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Déclarations du ministre des Affaires étrangères, Nikos Kotzias à l’issue de sa rencontre avec le vice-premier ministre et ministre serbe des affaires étrangères, Ivica Dačić (Belgrade 11.04.2018)

jeudi, 12 avril 2018

Déclarations du ministre des Affaires étrangères, Nikos Kotzias à l’issue de sa rencontre avec le vice-premier ministre et ministre serbe des affaires étrangères, Ivica Dačić (Belgrade 11.04.2018)Ν. KOTZIAS : Je vous remercie pour cette invitation et l’accueil, je remercie le peuple serbe pour son amitié et l’affection qu’il porte à la Grèce. Nous sommes deux peuples qui ont traversé ensemble des difficultés et des peines dans l’histoire de la région. Mon pays, la Grèce, ressent cette responsabilité pour la stabilité et la sécurité de la région et elle coopère avec la Serbie dans ce sens. Avec le ministre, qui est aussi mon ami, nous nous sommes entretenus sur les problèmes de la région. Nous nous sommes entretenus sur la façon dont nous pourrons transformer l’amitié et l’affection que nous avons en force tangible, autrement dit en des coopérations pratiques. Nous avons examiné l’approfondissement de la coopération de nos deux ministères, notre action commune et notre coopération au sein de l’UE et là où nous pouvons mutuellement nous aider en apportant chacun notre expérience et notre expertise. Nous avons discuté de la façon dont doit être l’avenir de l’Europe. J’ai invité M. le ministre – qui a accepté l’invitation – à venir à la réunion de mai à Sounio des Etats membres de l’UE des Balkans avec les pays du groupe de Visegrad et les cinq pays candidats à l’adhésion à l’UE. Nous pensons que la Serbie appartient à la famille européenne. Elle est une société développée dotée de connaissances et de technologie et elle doit aujourd’hui non seulement aborder les chapitres de son adhésion à l’UE, mais aussi voir la façon dont elle perçoit notre avenir commun au sein de l’UE. Nous avons discuté de certains changements dans le monde et de questions liées aux organisations internationales et régionales. Chaque fois que je me trouve à Belgrade je suis heureux. Je vous remercie pour votre invitation et le sentiment d’énergie positive que je ressens à chaque fois que je me trouve dans cette ville.

JOURNALISTE : Monsieur Kotzias, je voulais savoir si vous attendez que le grand pas en avant se fasse aujourd’hui ou demain pour la résolution de la question du nom à Skopje lors des discussions que vous aurez à Ohrid et quelle est la clé de ce grand pas en avant. Et une question pour M. Dačić. Compte tenu de la déclaration que vous aviez faite dans le passé, à savoir que la Serbie avait commis une erreur en reconnaissant l’ARYM sous son nom constitutionnel, quel est le message que vous enverriez à Skopje en cette période cruciale des pourparlers sur la nécessité de faire un compromis afin qu’il y ait la stabilité et la sécurité dans la région. Je vous remercie.

Ν. KOTZIAS : Je vous remercie pour votre question. Ici à Belgrade, nous avons fait un pas en avant dans la coopération entre les deux pays amis. Nous aurons l’occasion pendant notre voyage à Ohrid de discuter et après la discussion d’Ohrid de tenir une séance d’information sur les résultats. Je pense que la clé de ce problème est le réalisme, le pragmatisme et la conception selon laquelle nous devons faire des compromis, des compromis qui seront donnant-donnant pour les deux parties et non des mauvais compromis. Et un compromis signifie que les deux parties doivent comprendre qu’elles ne peuvent tout prendre, elles devront être toutes les deux gagnantes. J’espère que cela a bien été compris par toutes les parties à la négociation et que nous aurons une issue positive.

I. DACIC : Je dirais qu’il serait très bon et efficace que ces pourparlers se fassent en direct et, comme l’avait dit Nikos, que des intérêts communs soient recherchés. Notre intérêt à tous est que cette question soit résolue et cela signifie qu’il faudra éloigner tous les problèmes qui sont bien ancrés, comme dans le cas de la Serbie, car ces problèmes sont profondément ancrés dans le passé, dans l’histoire, dans la tradition de notre région. Pour cette raison, la Serbie comprend très bien l’attitude de la Grèce à l’égard de cette question. J’ai dit mon avis à maintes reprises, à savoir que c’était à mon sens une erreur que la Serbie reconnaisse – ce n’était pas la Serbie, mais la République fédérale de Yougoslavie qui a reconnu – car à un moment donné en République fédérative socialiste de Yougoslavie, ce pays était l’une des six Républiques, et de là est née l’accord : la République fédérale de Yougoslavie a reconnu ce pays et ce nom est resté. Je pense que cette attitude était erronée et pour le dire franchement l’attitude de Skopje face à la Serbie et aux intérêts serbes n’était pas la bonne. Eux ont reconnu l’indépendance du Kosovo. Je ne parlerais pas de ces relations, mais nous voulons que cette question soit résolue et, dans ce sens, nous ne pouvons être d’une grande aide. Nous ne pouvons que leur proposer de se rencontrer dans notre pays.

JOURNALISTE : Monsieur Kotzias, est-ce que ce qu’écrivent les médias est juste ? A savoir que votre pays soutient l’ouverture du Consulat du Kosovo à Athènes ?

I. DACIC : Je dirais deux mots seulement. J’ai dit à M. Kotzias que vous alliez poser cette question, malgré le fait que je n’ai eu aucun contact avec vous, j’en ai déduit que vous alliez lui poser cette question. J’aimerais dire que nous avons parlé de cette question et il y a quelques années il y a eu une initiative portant sur l’ouverture d’un bureau commercial et il ne s’agit pas d’un bureau diplomatique et cela ne concerne pas le changement d’attitude de la Grèce face au statut du Kosovo. Voici ce que j’avais à dire – bien que vous vouliez que ce soit Nikos lui-même qui réponde…

Ν. KOTZIAS : Oui, Ivica a dit ce que je lui ai dit que j’allais dire. À savoir que nous n’avons pas de reconnaissance diplomatique du Kosovo et que nous n’avons pas l’intention de le reconnaitre diplomatiquement. Il y a depuis 2010-11 et en 2014, un accord des gouvernements de l’époque, à savoir la Nouvelle Démocratie et le Pasok, portant sur l’ouverture d’un bureau commercial du Kosovo à Athènes. Ce bureau commercial lorsqu’il ouvrira – et il ouvrira à un moment donné – ne sera pas une représentation diplomatique du Kosovo. Un consulat est synonyme de représentation diplomatique et de droits d’une autorité diplomatique. Une telle chose n’a pas été convenue et n’est pas prévue.