Athènes, le
14
septembre
2009
Bonsoir,
Même si en Grèce la campagne électorale bat son plein, la politique étrangère, elle, ne s’arrête jamais. Ce conseil d’aujourd’hui était important car nous avons évoqué des sujets sur lesquels se penchera le Conseil européen d’octobre.
Il s’agit de questions qui intéressent particulièrement notre pays comme l’immigration clandestine, où nous souhaiterions voir un progrès plus tangible pour pouvoir relever ce défi de taille au niveau européen.
A ce stade, j’aimerais ouvrir une parenthèse et me référer au nouvel incident concernant le harcèlement d’un hélicoptère de FRONTEX par un radar turc. Le manque de perspicacité de la Turquie s’agissant de la mission européenne de lutte contre l’immigration clandestine est vraiment décevant. Pire encore, selon les informations détenues, le pilote, au moment du harcèlement, avait intercepté et suivait un navire transportant des immigrés clandestins s'approchant des côtes grecques de Pharmakonissi, tandis que nous avons relevé la présence d’un navire de gardes-côtes turc dans la région et à l’intérieur des eaux territoriales grecques. Au vu de ces événements, les objectifs de la Turquie visant à harceler la mission européenne de lutte contre l'immigration clandestine sont manifestes. Une fois de plus, la Turquie renie ses engagements au lieu de contribuer à lutter contre ce phénomène. Par ailleurs, la présence du navire de gardes-côtes turc suscite de sérieuses questions. Outre la communication d’informations que fera l’ambassade de Grèce à Ankara au niveau communautaire, elle entreprendra des démarches auprès du ministère turc des Affaires étrangères.
Je reviens aux questions abordées aujourd’hui. La lutte contre la crise économique, avec notamment la question de l’emploi et de la surveillance du système financière, revêt une importance cruciale pour l'avenir de l'Europe. Le Conseil européen informel se tiendra après-demain. Au cours de ce conseil, nous nous efforcerons de parvenir à une position communautaire en vue de la réunion du G20 aux Etats-Unis.
Nous avons également abordé les questions institutionnelles qui concernent l’Union ainsi que les changements apportés par le Traité de Lisbonne, si celui-ci est ratifié, ce que nous espérons.
Nous avons enfin évoqué la préparation et la nécessité de coordination de nos pays en vue de la Conférence internationale du Climat qui se tiendra à Copenhague. L’Union doit arriver à cette conférence avec une seule voix et cela implique une bonne préparation et un soutien des efforts y relatifs de la présidence suédoise.
Lors du dîner, un peu plus tard, nous aborderons les sujets relatifs aux relations extérieures et notamment les perspectives créées après la réponse de l’Iran aux propositions des 6. Nous sommes à un tournant décisif, c’est pourquoi il est primordial que nous fassions preuve de la plus grande attention lors de nos prises de position publiques.
Un autre sujet hors agenda, mais très important pour la Grèce, est la préparation des rapports de suivi pour les pays candidats. Ces textes, en cours de rédaction, seront publiés à la mi-octobre et constitueront la base de discussion du Conseil européen de décembre. Depuis plusieurs semaines, nous avons des contacts à tous les niveaux, tant sur le plan intergouvernemental, que celui de la Commission, de sorte que ces textes puissent traduire la réalité avec fidélité et précision.
En marge du Conseil, j’ai eu aujourd’hui une rencontre avec la nouvelle ministre des Affaires étrangères de Bulgarie. Cette rencontre était très utile. Nous avons évoqué des questions d’intérêt bilatéral.
Le mois suivant sera crucial. Nous avons d’ores et déjà consenti d'importants efforts et avons toutes les raisons d'être satisfaits. Toutefois, nous devons faire preuve de prudence, notamment en raison de la période électorale. Toutes les forces politiques du pays doivent se montrer responsables.