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Déclarations de N. Kotzias, ministre des Affaires étrangères, à l’issue de son entretien avec son homologue de la Fédération de Russie, S. Lavrov, (Moscou, 13 juin 2018)

mercredi, 13 juin 2018

Déclarations de N. Kotzias, ministre des Affaires étrangères, à l’issue de son entretien avec son homologue de la Fédération de Russie, S. Lavrov, (Moscou, 13 juin 2018)N.KOTZIAS : Je tiens à remercier mon homologue de cette invitation de visiter Moscou. J’espère qu’on vivra une Coupe du monde grandiose dans votre pays. Nous avons confirmé l’invitation adressée à mon homologue de venir à Athènes en septembre pour préparer la visite du Premier ministre de la Grèce ici à Moscou. Nous avons discuté du développement ultérieur de nos relations bilatérales dans le domaine de l’économie, de la culture, de l’éducation ainsi que dans d’autres domaines. Nous avons aussi discuté tout particulièrement de l’éventualité de développer davantage la coopération entre les deux ministères et leurs directions.

Nous avons discuté des problèmes de notre région, à savoir les problèmes en Europe du Sud-est, au Moyen-Orient, en Méditerranée orientale et en Afrique du nord. Ce qui nous intéresse le plus sont les relations Russie-UE et Russie-OTAN. Nous avons discuté et nous devons discuter davantage de la façon dont on pourra surmonter les problèmes existants, les stéréotypes et les préjugés qui existent au sein d’une série d’organisations régionales et internationales.

Et, bien évidemment, dans le cadre de la discussion sur les relations entre l’OTAN, l’Union européenne et la Russie, nous avons également débattu de l’Ukraine. Pour ce qui est notamment de Marioupol, 160 000 citoyens d’origine grecque vivent dans cette région où la présence grecque date depuis des siècles et cela revêt pour nous un intérêt tout particulier.

Enfin, nous avons discuté des questions liées à la Méditerranée orientale et au Moyen-Orient. J’ai remercié le ministre – et j’aimerais aussi l’affirmer en public – de l’attitude de la Russie à l’égard de la question chypriote et nous avons abordé aussi les évolutions en Syrie et en Irak. La Grèce ne fait pas partie du problème mais c’est un pays qui ressent les répercussions des incidents qui surviennent dans la région. C’est pourquoi nous accordons tout notre soutien à toute initiative susceptible de stabiliser la région et lui assurer un avenir meilleur.

Sergey, je te remercie encore une fois de cette invitation et de notre discussion.

JOURNALISTE : Après la question de Skopje, comment évoluent à votre avis les relations géostratégiques et géopolitiques dans la région des Balkans ?

N.KOTZIAS : Je pense qu’il est du devoir de la diplomatie de trouver des solutions aux problèmes. La politique étrangère exercée par notre gouvernement est active, démocratique et multidimensionnelle. Dans ce cadre, nous avons réglé un problème qui existe, formellement depuis 25 ans, mais réellement depuis 70 ans : nous avons mis fin à un différend concernant la question du nom de la Macédoine du nord.

Les querelles autour des noms font un peu partie de la culture de la région. Si, dans une famille, les grands parents ne portent pas le même nom, il y a là un vrai problème.

Il y avait bien entendu des problèmes d’irrédentisme que nous avons réglés à travers l’accord. Nous sommes également en train de mener un processus visant à résoudre les questions qui demeurent en suspens depuis 30 à 80 ans avec l’Albanie. Avant d’aller en vacances, j’aurai tout régler. Sinon, il n'y aura pas de vacances pour moi.

J’espère que nous entamerons de nouveau – et de la manière appropriée – les négociations sur la question chypriote en vue de régler ce dossier aussi. C’est une question beaucoup plus complexe par rapport aux deux autres, car dans ces derniers cas, le grand Etat c’était nous et nous étions déterminés à résoudre ces questions.

Je pense que notre région deviendra plus pacifique. Notre pays est situé dans une région difficile du point de vue géopolitique, au milieu d’un grand nombre de crises – Ukraine, Libye, Syrie, Irak, dans ce triangle d’instabilité. Maintenant que nous sortons de la crise économique, nous pensons que la stabilité dans les Balkans peut nous aider tous à nous développer.

En Grèce, nous avons un poète très cher, Cavafis. Dans l’un de ses poèmes, « En attendant les barbares », des gens sont rassemblés sur l’agora et ils apprennent que les barbares ne viendront pas. Certains d’entre eux se sont inquiétés et ils disent : « Mais alors, qu’allons-nous devenir sans les Barbares? »

Je suis content que nous puissions résoudre les problèmes mais je sais que certains disent : « qu’allons-nous devenir sans les problèmes ? ». Tels sont les fameux « professionnels » des problèmes.

Merci