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Conférence de presse du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias à l’issue des travaux de la 3e Conférence de Rhodes sur la Sécurité et la Stabilité (Rhodes, 22.06.2018)

vendredi, 22 juin 2018

Conférence de presse du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias à l’issue des travaux de la 3e Conférence de Rhodes sur la Sécurité et la Stabilité (Rhodes, 22.06.2018)MODERATEUR : Nous vous souhaitons la bienvenue à la conférence de presse à l’issue des travaux de la 3e Conférence de Rhodes sur la Sécurité et la Stabilité. Nous allons commencer par une intervention du ministre des Affaires étrangères, Nikos Kotzias, en guise d’introduction.

N. KOTZIAS : Je vous remercie. Je pense que Rhodes est un excellent endroit pour faire de la politique étrangère. Nous nous souvenons il y a trois ans, nous avons commencé avec « l’esprit de Rhodes », comme nous l’appelons aujourd’hui; des participants et des délégations, au nombre de 20 l’année dernière et 26 cette année. Nous avons la participation de tous les pays arabes. Seuls la Tunisie et le Bahreïn ne sont pas encore venus. Donc nous avons augmenté en nombre.

Sont également venus le Secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, qui est en fait le coordinateur et le chef des six pays du Golfe, ainsi que Secrétaire général adjoint de la Ligue arabe qui est le représentant de tous les Arabes.

L’objectif que nous nous efforçons d’atteindre lors de la Conférence de Rhodes est toujours le même : l’agenda positif. Comment nous allons pouvoir développer notre coopération et non nos griefs. Comment nous allons développer la stabilité et la sécurité, où la notion de sécurité est davantage liée à la force douce, la sécurité économique, culturelle, des transports et non à la force dure. Sur la base du fait que notre région constitue une continuité historique et géographique.

J’ai conté à mes collègues comment l’idée de cette coopération a germé, lorsqu’au nouveau musée de Riyad en Arabie Saoudite, j’ai vue des objets exposés datant de 5000 et 6000 ans qui étaient originaires de Grèce, ce qui attestait des grands liens en matière de commerce et de transport qui unissaient les pays qui constituent aujourd’hui le Golfe, l’Egypte et la Mésopotamie – la Babylone, et la Grèce et le reste des pays de la région.

Qu’entendons-nous faire ? Cette année, nous avons préparé un texte que toutes les parties ont étudié au cours de ces derniers mois et nous voulons instituer plus amplement cette rencontre de Rhodes. Nous ne sommes pas dogmatiques. Nous tirons les enseignements du format qu’avait la CSCE après Helsinki et de l’OSCE aujourd’hui. Autrement dit, une structure, un forum avec des principes, promouvant les relations diplomatiques, la diplomatie et le dialogue.

Cette année, nous avons par ailleurs pris toute une série d’initiatives. Les plus importantes étant – je veux parler des plus nouvelles – ce que nous avons fait avant-hier, avec la rencontre des nouveaux diplomates de tous nos pays sur la thématique du développement de la coopération transfrontalière et des autorités diplomatiques.

Par ailleurs, aujourd’hui, nous avons mené une première discussion sur la coopération de nos agences qui s’occupent de la technologie par satellite et sa valorisation, ainsi que la technologie numérique. Nous sommes convenus de créer un point de contact, un réseau de contacts de tous les pays, de mettre au point une initiative de pays, comme le Maroc, l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis qui disposent de leurs agences satellitaires, et de coopérer dans le domaine du développement de la technologie numérique.

Le principe qui nous définit globalement et qui a été souligné à plusieurs reprises hier est que nous devons avoir la « propriété » (ownership) et la responsabilité de ce qui se passe dans notre région; Que de nombreuses puissances pénètrent dans notre région avec l’intention de définir des moyens de résoudre les « problème », mais en fait souvent elles créent des problèmes. Ce n’est pas une façon de les résoudre. Et comme je le dis en règle générale à l’Union européenne et dans le contexte européen, la difficulté de notre région c’est que les tierces puissances créent des problèmes dont nous faisons les frais.

