Mercredi, 18 Octobre 2017
greek english french

Relations politiques

Les accords de Lausanne en 1923 ont mis fin à une période douloureuse pour l’Hellénisme de la Turquie aussi, marquée de conflits qui a duré dix ans. Ces accords dont l’accord sur l’échange obligatoire de populations, constitue le cadre institutionnel principal régissant les relations et le statut territorial des deux pays.   

Les années ‘30 sont marquées par les efforts exemplaires des leaders des deux pays, Eleftherios Venizélos et Mustafa Kemal Atatürk, en faveur de l’établissement de relations d’amitié et de confiance entre la Grèce et la Turquie.

Néanmoins, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale jusqu’au début des années ’70, les relations des deux pays ont été dominées d’une part par la question chypriote et d’autre part par les persécutions de la minorité grecque en Turquie, le point culminant étant les incidents de septembre 1955 et les extraditions massives de 1964 qui ont conduit à la décimation de cette minorité.

Au début des années ’70 commence une période prolongée de tension dans les relations gréco-turques qui perdure encore et s’articule autour de deux axes principaux:

  • les efforts de la Turquie visant à réviser et à modifier le statu quo territorial qui a été matérialisé dans les accords de Lausanne et dans d’autres traités internationaux ainsi que le statut juridique de l’espace maritime et aérien émanant du droit international à travers des contestations et des prétentions contre la souveraineté, les droits souverains et la compétence de la Grèce, et
  • l’invasion de Chypre et l’occupation par des forces militaires de la partie nord de l’île (juillet 1974), une situation qui perdure à ce jour.

Depuis, les  deux pays se sont trouvés plusieurs fois au bord du conflit armé (la crise en mars 1987 et la crise d’Imia en janvier 1996), en raison des contestations et prétentions infondées et à l’encontre du droit international soulevées par la Turquie.

En 1999, vu les problèmes durables et les séismes dévastateurs qui ont touché les deux pays, a été mis en route le processus du rapprochement gréco-turc, lequel a été structuré au niveau bilatéral autour de trois axes:

  • Le développement d’une coopération bilatérale dans les domaines de moindre importance politique, où rien  n’oppose  les deux pays (économie et commerce, tourisme, culture, société civile, etc.). Un cadre conventionnel a été créé englobant environ 25 accords tandis que les comités mixtes et les groupes de travail sont déjà opérationnels sous la coordination générale du Comité directeur dont ils font l’objet d’une évaluation régulière. Le fonctionnement de cette formation est satisfaisant.
  • L’apaisement de la tension, surtout de la tension militaire, avec l’amélioration du climat psychologique et des contacts entre les forces armées des deux pays à travers l’adoption des mesures de confiance. A ce jour, 29 mesures de ce genre ont été convenues et sont en vigueur.
  • L’examen des perspectives pour un règlement convenu de la question de la délimitation du plateau continental à travers les contacts exploratoires.


Le processus de rapprochement s’intègre dans le cadre du soutien ferme de la perspective européenne du pays voisin.

Depuis octobre 2009, des efforts ont étés initiés visant à raviver le processus de rapprochement gréco-turc. Dans ce contexte, un nouveau mécanisme de promotion et de structuration de la coopération entre les deux pays a été mis en place dans les domaines de moindre importance politique: le Conseil de coopération de haut niveau (High Level Cooperation Council – HLCC) inauguré lors de la visite du Premier ministre turc, M. Erdogan à Athènes le 14 mai 2010.

La 2e réunion du Conseil de coopération de haut niveau s'est tenue à Istanbul le 4 mars 2013, co-présidé par les premier ministres  des deux pays. 25 textes ont étés adoptés et signés sur la cooperation gréco – turque dans les domains de la santé, du tourisme, de la prévention de l’ immigration clandestine, des sports, de la promotion de l’ entreprenariat des femmes, e.t.c.

La 3ième réunion du Conseil de coopération de haut niveau s'est tenue à Athènes le 5-6 décembre 2014. Des rencontres bilatérales entre les ministres participants des deux gouvernements se sont tenus et une Déclaration commune a été signé par les premier ministres des deux pays. Un Forum d’ affaires Grèce – Turquie a été aussi organisé.

Dans le cadre du 4e Conseil de coopération de haut niveau Grèce-Turquie (Izmir, 8 mars 2016), les discussions ont essentiellement porté sur les relations bilatérales ainsi que sur la question des réfugiés et des migrants. Outre l’entretien privé entre les deux Premiers ministres, des rencontres ont été également tenues entre les ministres participants par domaine de compétence et un forum d’affaires Grèce-Turquie a été organisé. Six textes ont  été signés au total (Déclaration commune des deux Premiers ministres, Accord de coopération entre l’agence de presse Anadolu et l’agence de presse athénienne et macédonienne - APE/MPE -, Protocole de coopération  ERT-TRT, Protocole de compréhension entre les autorités du port du Pirée et d’Izmir, Déclaration conjointe de coopération dans le domaine du tourisme, Protocole d’intention sur l’immigration illégale). A été également abordée la perspective d’ouverture d’une liaison maritime entre Thessalonique et Izmir, ainsi que la construction d’une ligne ferroviaire à grande vitesse reliant  Istanbul à Thessalonique et dont le terminal sera à Igoumenitsa. Veuillez lire ci-dessous le texte de la Déclaration commune des deux Premiers ministres.

Pour plus d'informations sur des questions relevant de la politique étrangère concernant les relations gréco-turques, cliquez ici

Dernière mise à jour lundi, 04 avril 2016