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Déclarations du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias à l’issue de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères de la République de Chypre, N. Christodoulidis (Nicosie, 7 mai 2018)

lundi, 07 mai 2018

Déclarations du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias à l’issue de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères de la République de Chypre, N. Christodoulidis (Nicosie, 7 mai 2018)Nikolas je te remercie beaucoup. C’est toujours un grand honneur pour moi de me trouver au ministère des Affaires étrangères de la République de Chypre, cette île si chère.

C’est un grand plaisir doublé d’une grande émotion de rencontrer mon cher ami, Nikolas. Demain, nous aurons une réunion tripartite avec Israël et une rencontre avec le Président Anastassiadis. Ce que je veux dire est que nous explorons de nombreux moyens qui nous permettront d’ouvrir de nouvelles voies et d’aller de l’avant.

Aujourd’hui, notre discussion n’était pas formelle et nos discussions ne sont jamais formelles. Nous avons eu une discussion sur les prochains pas courageux que nous allons entreprendre. J’ai écouté avec attention une proposition très intéressante de la partie chypriote sur la manière dont on pourra activer et renforcer les partenariats tripartites dans la région, dans un esprit constructif, en coopération avec la République de Chypre. Nous sommes ouverts et d’accord avec la principale réflexion sur laquelle est axée la proposition formulée.

Nous avons discuté des réunions tripartites dans les Balkans et du grand nombre d’initiatives que nous mettons en œuvre dans cette région et avons échangé des points de vue sur la manière dont on pourra davantage intégrer Chypre dans les autres partenariats que nous avons mis en place avec des pays qui ne sont pas situés dans notre voisinage direct, c’est-à-dire au-delà de la Méditerranée orientale, du Moyen-Orient et de l’Europe du Sud-est.

Nous avons engagé une discussion sur un bon nombre de questions régionales. J’ai déclaré à Athènes et je voudrais le répéter ici, que je suis préoccupé par le cadre législatif mis en place par le gouvernement d’Assad qui rend difficile le retour des réfugiés car il ne reconnait pas en effet les droits de propriété des réfugiés sur leurs maisons, logements, terrains et entreprises et l’Union européenne ne doit pas l’accepter.

Nous avons abordé avec mon cher ami et homologue des questions énergétiques. Je pense que nos régions, de la Grèce et de Chypre, ont été revalorisées grâce aussi aux importants progrès réalisés par Chypre dans le domaine de l’énergie.

Nous avons également discuté de la stabilité dans la région. Et je peux vous dire que c’est l’une des questions les plus fondamentales qui nous préoccupent tous les deux dans une région qui est très instable, affectée par des guerres et où vivent des millions de personnes qui se trouvent dans une impasse. Nous cherchons à trouver les moyens qui nous permettront de contribuer, nous, pays stables et profondément démocratiques, à la stabilité de la région, la force motrice de tout cela étant les valeurs et les principes européens. Contribuer à une approche plus correcte, plus humaine et démocratique, dans la mesure du possible, de ces problèmes.

Dans ce cadre, nous avons également discuté de la Turquie. Tout le monde sait que la Grèce rêve toujours – et elle l’espère – d’une Turquie européenne car cela signifierait qu’il n’y aurait pas d’occupation de territoires étrangers par la Turquie et que cette dernière ne chercherait pas à donner des garanties et à avoir des droits d’intervention dans des pays tiers. Ce serait une Turquie respectueuse des droits de l’homme à son intérieur qui n’interviendrait pas toutefois - comme à Afrin – dans des pays tiers et par conséquent une Turquie européenne avec laquelle nous aurions des relations normales et des frontières normales.

C’est dans ce sens que nous allons ensemble et discutons des moyens et des voies à entreprendre en vue d’exercer une plus grande influence sur les « acteurs » de la scène internationale qui sont impliqués dans ce processus.
J’aimerais encore une fois remercier la République de Chypre de ces moments de profonde émotion que nous vivons quand nous venons dans ce lieu.
J’aimerais remercier le ministère des Affaires étrangères de Chypre de l’accueil chaleureux qu’il nous réserve toujours – et le nouveau ministre et mon cher ami encore plus – et qui fait tout pour que nous nous sentions chez nous.
Merci.

JOURNALISTE: Je voudrais adresser une question à M. Kotzias. Monsieur le ministre, permettez-moi de vous poser une question à l’occasion de votre présence au ministère des Affaires étrangères car, en votre qualité de ministre des Affaires étrangères vous avez déposé en justice et nous avons été informés de vos affirmations en réponse aux questions qui vous ont été adressées.