L’exemple le plus parlant est le cas de la Libye et de la Syrie, les puissances qui ont bombardé la Libye et conduit à l’instabilité de la région, les puissances qui ont bombardé en premier la Syrie et les peuples de ces régions qui subissent les répercussions négatives et les pays de première entrée des réfugiés et des migrants.

Nous sommes convenus de mettre en œuvre des actions communes et nous nous sommes mis d’accord sur notre agenda de l’année prochaine, en juin ici à Rhodes. Notre thématique sera la consolidation institutionnelle de Rhodes. Mais aussi l’immigration car dans ce système de pays participent également ceux d’où provient la plus grande vague de migrants ainsi que les pays de réception des migrants et des réfugiés.

Par ailleurs une journée à part sera consacrée à notre troisième thématique, à savoir la technologie numérique et notre volonté de construire certaines infrastructures communes qui confèreront une autonomie aux pays qui participent ici. Nous examinerons par ailleurs les possibilités de créer un fond de soutien de notre coopération numérique et par satellite.

Voici un aperçu global pour commencer. J’ai dit, en outre, que vous pouviez me poser des questions sur la Conférence de Rhodes mais aussi des questions actuelles de la politique étrangère car j’accorde rarement des interviews, même si j’en ai donné trois en raison des questions difficiles qui nous préoccupent. N’hésitez donc pas à me poser des questions au-delà de la Conférence de Rhodes.

JOURNALISTE : Bonjour M. le ministre. Une question évidente. Pouvez-vous nous dire comment ont été accueillis par les autres participants les neuf points, les neuf piliers de la consolidation de cette conférence. Vous avez par ailleurs eu des contacts bilatéraux en marge de cette Conférence. Est-ce qu’ils se sont aussi bien passés que cette dernière ?

N. KOTZIAS : J’ai effectivement eu des rencontres bilatérales ; j’en aurai une autre cet après-midi avec le ministre des Affaires étrangères de la Palestine. Nous préparons une réunion tripartite Chypre – Grèce – Palestine au niveau des ministres des Affaires étrangères et après au niveau des chefs d’Etats. Les rencontres bilatérales se sont bien passées. D’ailleurs, beaucoup de choses ont été dites sur ma rencontre avec mon homologue albanais qui n’a pas porté sur notre accord, comme ont pu le dire les médias, mais plutôt sur la façon dont nous allons soutenir les positions albanaises à l’Union européenne, car il y a des objections de la part de certains pays de l’Union européenne à l’ouverture de négociations avec la « Macédoine du Nord » et l’Albanie.

Et cela prouve, à mon sens, combien se trompent les commentateurs mal intentionnés – ceux qui ne s’y connaissent pas car ce ne sont pas tous les mêmes – qui pensent qu’il y a eu une sorte d’ « échange » entre nos questions économiques de l’Europe et les questions relevant de la politique étrangère. Cela montre une ignorance par rapport à ce qui se passe car vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a une lettre du Danemark – Luxembourg – Allemagne – France – Pays-Bas dans laquelle ils s’interrogeaient sur l’adhésion de ces pays, y compris la « Macédoine du Nord » et l’ouverture des négociations d’adhésion. Et certains de ces pays ont également un problème concernant l’OTAN et, par conséquent, des pays qui ne sont pas particulièrement enclins à engager des négociations avec des pays ne vont pas nécessairement nous faire des faveurs en retour de notre soutien dans ce cheminement. En d’autres termes, cela montre l’ignorance qui existe par rapport à ce qui se passe dans le monde et en Europe.

Je dois également vous dire que, entre temps, trois des cinq pays, à savoir le Luxembourg, le Danemark et l’Allemagne se sont retirés de ce groupe. Ils n’ont plus d'objections. Il ne reste que les Pays-Bas et la France et nous nous occupons très certainement de la question. Vous savez que lundi matin au Luxembourg, nous avons le petit-déjeuner pendant lequel, avec l’Albanie, les Etats membres vont discuter de manière ouverte et non officielle de la façon dont nous percevons les relations européennes avec l’Albanie. Je dirais à ce stade que parmi les pays qui avaient initialement émis des objections, tous participent, mais à des niveaux différents.

