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Politique Étrangère
Questions spécifiques de politique étrangère
La Question Chypriote
La Question Chypriote
La question chypriote a de profondes racines historiques. Toutefois, sa phase moderne débute au moment de l’invasion turque illégale (juillet-août 1974) et de l’occupation de la partie nord de la République de Chypre depuis cette date.
Depuis 1974 à ce jour, la question chypriote demeure un cas typique de problème international d’invasion et d’occupation par des forces étrangères du territoire d’un Etat membre de l'ONU et de l'UE, en violation directe de la Charte des Nations Unies et d’une série de résolutions des Nations Unies.
La Turquie refuse de retirer les forces armées d’occupation illégale de Chypre lesquelles, selon des déclarations turques, s’élèvent à 43.000 soldats.
Par ailleurs, la question chypriote est un cas typique de violation permanente, flagrante et massive des libertés et droits de l’homme fondamentaux par la Turquie.
Plus spécifiquement, la Turquie viole les droits des réfugiés Chypriotes grecs, des personnes portées disparues et de leurs proches, ainsi que des personnes enclavées dans la partie occupée de l’île et procède systématiquement à une colonisation illégale et à une destruction du patrimoine culturel dans les parties occupées de Chypre.
En novembre 1983, la partie turque a procédé à la proclamation unilatérale d’indépendance du pseudo-Etat dans la partie Nord de Chypre. Par ses résolutions, 541/1983 et 550/1984, le Conseil de sécurité a condamné cette action unilatérale illégale, en demandant sa révocation et en invitant les Etats à ne pas la reconnaître ou à la soutenir de quelque manière que ce soit.
L’objectif des négociations visant au règlement global de la question chypriote, tel que formulé dans les résolutions des Nations Unies, est la réunification de l'île sous la forme d’une fédération bizonale, bicommunautaire, dotée d’une égalité politique, tel que visé dans les résolutions y relatives, avec une personnalité internationale unique, une souveraineté unique et une citoyenneté unique.
En outre, après l’adhésion de Chypre à l’Union européenne en 2004, toute solution doit être pleinement conforme au cadre institutionnel et juridique de l’UE et assurer la continuation de la participation efficace de Chypre aux processus de prise de décisions de l’Union européenne.
Le plus récent effort de négociation concernant la question chypriote, qui a été le fruit notamment d’initiatives prises par les Chypriotes grecs, a été entamé en septembre 2008 sous l’égide du Secrétaire général des Nations Unies. Les pourparlers ont été pour longtemps axés sur des questions ayant notamment trait à la gouvernance, à l’UE et à l’économie, sans que des progrès substantiels soient accomplis sur des dossiers cruciaux, tels que la question du patrimoine, tandis que la partie chypriote turque a refusé, tout en suivant sa pratique constante, de mener une négociation sur la question territoriale, le départ des colons illégaux, la sécurité et les garanties d’application d’une solution convenue.
La prise de fonctions de M. Derviş Eroglu, en avril 2010, a été suivie d’une longue période pendant laquelle la partie chypriote turque a fait preuve d’une attitude caractérisée par l’obstructionnisme, la rétractation et l’intransigeance, comportement qui a duré jusqu’au mois de mars 2012, date à laquelle M. Eroglu a en fait gelé les négociations, tout en refusant de poursuivre les pourparlers directs avec M. Christofias, alors Président de la République de Chypre.
Malheureusement, en dépit du soutien verbal d’Ankara aux négociations, sa position réelle est matérialisée dans les déclarations faites de temps en temps par les hauts fonctionnaires turcs dans lesquelles ces derniers parlent de « deux peuples et de deux Etats », de la non restitution de la région de Morphou et d’autres territoires occupés, du maintien à perpétuité de l’armée turque à Chypre, de la nécessité de changement de la base de négociation en quête « d’alternatives de partition ».
En outre, en dépit de ses obligations vis-à-vis de l’Union européenne (Protocole additionnel à l’Accord d'Ankara, Déclaration de l’UΕ du 21 septembre 2005), la Turquie refuse toujours de normaliser ses relations et de reconnaître la République de Chypre.
A travers des menaces et d’autres actions illégales, elle conteste la Zone économique exclusive et essaye, en vain, d’empêcher l’exercice des droits souverains chypriotes sur la dite zone.
LES POSITIONS DE LA GRÈCE
Pour la Grèce, la fin de l’occupation turque et l’atteinte d’une solution globale et convenue à la question chypriote, sur la base des résolutions des Nations Unies et de la qualité de Chypre en tant qu’Etat membre de l’UE, constituent une priorité de sa politique étrangère.
Le règlement de la question chypriote est une condition nécessaire à la pleine normalisation des relations bilatérales entre la Grèce et la Turquie.
La pierre angulaire de la politique de la Grèce sur la question chypriote, ainsi que la source et la garantie de sa contribution aux efforts visant au règlement de cette question est la coopération et la coordination permanente avec le Président de la République de Chypre et son gouvernement à tous les niveaux.
Les négociations visant au règlement de la question chypriote ne sont en aucune manière liées aux droits souverains de la République de Chypre en matière de délimitation, de recherche et d’exploitation d’hydrocarbures dans sa Zone économique exclusive.
Ces droits chypriotes découlent du droit international et de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, tout en étant dans le même temps reconnus par l’ensemble de la communauté internationale, la seule exception à cet égard étant la Turquie.
Les menaces lancées par la Turquie contre ces droits ainsi que ses actions illégales menées dans la Zone économique exclusive de Chypre sont inacceptables.
La Grèce soutient pleinement l’exercice des droits de la République de Chypre dans sa Zone économique exclusive.
Elle s’oppose fermement aux actions et aux mesures visant à la valorisation des « principes » de l’entité sécessionniste illégale. Le dit « isolement » international de la communauté chypriote turque n’est que la conséquence de la continuation de l’occupation turque et de la proclamation illégale de l’entité sécessionniste dans les territoires occupés de Chypre.









