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Interview accordée par le ministre des Affaires étrangères, G. Katrougalos, à la chaîne de télévision « SKY NEWS » (8 avril 2019)

lundi, 08 avril 2019

Interview accordée par le ministre des Affaires étrangères, G. Katrougalos, à la chaîne de télévision « SKY NEWS » (8 avril 2019)Propos recueillis par la journaliste Sarah Hewson

Giorgos Katrougalos, ministre des Affaires étrangères, a accordé une interview à la journaliste Sarah Hewson de la chaîne de télévision SKY NEWS. L’interview a été diffusée en direct depuis Luxembourg où se sont réunis les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’UE, dans le cadre du Conseil des Affaires étrangères.

JOURNALISTE : Il y avait de nombreuses questions inscrites à l’agenda de la rencontre : Afghanistan, Venezuela, Libye. Dans quelle mesure a été abordée la question du Brexit ?

G. KATROUGALOS : La question du Brexit n’était pas inscrite à l’agenda aujourd’hui. Cette question ne figurait pas parmi les questions abordées par les ministres des Affaires étrangères. Toutefois, il y a eu un  débat général  portant sur notre volonté de parvenir à un divorce civilisé. Mais je crains que cela ne dépende plus des Européens, mais du Royaume-Uni.

JOURNALISTE : Quel a été le climat suite à  la demande de la Première ministre  pour un court report de la sortie du Royaume Uni de l’UE ?

G. KATROUGALOS : Le report dépend du résultat escompté. C’est-à-dire si ce report peut donner lieu à une solution substantielle.   Comme vous le savez, la Grèce a été d’emblée contre toute négociation à caractère punitif sur le Brexit. Nous savons très bien, en raison de la crise que nous avons traversée, ce que signifie réellement une négociation asymétrique. Et nous voulons que les Etats membres de l’Union européenne restent au sein de celle-ci parce qu’ils veulent compter parmi ses membres et non pas parce qu’ils craignent les sanctions que ce retrait pourrait entraîner. Toutefois, au cours des négociations il est vrai que nous n’avons pas eu de la part du Royaume – Uni, jusqu’à récemment, des propositions réelles, concrètes. À ce jour, vos propositions étaient du genre « on veut avoir le beurre et l’argent du beurre », sans faire aucune concession.

JOURNALISTE : Oui, comme vous l’avez dit, la Grèce est habituée aux négociations avec l’Union européenne, elle a l’habitude de l’affronter à la table des négociations. Que pensez-vous de la manière dont Theresa May a géré ce processus ?

G. KATROUGALOS : Theresa May est sans aucun doute une femme politique dynamique mais ses propositions n’étaient pas aussi stables et concrètes qu’elles auraient dû être pour servir de base à un accord.
Et lorsqu’on est parvenu à un accord, la majorité du parlement ne l’a pas accepté. Je répète, j’ai l’impression que l’Union européenne a essayé de parvenir à un accord mutuellement profitable pour les deux parties. Et justement à cause des problèmes sur la scène politique britannique, nous n’avons pas réussi à voir aboutir ces efforts à ce jour.

JOURNALISTE : Pensez-vous qu’il faille accorder à la Grande Bretagne un délai supplémentaire ? Ou bien que la Grande Bretagne avait en fait à sa disposition plus que le temps nécessaire pour régler cette question ?

G. KATROUGALOS : J’attends avec intérêt les rencontres de la Première ministre et de  M. Corbyn. Si quelque chose de positif ressort de ces rencontres, quelque chose de différent qui rompt la routine, je pense que l’on pourrait discuter d’un éventuel report. Je le répète, le report dépend dans une large mesure de la question de savoir si l’on pourra former un espoir tangible pour quelque chose de plus concret.

JOURNALISTE : Ressentez- vous une certaine déception ? Est-ce que votre patience est à bout parce que vous pensez que tout cela aurait dû être fait plus tôt ?

G. KATROUGALOS : Certainement. Car, comme je l’ai tout à l’heure affirmé, nous avons eu de nombreuses propositions politiques contradictoires de la part du Royaume-Uni. Premièrement, nous avons entendu dire qu’il valait mieux ne pas avoir un accord que d’avoir un mauvais accord. Par la suite, il y a eu des propositions relatives à une approche plus sélective, que nous ne pouvions accepter car quiconque quitte un club, ne peut pas conserver les droits qu’il avait en sa qualité de membre. Par conséquent, jusqu’à la fin, nous continuons d’espérer qu’il y aura des propositions positives de votre part, car la Grèce pense que le Royaume Uni est notre partenaire stratégique, partenaire de l’Europe et de la Grèce et nous voulons continuer d’entretenir les meilleures relations possibles avec vous.

JOURNALISTE : Votre parti est venu au pouvoir avec la promesse de s’opposer à l’Union européenne. Ressentez-vous de la sympathie politique pour les partisans du Brexit ?

G. KATROUGALOS : Ça dépend. Les défenseurs du Brexit représentent cet ardent désir de retourner à une époque glorieuse qui n’existe pas et qui n’a jamais existé. A notre avis, il faut se battre pour une nouvelle Europe. Nous ne sommes pas satisfaits – comme ne le sont pas également les défenseurs du Brexit – des politiques existantes pour de multiples raisons. Nous sommes contre l’austérité. Mais, contrairement aux partisans du Brexit, nous pensons que la meilleure politique à suivre est de rester au sein de l’Union européenne afin de pouvoir changer cette dernière. Tel est justement le message que nous souhaitons transmettre en vue des élections européennes.