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Déclarations de N. Kotzias, ministre des Affaires étrangères, aux journalistes grecs accrédités à l'issue du Conseil "Affaires extérieures" de l'UE (Bruxelles, 22 janvier 2018)

lundi, 22 janvier 2018

Déclarations de N. Kotzias, ministre des Affaires étrangères, aux journalistes grecs accrédités à l'issue du Conseil "Affaires extérieures" de l'UE (Bruxelles, 22 janvier 2018)N. KOTZIAS : Aujourd'hui s'est tenu le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne. Nous avons discuté de la Libye et à cet égard j'ai signalé la nécessité d'un processus de paix qui prendra en compte toutes les parties à l'intérieur de la Libye, mais aussi les Etats voisins. J'ai annoncé au Conseil l'ouverture, au cours du premier semestre de 2018, de notre ambassade en Libye par le biais de laquelle seront également représentés d'autres Etats, tels que Chypre.

Nous avons abordé les évolutions au Moyen-Orient et dans ce contexte nous avons évoqué des questions ayant trait à la rencontre que nous avons eue avec le Président de l'Autorité palestinienne, M. Abbas, et les moyens permettant à l'Europe de jouer le rôle du médiateur fiable entre les parties et d'apporter sa contribution, afin que les pays tiers participent à un processus de paix en facilitant et non pas en entravant les négociations.

Pour ce qui est des questions du Moyen-Orient, j'ai beaucoup insisté sur l'intervention de la Turquie en Syrie et j'ai souligné la nécessité d'agir en fonction du droit international et d'éviter la violation de celui-ci.

J'ai aussi fait une brève présentation des négociations de trois jours que nous avons eues en Albanie, après celles de quatre jours tenues il y a quelques semaines en Crète. J'ai informé mes homologues que les négociations en Albanie avaient étés couronnées de succès, que nous avions réalisé d'importants progrès pour ce qui est des différends ou des questions demeurées en suspens au cours des 70 dernières années et que ces résultats seraient confirmés lors de la rencontre qui se tiendrait entre le Premier ministre du pays et M. Rama à Davos.

En outre, Alexis Tsipras, Premier ministre du pays et président du gouvernement, s'entretiendra pour la première fois avec le Premier ministre du pays voisin au nord, en provenance de Skopje, c'est-à-dire de l'ARYM, M. Zaev.

JOURNALISTE: Pensez-vous que l'importante participation au rassemblement à Thessalonique influencera la négociation menée sur la question du nom ?

N. KOTZIAS : La participation au rassemblement a été la manifestation du fonctionnement démocratique du régime du pays, la manifestation de l'angoisse de nombreux Grecs qui parfois identifient, erronément, la négociation sur la question du nom, au sort de la Macédoine grecque. Il s'agit d'un rassemblement qui fait évoluer davantage les formes du débat public, certaines fois de façon positive et d'autres de façon négative. Je ne pense pas toutefois que cela influence la négociation sur la question du nom et de l'irrédentisme du pays voisin.

Pour ce qui est de l'irrédentisme, il est évident que toute manifestation qui condamne l'irrédentisme a un effet positif à cet égard. Pour ce qui est de la question du nom, celle-ci sera réglée en fonction des perspectives futures de stabilité et de sécurité de la région, du rôle de la diplomatie grecque et de la nécessité pour notre pays de jouer un rôle de premier plan dans la région. Et, comme j'ai coutume de le dire, je comprends ceux qui sont prisonniers de l'histoire, mais l'histoire doit être une école.

JOURNALISTE : Est-ce qu'il y a, monsieur le ministre, un calendrier pour la conclusion de ces pourparlers?

N. KOTZIAS : Pour ce qui est de nos pourparlers avec les Albanais - je dois vous dire à cet égard que nous avons réalisé de grands progrès - il y a un calendrier. Avec l'autre Etat, avec l'ARYM, il nous faut encore un travail de préparation. Nous pourrons bientôt parvenir à des solutions à certaines questions. Je pense que les discussions qui seront engagées mercredi 24 janvier à Davos sur certaines questions nous donneront des indications sur la direction dans laquelle nous irons.

JOURNALISTE: Monsieur le ministre, est-ce que vos homologues ont manifesté de l'intérêt à l'égard des dernières évolutions concernant la question de Skopje ? Je ne parle pas du rassemblement mais des évolutions en général.

N. KOTZIAS : Nos partenaires s'intéressent toujours à l'état d'avancement du processus de négociation avec les deux Etats, l'Albanie et l'ARYM. Lorsqu'ils m'interrogent sur cette question, je les informe. Je les informe dans la mesure où ces derniers ont leur mot à dire. Je les informe dans le cadre général de l'intérêt européen, car il faut clarifier une chose : personne n'exerce des pressions sur nous et nous ne permettons à personne d'exercer des pressions sur nous. Bien évidemment, la diplomatie grecque valorise le fait que l'autre partie se trouve sous pression pour se frayer un chemin vers son intégration européenne. Cela n'a aucun effet sur nous.

JOURNALISTE: Etes-vous toutefois optimiste ?

N. KOTZIAS : Je suis arrivé à cet âge là et je suis toujours souriant. Par conséquent, je suis la preuve vivante de l'optimisme.

