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Discours du Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Alexis Tsipras, lors de la Conférence intergouvernementale pour l’adoption du Pacte mondial pour les migrations (Marrakech, 10 décembre 2018)

lundi, 10 décembre 2018

Discours du Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Alexis Tsipras, lors de la Conférence intergouvernementale pour l’adoption du Pacte mondial pour les migrations (Marrakech, 10 décembre 2018)Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

En 2016, nous avons adopté la Déclaration de New York sur les réfugiés et les migrants. A l’époque, en plein milieu de la crise migratoire et des réfugiés qui a affecté l’Europe et d’autres régions du monde, nous avons tous pris l’engagement de lancer un processus de consultations et de négociations en vue d’adopter un pacte mondial sur les migrations sûres, ordonnées et régulières.

Le moment est donc venu et nous avons devant nous le résultat de ce processus, sous la forme d’un cadre de coopération politique. Ce cadre, bien que non contraignant du point de vue juridique, définit les principes et nos engagements communs à l’égard des migrations et appelle à des actions spécifiques. Dans ce contexte, il ne s’agit pas de la fin mais plutôt du début de ce parcours.

Notre monde est en rapide évolution. Les inégalités à l’intérieur et entre les pays se creusent également à la même vitesse. En outre, les défis qui déclenchent les mouvements migratoires existent toujours, qu’ils soient liés à l’augmentation de la population, au manque d’éducation et d’opportunités d’emploi, à la pauvreté extrême et au changement climatique ou encore aux conséquences de la guerre et des conflits à travers le continent. Dans le même temps, l’information est diffusée à grande vitesse et elle est accessible à une plus grande partie de la population de la planète.

Ces défis mondiaux doivent être relevés au niveau mondial. À notre avis, c’est justement dans ce sens que va le Pacte sur les migrations. Il met à la disposition de la communauté mondiale un train de règles convenues en vue de : 
-Faciliter notre coopération sur tous les aspects de l’immigration, en tenant compte des possibilités d’accueil et des besoins des marchés du travail nationaux.
-Faciliter l’intégration des migrants réguliers.
-Assurer le retour dans des conditions de dignité des personnes ayant besoin de protection internationale.
-Faire face aux causes plus profondes de l’immigration irrégulière et, enfin,
-Démanteler les filières illégales de passeurs.

De cette manière, nous sommes convenus d’accorder la première priorité à la protection de la vie des migrants, de sauvegarder leurs droits, d’agir d’une manière qui prendra en considération la dimension du genre et sera adaptée aux besoins des enfants et de respecter la souveraineté nationale, les responsabilités nationales et l’Etat de droit.

Mon pays a vécu, à travers ses propres citoyens, l’expérience de l’immigration et il est également devenu un pays de transit des migrants souhaitant gagner d’autres Etats de l’Union européenne. En outre la Grèce a été fortement touchée par les très grands flux mixtes de réfugiés et de migrants depuis 2015. Le peuple grec, en dépit des épreuves qu’il a subies, a montré au reste du monde quel est le traitement approprié qui doit être réservé aux  personnes ayant besoin de solidarité.

Sur la base de cette expérience, nous pensons qu’il est nécessaire de comprendre les priorités, les aspirations et les préoccupations des pays d’origine, de transit et de destination, si nous voulons faire un pas en avant et relever de manière efficace les défis auxquels nous sommes confrontés.

Nous avons l’obligation de surmonter les divergences d’approche mises en avant au cours des négociations, tout en acceptant que c’est à la fois notre devoir ainsi que notre droit de faire face à ce phénomène au niveau national. Au même titre, on doit accepter qu’aucun pays ne puisse gérer tout seul de manière efficace l’immigration. On a besoin des réponses multilatérales sur la base du droit international.

Conscient de cela, mon pays a contribué au processus qui nous a conduits aujourd’hui ici, tout en faisant preuve de notre volonté véritable d’y apporter notre contribution en vue de trouver un terrain d’entente.

Nous pensons qu’il existe désormais un accord élargi sur le Pacte mondial sur les migrations lequel à travers ses objectifs et ses actions :
-reflète les aspirations de tous les Etats membres de l’ONU d’une manière juste, équilibrée et globale.
-comprend les droits et les obligations des Etats de destination et d’accueil ainsi que ceux des migrants eux-mêmes.
-reconnait l’immigration comme étant un processus axé sur l’homme qui constitue à la fois un défi et une opportunité de développement.

Par conséquent, je réaffirme l’engagement de mon pays de contribuer au processus d’élaboration du Pacte mondial sur les migrations en tant que cadre politique de coopération efficace qui n’entrave pas mais, bien au contraire, est créé pour soutenir nos efforts au niveau national et régional pour des migrations sûres et bien gérées.

A cette fin, on doit mettre en place un mécanisme de suivi et d’évaluation efficace qui ne comportera pas des charges bureaucratiques et administratives extrêmement lourdes et encouragera l’établissement de synergies avec tous les mécanismes y relatifs.

Permettez –moi de conclure en formant le vœu sincère que les engagements politiques que nous prenons aujourd’hui seront traduits en projets et en actions concrètes dans l’intérêt de tous.

Je vous remercie.