Parmi ceux qui avaient initialement exprimé des objections, il y a M. Maas, ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne, qui a déclaré hier soir qu’il participerait lui-même en personne lundi. Donc, ce front de cinq pays n’est plus là. Il en reste deux. Ce sont ces points que nous avons abordés lors de ces réunions bilatérales. Lors des réunions bilatérales suivantes, nous avons abordé les actions conjointes et les projets conjoints que nous avons entre la Grèce et les pays arabes, et nous parlerons de la même chose avec la Palestine.

En ce qui concerne nos propositions, je dois vous dire que la Grèce et le ministère des Affaires étrangère jouissent d’un très grand prestige auprès des ministères des Affaires étrangères de notre région au nord et des ministères des Affaires étrangères du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et du Golfe car les pays arabes sont de ces trois régions et j’ai le sentiment que toutes nos propositions ont été acceptées sans hésitation.

S’agissant du communiqué conjoint, il y a eu certaines réflexions, nous inclurons leurs idées et je j’imagine que la Présidence les annoncera dans la prochaine heure.

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, puisque vous êtes à Rhodes, dimanche prochain il y a les élections en Turquie. A votre avis, quelle sera la suite politique après les élections dans le pays voisin ? Jusqu’à présent nous avons des pressions, des violations en mer Egée et pas seulement. Est-ce que cette politique continuera ? Y aura-t-il une baisse des tensions ? Que pense le ministère des Affaires étrangères ?

N. KOTZIAS : Tout d’abord, permettez-moi de vous dire – et je parle pour moi – que je n’ai pas l’espoir que les choses changent si l’opposition vient au pouvoir. Quand on a des problèmes avec un gouvernement donné, on a l’habitude de dire « J’espère que l’opposition viendra pour que les problèmes soient surmontés ». L’opposition en Turquie, la manière dont elle gère les questions ayant trait aux relations gréco-turques, du moins en tant qu’opposition, est, je dirais, pire que celle de M. Erdogan.

En ce qui concerne M. Erdogan, je pense que son comportement est stratégique, cette nervosité dont il fait preuve et le révisionnisme. La grande question, après les élections, est de savoir si le ton haussera davantage ou bien s’il sera plus « poli », si je peux m’exprimer ainsi. Cela est lié à plusieurs facteurs concernant le résultat des élections, à la façon et dans quelle mesure M. Erdogan gagnera, aussi bien pour sa course à la présidence que s’il prend le contrôle du Parlement.

Car s’il ne prend pas le contrôle du parlement, il pourrait y avoir une concurrence de ton : sera-t-il plus élevé ou pas. Je ne voudrais pas en dire plus, nous attendrons les résultats. Nous avons discuté avec tous les acteurs internationaux qui s’occupent de la Turquie. Nous avons échangé des vues, notre analyse est très pondérée et ils nous écoutent très attentivement car ils voient bien que nous menons notre politique étrangère de manière responsable et sur le long terme.

JOURNALISTE : Après que vous-même, monsieur le ministre, et votre homologue de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, ou Macédoine du Nord, M. Dimitrov, avez signé l’accord, il y a eu jeudi dernier, si je ne me trompe pas, une lettre que vous avez envoyée au Secrétaire général de l’OTAN et vous devez maintenant envoyer des lettres à l’UE et à l’OTAN, ou bien l’avez-vous déjà fait ? Je vous remercie.

N. KOTZIAS : J’ai envoyé la lettre vendredi dernier, il y a une semaine. C’est pourquoi je l’ai soumise samedi au Parlement. L’accord avec l’ARYM, la « Macédoine du Nord », comme nous l’appelons maintenant, ne m’obligeait pas à écrire cette lettre, mais ils savaient que j’allais l’écrire. Ainsi, cette première lettre pose les conditions auxquelles devrait être liée l’invitation qui se fera.

