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Réponse du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Tsiaras à une question d’actualité du parti Chrisi Avgi sur l’Albanie

lundi, 21 janvier 2013

Première partie

Comme je l’ai à plusieurs reprises affirmé, le ministère des Affaires étrangères suit de près les évolutions dans notre pays voisin, l’Albanie.

Nous avons à plusieurs occasions signalé à la partie albanaise que l’attitude tolérante à l’égard des milieux extrémistes qui s’opposent directement aux relations de bon voisinage ainsi qu’à la sécurité et la stabilité régionales et, qui plus est, la coopération avec ces milieux, ne peuvent qu’influer de manière négative sur nos relations bilatérales.

Tout d’abord, l’établissement d’une Zone économique exclusive dans l’espace maritime grec, constitue un droit souverain lequel notre pays exercera au moment approprié, tout en considérant les conditions générales ainsi que les négociations en cours avec les pays voisins.

Depuis 1995 déjà, lors de la ratification de la Convention sur le droit de la mer (1982), la Grèce avait fait la déclaration suivante:

« En ratifiant la Convention de l’ONU sur le droit de la mer, la Grèce sauvegarde ses droits et assume toutes les obligations qui en découlent.

La Grèce décidera de la date et de la façon dont elle exercera lesdits droits conformément à sa stratégie nationale.

Cela ne signifie en aucun cas que la Grèce renonce à ces droits».

En outre, l’éventuel établissement d’une zone économique exclusive est également prévu par la loi 2289/1995 « Prospection, recherche et exploitation d’hydrocarbures et autres dispositions », telle que modifiée en 2011. Dans cette loi il est rendu clair que lorsque une décision sur l’établissement d’une zone économique exclusive dans l’espace maritime grec sera prise, ses limites extérieures seront les mêmes que celles du plateau continental, à savoir, faute d’accord de délimitation avec les Etats voisins, la délimitation sera faite sur la base de la ligne médiane.

Pour ce qui est des déclarations publiques faites par des milieux extrémistes en Albanie, celles-ci sont presque risibles et ne sont même pas dignes de commentaire car il est évident qu’elles ne représentent qu’une minorité du peuple voisin albanais qui est un ami de la Grèce.

D’autre part, les personnages de la scène politique en Albanie dans leurs déclarations et leurs choix doivent respecter la volonté en faveur d’un climat de confiance que nous voulons maintenir et renforcer.

Force est de signaler dans ce contexte, la réaction immédiate et décisive du gouvernement face aux récentes déclarations inappropriées du Premier ministre albanais, M. Berisha, des déclarations qui ont été désapprouvées et continuent d’être désapprouvées par le milieu politique grec mais aussi par la communauté européenne et internationale.

Enfin, nous signalons à la partie albanaise que le parcours du pays vers l’Union européenne dont elle souhaite devenir membre à part entière à l’avenir, est étroitement lié à la sauvegarde des relations de bon voisinage et de la stabilité régionale.

Deuxième partie de réponse :

Comme je l’ai mentionné dans la première partie, le gouvernement réagit toujours très rapidement et avec détermination à tous les niveaux à des déclarations et prises de position qui ne sont pas conformes au principe de respect mutuel.

En ce qui concerne d’éventuelles demandes individuelles ayant trait à des droits patrimoniaux, nous avons à plusieurs reprises souligné que la Grèce est un Etat de droit.

La justice grecque est compétente pour statuer sur le bien fondé de ce genre de demandes, conformément au droit national et international applicable.

En ce qui concerne la Zone économique exclusive, l’accord gréco-albanais de délimitation des zones maritimes en date du 27 avril 2009, définit une « frontière à usage multiple (multi-purpose boundary), qui détermine aussi les zones de juridiction existantes (eaux territoriales – plateau continental), que les zones futures, y compris la Zone économique exclusive.

Comme chacun sait, l’accord de délimitation des zones maritimes avec l’Albanie n’est toujours pas entré en vigueur.

Pour notre part, nous respectons pleinement l’accord et la ligne de délimitation convenue et nous attendons de la partie albanaise de résoudre le problème interne qui a surgi suite à la signature de l’accord, suite à l’arrêt de la Cour constitutionnelle albanaise.

Au vu de ce qui précède, permettez-moi de réaffirmer que le gouvernement grec n’élabore pas sa politique extérieure en se fondant sur la psychologie du moment, mais sur la base d’un plan précis, tout en tenant compte de l’intérêt de la nation.

La question du développement de tendances politiques extrémistes en Albanie, qui plus est lorsque celles-ci sont au détriment de la Grèce ou de la minorité grecque, sont au premier rang de nos priorités lors de nos contacts bilatéraux avec la partie albanaise.

Notre pays, guidé par le respect des intérêts des deux parties et la promotion de la coopération régionale, continuera de promouvoir avec constance et par le biais d’actions précises l’instauration de relations de bon voisinage, le respect du principe de réciprocité par la partie albanaise.