J’aimerais votre commentaire à l’égard de tout qui s’est passé. Comme vous le comprenez, on a été étonné d’écouter le ministre grec des Affaires étrangères dire que la réputation de la Grèce n’a jamais été aussi ternie - plus même que pendant la junte militaire – d’après vos dépositions en justice et j’aimerais écouter votre position concernant cette affaire.

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Je me trouve ici pour développer les relations bilatérales avec la République de Chypre, un Etat qui est ma maison et je ne répondrai pas à une question relative à un incident qui n’aurait pas dû avoir lieu. Le pire que je puisse faire est de rapporter ce qui n’aurait pas dû avoir lieu.

JOURNALISTE : M. Christodoulidis a évoqué cette question avant vous et une discussion est actuellement engagée depuis que le Secrétaire général a formulé une proposition-cadre.

Vous étiez présent à Crans-Montana. Il y a une tentative de travestir la réalité concernant la proposition-cadre du Secrétaire général, ce qui est prévu dans cette proposition-cadre, pour ce qui est notamment des garanties. D’après certaines affirmations, ladite proposition n’aurait pas prévu la suppression des garanties et des « droits » d’intervention, mais il y aurait une référence à un droit d’intervention sur la base de l’interprétation de la partie turque sans qu’aucune référence ne soit faite à ce document informel – vous vous en rappelez bien – concernant le dispositif d’application et de suivi de la mise en œuvre de la solution.

Vous étiez présent, vous savez très bien comment la discussion a évolué concernant ladite proposition-cadre. Voulez-vous répondre à ces affirmations ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Je pense que l’histoire et toutes les parties ont répondu à ces affirmations. En effet, ce soir-là j’étais assis à côté du Secrétaire général de l’ONU. Nous avions donc un échange de réflexions – pour ainsi dire – et c’était moi qui ai longuement commenté, pendant trois quarts d’heures, les propositions du Secrétaire général, tout comme le Président Anastassiadis, avant que des tierces parties ne provoquent le naufrage des pourparlers.

M. Guterres a essayé de résumer le débat sur la base aussi des principes de l’ONU, à savoir que des Etats tiers ne doivent pas intervenir dans les affaires des Etats membres de l’ONU et que ces « droits » étaient obsolètes, antidémocratiques et vont à l’encontre du droit international, que l’armée d’occupation de la Turquie doit être retirée, et il s’est référé aux lacunes du traité d’Alliance, alliance en apparence, mais si c’est comme cela que le traité est appelé.

Que tous les dirigeants doivent en discuter lors d’une rencontre privée et non seulement les ministres des Affaires étrangères, c’est-à-dire M. Anastassiadis et les Premiers ministres des deux Etats et le Président de la Turquie et que le traité des Garanties doit être supprimé. Et je pense que cela était très évident.

Je voudrais vous raconter un incident, lequel, s’il n’est pas relatif à votre question, y est d’une certaine manière lié. À un certain moment, mon homologue turc a affirmé : « Mais le Traité d’alliance doit être appliqué ». Je lui ai donc montré une photo sur laquelle figurait l’état-major commun entre les différents Etats et la République de Chypre, conformément au traité d’alliance. Et je lui ai signalé qu’il y avait une présidence tournante. Et à cet égard on lui a demandé, puisqu’il disait que le traité devrait être appliqué, s’il acceptait qu’un Chypriote soit le premier commandeur et un Grec le deuxième. Inutile de vous dire que cela ne lui a pas plu et il est apparu, probablement, que la partie turque n’avait pas étudié ces traités. Mais le Secrétaire général, en sa qualité aussi de Secrétaire général et de médiateur, était bien au courant et il a proposé ce que je vous ai dit tout à l’heure.

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, certains médias en Grèce affirment que la Turquie aurait soumis à l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe des cartes sur la base desquelles elle délimite la ZEE et son plateau continental, sans y inclure Castellorizo en tant qu’archipel ainsi que des régions maritimes tout entières qui appartiennent à la Grèce et à Chypre. Est-ce vrai et, le cas échéant, qu’envisagez-vous de faire ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Je sais que la Turquie a soumis à l’ONU une réponse adressée à la Grèce et elle fait circuler cette réponse partout. Il s’agit des positions erronées mais la Turquie essaye par tous les moyens de légitimer ses demandes illégales. Car, comme j’ai déjà dit, elle essaye toujours de donner une apparence de légitimité à toutes ses actions. Mais le droit international ne peut pas tomber dans le piège de ce genre de projets.