Jeudi, 19 Janvier 2017
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La diplomatie énergétique

La Direction B7 du ministère des Affaires étrangères chargée des questions énergétiques a été mise en place du fait de l’intérêt suscité mondialement par les questions relevant de la politique énergétique internationale au 21e siècle et de la priorité accordée aux routes des gazoducs et des oléoducs par la politique étrangère de notre pays.  La Direction suit les questions énergétiques internationales et notamment les évolutions énergétiques dans le domaine des  pipelines de gaz naturel et de pétrole, des réseaux électriques, ainsi que les évolutions y relatives au sein de l’UE. En même temps, elle assiste la mission du ministère  de l’Environnement, de l’Energie et du Changement climatique.

Un accent particulier est mis sur les recherches d’hydrocarbures en Grèce, étant donné que le pays s’efforce de développer ses propres ressources, dans un effort de renforcer sa sécurité énergétique, mais aussi celle de la région élargie. Dans le secteur pétrolier, l’évolution des deux Cycles internationaux d’attribution de licences est suivie de près : le premier concernait les 20 parcelles maritimes dans la mer Ionienne et au sud de la Crète et le deuxième concernait les trois étendues terrestres en Grèce occidentale (Arta- Préveza, Etolie - Acarnanie, nord-ouest du Péloponnèse).

Dans le secteur du gaz naturel, la Grèce désire devenir un carrefour de transit (gazoducs, terminaux de gaz naturel liquéfié). Ledit corridor Sud, qui constitue une composante significative de la politique énergétique de l’UE, revêt une importance capitale. Ce nouveau corridor sera ajouté aux différentes sources d’approvisionnement en gaz naturel de l’Europe, en contribuant ainsi au renforcement de la sécurité et de la flexibilité de son approvisionnement énergétique. Le corridor Sud inclut le système des pipelines SCP (South Caucasus Pipeline), TANAP (Trans- Anatolian Pipeline) et TAP (Trans- Adriatic Pipeline) et transporte du gaz naturel de la mer Caspienne (gisement Shah Deniz) au marché de l’Europe (Italie du sud) via la Géorgie, la Turquie, la Grèce et l’Albanie. L'adoption de la décision finale d'investissement pour la réalisation du TAP a été prise à Bakou (Azerbaïdjan) le 17.12.2014.

Le pipeline TAP, d’une longueur de 870 km, dont 550 km en territoire grec, devrait avoir une capacité de transport annuelle de 10 milliards de mètres cubes, avec possibilité d’augmenter à  20 milliards de mètres cubes selon les conditions futures de la production et de la demande. Le gazoduc TAP renforce la sécurité énergétique de la Grèce, avec une prévision annuelle en approvisionnement de un milliard de mètres cubes et créé de nouveaux emplois grâce à la participation de bureaux d’études et d’entreprises grecques de construction. Enfin, le TAP a été reconnu comme « un Projet d’intérêt commun »  (PCI) par  l’Union Européenne et la Communauté énergétique de l’Europe a qualifié le pipeline de « projet d’intérêt pour la Communauté énergétique ».

La Grèce suit, parallèlement, les évolutions en Méditerranée orientale, après la découverte – de 2009 à 2011- de gisements de gaz naturel dans la zone marine entre Chypre et Israël (Bassin Levantin). Les gisements dûment établis jusqu’à présent dans la ZEE d’Israël et la « parcelle 12 » de la ZEE de Chypre, viennent modifier les données géopolitiques de la région et s’ajouter aux solutions de rechange d’approvisionnement énergétique pour l’Europe, en tant que « troisième corridor » de gaz naturel, après le réseau russe et caspien. Notre pays soutient activement l’idée de la construction d’un  gazoduc, connu sous le nom de EASTMED, qui transportera des quantités de gaz naturel du Bassin Levantin jusqu’à l’ouest de l’Europe (sud de l’Italie), via la Crète et la Grèce continentale. L’étude de faisabilité prévue est déjà en cours et elle déterminera la suite qui sera donnée au projet.

En Juillet 2013, la Commission européenne, après le rejet de Nabucco West, a commencé à promouvoir un projet de substitution, via un réseau  d’interconnecteurs, nommé «Corridor central de gaz naturel». Ce corridor exploitera les réseaux de gaz naturel  nationaux de la Bulgarie et de la Roumanie et reliera les marchés de la Grèce et de la Hongrie, et éventuellement  d’autres pays de l’Europe du Sud-est.

Une partie du Corridor central est aussi l’interconnecteur gazier entre la Grèce et la Bulgarie (IGB). L’IGB devrait être prêt dans le courant de l’année 2017 et il a été conçu avec possibilité de flux inversés. Depuis 2014, il y a la possibilité d’un flux inversé réel pour ce qui est du gazoduc gréco- bulgare « Koula- Strimonochori » qui existe déjà et qui approvisionne notre pays en gaz naturel en provenance de la Russie, via les réseaux de l’Ukraine, de la Roumanie et de la Bulgarie.

Toute la conception pour la construction des gazoducs qui valoriseront la Grèce en tant que carrefour de transit, est complétée par l’installation d’accueil et de regazéification du gaz naturel liquéfié (GNL) à la station de Revythousa, qui opère pleinement depuis le début de l’année 2000, avec importation de gaz naturel en provenance notamment de l’Algérie,  dans le cadre d’un contrat à long terme. Cette station dispose de deux réservoirs d’une capacité de 130 000 mètres cubes  en liquide. En 2013 a été signé un contrat concernant la construction du troisième réservoir d’une capacité de 95 000 mètres cubes, avec une augmentation parallèle de 40% du rythme de gazéification et une amélioration de la station de mesure de Sainte Triada à Megara, où se trouve le point d’entrée du réseau national. Le parachèvement du projet final est prévu en mars 2016.

Parallèlement, trois études de faisabilité ont été soumises et approuvées par les organes compétents de l’UE : a) la construction de stations maritimes  de regazéification GNL à Kavala et à Alexandroupolis et c) le Système indépendant de gaz naturel d’Alexandroupolis.

Enfin, la possibilité de convertir le gisement de pétrole épuisé de Kavala en entrepôt de gaz naturel est examinée, ce qui renforcera davantage la sécurité énergétique du pays, notamment pendant les périodes de crise. 

En ce qui concerne l’électricité, le ministère des Affaires étrangères a un rôle complémentaire avec les ministères compétents, en tenant compte de la politique énergétique européenne qui est suivie et en tenant informées les parties intéressées grecques.

Dans le secteur en croissance des sources d'énergies renouvelables, le ministère des Affaires étrangères a des consultations avec les parties intéressées et suit au niveau grec, européen et international les nouvelles orientations et tendances de ce marché,

En conclusion, le ministère des Affaires étrangères, par le biais de ses autorités diplomatiques à l’étranger, suit de près toutes les évolutions énergétiques internationales, les accords internationaux et les tendances dans ce secteur, étant donné que ceux-ci déterminent dans une large mesure les évolutions géopolitiques. De même, il suit de près les sujets qui sont soumis auprès des institutions énergétiques, régionales et internationales, où des décisions sont prises pour l’avenir énergétique européen et mondial.