Et les conditions sont celles prévues par l’accord : premièrement, le fait qu’il y aura un vote positif au Parlement de la « Macédoine du Nord », ce qui a été le cas. Deuxièmement, dès lors que le pays lui-même l’a choisi – car nous ne lui avons pas demandé – le résultat du scrutin devra être positif.

Troisièmement, il faudra faire les amendements constitutionnels dans le Préambule, à l’article 3 et à l’article 49, car si je me souviens bien le nom propre est mentionné à 154 reprises dans toute la Constitution. Et une fois que ces amendements auront eu lieu, la Grèce procèdera à la confirmation de l’invitation à l’ARYM, à savoir elle ratifiera l’invitation et l’accord. En ce qui concerne les trois actes, le premier a eu lieu : l’accord a été voté à 69 voix contre 0 (69 à 20, au niveau des questions de procédure). Ils ont fait comme le prévoyait l’accord, à savoir une lettre qui m’a été adressée disant que cela a été fait et que je dois avancer. Nous avons préparé dans mon cabinet diplomatique, depuis avant-hier, les lettres; j’ai choisi de les signer moi-même à Bruxelles dimanche, afin qu’elles soient remises lundi matin à l’Union européenne et à l’OTAN. Ce sont des lettres qui mentionnent que la ratification de l’accord par le parlement du pays voisin m’a été communiquée par l’autre partie et que, selon les engagements et les conditions définis, ils peuvent avancer. Mais pour avancer, il faut tout d’abord un accord positif du Conseil Affaires générales – à savoir les ministres des Affaires étrangères ou Affaires européennes, selon qui y va à chaque fois – de l’Union européenne. Là, il y a les difficultés que j’ai mentionnées. Les pays qui, soi-disant, faisaient pression sur nous pour nous sauver du point de vue économique, pour que nous concluions l’accord, sont les pays qui à l’heure actuelle ont des objections à ce qu’une date de début des négociations à l’Union européenne soit donnée. Une telle chose n’est pas bonne.

JOURNALISTE : Quand cela sera-t-il abordé M. le ministre ?

N. KOTZIAS : Lundi, nous avons le Conseil des Affaires européennes et mardi le Conseil des Affaires générales. L’élargissement concernant l’ARYM et l’Albanie sera le premier point de l’ordre du jour. La réunion était prévue à 9h30 et ils l’ont avancée d’une demi-heure, à 9h00, car il semblerait que d’autres ministres des Affaires veulent être présents. Habituellement, le 2e Conseil, celui du mardi, se fait avec les ministres des Affaires européennes, dans notre cas, M. Katrougalos. Mais comme l’ouverture ou non de la négociation est une question fondamentale, je serai moi-même présent et je n’irai pas en Espagne mardi. Nous venons d’en informer nos amis espagnols.

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, j’aimerais ajouter quelque chose à ma question : Le fait qu’Ivanov n’a pas l’intention de signer maintenant l’accord qui a été adopté par le Parlement et le renvoyer risque-t-il de créer des problèmes ?

N. KOTZIAS : Non, il y aura un second vote au Parlement de la « Macédoine du Nord ». Bien naturellement, sur la base de leur Constitution, Ivanov doit le ratifier. Je présume qu’il suivra la même pratique, comme il l’a fait avec la langue albanaise, où il ne l’a pas ratifié la deuxième fois non plus, ce qui est contraire à la loi. Je présume qu’il suivra la même pratique et ne partira pas hors de la « Macédoine du Nord », car dès qu’il partira il sera remplacé et suppléé par le Président du Parlement et par conséquent le Président du Parlement peut le signer. J’imagine que toute cette histoire arrivera à sa fin avec le référendum. Si le référendum a – et il aura – un résultat positif, Ivanov en aura fini avec ce comportement.
JOURNALISTE : J’en reviens à la Turquie. Je voulais savoir si la Conférence s’est penchée sur sa façon d’agir en matière de politique étrangère, sur le rôle qu’elle veut jouer dans les Balkans et le monde arabe ?