JOURNALISTE: Le fait que la Bulgarie, pays balkanique, exerce la présidence pourrait-il à votre avis faciliter les choses ou au contraire cela pourrait....

N. KOTZIAS : La Bulgarie ne fait pas partie de la négociation.

JOURNALISTE: C'est le pays qui exerce la présidence.

N. KOTZIAS : La Bulgarie ne fait pas partie de la négociation. A la négociation participent deux pays et je dois vous dire que le fait que les Européens aient compris qu'il ne fallait pas s'en mêler a facilité la négociation. Le Secrétaire général de l'OTAN a clairement indiqué que si l'on ne parvenait pas à une solution, aucune discussion ne pourrait être entamée sur des questions ayant trait à l'OTAN. En outre, le fait que les Etats-Unis ne soient pas intervenus, car en ce moment ils sont en train de façonner leur système et leur hiérarchie au sein du département d’Etat, pour ce qui est des régions de l'Europe, a également facilité les négociations.

JOURNALISTE: Pourriez-vous me rafraîchir la mémoire? Dans le cadre de l'OTAN, exerçons-nous toujours une forme de veto ?

N. KOTZIAS : Nous avons affirmé que nous ne laisserions pas l'ARYM adhérer à l'OTAN, si ce pays ne remplit pas les conditions requises par l'OTAN elle-même et s'il ne règle pas les questions en suspens. Nous n'avons pas usé de notre droit de veto auparavant au sein de l'OTAN. J'ai tout récemment lu tous les procès-verbaux du déjeuner et du dîner de travail ainsi que de la réunion régulière. Aucun droit de veto n'a été exercé. Et, si besoin est, je répondrai en renvoyant à un certain moment aux procès-verbaux.

JOURNALISTE: Toutefois, l'élargissement est soumis au droit de veto.

N. KOTZIAS : L'élargissement demande l'unanimité. Une fois que nos problèmes seront réglés, cette condition sera remplie. Ce que je veux dire par là est que lors de la discussion qui a été engagée à l'époque au sein de l'OTAN, la majorité écrasante des Etats-membres - 14 lors du dîner et 17 lors de la discussion - se sont alignés sur les positions grecques. Lorsqu'il y a une majorité écrasante, comme celle qu'il y a aujourd'hui en notre faveur, il n'est pas question de mettre un veto.

JOURNALISTE: Parlez-vous de Bucarest, monsieur le ministre ?

N. KOTZIAS : Oui, je parle de la réunion à Bucarest en 2008. Les procès-verbaux sont très clairs à cet égard. A Bucarest, un autre petit pays a mis son veto à une autre question lors de la discussion qui était engagée en la matière. Il a mis une sorte de veto.

JOURNALISTE: Pour ce qui est de l'intervention turque en Syrie, quels sont les messages transmis par vos homologues ? Qu'en pensent -ils ?

N. KOTZIAS : J'ai eu le sentiment que mes homologues n'étaient pas prêts à prendre position à cet égard. Nous avons examiné les questions humanitaires. Mme Mogherini fera une déclaration lors de la conférence de presse. J'ai expliqué le rapport entre le droit international et la situation actuelle. A mon avis, certains, au nom des droits de l'homme, bombardent, interviennent etc. Ce qui conduit à la violation des droits de l'homme. Car, nous avons des morts et des milliards de personnes qui ont été déracinées et qui, en tant que réfugiés, ne peuvent pas exercer leurs droits.

JOURNALISTE : Est-ce que le fait que nos partenaires, quatre jours après le lancement des opérations, n'ont toujours pas pris position à l'égard de la Syrie, est à leur honneur?

N. KOTZIAS : Je ne sais pas si c'est exactement quatre jours et combien de temps ils ont mis pour s'en apercevoir. Les opérations ont commencé samedi. Ils se sont donc écoulé environ deux jours. Moi, j'étais à la négociation avec l'Albanie.

Et puisque nous parlons de l'armée et de l'Albanie, je voudrais encore une fois exprimer publiquement ma satisfaction à l'égard du fait que, sur la base des accords conclus en Crète et des solutions globales aux questions qui préoccupent la Grèce et l'Albanie, le gouvernement albanais a eu le courage et a pris la responsabilité politique d'adopter deux lois exécutives concernant l'accord conclu avec le gouvernement grec en 2009. Sur la base de ces lois exécutives, des procédures de recherche et d'exhumation des ossements de nos soldats et de nos officiers ont été engagées. Afin que les âmes de nos soldats reposent en paix, comme il est indiqué dans un communiqué de M. Yennimatas.

Je dois vous dire que j'apprécie beaucoup le fait que le gouvernement albanais a finalement procédé de façon courageuse à la mise en œuvre de ce qui a été convenu, ce que la partie grecque doit également faire. Je voudrais aussi vous dire que, pendant la réunion du Conseil, les ossements de deux soldats ont été découverts. Il y a aussi des photos. Monsieur Yennimatas a ces photos. C'est vraiment émouvant. C'est émouvant pour nous tous et, j'imagine, pour leurs proches et l'hellénisme en général, tant en Grèce qu'en Albanie.

Pour ce qui est des autres questions, je les évoquerai en Suisse.