangères, M. Avramopoulos sera en déplacement la semaine prochaine au Canada pour établir des contacts avec la direction politique du pays et participer à des manifestations organisées par le parlement canadien à l'occasion de ce 70e anniversaire.

L’accord sur la mobilite des jeunes s’integre justement dans ce cadre et nous nous rejouissons pleinement du fait que cette proposition de ratification coincide avec cet important anniversaire. Il s’agit d’un accord d’avant-garde pour la Grece qui donne aux jeunes Grecs et Canadiens l’opportunite de connaitre la civilisation et la societe de l’autre pays, tout en renforcant par le biais de ces echanges les liens d’amitie qui unissent les deux pays. Il s’agit d’un accord qui sera mis en ?uvre sur une base d’egalite et de reciprocite.

Chers collègues,

Avant de passer aux points principaux de l’accord, j’aimerais signaler que ce dernier ne porte pas et ne vise pas à l’émigration (et à la fuite des cerveaux que celui-ci peut entraîner). Son objectif n’est pas que ces jeunes trouvent un emploi permanent au Canada ou en Grèce. Il s’agit d’un projet dont l’objectif unique, mais à la fois multiple, est la familiarisation des jeunes Grecs et Canadiens, à travers la connaissance de la civilisation, de la langue – ou les langues dans le cas du Canada – avec la vie quotidienne et la société de l’autre pays et de son peuple. Cette familiarisation sera acquise par l’expérience à travers les voyages, le séjour et l’exercice d’une profession dans l’autre pays. Notre ambition est que ces expériences puissent contribuer au renforcement de l’ascension personnelle et professionnelle de ces jeunes qui bénéficieront de l’application de cet accord.

Des projets de ce genre sont d’ores et déjà mis en œuvre avec un succès particulier entre de nombreux autres pays. Par ailleurs, le Canada a déjà signé et applique actuellement des accords similaires avec environ 30 pays, dont 18 pays de l’Union européenne, à savoir l’Allemagne, la France, l’Autriche, le Belgique, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Irlande, l’Italie, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Pologne, la Slovaquie, la République tchèque, la Slovénie, la Suède, le Danemark, l’Espagne, mais aussi avec d’autres pays tels que le Japon, l’Australie et le Mexique.

Il y aura une phase-pilote de mise en œuvre du programme lors de laquelle un petit nombre de Grecs et de Canadiens, à savoir 100 à 200 jeunes, participera au projet. L’objectif est d’élargir la participation dans les années à venir.

Force est de signaler à titre de comparaison, que le nombre plafond de jeunes participant au programme dans le cadre des accords qu’a signé le Canada avec l’Allemagne et la France, s’élève à 5000 et 14000 respectivement. Conformément aux dispositions de l’accord, à travers des procédures simplifiées qui ont été expressément prévues en fonction aussi de la législation nationale de chaque pays, les jeunes Grecs et Canadiens, de 18 à 35 ans pourront voyager, rester et exercer une profession temporaire, pour une période maximale d’un an, sur le territoire de l’autre pays, dès lors qu’ils relèvent d’une des trois catégories prévues par l’accord, à savoir les bénéficiaires potentiels doivent être :

a)    Des diplômés des établissements d’enseignement postsecondaire ou supérieur de leur pays qui souhaitent acquérir une expérience professionnelle dans l’autre pays et qui ont signé un contrat de travail défini à l’avance.
b)    Des étudiants des établissements d’enseignement postsecondaire ou supérieur qui souhaitent faire un stage dans un domaine relatif à leurs études et qui fait partie de leur curriculum universitaire.
c)    Des jeunes qui souhaitent voyager dans un autre pays pour faire des vacances tout en ayant aussi la possibilité d’exercer une profession temporaire en vue d’accroître leurs ressources économiques.

Chaque jeune peut participer au programme deux fois seulement et sous une catégorie différente chaque fois. Il va de soi que pour ce qui est de la Grèce, ont été prises en compte ses obligations découlant du droit de l’UE et de l’accord Schengen.

J’aimerais également signaler que, ainsi qu’il ressort du rapport du Bureau général de la comptabilité de l’Etat qui accompagne la loi d’approbation, cet accord n’entraîne aucun coût financier pour notre pays.

Chers collègues,

D’une part, les Grecs qui beneficieront de la mise en ?uvre de cet accord auront l’occasion, en demeurant dans un grand pays ami, moderne et democratique, d’elargir leurs horizons, d’enrichir leurs connaissances pratiques et leur formation universitaire et professionnelle. Ils auront par consequent, entre autres, un avantage comparatif au niveau de leur futur parcours professionnel et des opportunites futures d’emploi, au sein de cet environnement national et international competitif. Les jeunes Canadiens, d’autre part, qui connaitront la Grece dans le cadre de cet accord, devraient s’ajouter a la longue liste des amis de la civilisation grecque et de la Grece au Canada, tout en contribuant ainsi au renforcement des liens entre les deux pays et avec la nombreuse communaute grecque qui vit au Canada.

Nous pensons que cette contribution en faveur des jeunes de chaque pays et une contribution à l’avenir de nous tous.

Permettez-moi de faire une remarque plus générale. Tout au long de cette période, le gouvernement, le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et toute la direction politique et les hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères, ont lancé une opération visant à changer l’opinion publique internationale sur l’image de notre pays à l’étranger. C’est un combat difficile que nous sommes en train de livrer avec constance tout en ayant élaboré une stratégie et un plan d’action précis.

Ce n’est qu’à cette condition que notre pays pourra regagner sa crédibilité, attirer des investissements importants et mutuellement profitables et retourner sur la voie de la croissance économique, du progrès et de la prospérité. Les premiers signes attestant du changement de l’image de notre pays sont d’ores et déjà évidents. Ces derniers mois on assiste à un changement du climat à l’égard de la Grèce. Cela a été manifeste aussi lors du récent conseil européen. Le ministère des Affaires étrangères, le ministre des Affaires étrangères, M. Dimitris Avramopoulos, toute la direction politique du ministère et les hauts fonctionnaires, livreront cette bataille d’une manière encore plus dynamique dans les mois à venir. J’espère, bien entendu, que tout au long de cet effort, tous les membres du Comité permanent « Défense nationale et Affaires étrangères » seront à nos côtés. Car, en dépit des différends quels qu’ils soient dans le cadre de notre régime démocratique, nous sommes unis par le dévouement à notre pays et par la conviction que la Grèce peut sortir de la crise et jouer de nouveau le rôle qu’elle mérite sur la scène internationale. Je vous remercie.