N. KOTZIAS : Non, la Conférence ne s’est pas penchée sur la Turquie qui n’est d’ailleurs pas invitée.

JOURNALISTE : Toutefois, des initiatives comme celle de Rhodes sont un moyen pour la Grèce de consolider sa position au niveau extérieur et de créer des alliances, car les défis sont constants…

N. KOTZIAS : La Conférence de Rhodes contribue à développer des coopérations positives avec le monde arabe.

JOURNALISTE : S’agissant de la présence de l’Egypte et de Chypre, la question de la ZEE, de Chypre et de la synergie des trois pays, à savoir l’Egypte, Chypre et la Grèce, par rapport aux incidents passés avec la Turquie, est-ce que tout cela a été abordé ? Ou bien par rapport à l’Italie ?

N. KOTZIAS : Nous ne discutons pas de questions ayant trait à ce genre de tensions parmi les Etats, nous discutons de notre coopération. M. Pappas s’est particulièrement référé à l’Egypte car il y a une coopération sur des questions de nouvelles technologies entre Chypre, la Grèce et l’Egypte, qui, avec le Maroc, les Emirats arabes unis, l’Arabie Saoudite et l’Italie, représente le noyau dur des Etats possédant une expérience en la matière. Mais nous ne traitons pas de questions ayant trait à la ZEE, cela n’intéresse pas ce forum.

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, la Conférence de Rhodes met particulièrement l’accent – vous venez de le dire – sur le monde arabe. Les relations manifestement très étroites entre notre pays, la Grèce et Israël ces derniers temps ont-elles été abordées ?
N. KOTZIAS : Non, car la Turquie et Israël sont deux pays que nous n’invitons pas, justement pour ne pas entrer dans une discussion qui concernerait les différends que nous avons nous ou d’autres pays avec ces deux pays. Car la condition qui a été posée, à l’égard de tous, est de mener des discussions positives. Nous avons discuté de certaines idées et propositions qui pourraient contribuer à la résolution du problème palestinien et la reconnaissance de deux Etats dans la région donnée.

Nous avons discuté de la question de savoir comment nous pouvons contribuer, aider la Jordanie et le Liban qui comptent des millions de réfugiés et la question de la Syrie a été en partie abordée.

Ce que nous avons aussi discuté, mais que vous n’avez pas vu dans l’ordre du jour, était à l’heure du déjeuner, hier, pendant deux heures, ce que nous pouvons faire nous, Etats membres de l’Union européenne, qui sommes des membres de ce forum, dans l’intérêt des Etats arabes au sein de l’Union européenne.

Autrement dit, nous avons toujours en tête la question de savoir comment nous pouvons faciliter la meilleure liaison et la meilleure compréhension entre les deux parties.

Dans le cadre de cet effort s’inscrit un slogan que j’utilise souvent : « les Européens doivent comprendre que la discussion sur les droits de l’homme présuppose la survie de l’âme et de la vie humaine ».

Je le dis parce que je fais toujours l’observation critique que 480 000 personnes ont péri en Syrie, 12 à 14 millions ont perdu leur foyer. Et si la guerre est menée pour « les droits de l’homme », alors elle produit tout sauf les effets voulus. Toutes ces questions sont orientées vers celle de savoir comment nous pouvons aider à ce que les besoins du monde arabe soient mieux compris en Europe, comment développer notre propre coopération, la coopération entre les participants européens et le monde arabe, et comment nous pouvons contribuer à résoudre les problèmes de la région à travers un agenda positif.

Comme vous le savez, il y a un très grand nombre de forums où ces autres questions sont abordées, à savoir le conflit israélo-palestinien, les questions de ZEE et il n’y a pas besoin d’un forum supplémentaire. Ce qui rend la Conférence de Rhodes utile, c’est son orientation positive dans le sens de la construction de nouvelles fondations institutionnelles et d’une coopération positive.

Je vous remercie.