Mercredi, 12 Décembre 2018
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Déclarations du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias, à l’issue des travaux de la réunion ministérielle tripartite Grèce – Roumanie – Bulgarie (Bucarest, 12.03.2018)

lundi, 12 mars 2018

Déclarations du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias, à l’issue des travaux de la réunion ministérielle tripartite Grèce – Roumanie – Bulgarie (Bucarest, 12.03.2018)N. KOTZIAS: Je souhaiterais remercier mon ami, Teodor, pour son invitation et son accueil, mais aussi sa gentillesse et la sagesse avec laquelle il a soulevé les questions que nous avons abordées. Je souhaiterais également remercier l’interprète – traductrice ainsi que les autres traducteurs sans qui nous ne pourrions faire notre travail aujourd’hui.

J’aimerais exprimer mon soutien à l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à la zone Schengen. L’Europe sera bien mieux avec ces pays dans la zone Schengen. Je remercie aussi la présidence bulgare et tous mes vœux de succès à la présidence roumaine.

Je comprends aujourd’hui, lorsque nous parlons de l’élargissement de l’Union européenne, que nous devons réfléchir sur la façon d’approfondir l’intégration européenne. Et pour ma part je comprends que l’histoire de nos pays de la région est divisée en trois périodes. Pendant la première, avec l’effondrement des régimes du socialisme existant, nous nous sommes attachés à consolider nos relations ici dans les Balkans, nos réseaux d’investissement, bancaires, humains et familiaux. Pendant les 15 premières années du 21e siècle, tous les pays se sont attachés à se préparer à devenir Etats membres de l’Union européenne.

Notre rencontre, aujourd’hui, et le travail accompli visent à associer ces deux périodes. Que tous les pays de la région deviennent membres de l’Union européenne et que nous développions les relations entre nous d’une façon bénéfique pour tous et que tout le monde soit présent au sein de l’Union européenne.

C’est pourquoi, nous soulignons, chacun à sa façon, que l’élargissement et le Partenariat oriental est aussi notre affaire. C’est pourquoi, nous organisons, les 11 et 12 mai, une conférence internationale – la seconde – avec les Etats candidats à l’adhésion à l’Union européenne sur l’avenir de l’Europe. Car c’est ensemble que nous voulons bâtir l’avenir. Nous, Etats-membres, et ceux qui viennent.

Le dixième anniversaire – l’année prochaine – du Partenariat oriental revêt un rôle important pour nous et nous sommes heureux de nous être accordés sur toute une série d’initiatives, notamment de soutenir les pays qui sont à nos côtés et qui appartiennent au Partenariat oriental.

J’ai écouté avec la plus grande attention et je soutiens les pensées du ministre des Affaires étrangères de la Roumanie, notamment sur la Moldavie. Par ailleurs, je suis heureux d’aborder les questions ayant trait au Moyen-Orient. Vous savez que nous avons, en tant que pays, cinq coopérations au Moyen-Orient et nous les emmenons à la conférence de Rhodes, chaque année, à laquelle participent nos amis les ministres. Il y a tous les pays arabes de la région et huit pays européens.

Nous avons donc beaucoup de travail devant nous, nous serons souvent ensemble pour mettre en œuvre nos initiatives sur les pays du Partenariat oriental, sur les pays des Balkans occidentaux, dans le cadre d’une coopération entre trois pays qui nous vient de très loin de l’histoire, du passé et ira très loin à l’avenir. Je vous remercie.

JOURNALISTE : (Question hors micro)

Ν. KOTZIAS : Je ne peux qu’être d’accord avec tout ce que j’ai pu entendre. La question du financement est liée au genre d’Europe que nous voulons. Le modèle de l’Europe que vous voulez est visible dans la taille de son budget. Si vous voulez une Europe plus fédérale, vous devez augmenter le budget. Si vous faîtes des pas en arrière en Europe, vous devez réfléchir à comment réduire les fonds. C’est une question distincte de la bonne gestion des fonds. Mais parfois, les gens font la confusion entre les deux. Par bonne gestion, ils entendent réduction. Il y a le fait que lors des deux premiers élargissements – de 10 à 12 avec l’Espagne et le Portugal et de 12 à 15 avec l’Autriche, la Finlande et la Suède – les fonds ont augmenté, avec les programmes méditerranéens de l’époque et le fonds de cohésion, car des pays riches ont adhéré. Aujourd’hui, les pays riches ne veulent pas augmenter les fonds que les pays les plus pauvres reçoivent. C’est pourquoi j’insiste pour dire « oui » aux règles de l’Etat de droit, mais que ces règles soient appliquées au sein d’une Union européenne qui se développera et ne battra pas en retraite.

JOURNALISTE : Quels seront les prochains pas de la Grèce suite à la tension enregistrée de la part de la Turquie ?

Ν. KOTZIAS : Nous n’avons pas discuté de pays tiers qui sont en dehors de l’Europe du sud-est. Cela est logique car nous devons développer nos responsabilités et nos initiatives dans notre voisinage direct. Comme l’a si bien dit E. Zaharieva, nous avons discuté de la Turquie au conseil informel [des ministres des Affaires étrangères de l’UE] à Sofia. Lors de cette réunion, j’ai souligné qu’il fallait rajouter un critère aux critères de Copenhague. A savoir qu’un pays candidat à l’adhésion à l’UE ou un pays souhaitant avoir une union douanière avec l’UE doit premièrement adopter une politique pacifique et non agressive – qui plus est une politique étrangère. Et deuxièmement, appliquer le droit international et l’accepter de manière productive. Troisièmement, appliquer le droit international de la mer. Il appartient à la Turquie elle-même de savoir si elle cessera ou non de violer le droit international, le droit de la mer et les règles de la politique étrangère pacifique. Mes autres commentaires ne sont pas pour cette réunion.